BOIS JAUNE — BOISROBERT
vive que l’autre, fournit moins de matière colorante, et par | approches. Cependant, les batteries de pièces de campagne et conséquent est moins estimé. les obusiers avaient incendié plusieurs parties de la ville; Le bois jaune de Cuba nous vient en bâches, généralement | et l'opinion, plus forte dans la guerre que les armes ellesrondes, du poids de quinze à cent cinquante kilogrammes. | mêmes, y combattait pour les Français, Au moment où Quelquefois ces bûches sont fendues en deux, et la plupart | on s’y attendait le moins, le gouverneur, qui s'était casesont coupées à la scie. Les bûches de Tampico sont plus | maté et qui même avait blendé sa demeure avec des bois et longues et coupées à la hache, présentant à leurs extrémités | du fumier pour la mettre à l'abri des bombes, demanda à une section cunéiforme. capituler, On se hâta de lui accorder les honneurs de la On ne sait quel est l'arbre qui produit le bois jaune. Les | guerre; et le 10 octobre 1794 il retourna en Hollande avec uns pensent que c’est le laurus ochroxylon , qui porte en- | sa garnison prisonnière de guerre sur parole. On s’étonna core le nom de bois verdoyant ; d’autres l’attribuent au bi- | de trouver sur les remparts 146 bouches à feu, et 130 gnonia leucoxylon , aussi appelé bois vert, ou encore au | milliers de poudre dans les magasins. liriodendron tulipifera, au rhus cotinus, ete. Le 14 janvier 1814 Bois-le-Duc fut pris par le général BOIS-LE-DUC (en hollandais Hertogenbosch où 1m- | prussien de Hobe, qui commandait une division du corps Bosch), capitale de la province néerlandaise du Brabant | du Bulow. È septentrional, au confluent de la Dommel et de l'Aa, qui BOIS MARBRE. Voyez Bois saATINÉ. forment par leur réunion la Diest. Cette ville, qui compte BOIS MORT. Voyez Monr-Bois. une population de 24,201 habitants, en majorité catholiques, BOIS NOIR. Par allusion au vert foncé de leur feuilest le siége d’un évêché, et possède un lycée, plusieurs fa- | lage, on donne ce nom à différents arbres, tels que la mibriques, entre autres, de toile, une saunerie , ete.; elle fait | Meuse Lebbek, etc. un commerce important en grains. La cathédrale, une des BOIS-PERDRIX. Ce bois est l’heis/eria coccinea, plus belles églises des Pays-Bas, a 53,32 de large sur | de la décandrie-monogynie, famille des hespéridées, 11 118,73 de long, et est soutenue par centginquante piliers, | croit aux Indes ; on en trouve aussi à la Martinique et à Les fortifications, en forme de triangle, consistent en sept | Cayenne, d’où il nous vient principalement. Le bois-perdrix bastions qui se flanquent l’un l’autre, et en fossés qui peu- | est nuancé de couleurs diverses ; il a quelque ressemblance vent être complétement inondés par Aa et la Domunel. Les | avecle gaïac. On l’emploie surtout dans la tabletterie.
forts Papenbril (aujourd’hui Guillaume et Marie), Sainte- BOIS PUANT. Leur mauvaise odeur a fait donner à Isabelle et Saint-André complètent le système de défense de | plusieurs bois ce nom, que portent surtout le bois de
la place. corne fétide etlamimeuse de Farnèse.
