BOSPHORE — BOSQUIER-GAVAUDAN
an champ de bataille, Depuis Mahomet II, le Bosphore ! lonel le 8 novembre 1847, il eut d’abord sous ses ordres le
s’est courbé sous la domination turque. Pendant son ambaesade à Constantinople, le général Andréossy fit de grands . travaux pour l'exécution d’une carte du Bosphore, Consulter son Voyage de l'embouchure de la mer Noire, ou Essai sur le Bosphore (1818, in-8°, avec atlas ).
BOSPHORE CIMMÉRIEN. C'est l'antique nom d’un détroit d’un royaume.
Le détroit appelé depuis détroit de Kaffah, et qui sépare l'Europe de l’Asie, tirait son premier nom de Bosphore de ce qu’en raison de son peu de largeur un bœuf pouvait le traverser à la nage. On l’appela Cimmérien du nom d'un peuple établi dans la presqu'ile asiatique à l’est du détroit, Ce détroit a 52 kilomètres de long sur 10 dans sa moindre largeur. Il joint ce qu'on appelait autrefois le Palus-Mæotis (aujourd'hui mer d'Azof), au nord, avec le Pont-Euxin (la mer Noire) au midi. Il est formé du eôté de l'Europe par une longue langue de terre absolument nue, qui fait partie de la Crimée, et à l'extrémité de laquelle sont deux forteresses : Kertsch (autrefois Panticapée, qui fut presque toujours la capitale du Bosphore Cimmérien), et léni-Kalé, bâtie par les Turcs en 1703, dans l'endroit le plus resserré. Du côté de l’Asie est l’île de Taman, avec la ville du même nom. Ses côtes, généralement plates, sont longées par des bancs de sable, entre lesquels les meilleures passes n’ont que 5 mètres d’eau, Le froid est assez rude tous les ans “ip qu'on puisse traverser le détroit en voiture sur la glace.
Le royaume du même nom, séparé en deux par le détroit, s’étendait dans la Sarmatie d'Europe et d'Asie, et comprenait les gouvernements russes actuels de Tauride, Cherson, Iékatérinoslav, des Cosaques du Don, et des Co: Saques de la mer Noire. Ses villes les plus remarquables étaient : en Europe, Olbia, Cherson, Panticapée, ville grecque , capitale du royaume; Théodosie, autre colonie grecque ; dans la partie du Bosphore riveraine de l’Asie Phanagoria, qui en devint la métropole; Tanaïs, Cimméris, la plus ancienne ville du pays ; Corocondama (Taman).
Depuis le cinquième siècle avant J.-C. ce royaume eut des rois particuliers. Mithridate s’en empara, l'an 108. Les Romains le donnèrent à Pharhace, son fils, pour prix de sa trahison. Plus tard César le lui enleva en trois jours, l'an 47. Au troisième siècle de notre ère les Goths le détruisirent, et son nom disparut pour toujours.
BOSQUET. C’est un très-petit hois planté pour orner ua parc où un jardin d'agrément. Plus petit que le bocage, il en diffère encore en ce que celui-ci est plutôt l’œuvre de la nature, tandis que le bosquet est un produit de Part.
Un bosquet bien dessiné se compose d’un mélange de sentiers tantôt droits, tantôt sinueux ; seulement, les uns et les autres sont rehaussés par des arbustes de choix et à fleurs odorantes. Avant de procéder à la confection d’un bosquet, on défonce le terrain depuis 40 jusqu’à 60 et même 80 centimètres, on se met à l’œuvre au commencement de l'automne , et à la fin de l'hiver on plante les arbres. Tous ceux qui passent l'hiver en pleine terre peuvent être em- -ployés.
Versailles était jadis renommé pour ses bosquets,
BOSQUET (Pierre-Josepn-FRaNÇois), maréchal de France, naquit le 8 novembre 1810, à Mont-de-Marsan. Élève de l'École polytechnique et de l'École de Mefz, il était lieutenant d'artillerie en 1833. Envoyé l’année suivante en Algérie, il prit part à l'expédition de Médéah, au combat de la Sikkak, à la prise du col des Issers, et devinten 1842 chef du bataillon nouvellement formé des tirailleurs indigènes d'Oran. A la tête de ce corps il seconda le général Gentil
dans les razzias exécutées contre les Beni-Islam et les Flittas; et celle qu’il conduisit en 1844 contre les tribus du Dahra lui valut le grade de lieutenant-colonel, Nommé ca-
DICT, DE LA CONYERS. == T, fil,
53° de ligne, puis le 16°, et fut chargé, le 30 avril 1848, de la subdivision d'Orléansville, où il réprima l'insurrection qui avait éclaté dans l'Ouarensenis, Bosquet fut promu général de brigade le 17 août suivant et investi du commandement de Mostaganem; il fit avec une grande distinction la campagne de la Kabylie en 1851 et reçut un coup de feu à l'épaule gasche. Deux ans plus tard, il prit rang parmi les généraux de division (10 août 1853) et rentra en France après vingt caropagnes accomplies dans notre colonie.
