‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 3)Chapitre 224 sur 527 · BOISROBERT · texte numérisé non relu

BOISROBERT

le fit nommer à la riche abbaye de Châtillon-sur-Seïine. Il le pourvul en outre d'une place de conseiller d'État. On connaît le joli rondeau dans lequel Malleville s'égaya sur la tortune de Boisrobert :

Coïffé d'un froc bien raffiné,

Et revêtu d'un doyeuné,

Qui Ini rapporte de quoi frire,

Frère René, etc,

Après la mort de Richelieu, Boisrobert fut exilé de la cour. Ilétait grand joueur , et avait le défaut de jurer souvent en jouant. On trouva qu'il n'avait pas la décence de mœurs nécessaire à un ecclésiastique, et on l’envoya faire pénitence à son abbaye de Chätillon-sur-Seine. C’est là qu'il mourut. Il avait composé dix-huit pièces de théâtre, tant tragédies que comédies , des poésies disséminées dans diversrecueils, et un roman: Histoire indienne d'Anasandre et d'Orasie (Paris, 1629).

BOIS SACRÉS. Les bois ont été les premiers lieux destinés au culte des dieux. Dans les temps primitifs, où les hommes ne connaissaient ni villes ni maisons, lorsqu'ils habitaient les forêts ou les cavernes , ils choisirent dans les bois les lieux les plus écartés, les plusimpénétrahles aux rayons du soleil, pour y faire leurs sacrifices religieux. Dans la suite, on y bâtit de petites chapelles et enfin des temples ; mais on continua à les environner d'épaisses plantations d’arbres, et ces forêts devinrent aussi sacrées que les temples mêmes. On s’y assemblait aux jours de fête, et après la célébration des mystères on y faisait des repas publics, accompagnés de danses et de toutes les autres marques de la plus grande joie. On y consacrait particulièrement aux dieux les arbres les plus beaux et les plus grands, qu'on surchargeait d’offrandes, et qu’on ornait de bandelettes, comme les statues des dieux inêmes; usage qui plus tard fut sévèrement proserit par l'empereur Théodose, saint Grégoire, et plusieurs rois de France et de Lombardie. Couper des bois sacrés était un sacrilége; il n’était permis que de les élaguer, de les éclaircir, et d’abattre les arbres qu’on croyait attirer le tonnerre.

À Claros, il y avait un bois consacré à Apolion; Élien dit qu’on n’y rencontrait pas un seul animal venimeux. Les cerfs y trouvaient un refuge inviolable quand ils étaient poursuivis; chiens et chasseurs abandonnaient leur proie sur le seuil de la forêt. Esculape avait près d’Épidaure un bois où il était défendu de laisser entrer les moribonds et les femmes en mal d'enfant ; c'était une profanation que d’y laisser naître ou mourir une créature humaine. Le bois que Vulcain avait sur le mont Etna était gardé par des chiens sacrés , qui caressaient de la queue ceux que la piété y conduisait, et déchiraient, au contraire, ceux qui y étaient attirés par des pensées impures.

Rome était entourée de bois sacrés : les plus célèbres étaient ceux d’Égérie et des Muses , sur la voie Appienne; de Diane, sur le chemin d’aAricie; de Junon Lucine , au bas des Esquilies ; de Laverne, près de la voie Salaria; enfin, de Vesta, au pied du mont Palatin.

BOIS SAIN. Ce nom appartient à la fois äune espèce de Lauréole ou daphrié, dont l'écorce caustique est quelquefois employée comme vésicant, et au gaïac, qu’on appelle aussi bois saint.

BOIS SATINÉ , BOIS DE FEROÉ ou DE FÉROLE, BOIS DE CAYENNE, On désigne sous ces différents noms le bois qui provient de plusieurs espèces de ferolia, grands arbres qui croissent à Cayenne et dans la Guyane. L’aubier est blanc et fort épais ; à l'intérieur, le bois est dur, pesant, d'un grain fin, avec des rayons qui imitent le satin : d’où iui vient son nom. Ce bois prend un poli magnifique ; il en est de plusieurs nuances; on en trouve même de rouge écarlate, qui est admirable; il y en a de rouge panaché de jeune, marron , brun, jaunâtre, verdâtre, etc. On en fait des meubles magnifiques ; il nous vient de Cayenne sans aubier,

— BOISSEREE

en billes rondes de douze à quarante-huit centimètres de

‘diamètre.