Simpk rendez-vous de chasse des ducs de Brabant, Bois- BOISROBERT (François LE MÉTEL pe), né à Caen, en le-Duc s'agrandit successivement jusqu’à devenir un bourg, | 1592, mort le 16 mars 1662, membre de l’Acacémie Franque le duc Gottfried LIL entoura de murailles, en 1184, | çaise, commença par être avocat, mais renonça bientôt à et éleva au rang de ville. En 1585 les Hollandais tentè- | une profession qui r’allait guère à-son humeur enjouée et rent de le surprendre ; un hasard seul fit échouer leur en- | bouffone. Dans un voyage qu'il fit en Italie, le pape treprise, Assiégé inutilement en 1601 et en 1603, il finit | Urbain VIE, à qui il se fit présenter, le trouva si amusant, cependant, après un siége de cinq mois , par tomber au pou- | que pour lui donner une marque de sa bienveillance , il lui voir du prince Frédéric-Henri de Nassau, en 1629. vrocura un bon prieuré en Bretagne. Jusque alors Boisro-
En 1794 une place forte était nécessaire à l’armée du Nord | bertnes’était senti aucune vocation pour l’état ecclésiastique. pour poursuivre les Anglais au delà de la Meuse. Ce fut | Le don de ce prieuré le fit changer d’avis. Il entra dans Bois-le-Duc que l’on choisit ; mais ce n'était pas chose facile | les ordres, et ne tarda point à être pourvu d’un canonicat à que de s’en emparer. Cette place était environnée de forts | Rouen, d’un meilleur produit encore que son prieuré. L’habien entretenus et bien armés, et des inondations qui s’é- | bit ecclésiastique ne lui ôta rien de sa gaieté. Ayant été intendaient à plus de 600 mètres de ses remparts, en faisaient | froduit un jour chez le cardinal de Richelieu , il se surpas sa comme une île au milieu dun vaste fleuve. Tant d’obstacles | jui-même en esprit et en bons mots. Dès lors le cardinal ne rebutèrent pas l’armée française. On n'avait point d’ar- | voulut absolument que Boisrobert fût à lui. Le joyeux tillerie de siége, mais la garnison était faible. On se fia à | bouffon devint de plus en plus nécessaire au ministre pour la fortune. On attaqua tout à la fois la ville et les forts d’Orten | lui faire oublier, à ses instants de loisir , les fatigues et les et de Crèvecœur, dont la prise devait priver la ville de | soucis des affaires politiques. Richelieu s’était tellement toute communication avec la Meuse. Le ville fut investie | habitué à lui, que ayant disgracié pour certaines plaisanle 23 septembre. Dès le lendemain on entra dans le fort | teries qui lui avaient paru aller au delà des convenances, d’Orten, évacué par les Hollandais. On établit quelques | il ne riait plus depuis son éloignement, et ne put résister batteries d’obusiers et de canon à 160 mètres des ouvrages | à la requête de exilé, au bas de laquelle le médecin du extérieurs ; on ouvrit la tranchée devant le fort de Crève- | eardinal avait ajouté en forme d’ordonnance : Recipe Boiscœur, et on le bombarda avec tant de persévérance, qu'il | robert, voulant dire par là que la gaieté de Boisrobert était se rendit, le 29 septembre, au général Delmas. L’occupation | plus utile à la santé de son client que tous les remèdes qu'il de ce fort, en affaiblissant les moyens de défense de Bois- pourrait lui prescrire. le-Duc, ouvrait en outre le passage de l'ile de Dommel, Boisrobert contribua beaucoup à la fondation de l’Acaposition décisive pour l'invasion de la Hollande. On s’em- | démie Française, dont il fut l'un des premiers membres. para même du fort de Saint-André, mais on ne pensa pas à | Richelieu ne pouvait faire moins à l'égard d’un littérateur en réparer les fortifications et à les mettre en état de dé- qu'il admettait à travailler à quelques-unes de ses pièces de fense; de sorte que les Hollandais, qui connaissaient l’'im- | théâtre, L’humeur caustique de Boisrobert ne ménageait portance de cette position, purent la reprendre et la mettre | pas plus ses confrères que d’autres , et on trouve partout à l'abri d'un nouveatf coup de main. Cependant le siége de | cette spirituelle boutade qui lui échappa un jour sur la len- Boïs-le-Duc traînait en longueur. On commençait à avoir | {eur avec laquelle marchaient les travaux de la rédaction des inquiétudes sur l'issue de cette entreprise. Les pluies | du Dictionnaire entrepris par la docte compagnie : avaient étendu les inondations; les tranchées près des ou- Mais tous ensemble ils ne font rien qui vaille. vrages extérieurs n'étaient plus praticables ; l'artillerie de. Depuis six mois dessus l'F on travaille ; siége était arrivée, mais il fallait pour l’établir de grands Et le Destin m'aurait fort obligé travaux, que le sol, inondé, rendait longs et difficiles, Les S'il m'avait dit: Tu vivras jusqu'au G. forts isolés qui environnaient la ville en empêchaient les Au reste, le cardinal le combla de faveurs, et notamment