BOLESLAS
splendide, Othon, dans un moment d’effusion, mit lui-même sa couronne impériale sur la tête de son hôte ; c’étail le faire roi, c'était venir au-devant du vœu le pius cher de Boleslas, à qui son titre de simple duc ne paraissait plus en rapport avec la grandeur de sa puissance. En effet, toutes les tribus des Polènes lui obéissaient alors; il traitait le due de Bohême en vassal, et Kief, la capitale des Slaves-Russes , avait été obligée de lui ouvrir ses portes. Plus. tard, il porta ses armes jusqu'aux bords de l’Elbe et de la Saale ; et ce fut là, dit-on, qu'il érigea une colonne de fer pour marquer de ce côté la limite de ses États, comme la porte de Kief, qu'il avait fendue avec son sabre, en déterminait la limite à l’est. De telles conquêtes , un règne si constamment rempli d’expéditions victorieuses, rendirent son nom populaire en Pologne, mais par contre odieux aux populations vaineues, qui avaient à payer les frais de cette gloire. Pendant le règne de Boleslas le christianisme ne fit d’ailleurs que des progrès bien lents en Pologne, de même que dans les contrées conquises.
BOLESLAS II, surnommé le Hardi, né en 1042, mort vers 1090, était fils de Casimir 1°, à qui il succéda le lendemain même de ses funérailles, quoiqu'il n'eût encore que seize ans. Touchée de ses grâces et de sa jeunesse, la multitude l’acclama roi malgré lopposition que la noblesse essaya de faire à son élection. Sa cour devint à quelque temps de là l'asile de plusieurs princes voisins dépossédés ou chassés de leurs États, par exemple Isiaslaff, duc de Kiovie et frère du duc de Russie; Jacomir, fils du due de Bohême; et Bela, frère d'André, roi de Hongrie, qui avait usurpé sa couronne. Le duc de Bohème, pour se venger de l’hospitalité que son fils avait trouvée en Pologne, envahit ce pays à la tête d’une nombreuse armée. Boleslas marcha à la rencontre de l’ennemi, et à la suite d’une défaite qu’il lui fit essuyer, il conclut avec le duc de Bohême un traité avantageux à Jacomir, qui d’ailleurs, se croyant peu en sûreté en Bohême, préféra de continuer à vivre en Pologne. Deux ans après, Boleslas déclara la guerre à André, roi de Hongrie, qu’il fit prisonnier, et dont il donna la couronne à Bela. Tournant ensuite ses armes contre les Russes, qui avaient expulsé Isiaslaff, par ses victoires il le rétablit en possession du duché de Kiovie. Ce succès n’eut pas été plus tôt obtenu qu’il lui fallut accourir en Hongrie, où Bela était mort, et où il fit rendre à ses enfants l'héritage paternel qu’on leur contestait. Pendant cette diversion, les Russes avaient de nouveau expulsé Isiaslaff. Boleslas revint alors mettre le siége devant Kiovie, dont les habitants après uns longue et vaillante résistance durent finir par lui ouvrir les portes. Le séjour de Kiovie fut cette fois pour Boleslas et son armée une nouvelle Capoue, et chefs et soldats s’y livrèrent à toutes sortes de débauches. Apprenant quelle joyeuse vie leurs maris menaient dans le pays conquis, les femmes polonaises s’en vengèrent à l’envi en se prostituant à leurs serfs. À leur tour les guerriers polonais apprirent comment la loï du talion leur avait été appliquée au foyer domestique ; et ce fut alors parmi eux à qui abandonnerait son souverain pour s’en aller châtier sa trop vindicative moitié, dont il attribuait l’infidélité aux fautes du souverain. Boleslas, ainsi déserté par ses hommes d’armes, en leva d’autres en Russie, avec lesquels il s’en revint écraser tous les mécontents qui avaient profité de son absence pour oser lever la tête. Le sang coula alors à flots en Pologne, et ce fut en vain que saint Stanislas, évêque de Cracovie, essaya de faire entendre la voix de la modération. Boleslas, irrité des remontrances du pieux prélat, s’en vengea en allant le tuer de sa propre main dans la cathédrale de Cracovie. Cet attentat, qui comblait la mesure des crimes dont Boleslas s'était rendu coupable, attira sur lui les foudres du saint-siége. Grégoire III délia ses sujets de leur serment de fidélité, Une insurrection générale éclata alors contre lui. Réduit à prendre la faite, Boleslas erra longtemps en Hongrie; puis en cachant
DICT, DE LA CONYVERS. — T, ll.
son nom il réussit à trouver un asile en Carinthie, dans le : monastère de Villach, où les moines l’auraient employé comme marmiton, et où il serait mort en ne révélant qu’à ses derniers moments qui il était, Suivant une autre version,
| le suicide aurait été son refuge contretes poignants remords
que lui causait le souvenir de ses crimes.
