‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 3)Chapitre 239 sur 527 · BOLIVIE — BOLOGNE · texte numérisé non relu

BOLIVIE — BOLOGNE

conquérant éveillèrent la jalousie des États voisins, surtout du Chili. Dès 1836 éclatèrent de nouvelles hostilités, qui, longtemps suspendues, recommencèrent en 1837 et 1838, et qui, après un nouvel arimistice, se terminèrent, le 20 janvier 1839, par la sanglante bataille de Yungay, où Santa- Cruz fut battu par les Chiliens unis au général Gamarra, que les vainqueurs appelèrent à la présidence du Pérou. Le général Velasco, commandant de la Bolivie, se déclara aussi contre Santa-Cruz et la confédération, et se fit reconnaître président provisoire par un congrès assemblé à Chuquisaca, le 16 juin 1839. 11 s'empressa de conclure la paix avec Je Chili. Cependant Santa-Cruz s'était embarqué pour Guayaquil dès le 13 mars 1839; mais il avait laissé dans la Bolivie un grand nombre de partisans, qui ne tardèrent pas à reprendre le dessus, en sorte que son administration fut déclarée irréprochable par un décret particulier du congrès. Quelque temps après, son parti arrêta Velasco dans Cochabamba, et invita Santa-Cruz à reprendre la présidence ; puis, comme il tardail à revenir, ses partisans s’unirent à ceux du général Ballivian, qui fut élu à l'unanimité. Avide de profiter de ces dissensions, Gamarra envahit la Bolivie dans l'automne de 1841, occupa La Paz, et alla prendre position à 40 kilomètres plus loin, à Viacha; mais le 18 novembre, son armée, forte de 5,200 hommes, était taillée en pièces par Ballivian , à la tête de 3,800 Boliviens, et il restait lui-même sur le champ de bataille. A la suite de cette victoire, Ballivian envahit le Pérou. Le 7 juin 1842 la paix fut signée à Pasco, par la médiation et sous la garantie du Chili, et les choses rétablies en l'état où elles étaient avant le commencement des hostilités. Sur ces entrefaites, Santa- Cruz, qui rêvait à Guayaquil aux moyens de ressaisir le pouvoir, après avoir échoué dans toutes ses tentatives pour révolutionner le Pérou à son profit, osa, en 1844, entrer dans la Bolivie; mais il fut arrêté dans les Cordillières et livré au Chili, qui le soumit à une surveillance sévère. Ballivian, à son tour, ne put se maintenir, et se retira à Valparaiso. Velasco, qui le remplaça, ne sut pas non plus rétablir la tranquillité. Dès la fin de 1848 l'ancien ministre de la guerre Belzu se révolta, et fut élu président, En 1855, il remit le pouvoir à son gendre, le général Cordova, qui malgré une adininistration re'ativement équitable, ne put se maintenir. A la suite de plusieurs soulèvements le docteur Linarès forma un gouvernement provisoire qu'un vote du Congrès rendit définitif en 1856 ; c’est à lui que la Bolive doit la réforme de son administration civile : il établit des écoles dans toutes les paroisses, organisa les gardes nationales, proposa et fit adopter plusieurs lois en faveur des Indiens, régularisa le régime municipal, mit un frein à la contrebande, et confia le maniement des affaires à des hommes intègres et laborieux. Ayant {rouvé la république grevée d'un déficit de 1,206,000 piastres, il s’efforça de le diminuer au moyen de sages économies, Quelques troubles Signalèrent l’année 1860 ; les armements du Pérou amenèrent Linarès à interdire pendant queiques mois tout rapport Commercial avec ce pays; averti d’autre part que les par sans de Belzu se réunissaient en armes près de la frontière, il se porta rapidement à leur rencontre, les assaillit el les poursuivit jusque sur le territoire péruvien. Un complot tramé par ses propres ministres mit brusquement fin à son pouvoir : le 15 janvier 1861, Linarès fut arraché de son lit et, quoique malade, conduit à la frontière: il alla mourir à Valparaiso, pauvre et déjà oublié (novembre 1861). Cependant l'ambition des conjurés, qui était de porter l’un des leurs, Ruperto Fernandez à la présidence fut trompée : le {** mai 1861 la convention nationale nomma le général José-Maria de Acha président provisoire. Aussitôt les partisans de Belzu se révoltèrent, prenant pour prétexte l’arrestation arbitraire de l’ex-président Cordoya; l'insurrection gagna la Paz, et le commandant de cette ville, craignant de la voir réussir, se transporta à la prison et fit fusiller Cor DICT. DE LA CONVERS. — T. LI,

