‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 3)Chapitre 241 sur 527 · BOLOGNE — BOMBARDE · texte numérisé non relu

BOLOGNE — BOMBARDE

sailles un groupe de l’Amour et Psyché. Enfin, l’ancienne statue équestre de Henril Ÿ qui était placée sur le Pont- Neuf, et qui fut détruite pendant la révolution, avait été commencée par Jean de Bologne, et fut achevée par son élève Taffa,

Jean de Bologne avait atteint l’âge de quatre-vingt-quatre ans sans abandonner le travail, lorsqu'il mourat, en 1608,

BOLOGNESE (11). Voyez GrimaLpi.

BOLONAISE (École). Voyez ÉCOLE DE PEINTURE.

BOLSEN A, ville d'Italie, dans l'ancienne délégation de Viterbe, se trouve sur le chemin de fer de Sienne à Rome. Elle n’a guère plus de 2,500 âmes; mais dans l'antiquité c'était une des plus florissantes cités étrusques sous le nom de Vulsinii, Quand les Romains s’en emparèrent ( 280 av. J.-C.), ils la détruisirent de fond en comble, et fondèrent à la place une autre ville, dont il reste quelques ruines et que l’histoire ne cite que pour avoir été la patrie de l’ambilieux Séjan.

Le Zac de Bolsena, sur les rires duquel est située la ville, à 14 kil. de long sur 10 de large, Il est entouré de collines boisées. Ses eaux sont très-poissonneuses. Des deux îles qu’il renferme, l’une, Bisentina, était le séjour favori du pape Léon X; l’autre, Martana, vit l'exil et le meurtre de la reine Amalasonte par son frère Théodoric.

BOLTON, surnommé Le Moors, pour le distinguer de plusieurs autres localités du même nom, n’était autrefois qu’un bourg sans importance, situé au milieu d’une contrée marécageuse, dans le comté de Lancaster, au nord-ouest de Manchester, Aujourd’hui c'est une ville de fabrique, qui compte (1871) 92,655 habitants. La rivière du Croal la divise en deux parties, le Grand-Bolton et le Petit-Bollon. Elle est bien bâtie, possède des halles, un théâtre, etc., et est mise en communication avec le canal de Liverpool par un chemin de fer, et avec Manchester, depuis 1791, par le canal de Bolton. Les riches mines de houille et les vastes fonderies qui se trouvent dans le voisinage ont contribué pour leur part à donner aux manufactures de coton dont cette ville est le principal centre depuis 1756, un développement tel que chaque année il s’y fabrique six millions de pièces de mousseline. C’est à Bolton que fut inventée par Thomas Highs, ou, selon d’autres, par James Hargreaves, la machine à filer (the spinning-jenny), qui s’est introduite partont avec les perfectionnements de sir Richard Arkwright; et c’est là encore qu’un tisserand, Samuel Crompton, a inventé la mull-jenny. Les manufactures de laine y furent introduites en 1337 par des réfugiés flamands, et la population industrielle s’y accrut considérablement depuis la révocation de l’édit de Nantes par l’arrivée d’un grand nombre de protestants français. Bolton a joué aussi un rôle dans la guerre de la révolution anglaise. Le comte de Derby y fut décapité en 1651, parce qu'il avait proclamé roi Charles II,

BOLZANO. Voyez BoTzEn.

BOMARSUND, ancienne place forte de l'ile russe d’Aland, était défendue par 2,400 hommes et 180 bouches à feu lorsqu’éclata la guerre d'Orient. Au mois d’août 1855, elle fut attaquée par les forces anglo-françaises, sous les ordres du général Baraguey d’Hilliers, à la fois par terre et par mer, Le 8 eut lieu le débarquement des troupes ; les deux tours furent bientôt réduites, et la citadelle, battue en brèche le 15, capitula le lendemain, Les fortifications de Bomarsund furent détruites, et par le traité de Paris la Russie S’engagea à ne pas les relever.

BOMBARDE (Artillerie), ancienne arme, premières bouches à feu. Voyez ARTILLERIE et Canon, tome IV, p.365.

