‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 3)Chapitre 238 sur 527 · BOLIVIE · texte numérisé non relu

BOLIVIE

compose que de cinq mille hommes environ. Il y a 9 dépar: tements : 1° Chuquisaca (223,668 habitants blancs); 2° L Paz (475,522 hab); 3° Orouro (110,931 hab.); 4° Potosi (281,229 hab. ); 5° Cochabamba (349,892 hab.); 6° Terija, (88,900 hab.); 7° Santa-Cruz (153,154 hab.); 8° Veni (53,973 hab.); 9° Atacama (5,273 hab.). Excepté Chuqui saca, Veni et Afacama, dont les chefs-lieux sont Sucre, cas pitale de la république, Trinidad et Colija, tous les dé partements portent les noms de leurs chefs-lieux. Chacur est subdivisé en provinces, et les provinces en cantons: Voici les principales bases de la constitution : le gouverne: ment est une république démocratique; la souveraineté ré= side dans le peuple et est exercée par un corps électoral, un corps législatif, un corps exécutif et un corps judiciaire; l@ pouvoir exécutif est confié à un président à vie, à un vice-pré sident et à trois secrétaires d'État. Le corps législatif émang directement des colléges électoraux nommés par le peuple Il se compose de trois chambres, celle des tribuns, celle des: sénateurs et celle des censeurs ; chaque chambre est comp: de trente membres; chaque législature dure quatre ans ét chaque session annuelle deux mois. La constitution garantit à tous les citoyens la liberté civile, linviolabilité des pers sonnes et des propriétés, et enfin tout citoyen a le droit de publier ses pensées sans être astreint à aucune censure préa lable; seulement il demeure responsable des abus de cette lis berté.

La Bolivie devait tout au grand homme dont elle s'était donné le nom. Elle ne fut pas la dernière à se décharger du poids importun de la reconnaissance. A peine Bolivar fut-i de retour dans ses foyers; qu’elle abjura ce nom immortels, brisa sa constitution, éloigna les troupes colombiennes qui avaient reconquis son indépendance, et déclara la guerre la patrie de ses libérateurs. Cette première guerre fut bientôt éteinte; mais l’ingratitude de la Bolivie ne contribua pas peu à la mort de son illustre fondateur. Le grand maréchal d’Ayacucho (général Sucre), qui avait rendu de grands sers vices dans la lutte de l'indépendance, et qui, élu président à vie, n'avait consenti à accepter cette dignité que pour deux ans, fut forcé, en avril 1828, d’évacuer le pays avec les trou pes colombiennes. Un nouveau congrès, qui se tint le 3 août 1828, à Chuquisaca, remania de fond en comble la constitution, et choisit pour président le, grand maréchal Santa-Cruz, qui refusa d’abord cet honneur. Velasco, qui avait dans l’intervalle usurpé le fauteuil de la présidence fut déposé par le congrès assemblé au mois de décembre de la même année. On mit à sa place le général Blanco, qui fut tué dans une révolte dans la nuit du 1° janvier 1829. Un. gouvernement provisoire fut établi, qui offrit de nouveau l& présidence à Santa-Cruz. Le général l'accepta enfin, se rendit à La Paz en mai 1829, et pacifia la république.

En 1831 Santa-Cruz promulgua le nouveau code qui porte son nom; il mit de l’ordre dans les finances, et conclut un traité de paix et de commerce avec le Pérou. Pour dés velopper l’agriculture, l’industrie, les sciences, il cherchi à attirer les étrangers par foutes sortes de faveurs ; et en 183û il fonda un ordre de la Légion d'Honneur. Depuis plusieurs années, la Bolivie jouissait d’une prospérité croissante lorsque Santa-Cruz , qui avait nourri longtemps le projet de former une confédération du Pérou et de la Bolivie, ayant été pris pour arbitre entre les prétendants à la présidence du Pérou, saisit celte occasion, et envahit les provinces sep tentrionales de ce dernier État. Dans un combat qu'il livra le 8 août 1835, près de Cuzco, il battit le général péruvien Gamarra; et au mois de février suivant, ayant achevé le conquête de tout le pays, il se fit reconnaitre dictateur, donna au Pérou septentrional et au Pérou méridional une constitution qui laissait à chaque État son indépendance dans les affaires intérieures, mais qui les soumettait l'un € l'autre à un gouvernement central dont il fut proclamé le chef avec le titre de Protecteur. Cependant les progrès du

Page 1