BOSIO — BOSNIE
a surtout conservé le souvenir de son Hyacinthe regardant jouer au palet, œuvre de sa jeunesse, qui contribua beaucoup à faire apprécier son mérite. En 1838 Bosio exécuta sa courtisane romaine Flora, exposée en 1840.
Les travaux lui revenaient comme sous la Restauration, Il faut entre autres citer la statue colossale de Napoléon pour la colonne de Boulogne-sur-Mer. Mais de l'avis général les dernières productions de Bosio n’ajoutèrent rien à sa réputation ; ainsi son envoi au salon de 1844, particulièrement l'Histoire et Les Arts consacrant les gloires de la France, fit regretter aux amis de l’art que la fraicheur, l'invention et la force ne fussent pas, comme certaines autres qualités encore brillantes de son ciseau, le partage de la vieillesse aussi bien que de la virilité.
Quoi qu'il en soit, il n’en demeure pas moins incontestable que de notre temps personne peut-être n’a poussé aussi loin que Bosio le soin dans les détails, le goût des ajustements, l'esprit, la naïveté, la finesse et la grâce. Si à toutes ces qualités il avait joint un peu plus d’ampleur dans le style et d'originalité dans l'invention, il aurait pu passer pour l’un des maitres de l'art.
Bosio fut du reste l’objet de la faveur constante de tous les gouvernements : Napoléun récompensa ses travaux en le décorant ( 1815 ) et en confirmant sa nomination à la classe des Beaux-Arts de l’Institut. Louis XVIII le nomma officier de la Légion d'Honneur, et le créa chevalier de Saint-Michel. Charles X le fit baron, et le nomma son premier sculpteur, avee une pension de 4,000 fr. De plus, il était professeur et reéteur à l'Académie des Beaux-Arts, membre de plusieurs académies, etc. Il venait d’être chargé d’un bas-relief immense, représentant le mariage de Louis-Philippe à Palerme , lorsqu'il mourut, le 29 juillet 1845. B. ne Corcy.
BOSJESMANS. Voyez Boscrnmans.
BOSNA-SERAL, chef-lieu dela Bosnie. Foy. crane.
BOSNIAQUES, nom donné dans l’armée prussienne à un corps de cavalerie légère semblable aux hulans et armé de lances, que Frédéric IL organisa en 1745, afin de l’opposer aux Cosaques et aux autres lanciers ennemis. Ce corps, qui ne forma d’abord qu’un escadron, fut porté, en 1760, à dix escadrons, dont un de Tatares à banderoles noires. Plus fard, on l’augmenta de cinq escadrons. Après Vincorporation de la Pologne, les Bosniaques prirent le nom de Towarszye, et ils ne se recrutèrent que parmi la population polonaise. A la paix de Tilsit, ils furent remplacés par les hulans.
BOSNIE, province de la Turquie d'Europe, à l’extrémité nord-ouest de l'empire, formant un eyalet gouverné par un pacha à trois queues, et comprenant, outre l’ancienne Bosnie, une partie de la Croatie (Croatie turque) ou le Sandjak de Bielograd entre l'Unna et le Verbas , une portion de la Dalmatie ( Dalmatie turque) et depuis 1854 l'Herzégoyine. La Bosnie est bornée au nord par la Sau et l’Unna, qui la séparent desFrontières militaires à l’est, par la Drina, les monts Joublanik et le rameau nord-ouest des Alpes Argenfariques, qui la séparent de la Servie; au sud, par la Scardagh, qui lui sert de limite du côté de l’Albanie ; au sudouestet à l’ouest, par les monts Kosman, Trimor et Steriza, qui la séparent du littoral autrichien, de la Dalmatie et de la Croatie. Au sud, elle touche par quelques points à la mer Adriatique. Sa superficie est de 462 myriamètres carrés, sa population d'environ 1,200,000 âmes.