BOMBARDE , BATEAU-BOMBE, GALIOTE À BOM- BES ( Marine). Depuis les premières bombardes, inventées par Renau d’Eliçagaray pour réduire Alger, cette merveil-

leuse conception, dont le vieux Duquesne n’espérait pas grand’chose , a subi bien des modifications et a cessé d’élonner les marins, Aujourd’hui avec un mortier et quelques

planches ils transformeraient aisément la plus mauvaise barque en baleau-bombe, sans qu'ils s’imaginassent pour cela exécuter un travail prodigieux. Mais le beau temps des bombardes, quelque perfection que l’on ait pu donner à ce genre de navires, est passé sans retour, Le canon seul semble être devenu assez fort pour réduire les positions et les places que les vaisseaux de ligne peuvent approcher à dermi-portée de boulet, :

Les bombardes , construites spécialement pour recevoir un mortier, sont des bâtiments à fond plat, doublés en forts bordages, croisés diagonalement, et non soutenus , comme dans les autres constructions, par des varangues ou de la membrure, Cette disposition particulière des bombardes a pour but de ménager à tout le système selon lequel elles sont construites l’élasticité nécessaire à des bâtiments soumis à l’'ébranlement terrible de l'artillerie. Le fond plat que l’on donne à la coque a pour but d'assurer à ces navires plus de stabilité et de leur donner le moins possible de tirant d’eau. Le puits sur lequel doit étre posé le mortier s'élève de la calle du navire jusqu’au pont, ou tout au moins jusqu’à une petite distance au-dessous du pont. On à soin pour former Ja base de ce puits de placer sur la carlingue, et d’un bord à l’autre du vaigrage, de fortes pièces de bois capables de supporter la pesanteur de lappareil, Le puits, qui n’est autre chose qu’un prisme rectangle, se construit avec de fortes planches de chêne ; on le comble dans le sens desa hauteur et de sa largeur, en superposant des couches de tronçons de càble et de feuillards les uns sur les autres, afin de donner à tout ce système l’élasticité nécessaire. Une fois le puits disposé de manière à recevoir la pièce d’artillerie, on pose la base du mortier sur la plate-forme. Dans les petites bombardes, cette plate-forme est quelquefois mobile, et celte disposition permet à la bombarde de tourner, sans qu’elie ait besoin de se mouvoir elle même, la gueule du mortier vers le point sur lequel on se propose de diriger le projectile, tandis qu'à bord des frégates ou des gabares armées en bombardes, le mortier étant fixé invariablement sur sa plate-forme, il devient indispensable de manœuvyrer de manière à mettre le navire en position de diriger son feu dans le sens de la position du mortier placé à poste fixe. Dans quelques bombardes, la plate-forme, au lieu d'être soutenue par un puits composé ou rempli de fascines, se trouve posée tout simplement sur de très-fortes épontilles croisées, qui n'offrent pas, comme supports, autant d’élasticité ou de jeu que les puits comblés avec des tronçons de filain et des paquets de feuillards,

Dans le temps des flottilles réunies à Flessingue et à Boulogne, on arma un grand nombre d’embarcations en bombardes, et on leur donna le nom de bateaux-bombes. Checun de ces bateaux portait un seul mortier. Quelques-uns étaient pourvus d’un mât de misaine à bascule, qui s'abattait à volonté pour donner au projectile lancé par le mortier la facilité d’être dirigé par l'avant dans le sens de la Jongueur du bâtiment. C’est entre le grand mât et le mât de misaine qu'à bord des forts bâtiments on place le mortier ou les mortiers qui forment lartillerie principale des bormbardes. Lorsqu'une bombarde de grande dimension est pourvue de deux mortiers, l’une de ces pièces donne sur le côté de tribord, l’autre sur le côté de bâbord ; toutes deux quelquefois donnent sur le même bord, même alors que la plate-forme ne se trouve pas mobile.