C'est au ferolia d’Aubiet que s'applique aussi le nom de bois marbré.

Enfin, on appelle quelquefois bois satiné le bois du prunus domesticus. |

BOISSEAU, ancienne mesure usitée pour les corps secs etles corps solides, tels que grains, farine, fruits, Charbon, sel, ete. Le hoisseau, qui valait treige de nos litres actuels, se divisait à Paris en quatre quarts ou seize litrons; c'était le tiers du minot, le sixième de la mine, le douzième du setier et la cent quarante-quatrième partie du muid. Il contenait à peu près un tiers de pied cube, et pesait environ 20 livres, Il devait avoir 8 pouces et 2 lignes et demie da haut, et 10 pouces de diamètre. Du reste, le boisseau, comme la plupart des autres mesures anciennes, variait de contenance et de valeur selon les divers pays. Nous avons donné celle de Paris; il était plus petit d’un huitième à Châlons, et il en fallait treize et demi pour faire le setier de Paris, tandis qu’il n’en fallait que six de Nogent pour égaler la même mesure. ;

Les boutonniers appellent boisseau unemachine de bois de la forme d’un #emi-globe, et longue d'environ 59 centimètres , fort légère, qui se met sur les genoux pour travailler, et dont ils se servent pour faire des tresses, des cordonnets, où autres ouvrages qu’on dit faits au boisseau, pour les distinguer de ceux qni sont faits au métier.

Suivant une expression évangélique, on ditqu’il ne faut pas mettre La Lumière sous Le boisseau, pour dire qu'il ne faut point cacher la science et la vérité; qu’il ne faut pas vouloir les réserver pour soi seul ; qu’il faut, au contraire, con- {ribuer de toutes ses forces"à répandre le plus possible les lumières de l'intelligence, sans jamais regretter, comme trop de gens, qui ne sont pas tous jésuites pourtant, qu’elles puissent aller trop loin.

BOISSELÉE. C'était une ancienne mesure de terre usitée dans quelques provinces, et qui s'entendait dela quantité de terre que l’on pouvait ensemencer avec la quantité de grain contenue dans un boisseau : d’où il suit que le boisseau variant souvent de contenance, selon les diverses localités , la boisselée , comme la bicherée, était une mesure assez vague et assez indéterminée. Huit boïsselées de Paris faisaient environ un arpent de Paris; c’est-à-dire qu’il fallait huit boisseaux pour ensemencer un champ de cette contenance ou de cette étendue.

BOISSELIER. On appelle de ce nom l'artisan qui fabrique ou le marchand qui vend des mesures de capacité en bois, telles que des décalitres, des Litres, etc., ainsi que des cribles, des tamis, des caisses de tambour , etc. La construction de ces mesures est des plus simples : le fabricant emploie des planches de chûne, de hêtre ou de neyer, débitées à la scie, et amincies au rabot au degré convenable. Ces planches sont roulées comme le serait un ruban qui ferait plusieurs tours sur lui-même autour d’une bobine. On roule ainsi ces planches sans les casser, après les avoir fait bouillir dans de l’eau. L'ouvrier assujettit ensuite chaque planche à un fond de bois rond, en ayant soin d'amincir les bords de la jointure afin que la cavité soit parfaitement cylindrique. Une bande de bois clouée extérieureraent donne à son ouvrage plus de solidité, \

La boissellerie se fabrique principalement dans les forêts de Saint-Gubain, de Coucy-le-Château «et de Prémontré (arrondissement de Laon), à Villers-Üotterets, à Troyes, à Laigny (Côte-d'Or), à Calais, à Fréjus (Var), à Gérardmer et à Rothan (Vosges ), elc.

BOISSERÉE (Suzrice), né à Cologne, en 1783, à rendu de grands services à l’histoire de l’art en Allemagne, ainsi que son frère MeLcnion, né en 1786, el son ami Jean- Baptiste BERTRAM. Un voyage que, dans l’automne de 1803, les trois amis firent à Paris, où ils passèrent neuf mois, leur

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