A l'exception de la rive septentrionale de la Sau, c’est un pays montagneux traversé par des chaînons plus ou moins élevés des Alpes Dinariques, dont les points cuiminants atfeignent une hauteur de 1550 à 1170 mètres et sont couverts de neige depuis septembre jusqu’en juin. Les flancs des montagnes sont généralement bien boisés et couverts çà et là seulement de pâturages, de prairies et d'habitations. Le principal cours d’eau est la Sau, qui reçoit l'Unna, le Verbas, lOkrina, la Bosna et la Drina ; viennent ensuite la
Narenta et la Bojana. L'air est sain, le climat tempéré. L'agriculture n’a quelque importance que dans les plaines ; le blé, le maïs, le chanvre, les légumes , les fruits et le vin s’y récoltent en abondance, et on les cultiverait en bien plus grande quantité si le despotisme ture n’exerçait sur le pays son système oppressif dans toute sa rigueur. Partout on trouve des forêts de châtaigniers, dont les fruits servent de nourriture aux bestiaux. Le gibier et le poisson abondent. L'éducation des bestiaux prospère; on élève beaucoup de brebis, de porcs, de chèvres et de volaille, moins de bœufs et de chevaux. Les abeilles sauvages ou domestiques donnent une grande quantité de miel. Quoique les montagnes soient riches en métaux , l'exploitation en est complétement négligée ; des Bohèmes et des Morlaques exploitent du plomb, du mercure, de la houille et du fer. La Bosnie possède plusieurs sources minérales , entre autres celles de Novibazar et de Boudimir. L'industrie et le commerce sont confinés dans les villes, et presque exclusivement entre les mains de Juifs, de Grecs, d’Arméniens, d’Italiens et d’AIlemands. La seule branche d'industrie un peu considérable est la fabrication des armes à feu, des lames de sabre et des couteaux. Le cuir, le maroqnin et les grosses étoffes de laine qu’on fabrique, se consomment presque entièrement dans le pays. Les bonnes routes sont à peu près inconnues.
La population, en majorité d'origine Slave, se compose de Bosniens, de Croates, de Morlaques, de Monténégrins, de Turcs, de Serbes, de Grecs, de Juifs , de Bohêmes et de Valaques, sans compter un certain nombre de Hongrois, d’Arméniens , d’'Italiens, d’Allemands, d’Illyriens, de Dalmates, etc. Les Bosniens ou Bosniaques, au nombre de 370,000, professent les uns l’islamisme, les autres la religion grecque et le catholicisme. C’est un peuple grossier, rude , opiniâtre, malveillant envers les étrangers, brave, hardi, voleur et cruel ; mais pacifique et droit dans ses relations domestiques, laborieux, simple, sobre. Les Bosniens s'occupent un peu d'agriculture ; ils élèvent des bestiaux et font quelque commerce de caravane; mais, excellents caaliers, ils préfèrent à tout la chasse ou la pêche. Comme les hommes , les femmes sont fortes et bien faites; la plupart sont jolies. Celles qui professent le mahométisme vivent beaucoup moins retirées que dans les autres provinces de l’empire, et depuis longtemps elles y jouissent de la liberté de se montrer en public plus ou moins voilées. Les Croates, au nombre de 180,000 , appartiennent presque tous à l'Église grecque ou à l’Église romaine; très-peu sont mahométans. Ils se livrent principalement à l’agriculture, à l'éducation des bestiaux et au commerce d'échange. Les Morlaques, au nombre de 150,000, habitent surtout l'Herzégovine; ils sont polis, habiles commerçants, et extrêmement adroits ; en outre, ennemis acharnés des Othomans. Les trois quarts professent la religion grecque, le reste la religion romaine. Le nombre des Turcs s'élève à environ 250,000, celui des Grecs à 15,000 et celui des Juifs à 12,000. |
La capitale du Sandjak est Bosna-Seraï ou Sarajewo (en italien Seraglio), au confluent de la Migliazæ et de la Bosna. On y compte 15,000 maisons de bois, construites presque toutes à la mode turque, avec des fenêtres grillées, et 70,000 habitants, en majorité musulmans. C’est une ville ouverte, entourée de montagnes, défendue par un château assez fort, bâti dans le voisinage. Les minarets et les tours de ses 100 mosquées et de ses nombreuses églises lui donnent un charme tout particulier. Ses fabriques d'armes, d’ustensiles de tôle, de fer et de cuivre, de bijouterie, de coton, de laine et de eur, en font une des villes les plus importantes de l'empire Othoman et le centre non-seulement du commerce de la province, mais d’un mouvement {rès-considérable de caravanes entre Janina et Salonique. Les chefs héréditaires qui gouvernent la Bosnie résident à Bosna- Séraï, tandis que le pacha turc habite Trawnik, forteresse im: portante, quicompte environ {5,000 hab'tants, Zwornik, Ban-