BOLET — BOLINGBROKE
cylindrique ou quelquefois ventru, blanchâtre ou fauve, avec des lignes en réseau; son chapeau est large, voûté, d’une couleur ferrugineuse tirant sur le brun, quelquefois d’un rouge de brique rembruni, ou bien d’un rouge cendré, ou encore blanc ou jaunâtre; sa chair est blanche, épaisse, ferme, quelquefois jaunâtre, souvent d’une teinte vineuse sous la peau; les tubes sont d’abord blancs, ensuite jaunâtres ou verdâtres. Les bœufs, les cerfs, les porcs, le mangent avec avidité, et il est très-recherché comme aliment et comme assaisonnement dans le midi de France; mais on n’en fait pas usage à Paris, quoiqu'il se trouve communément aux environs de cette ville, principalement dans les bois de Ville-d’Avray et de Meudon. On le connaît dans le midi sous le nom de ceps, cèpe, girole, giroule, brugnet. En Lorraine on le mange sous le nom de champignon polonais , parce que ce sont des Polonais de Ja suite de Stanislas Leczinski qui montrèrent qu’on en pouvait manger sans danger. DéÉvuezir.
BOLEYN (ANNE DE). Voyez BOULEN.
BOLIDE. Voyez AÉROLITHE. à
BOLINGBRORE (Hewry SAINT-JOHN, vicomte DE), célèbre homme d'État et écrivain anglais, né en 1678, à Battersea (comté de Surrey), d’une famille ancienne et considérée, marqua déjà à l’université d'Oxford par la vivacité de son esprit et par ses progrès dans toutes les branches des connaissances humaines. A son entrée dans le monde, il y fit sensation par son exférieur séduisant, par ses manières élégantes, enfin par un charme tout particulier de diction auquel il était bien difficile de résister. Maïs n’écoutant que ses passions et fout entier au plaisir, il ne fut jusqu’à l’âge de vingt-trois ans qu’un débauché de bonne compagnie. Dans l'espoir de mettre un ferme à cette vie de désordres, son père Jui fit alors épouser une jeune personne charmante, fille d’un baronet, et qui lui apporta en dot un million. Henry Saint-John ne fut point corrigé par le mariage; ses nombreuses et éclatantes infidélités troublèrent bientôt la paix du toit conjugal; et dès lors les deux jeunes époux ne se trouvèrent plus d’accord que pour se séparer à jamais. Son père essaya encore d’un autre moyen pour le ramener à des habitudes plus régulières : ce fut de le lancer dans la politique, et en conséquence de le faire entrer à la chambre basse. Ce moyen réussit. L’éloquence peu commune de Saint-John, la sûreté de son coup d'œil, la sagacité de ses appréciations excitèrent l’attention générale ; et maintenant les intrigues de la politique devinrent la grande préoccupation de son existence. II y avait pour lui à choisir entre les whigs et les tories ; son choix fut bientôt fait, et c’est pour les tories qu’il se décida. Une métamorphose complète s’était opérée dans toutes ses habitudes ; une infatigable activité avait succédé en lui à l'horreur qu’il avait naguère pour toute espèce de travail; et Guillaume TIT suivit avec un intérêt tout particulier ces débuts parlemenfaires, qui annonçaient à l'Angleterre un homme d'État de plus. Dès 1704 Saint-Jobn était arrivé au pouvoir; la reine Anne lui avait confié le portefeuille de la guerre dans le cabinet dont lord Harley avait la présidence. C’est dans l'exercice de ces fonctions qu'il se trouva amené à avoir des relations directes avec Marlborough, qui seconda du mieux qu’il put son administration, de même que Saint- John ne négligea rien pour mettre à la disposition du vainqueur de Blenheim les ressources immenses et incessantes qui lui étaient nécessaires pour mener avec vigueur la guerre contre la France. Ces deux hommes appartenaient pourtant à deux partis ennémis ; mais l'intérêt de leur pays les rapprochait, et leur faisait momentanément oublier les profondes dissidences politiques qui les séparaïent. Le mo-
ment vint où, par le jeu naturel de ces institulions repré-
sentativee qui sont la gloire del’Angleterre, les whigs par-
vinrent à ressaisir le pouvoir et à renverser les {ories (1708).
Saint-John suivit dans sa retraite lord Harley. Mais les affec-