Lorsque la guerre éclata entre la France et la Russie, Bosquet, qui passait pour un de nos meilleurs généraux, fut mis à la tête de la 2° division d'infanterie de l’armée d'Orient. A la bataille de l’Alma il décida par un habile mouvement tournant du succès de la journée. A celle d’Inkermanp, il sauva l’armée anglaise d’une destruction complète par son intervention énergique, qui lui valut les remerciements de la Chambre des Communes. Le 10 janvier 1855 il prit le com= mandement du 2° corps. S'il échoua dans l'attaque des retranchements russes de la baie du Carénage, il enleva de vive force les redoutes du Mamelon Vert et contribua le 8 septembre à la prise de Sébastopol; dans cette journée il reçut en pleine poitrine un éclat d’obus qui mit sa vie en danger. A son retour, il reçut la grand’croix de la Légion d'honneur et celle de l’ordre du Bain, et en 1856 il fut nommé sénateur et maréchal de France. Appelé en 1859 au grand commandement des divisions du sud-ouest, il fut obligé de quitter le service; sa dernière blessure se rouvrit (on prétendit même qu’il en reçut alors une autre trèsgrave en duel) et il alla mourir à la suite d’une longue maladie, le 4 février 1861, à Pau.
BOSQUIER-GAVAUDAN (JEAN-SÉBASTIEN-FUL- GRAND), neveu, par sa mère, de l'acteur Gavaudan et fils d’un fabricant de bas de soie de Nimes, naquit à Montpellier, le 20 juin 1776, et s’embarqua à quinze ans, comme mousse, sur un vaisseau marchand qui, après un long voyage au Levant, ne revint à Marseille qu'en 1793. Les circonstances n'étaient pas favorables au commerce ; Bosquier renonça à la marine, et à dix-neuf ans embrassa, comme tous ses parents du côté maternel, la carrière dramatique. Après avoir joué quelque temps, en province, les valets dans l’opéra-comique et dans la comédie, il vint à Paris, en 1798, et entra au théâtre Molière, où il créa, d’une manière originale, le rôle du normand Valogne, dans le Diable couleur de rose, opéra de Gavaux. II débuta en 1799 au théâtre Feydeau, et fut reçu pour y tenir l'emploi des Trial. Atteint par la loi de la conscription, il partit pour l’armée dans la musique des hussards de Chamboran, et obtint bientôt son congé, comme élève du Conservatoire de musique. De retour à Paris, il entra, en 1800, au théâtre des Troubadours, qui avait quitté la salle Molière pour venir dans celle de la rue Louvois. Ce théâtre ayant été fermé en 1801, Bosquier-Gavaudan débuta avec succès au théâtre Favart; mais comme la réunion des acteurs de ce théâtre avec ceux de la salle Feydeau lui laissait peu de chances de devenir chef d’emploi dans l’opéra-comique, parce qu’il y doublait Dozainville, Moreau, Lesage et Guillet, il s’en alla à Rouen, où il joua et chanta plusieurs rôles marquants des trois principaux spectacles chantants de Paris,
De retour dans la capitale, il s’engagea, en 1803, au théâtre des Variétés, qui en 1807 passa du Palais-Royal sur le boulevard Montmartre. Il y resta jusqu'à sa retraite, en 1836, en étant devenu l’un des propriétaires et adminisfrateurs, comme gendre de Crétu, qui l'avait été longtemps. Bosquier-Gavaudan donna quelques pièces à son théâtre : Cadet-Roussel chez Achmet, comédie-folie en un acte, 180% {avec Désaugiers); Ze Diable en vacances, opéra-séria en un acie, 1805, suite du Diable couleur de rose, dont il créa le principal rôle; Claudinet, ou le Premier venu engrène omédie en un acte, en prose, {808 (avec Dumersan Jsudes,
Breteurs, comédie en un acte, mêlée de couplets (1810); et avec Aubertin, un autre opéra-comique, Trop tôt. 1l donna aussi au théâtre de la Porte-Saint-Martin ( avec Aubertin } Monbart l'exterminateur, ou les derniers Flibustiers, mélodrame en trois actes ( 1807).
