C.-M. PAFFE
BON TON. Voyez Ton.
BONVIN (François), peintre, est né le 22 septembre 1817, à Vaugirard (Seine). Fils d’un artisan , il eut des commencements difficiles ; obligé d'apprendre un état pour vivre, il fut d’abord placé en apprentissage dans un atelier d'imprimerie, et devint compositeur ; puis il fut employé dans un bureau de commerce. Ne sachant alors de dessin que ce qu'il en avait appris dans une école gratuite, il se perfeetionna par un travail assidu, sans maître, et durant ses rares moments de loisir. L'école flamande l’attira plus particulièrement; il s’attacha à en étudier les procédés, et, grâce à un don d’observation fine et patiente, il composa bientôt de petits sujets familiers qui le tirèrent de l'obscurité. A vingt-trois ans il exposa une £cole de pelites orphelines, acquise pour le musée du Luxembourg. Dès lors M. Bonvin s’adonna tout entier à son art, et envoya successivement au salon les tableaux suivants : {a Charilé (1852), l'École régimentaire (1853), des Religieuses tricotant et une Basse messe (1855), La Ravaudeuse et La Lettre de recommandation (1859), un Cabaret (1861), des Religieusesrevenant de l'office(1863), Le Bancdes pauvres (1865), la Leltre deréceplion(1868), etc. On a aussi du même peintre des natures mortes, des intérieurs, également remarquables par l'amour de la simplicité et le fini des détails. Il a obtenu deux médailles en 1849 eten 1851. Plusieurs de ses tableaux ont été acquis par l'État.
BONZES. Ce mot est le nom générique donné par les Portugais aux prêtres du Japon, nom dont on ne connaît pas l’origine, et qui sert aux Européens à désigrier les ministres de la Chine, dela Cochinchine et du Japon, sans distinction des sectes nombreuses dans lesquelles ils se partagent. Cette dénomination commune n’est cependant pas sans fondement. Les bonzes, à quelque secte qu'ils appartiennent, se rattachent tous à une religion dont le fondateur est unique et dont les préceptes peuvent tous se ramener à une même source. Ce fondateur est Xaca, qui, selon plusieurs historiens , apporta les dogmes de l'Egypte dans les Indes, et leur donna une forme nouvelle, sous laquelle ils se répandirent promptement dans la Chine, puis dans le Japon.
Ce Xaca, dont l’histoire fabulense a beaucoup de ressemblance avec celle du fils de Marie, prêcha deux doctrines distinctes, la doctrine extérieure et la doctrine intérieure. Dans la doctrine extérieure, celle qu’on prêche publiquement , il reconnaît un Dieu en trois personnes, qui a établi des récompenses pour la vertu et des châtiments pour le vice. Il y est lui-même présenté comme le sauveur des hommes, né d’une femme vierge, et envoyé pour remettre les mortels dans la voie du salut et expier leur péché, afin qu'après leur mort ils pussent renaître heureusement. Pour les rendre capables de profiter d’un si grand bienfait , il leur a défendu : 1° de tuer aucune créature vivante ; 2° de commettre de vol; 3° de se souiller d'aucun vice honteux ; 4° de mentir; 5° de boire du vin. Il leur a encore donné d’autres préceptes, qui roulent tous sur des œuvres de miséricorde, et dont le principal est d’avoir grand soin des ministres des dieux, et de leur bâtir des monastères et des temples. Les bonzes ont ajouté à cela bien des pratiques extérieures qui leur sont très-profitables, comme de se revêtir en mourant de robes de papier et surtout de lettres de change pour l’autre monde, sans lesquelles on ne parvien-
dra t jamais à l’élysée, mais on ne ferait que passer d’un
corps dans un autre. La doctrine intérieure, dont on ne fait |
part qu'à un petit nombre de disciples, aux esprits forts, aux savants et aux plus grands seigneurs, et dans laquelle tous les honzes mêmes ne sont pas initiés, à pour fondement un malérialisme grossier, et aboulit à un quiétisme absolu, sans epoir d’une autre vie.