BOLESLAS III, surnommé Arzywously (bouche de travers ), fils d’Vladislas Herman, monta sur le trône en 1103, mais ne prit que le titre de duc de Pologne, pour complaire au saint-siége, qui avait aboli le titre de roi en Pologne en même temps qu'il frappait Bolesläs If d’excommunication. Pour se conformer aux dernières volontés de son père, il partagea ses États avec un frère puîné, Sbignée, qui bientôt conspira, puis se révolta même ouvertement contre lui. Boleslas, vainqueur, fit grâce au coupable, que cet acte de : mansuétude ne put ramener à de meilleurs sentiments. Sbignée leva de nouveau l'étendard de la révolte, et cette fois Boleslas se montra inexorable. Cependant, la mort de ce frère lui laissa de longs et vifs remords, qu’il chercha à étouffer,
| selon les idées du temps, en entreprenant force pèlerinages
et en comblant de présents divers monastères et églisés. Après avoir été heureux dans les luttes qu'il avait eu à soutenir. contre l’empereur d'Allemagne, Henri IV, contre Les Hongrois et les Poméraniens, il vit la fortune finir par lui être infidèle dans une grande expédition contre les Russes, qui attirèrent son armée dans une embuscade près d’Halicée et quil’y taillèrent en pièces. Boleslas mourut du chagrin que luicausa ce désastre.
BOLESLAS IV, surnommé /e Frisé, ducde Pologne comme son père Boleslas IIT, monta sur le trône en 1147, lors de la déposition de son aîné Vladislas, et mourut à Cracovie, en 1173. Ce fut en vain qu'il assigna la Silésie en apanage à son aîné. Secondé par l’empereur Frédéric Barberousse, Vladislas essaya de reconquérir sa couronne. Mais habile politique, Boleslas réussit à dissoudre une ligue à laquelle il n'aurait pu longtemps résister ; et un mariage cimenta bientôt l’union des deux souverains ennemis. :
Sous prétexte d’en convertir les habitants, Boleslas essaya de se dédommager de la cession de la Silésie en faisant la conquête de la Prusse; mais les deux expéditions qu’il entreprit dans cette contrée furent impuissantes à la soumettre aussi bien qu’à la convertir, et son armée y fut exterminée. Il eut encore à se défendre contre ses neveux, les fils de Vladislas, qui voulurent profiter de son désastre pour revendiquer la couronne de leur père. Mais soutenu par la nation, il triompha de leurs prétentions, et mourut paisiblement, en 1173.
BOLESLAS V, surnommé le Chaste, fut élu duc de Pologne en 1220, au milieu des troubles qui agitèrent la Pologne après la mort de Lezko le Blanc et de Micislas le Vieux. Comme il n'avait encore que sept ans, son oncle Conrad et le duc de Silésie Henri le Barbu se disputèrent longtemps la régence. Déclaré majeur en 1237, il épousa Cunégonde fille de Henri. Cette princesse, déterminée par une dévotion exagérée, avait fait vœu de chasteté; Boleslas imifa son exemple, que sa froideur et sa timidité naturelles ne lui rendaient pas fort pénible. Véritable roi fainéant, au lieu de songer à repousser une invasion des Tatares, il se réfugia chez son beau-père, dontil abandonna bientôt la cour pour aller s’enfermer en Moravie, dans une abbaye de l’ordre de Citeaux. Les Tatares purent donc ravager impnnément la Pologne, dont les populations, épouvantées, furent réduites à se retirer dans les forêts. Heureusement il s’organisa contre eux une croisade, à Ia tête de laquelle se plaça Henri de Breslau, qui eût anéanti ces hordes dévastatrices dans une grande bataille livrée sur les bords de la Neike, s’il n'avait pas pédl'au milieu de l’action. Boleslas ne rentra en Pologne que lorsque les Tatares l’abandonnèrent; et une autre invasion de ces mêmes peuples lui fournit l’occasion de faire
preuve du même manque de courage. Il mourut en 1279
BOLET (du grec B&os, motte), genre de plantes cryptogames , appartenant à la famille degchampignons, et caractérisé par un chapeau sessile ou pédonculé, garni (d'ordinaire, à la surface inférieure seulement ) de tubes qui renferment les corps reproducteurs. Ce genre est très-nombreux en espèces, el en France seulement on en connait plus de cent; mais nous devons nous borner à en signaler quatre, qui présentent des propriétés remarquables, et sont employées, soit dans l’économie domestique, soit en médecine, ou dans les arts.