dova, le frère de Belzu, le général Hermosa, plusieurs offi ciers et une soixantaine de soldats rebelles (23 octobre). Cette alroce exécution souleva une indignation générale; la Paz fut envahie par un bataillon de dissidents, Yanez fusillé à son tour, et Fernandez proclamé président; mais le peuple refusa de ratilier ce choix, et rappela le général Acha. Ce dernier installé définitivement le 18 août 1862 eut à lutter contre la rébellion du général Perez, qui fut vaincu dans un combat acharné où il perdit 600 hommes; puis contre le fils de Bollivian et contre Belzu. 11 touchait au terme de ses pouvoirs lorsqu'à la suite d’un différend avec le général Mariano Melgarejo, ce dernier courut aux armes, attaqua Acha près de Cochabamba, et le fit prisonnier (décembre 1864).

Dans ce moment de confusion, le vieux Belzu, déjouant la vigilance des autorités péruviennes, rassembla quelques centaines de soldats et d’Indiens, marcha sur la Paz, ets a, établit solidement. Le nouveau président ne tarda pas à l’assaillir; une bataille acharnée se livra dans les rues, el la mort seule de Belzu, tué par un soldat, put consommer la déronte de ses adhérents. Le vote populaire confirma au vainqueur le titre que lui avait déjà livré le sort des armes (juin 1866), et qui fut rendu définitif le 6 août 1858. Les principaux actes de son administration, qui à beaucoup d'égards n’est qu'une dictature, sont l'acquisition du territoire de Mejillones (10 août 1866), où de riches gissements de guano ont été découverts, un traité de commerce et d amitié conclu avec le Brésil (27 mars 1867), et la négociation d’un emprunt de 25 millions de fr. dans le but d'achever de grands travaux publics.

Une révolution renversa Melgarego, qui fut mis à mort e27 mars 1869. Après une longue vacance, la présidence ‘fat décernée au colonel Moralès le 20 juin 1871. Consultez d’'Orbigny, Voyage dans l'Amérique méridionale «2 vol., Paris, 1835,) et Bosch-Spencre, S/atisliqu2 commerciale du Chili, de La Bolivie, etc. (Bruxelles, 1848).

BOLLANDISÆES, société de jésuites, qui, da 1613 1794, a publié à Anvers, à Bruxelles et à Tongerloo la collection connue sous le nom d’Acia Sanctoru m , et cotenant des renseignements sur tous les saints [qu'honoré f'Église catholique romaine, Cette dénomination lui vient de Jean Bolland (Bollandus), né en 1596, à Tirlemont, et mort en 1665, le premier qui mit en œuvre les matériaux réunis à cet effet par Héribert Rosweyd, d'Utrecht. Les deux premiers volumes de cette œuvre parurent en 1643; ils contiennent les vies des saints du mois de janvier. ,

En 1789 l’abbaye des Prémontrés de Tongerloo entreprit de mener à sa fin le colossal ouvrage. Mais le 53° volume (6° du mois d'octobre) n’eut pas plus tôt paru, en mai 179%, que l’occupation de la Belgique par une armée française eut pour résultat de mettre un terme à ces travanx. C’est depuis 1845 seulement, el sous les auspices du gouvernement belge, qui a affecté à ce bat une subvention annuelle de 6,000 fr., que s’est constituée une nouvelle société de Bollandistes, qui en 1864 a publié le 56° volume de tout l'onvrag

La volumineuse collection des Bollandistes, quoiqu’elle manque en général de critique, surtout dans les premiers volumes, a rendu des services pour l'éclaireissement et la connaissance d'une foule de points historiques dn moyen âge.