La dénomination de galiotes à bombes, qui s’est perdue, indique encore assez quelle fut la construction des premières bombardes que l’on employa en mer. C'étaient des galiotes dites hollandaises, bâtiments très-solides et à fond entièrement plat, Si depuis on a conservé aux constructions nouvelles une partie des conditions des premières galiotes, on a da moins beaucoup modifié ce genre de construction, Les dernières bombardes spécialement destinées à porter des mortiers étaient faite de manière à manœuvrer et à marcher

très-bien, et même à entreprendre de longs voyages au mi lieu des expéditions auxquelles elles devaient coopérer. Aux premiers temps de l'emploi des mortiers dans la marine, où construisit en maçonnerie les puits destinés à supporter la plate-forme; plus tard on substitua le bois de charpente à la maconnerie.

Les mortiers employés dans la marine militaire pour le bombardement sont coulés d’un seul bloc avec leur plateforme. L'angle fixe formé par la direction du mortier et sa plate-forme est de 45°. L'âme du mortier a environ deux fois et: demie la longueur du calibre de la pièce. Une plus grande dimension exposerait la bombe à se briser dans l’explosion. On emploie jusqu’à 14 à 15 kilogrammes de poudre à la charge des gros mortiers. La détonation de ces énormes pièces est si forte et produit à bord une ‘si terrible commotion, que les’gens de l'équipage des bombardes, et surtout les hommes qui servent le mortier sont obligés de se boucher les oreilles avec du coton, pour prévenir les hémorrhagies ou les effets de surdité qui résultent quelquefois, malgré celte précaution, de la détonation des mortiers placés à bord des bombardes, Édouard CorBière.

Les bombardes ont été remplacées dans la marine militaire par les batteries flottantes.

On donne aussi, mais par abus du mot, le nom de bombardes à quelques bâtiments marchands de la Méditerranée, que nous désignons dans le Nord sous le nom de {rois-mélts.

BOMBARDEMENT, mot dont l’origine appartient au mot bombarde, et dont l'emploi se rapporte au mot bombe. C’est l'opération par laquelle se termine le plus ordivairement le siége d'une place qui ne veut pas se rendre. Elle consiste à lancer une multitude de bombes sur.les établissements militaires de l’assiégé pour le mettre hors d'état de prolonger sa défense ; mais dans les places dont l’intérieur est habité par une nombreuse population, les maisons particulières ont souvent à souffrir. du jet des bombes, qui leë écrasent et les ruinent : aussi n’en vient-on jamais à cette extrémité qu'après avoir fait une sommation au commandant de la place et l'avoir averti que tout est prêt pour le bumbardement. Le refus derendre la ville est aussitôt suivi d’une nombreuse projection de bombes, chargées de poudre et de malières inflammables qui embrasent les bâtiments écrasés.

Les bombardements des grandes villes sont un moyen r'goureux et impolitique, puisqu'ils frappent sur des noncombattants, font la guerre aux citoyens plus qu'aux solflats, exaspèrent les peuples, et nationalisent la guerre ; il n'était cependant que trop commun jadis de voir des assiégeants ou des forces navales se porter à celte extrémité, en vue de hâter la reddition d'une place, de désoler un pays, d’en châtier la population, d’en ruiner le commerce, les établissements, les approvisionnements. Les exemples des attaques par bombardement sont heureusement devenus plus rares dans les guerres modernes : les Français ne sont pas le peuple qui goûte le plus ce moyen.

Gênes fut bombardée en 1684 par Seignelay, fils de Colbert. Le maréchal d’Estrées, en 1685, bombarda Tripoli : cette ville éprouva de nouveau le même sort en 1728 et en 1747. Prague fut bombardée en 1759 ; mais ce fut surtout le défaut de vivres qui en amena la reddition. En 1793, Lille, Lyon, Mayence; en 1794, Menin, Valenciennes, Le Quesnoy, Ostende, Nieuport, L'Écluse, subirent un bombardement : quelques-unes de ces villes résistèrent, telles que Lille, Mayence, etc.; d’autres succombèrent, mais ce fut par suite d’une complication d'événements secondaires, A des époques plus modernes, Dieppe, le Havre, Honfleur, ont élé bombardés.

Les Anglais et les Allemands ont pratiqué les plus terribles et les plus nombreux bombardements. Is sont partisans de ce système. La guerre de (832 n’a consisté pour ainsi dire qu’en un bombardement, mais ce fut un bombardement de forteresse et non de ville, ce qui est fort dif-

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