BOIS — BOIS COULEUVRE
sont redevables à un ennemi, ne fut pas payé trop cher.
Si les propriétaires des forêts s'oceupaient du soin de les améliorer par des semis , ils parviendraient bientôt à les débarrasser des arbrisseaux épineux, qui y tiennent tant de place, au préjudice de productions plus utiles. Un semis est préparé par un défrichement, et lorsque les jeunes plants comimencent à lever leur tige, il faut les préserver de l'invasion d’une foule d’ennemis qui viennent leur disputer la possession du sol nourricier, Ainsi, la forêt reçoit une culture dont ses produits payent bientôt les frais, nonseulement par l'accroissement de leur valeur, mais aussi parce qu’ils devienhent plus abondants.
La méthode des semis impose aux propriétaires l’obligation de se mettre en état de se passer de coupes trop fréquentes ; elle tend à substituer les futaies aux taillis, et par conséquent à les rapprocher du maximum de produit : c’est encore un service qu’elle rendrait aux pays où elle serait généralement pratiquée, et celui-ci n’est pas le moins digne d’attention, FERRY.
BOIS (Zoologie). Le bois chez les animaux est une substance qui diffère essentiellement des cornes, non par le mode de formation, qui est le mème, en ce sens que ce sont toujours des prolongements de l'os frontal, dont les matériaux sont versés parles vaisseaux sanguins, mais par sa nature et par ses accidents, Les cornes, dont Ja substance est analogue à celle des ongles, sont persistantes et ne tombent que par accident ; le bois est une véritable végétation
. animale, et il tombe dans une saison régulière, celle du rut,
pour repousser chaque année au printemps. Le cerf, l'élan, le daim, le renne, etc., ont la tête ornée de bois ; les antilopes, les chèvres , les moutons et les bœufs sont armés de cornes.
[Voici comment s'opère la formation des bois en z00logie : Les vaisseaux sanguins du front versent, au lieu où l'os doit se prolonger en bois, des fluides qui, soulevant la peau, ne tardent pas à passer à l’état cartilagineux, et qui s’ossifient bientôt. A mesure que ce travail s'opère, la peau s'élève et couvre les ramifications du bois, qui, dans son état parfait, finit par se dépouiller; l’animal facilite ce dépouillement en frottant son front, désormais armé, contre les troncs des arbres. Trois semaines ou un mois suffisent pour que le bois ait atteint toute sa hauteur ; cette hauteur #t lenombredesramifications varient selon l’âge de l’animal. Chaque année augmente ce nombre de ce qu’en termes de vénerie on appelle un andouiller.
Les organes destinés à la reproduction de l'espèce dans les animaux qui portent des bois ont une influence considérable sur ces bois, qui paraissent même en dépendre enfièrement : si l’on retranche au cerf, par exemple, les attriluts de son sexe pendant que son front est dégarni, ce front ne revêt plus sa parure ; si l'opération est 1aite Landis que le bois décore la tête, il ne tomnbe plus, et l'animal conserve à jamais comme caractère de son impuissance ce qui auparavant prouvait en lui le développement des facultés génératrices. Bory DE SainT-VincEnT, de l'Acad, des Sciences. ]
BOIS (Gravure sur). Voyez GRAVURE.
BOIS À COTON. Nom vuluaire du peuplier de Virginie et de quelques autres arbres dont les graines sont surmontées d'une aigrette soyeuse et semblable à du coton.
BOIS À ENIVRER ou BOIS IVRANT. Dans les colonies françaises, on donne ces noins à l'euphorbia frutescens, au phyllanthus virosa, au galega serica, à d’autres plantes encore, parce que leur suc laiteux ou leurs fruits jetés dans l’eau exercent sur le poisson une action stupéfiante analogue à celle que produisent la noix vomique et la coque du Levant.
BOISARD (JEax-JacquEs-FRaNÇois-MaRie ), le plus fécond des fabulistes, né à Caen, en 1743, y est mort, à la fin de 1831. Il publia ses quatre premières fables dans Le Mercure de France en 1769, et entra en 1772 dans la mai-
son du comte de Provence, dont l'émigration le réduisit à l'état de gêne, Depuis 1773 il publia divers recueils de fables ; et entin il les réunit toutes sous le titre de Mille et une Fables (Caen, 1806, in-12 ), Dans le prologue d’une de ses fables, Boisard parle ainsi de l'indifférence du publie :
J'écris beaucoup, et mon salaire est mince :
11 se réduit à rien, Les muses de province
Ne font pas fortuue à Paris.
Dans ces divers recueils, Boisard a inséré d'autres pièces
Palissot, Marmontel, La Harpe, n’ont fait aucune mention de Boisard; mais Voltaire, dans sa correspondance avec Diderot, donne des éloges à ses premières fables. Quoique Grimm les préfère à celles de Dorat, de Lamotte, et même de l'abbé Aubert, il ne les trouve pourtant pas sans défauts; mais il leur reconnait de l'originalité, et il pense que l’auteur est celui de tous les fabulistes qui a le moins cherché à imiter La Fontaine, Le style de Boisard est naturel, mais négligé, et beaucoup de ses fables, ne laissant pas deviner leur moralité, peuvent passer pour des contes. Elles sont presque toutes de son invention.