BOLOGNE (Bologna), ville d'Italie, est une grande cité, riche et bien peuplée (109,395 habitants), située au pied de l’Apennin, sur un canal auquel elle a donné son nom, entre le Reno et la Savena. Elle a 95 kilomètres de cireuit et 15 de long, sur 7 de large, et jouit d’un climat frès-sain. C’est la résidence d'un préfet, d'un archevêque, et le siége d’une cour d'appel. Cette ville, qui est rès-ancienne, offre quelques quartiers assez bien bâtis, des rues larges, garnies de maisons presque toutes à trois étages, qui forment des portiques assez sombres, mais très-com-

modes pour les piétons pendant les chaleurs de l'été. En général, ses édifices publics se distinguent tout à la fois par leur belle architecture et par leurs ornements. On remarque surtout le Palezzo publico, avec de belles fresques ; le palais du prince Eugène de Leuchtenberg, autrefois palais Caprara ; la façade et l'escalier du palais Ranuzzi; les deux tours inclinées des Asinelli et de la Garisende, dont la première est d'une hauteur prodigieuse (102 mètres) et d’une structure svelte et élégante, et dont la deuxième, haute de 40 mètres, et plus remarquable encore, dévie de 27,5 à 2", 8 de la perpendiculaire, tandis que la déviation de l'autre n’est que de 1m,55. Viennent ensuile la cathédrale de San-Petronio, de style gothique, où l'on voit la méridienne tracée par Dominique Cassini; la magnifique église des Dominicains, avec les tombeaux de Taddeo Popoli et du roi Enzio; San-Stefano, San-Sepolcro, San-Salvatore, San- Martino, San-Giovanni in Monte, San-Giacomo, qui toutes possèdent encore des chefs-d'œuvre de l'art; la fontaine de . marbre, sur la Piazza Maggiore, ou place du Géant, œuvre du célèbre sculpteur Jean de Bologne, ainsi que plusieurs autres monuments. Bologne, de tout temps célèbre dans les annales des sciences et des beaux-arts, possède une université fondée, dit-on, en 425, par l’empereur Théodose le jeune. La faculté de droit, illustrée au douzième siècle par Irnerius, jeta longtemps un vif éclat. Aujourd'hui encore cetle université, quoique bien déchue de sa splendeur passée, est une des meilleures de l'Italie; c’est à peine si elle compte trois cents étudiants après les avoir comptés par milliers. Le collége dei Dotti tient aussi ses séances à Bologne. On y remarque encore l'édifice de Lo Studio ; le musée de l’Institut plein de productions rares de la nature et des arts, et dont la bibliothèque, riche-de 150,000 volumes et de 6,000 manuscrits, possède entre autres les autographes de Marsigli, le fondateur de l'Institut des Sciences. Cet Institut, fondée en 1214, tomba dans une décadence complète à la suite des guerres du siècle dernier ; mais Pie VIII, suivant en cela les intentions de son prédécesseur Léon XII, le rouvrit en 1829, et depuis 1834 il a déjà publié divers ouvrages. Marsigli contribua aussi à l'établissement d’un observatoire, d'un amphithéâtre d'anatomie, d'un jardin de botanique, et d’autres collections scientifiques. Outre son université, Bologne possède plusieurs académies, une école d'artillerie et une école d'ingénieurs, un collége espagnol, une école de médecine et de chirurgie, une Société Philharmonique, une Société d'Agriculture, et depuis 1816 une Sociélé socratique pour l'avancement du bonheur social, société devenue suspecte de carbonarisme en 1821. L'Académie des Beaux-Arts, appelée aussi Académie Clémentine, du nom de son fondateur le pape Clément XIII, a rassemblé les chef-d'œuvre de l’école bolonaise, créée au seizième siècle par Caracci, Guido Reni, Domenichino, Albano, etc. ainsi que ceux de l’ancienne école byzantine; on y a joint une école de peinture. Le vénérable hôtel de ville, situé sur la principale place, contient aussi de véritables richesses, entre autres la collection des manuscrits d’Aldrovandi. Des trois théâtres de Bologne, le plus vaste est le théâtre Zaproni; mais le plus beau est le Nouveau Théâtre, sur la promenade du Rempart.

Le macaroni de Bologne, ses saucissons, ses liqueurs, ses fruits confits, ses fleurs artificielles et ses savons parfumés jouissent d'une grande réputation.

Bologne existait, dit-on, longtemps avant Rome. Elle joua un rôle très-important sous les Romains. Plus tard, elle fit partie de l'exarchat. Les Lombards la conquirent, puis la cédèrent aux Francs, et Charlemagne la déclara ville libre, Au douzième siècle elle acquit une si grande puissance qu'elle osait alors braver l'empereur lui-même. Les divisions de la noblesse amenèrent dans le treizième siècle la ruine de la république. Longtemps les familles Geremei, Lambertazzi, Pepoli, Bentivoglio cte. 4'y disputèrent le

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