Divisés en plusieurs sectes, les bonzes, d’un extérieur austère, ont toujours de saintes paroles à la bouche. Ils ont les cheveux et la barbe rasés, et, quelque temps qu’il fasse, ne se couvrent jamais la tête. Ils donnent la plus grande partie du jour à la prière, gardent en public le plus profond silence, et paraissent toujours dans le recueillement. Mais ce qui les caractérise presque tous, cest leur insatiable cupidité, Is exploitent la superstition des croyants en leur vendant fort cher une foule de bagatelles, entre autres ces robes de papier, dont il se fait un débit prodigieux, et dont chacun veut mourir revêtu. En Chine, d’après l'abbé Hue, ils vivent dans on grand état d’abjection.
11 y a aussi des filles recluses, ou bonzies, qui sont chargées de l'éducation des jeunes personnes de leur sexe,
BONZI ( PIERRE-PauL), paysagiste habile, né à Cortone, vers 1580, mort en 1640, fut élève d’Annibal Carrache. On le surnomma & Gobbo (le Bossu). Le Louvre a de lui un petit tableau de Latone changeant des paysans en grenouilles. :
BOOTHIA , presqu'île formant l'extrémité seprentrio pale de l'Amérique du Nord, dans l’océan Glacial arctique, terminée au sud par un isthme et au nord par le détroit de Bellot. Elle fut déconverte en 1831 par sir John Rossqui y délermina la position du pôle magnétique. Le nom qu’il lui donna était celui de Félix Boon, riche manufacturier anglais, mort en 1850, et l’un des généreux promoteurs des expéditions au pôle nord.
BOPP (François), célèbre philologue allemand , ré le 44 septembre 1791, à Mayence, fit son éducation classique à l’université d’Aschaffembourg ; l'un des professeurs, Windischmann, versé dans la connaissance des idiomes de l'Orient, lui inspira ou confirma chez lui le goût de la philologie. A l’aide d’une modique pension que lui fit le roi de Bavière, il vint en 1812 à Paris, et consacra cinq années à étude particulière du sanscrit sous la direction de Chézy et Silvestre de Sacy. Son premier ouvrage fut un Système de conjugaison du sanscrit (Francfort, 1816, in-8°), comparé avec celui des langues grecque, latine, persane et germanique. De Paris le jeune savant se rendit en 1817 à Londres, et y résida trois ans; il y publia dans le premier numéro des Annales de littérature orientale (1820) un article étendu qui parut ensuite à part sous le titre d’'Analyse comparée des langues sanscrile, grecque el germanique. Dès lors sa réputation commença à s'établir; à son retour en Allemagne on Jui offrit le chaire de philologie orientale à l’université de Berlin (1821), chaire qu'il a illustrée par son enseignement et dont il demeura titulaire jusqu’à l’é-
oque de sa mort, arrivée le 23 octobre 1867. Aucun événement ne marqua plus dans sa vie, sinon la publication de ses ouvrages, qui lui firent donner en 1857 une place d’associé étranger dans notre Académie des inscriptions,
Outre les écrits déjà cités, on a de Bopp : Système complet du sanscrit( Berlin, 1827, in-4°), Base de la philosophie de l'Orient (Bonn, 1827-34), Grammatica critica linquæ sanscrilæ (ihid., 1829-32, in-8° ), Les Langues celtiques (1839), des Rapports des langues malaiso-polynésiques avec les langues indo-germuniques (1841), des Membres caucasiens du système indo-européen (1847); des traductions en vers métriques d'épisodes du Mahabarata et du Rarmayana, des mémoires, etc. Les grands ouvrages qui ont fait à Bopp une réputation européenne sont sa Grammaire comparée et son Glossaire sanscrit. La Grammaire fut publiée de 1833 à 1852 en six parties et