Le bolet onguliforme (boletus ungulatus, Bulliard ) se trouve partout dans nos bois, sur les troncs des chênes et des hêtres : on le connaît vulgairement sous le nom d’agaric de chéne. ll est sessile, attaché par le côté, et présente à peu près la forme d’un sabot de cheval : d’où lui est venu son nom. Sa chair est d’une couleur tannée, d’abord mollasse et filandreuse, puis dure comme du bois; ses tubes sont étroits, réguliers, de même couleur que la chair; sa surface supérieure est grisâtre ou ferrugineuse, quelquefois marquée de zones brunes; si on frotte la première écorce, on en trouve dessous une seconde, lisse et d’un noir luisant. Ce champignon continue très-longtemps à s’accrottre : chaque année il se développe une nouvelle couche de tubes, et lon retrouve les anciennes au moyen d’une coupe verticale ; chacune des pousses dont le champignon s’augmente successivement tous les ans reste séparée de la précédente par un sillon annulaire profond ; en sorte que le nombre de ces sillons indique l’âge du végétal. Coupé par tranches quand il est jeune, et battu, ce bolet forme l’agaric des chirurgiens , dont on se sert pour arrêter les hémorragies des petits vaisseaux. Ces mêmes tranches d’agaric trempées dans une dissolution de nitre, séchées et battues, forment Famadou, dont on se sert pour fixer létincelle qui s’échappe du silex frappé par le briquet.
Le bolet amadouvier (boletus igniarius, Bulliard; boletus obtusus, Decandolle ) croît sur les saules, les frênes, les cerisiers, les pruniers , etc. Il est sessile, attaché par le côté, demi-orbiculaire et obtus. Sa chair est d’une couleur tannée, d’abord de la consistance du liége, ensuite dure comme du bois; ses tubes sont courts, étroits, très-réguliers, de la même couleur que la chair : il vit longtemps, comme le précédent, et prodnit de même chaque année une nouvelle couche de tubes : on retrouve, au moyen d’une coupe verticale, ces couches superposées , dont le nombre indique l’âge de l’individu ; mais les pousses annuelles du chapeau ne sont pas séparées par des sillons, comme dans le bolet ungnliforme. Cette espèce est employée aussi pour faire de l’amadou. Les teinturiers en tirent une couleur noire.
Le bolet du mélèze (boletus laricis, Jacquin) se trouve dans les Alpes, où il croît sur le tronc des mélèzes. Il est sessile, attaché par le côté, d’une consistance molle et coriace, Dans sa jeunesse il a une forme ovoïde’allongée ; mais il finit par prendre celle d’un sabot de cheval. Sa chair est d’un blanc jaunâtre; sa surface supérieure est marquée de quelques zones jaunâtres ou brunâtres, peu prononcées; l'inférieure est munie de tubes jaunâtres. J1 est variable dans sa grandeur; mais le plus ordinairement il a dix ou douze centimètres de diamètre. Il est employé en médecine sous le nom d’agaric officinal, et on le trouve dans les Pharmacies dépouillé de son épiderme et desséché; il est alors blanc, spongieux et friable, C’est un purgatif déjà mentionné par Dioscoride £t Galien sous le nom d’&yaprxôv, et qui entre dans la composition de la thériaque, mais dont les praticiens modernes font bien peu d’usage, surtout en France. Les habitants des Alpes l’emploient pour leurs iroupeaux.
Le bolet comestible (boletus edulis, Bulliard) se trouve pendant tout l'été par toute la France, dans les bois et les lieux.couverts, où il croît sur la terre. Il atteint jusqu’à vingt centimètres de hauteur. Il a un pédicule assez gros,