‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 3)Chapitre 242 sur 527 · BOMBARDE — BOMBARDEMENT · texte numérisé non relu

BOMBARDE — BOMBARDEMENT

férent ; 25,000 bombes furent alors lancées contre la cita-. delle d'Anvers, ce qui n'avança pas sensiblement la reddition de la citadelle. G*! Barniw,

C’est surtout dans les guerres civiles que le bombardement est un acte injustifiable, odieux, auquel la raïson répugne, et que l'humanité, d'un commun accord, devrait proscrire de partont sur la terre, d'autant plus qu'on a surabondamment reconnu que c'était un moyen complétement inulile, el que jamais il n’avait réussi à faire capituler cinq minutes plus {ôL une ville assiégée. Quel cœur n’a frémi dans ces derniers temps aux récits lamentables des bombardements de Barcelone, de Vienne, de Venise et de Palerme?

Aucune guerre ne donna jamais et en si peu de temps lieu à des bombardements si terribles et si nombreux que celle de 1870. Le roi de Prusse avait déclaré dans son manifeste « qu’il ne ferait la guerre qu'aux soldats »; et ce fut précisément après l’écrasement des armées régulières, et quand il n’eut plus en quelque sorte affaire qu'à la nation armée pour la défense de son existence que ce même roi entreprit contre elle cette guerre d’extermination comme un défi jeté à la civilisation et à l'humanité. Afin de frapper de terreur les populations et de paralyser en elles tout élan patriotique, les généraux prussiens employèrent un moyen jusqu'alors sans précédent dans l’histoire militaire : nous voulons parler du bombardement des villes ouvertes. Toutes les places fortes assiégées par eux furent bombardées; aucune d'elles ne fut prise d'assaut, aucune ne fut insultée ou enfamée dans ses ouvrages de défense; l'ennemi se borna à les inonder de projectiles, à incendier les monuments ou les demeures particulières pendant plusieurs jours de suite; c'est ainsi que Phalsbourg, Verdun, Thionville virent tomber des centaines de maisons en ruines fandis que leur corps de place était à peu près intact Soissons fut bombardé à l'intérieur durant trois jours ; et Péronne cinq jours. L'œuvre de destruction à Strasbourg entraina des pertes irréparables ; l'Académie française sfigmatisa par un manifeste cet acte de barbarie accompli sans péril, avec des pièces à longue portée et de l’autre rive du Rhin. Nous reviendrons dans l’article Paris sur le bombardement effroyable que l’intérieur de la ville eut à souffrir pendant vingt et un jours.

« Le fait de lancer sur une ville, dit M. de Chaudordy dans sa circulaire diplomatique, des projectiles explosibles et incendiaires n’est considéré comme légitime que dans des circonstances extrêmes et strictement déterminées. Maïs dans ces cas mêmes il était d’un usage constant d’averlir les habitants, et jamais l'idée n’était entrée jusqu’à présent dans aucun esprit que cet épouvantable moyen de guerre pût être employé d'une manière préventive. Incendier les maisons, massacrer de loin les vieillards et les femmes, attaquer pour ainsi dire les défenseurs dans l'existence de leurs familles, les atteindre dans les sentiments les plus profonds de l'humanité pour qu'ils viennent ensuite s'äbaisser devant le vainqueur, c’est un raffinement de violence calculée qui touche à la torture. » D’après les maximes prussiennes toute ville ouverte qui fait mine de se défendre est une place de guerre qu'on a le droit de traiter comme telle; et vis-àvis d’une ville qui ne se défend pas quelques heures de bombardement sont d’un effet salutaire pour lui ôter jusqu'à la pensée de se défendre. A Épernon (6 octobre), à Montdidier (17 octobre), les Prussiens, qui n'avaient devant eux que des gardes nationaux, se vengèrent par le bombardement de ces deux villes ouvertes. Plusieurs villages autour d'Orléans et de Dreux furent châtiés de la même façon. À Chàteaudun la moitié des maisons croula sous les obus. Vernon n'avait point de garnison : les Prussiens se présentent de l’autre côté de la Seine et, furieux de voir le pont coupé, ils bombardent la ville (22 octobre). Mantes reçoit aussi quel-. ques obus. Saint-Quentin est canonné à deux reprises : le 22 octobre l'ennemi ne cessa le bombardement qu'après

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