On a quelquefois confondu Boisard avec son neveu, Jacques-François Boisarp, né aussi à Caën, vers 1762, peintre el poële médiocre, toujours maltraité par la fortune, et mort probablement dans la misère. Celui-ci a publié trois cent quatre-vingt-douze fables, divisées en deux recueils imprimés à Paris, 1817 et 1822, et toutes au-dessous de la médiocrité. H. AUDIFFRET,
BOIS BALAIS. On donne ce nom aux végétaux dont les rameaux sont employés à l'usage qu’il rappelle : en Europe, ce sont le bouleau et les bruyeres ; dans nos colonies de Pinde, plusieurs érythrozxyles, le fresnelier ; etc.
BOIS BENIT. Nom vulgaire du buis, provenant de son usage dans certaines cérémonies du culte catholique.
BOIS BLANCS. II ne faut pas croire que le langage forestier applique ce nom à tous les arbres dont le bois est de couleur blanche : on entend simplement par bois blancs ceux dont le tissu ligneux a peu de consistance. Ainsi, le hêtre et le charme, malgré la couleur de leur bois, ne sont pas de la catégorie des bois blancs. Celle-ci renferme le peuplier, le saule, le bouleau, le tilleul, le sapin, le frêne, le chälaignier, etc. Il serait donc préférable de classer les différentes sortes de bois en bois durs et bois mous.
On désignait autrefois sous le nom de blanc bois, dans les ordonnances des eaux et forêts, le charme, le tremble, le bouleau, l’érable,
BOIS CHANDELLE. Nom commun à l'agave félide, à l'amyris élemifère, à diverses espèces de pins et à d’autres végétaux , dont les rameaux, susceptibles de brûler aisement , fournissent des moyens d'éclairage aux habitants des pays où ils croissent.
BOIS CITRON. On donne ce nom à différents arbres, mais plus particulièrement à un laurier des Indes, qui croît aussi dans les Antilles. C’est un bois pesant, compacte, dur, résineux , odorant , susceptible d’un beau poli; d’une belle couleur citrine, et quelquefois d’un blanc jaunâtre moiré de jaune vif; il $’en trouve d’uni, de veiné, de satiné, de moucheté, etc. A une température un peu élevée, et par un temps sec, il est malheureusement sujet à se fendiller. On Pemploie dans la marqueterie, les ouvrages de tour, et même l’ébénisterie,
BOIS COULEUVRE, Aux Antilles, cn nomme ainsi le dracontium pertusum, le rhamnus colubrinus et le Slrychnos colubrina; à Amhoine, c’est l'ophirylum ser- Peñtinum, et sur la côte du Malabar, lamelpo. Ces differents végétaux soul ainsi nommés parce que, à tort ou à raison , les naturels des pays où ils croissent attribuent à quelques-unes de leurs parties des propriétés spécifiques: contre la morsure des serpents,
BOIS D’AIGLE. C'est une variété de l’agalloche. Ce bois est caractérisé par sa couleur noire, due à une ré sine particulière qui lui donne l’aspect de l’ébène noir, dont il se rapproche en même temps par la compacité et la pesanteur, : x
BOIS D’ALGES. Ce nom de l’'agalloche lui vient de ce que ce bois à une saveur amère analogue à celle du suc de l’aloès.
BOIS D’AMARANTE. Voyez AMARANTE (Bois d’).
BOIS DAMIER. Voyez BADAMIER.
BOIS D’ANIS. Voyez BADIANE.
BOIS D’ASPALATH. Ce bois, susceptible d’un trèsbeau poli, est pesant et très-compacte. Il est rouge violacé, avec des veines d’un rouge plus franc, mais plus päle. Il sert un peu dans l’éhénisterie, mais principalement pour la marqueterie. On ne connaît pas exactement l'arbre dont provient ce bois, qui nous est apporté des Indes Orientales.
BOIS DE BRÉSIL. Voyez BrésiL (Bois de).
BOIS DE BRÉSILLET,. Voyez BrésizLer ( Bois de).
BOIS DE CALIATOUR. Voyez Cariarour (Bois de).
BOIS DE CALIFORNIE. Voyez CauiFrornie (Bois de).
BOIS DE CAMPECHE, BOIS d'INDE. Voyez Caw- PÊCHE.
BOIS DE CHATOUSIEUX. Voyez CHaATOUSIEUX {Bois de).
BOIS DE CORAIL DUR ou BOIS DE CONDORI.
Ce bois mérite bien l’épithète de dur. C’est , dit-on, le produit de l’adenanthera (Linné), arbre de la décandrie monogynie et de la famille des légumineuses fausses, qui croît dans l’Inde. Ce bois est pesant, d’une extrême dureté, compacte, d’un grain fin et prenant bien le poli. Les bords sont ordinairement d’un rouge clair tirant au jaune, mais l’intérieur est d’un rouge plus foncé. Son extrême dureté le fait beaucoup rechercher pour certains ouvrages. 11 en est fait usage dans la tabletterie principalement et pour les ouvrages de tour. Il nous arrive en bûches.
BOIS DE CORNE FÉTIDE ou BOIS PUANT, BOIS CACA. C’est le produit d’un arbre de‘la famille des capparidées qui croît à Cayenne ; on en connait une autre espèce
qui provient du séerculier balanghas, famille des malva-
cées de la décandrie monogynie. Celui-ci croît dans l'Inde, où il est connu sous le nom de cavalam. Il nous arrive privé de son aubier. 11 est d’un brun rougeâtre moiré de jaune; il est dur, compacte, pesant, d’un grain fin et susceptible de poli ; il exhale une odeur d’excréments humains, d’où lui vient son vilain nom. Il est d’usage dans l’ébénisterie, la tabletterie, la marqueterie, etc. Celui de Cayenne nous arrive en bûches de toutes grosseurs.
BOIS DE COURBARIL, Voy. CourBaiL (Bois de).