‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 3)Chapitre 294 sur 527 · BOSPHORE · texte numérisé non relu

BOSPHORE

port de Constantinople; plusieurs autres en forment de très bons sur les rivages de l'Asie et de l’Europe. La force des courants, qui sur plusieurs points se dévie

en se brisant contre les saillies des deux côtes, peut être pe et: con.

sidérablement augmentée par l’action de la brise du nord-est, et former dans ce cas un obstacle à la marche des bâtiments qui remontent vers la mer Noire. Autrement, la navigation

est partout facile dans le détroit, qui n'offre ni bancs ni écueils »

dangereux. Le Bosphore a deux fois par an, au printemps |

et à l'automne, un passage de poissons qui descendent de la mer Noire dans la mer de Marmara, en si grande quantité, que la pêche qui se fait alors suffit pour approvisionner abondamment toute la Turquie.

Ses deux rives sont célèbres par leurs beautés pittoresques. Constantinople, Bouyouk-Déreh, Thérapia en Europe et Scutari en Asie, sont les localités les plus imporfantes de ces côtes, en partie couvertes, surtout du côté de l’Europe, de nombreuses maisons de plaisance. Les deux forts du Roumeli-Hissar, ou château neuf d'Europe, et de l’Anadoli-Hissar, ou château-neuf d’Asie, construits, vis-à-vis l’un de l’autre, au point le plus resserré du canal, sont les deux plus redoutables de ceux qui protègent Constantinople du côté de la mer Noire. Les autres sont les chàteaux ou batteries du Roumeli-Fanar, ou fanal d'Europe, du Roumeli-Kavak, ou châtean d'Europe, de l’Anadoli- Fanar, ou fanal d’Asie, et de l’Anadoli-Kavak, ou château d’Asie , à l’origine du Bosphore.

Tout ce que l’on sait des peuplades barbares semées à tongs intervalles sar ces côtes dès la plus haute antiquité, ae-tqu’elles massacraient les étrangers et immolaient des victimes humaines. Les conteurs Grecs nous montrent Phryxus, fils d’Athamas, roi de Thèbes, fuyant à travers le Bosphore, l'inimitié d’Ino, sa belle-mère, sur un bélier à toison d’or ; puis les Argonautes allant à la conquête de cette toison, et plus tard, Iphigénie, au moment d’être sacrifiée, transportée par Diane au delà du Bosphore. On croyait alors que les Cyanées, qui semblent fermer lentrée du détroit, se séparant pour ouvrir un passage aux vaisseaux, se réunissaient ensuite tout à coup et s’entre-choquaient, en fracassant les navires : aussi les Grecs les nommaient-ils Symplegades, de cuurñcow, s’entre-choquer. Euripide, avec le chœur des femmes d’Zphigénie, décrit les dangers qu'Oreste et Pylade durent affronter pour traverser ces îles, qui trompent l'œil des voyageurs, et aller aborder dans la Tauride, où tout étranger était immolé à Diane.

Les Grecs de l’'Attique, du Péloponnèse, de l'Asie Mineure et des îles, si actifs, si commerçants, arrachèrent de bonne heure le Bosphore aux Thraces et aux Scythes. Des colonies s’établirent, des comptoirs se dressèrent sur ses rives : elles cessèrent d’être un objet d’effroi. Chaque petite peuplade grecque eut son port sur le Bosphore ; chaque dieu y eut son autel, et les Athéniens et les Lacédémoniens s’y disputèrent l'empire de la Grèce. Les Romains, maîtres de presque tout le pays connu en Europe et en Afrique, maîtres de la Grèce, et s’avançant vers le nord de PAsie, s'emparèrent d’abord d’une des rives du Bosphore, puis de l'autre, changeant chaque royaume en province romaine par leurs phalanges, leurs traités, leur protection, Plus tard, les riches cités des rives asiatiques ouvraient leurs portes aux doctrines du Christ; les Pères de l'Église faisaient entendre leur éloquente voix à Chalcédoine, à Nicomédie , à Nicée, et sur toute la côte d'Ionie, 11 semblait que la religion chrétienne, s'établissant sur les frontières de l’Asie et de l'Europe, attendit les barbares au passage, digue insuffisante pour arrêter leur marche, pour les adoucir du moins avant qu'ils inondassent l'Europe.

Plus tard, d’autres barbares, les Croisés, arrivent de l'Occident, semant de royaumes féodaux les côtes et les îles du Bosphore. Génois, Vénitiens, Français, Espagnols, s’abat-

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