Comme acteur, Bosquier-Gavaudan partagea longtemps la vogue de Brunet et de Tiercelin. 11 avait du comique, de l’agilité, de la rondeur, de la gaîté, de l’aisance sur la scène; mais la chaleur qui caractérisait son talent était quelquefois outrée; et il exagérait aussi un peu trop la niaiserie. Ces qualités, ces défauts mêmes, lui valurent longtemps la vogue et la faveur du public. I] avait d’ailleurs la voix agréable et sonore, du goût, et pouvait passer pour un virtuose parmi les chanteurs de vaudevilles; mais depuis quelques années l’âge, ayant augmenté son embonpoint, avait rendu son talent un peu uniforme; aussi s’était-il borné aux rôles de pères, surtout à ceux de généraux, d’anciens militaires, qui lui plaisaient d'autant plus que le ruban de la Légion d'Honneur était toujours partie obligée de son costume : il avaît tellement pris goût à cette décoration, prodiguée de nos jours à tant de comédiens de toute es-
pèce, qu’il la portait même, dit-on, chez lui, sur sa robe de
chambre. Le dernier rôle qu'il créa est celui du pape, dans Carlin à Rome. Bosquier-Gavaudan est mort d’une affection au cœur, à Batignolles, près de Paris, le 5 août 1843.
BOSSAGE est, en architecture, le nom général que l’on donne aux saillies qui débordent le parement proprement dit d’un mur ou d’une pierre. Il y a des murs, des bâtiments tout entiers, qui sont hérissés de bossages, distribués avec un certain ordre : les plus célèbres en ce genre sont ceux du palais Pifti à Florence, et du Luxembourg à Paris; plusieurs barrières de cette dernière ville, entre autres celle dite de l’Éoile, offrent un exemple de l'abus du bossage bien fait pour dépopulariser ce genre d'ornement.
11 ne faut pas confondre les bossages avec les refends : ceux-ci sont creusés régulièrement en lignes droites, les unes horizontales, les autres verticales, de façon qu’ils indiquent réellement ou en apparence la grandeur des pierres de taille qui forment la construction ou en déguisent les joints. Les murs de la Maison-Carrée de Nimes sont à l’extérieur divisés par des refends ; on en voit plusieurs exemples à Paris, au palais du Temple, à l’église de la Madeleine, etc. TEYSSÈDRE.
BOSSE. II serait difficile de déterminer d’une manière positive si ce mot a été employé primitivement par la sculpture ou par l’orfévrerie : maintenant il sert également dans lun et l’autre de ces arts. Les ouvrages d’orfévrerie se divisent en deux parties, /a vaisselle plate et la vaisselle en bosse. Les plats et les assiettes composent la première ; les bassins, les aiguières, les gobelets et les flacons, les flambeaux, les grandes lampes et généralement tous les ouvrages qui ont une forte concavité, appartiennent à la seconde. On dit aussi des ouvrages en bosse ou relevés en bosse pour désigner les guirlandes de fruits ou autres ornements qui étaient autrefois si fort en usage dans les grandes pièces d’argenterie , et qui s’obtenaient en frappant la pièce avec un marteau de manière à y faire des bosses que le talent de l’ouvrier amenait à la forme dont il avait besoin, ou bien qu’il estampait en frappant la pièce sur un moule en acier trempé. 11 n’appartient donc qu’à un bon ouvrier de savoir bien faire la bosse; et suivant que son travail a plus ou moins de saillie, on dit qu'il est en ronde bosse ou en demi-bosse. Dans tous les cas, ce travail est en relief, et lorsqu'il est terminé on dit que la pièce est bossue ou bosselée. On peut aussi faire des bosses par accident à une pièce d’argenterie ; alors elle est détériorée , la pièce se trouve bossuce.
La sculpture emploie aussi les expressions de ronde bosse et de demi-bosse suivant que le statuaire a fait un ouvrage de plein ou de demi-relief. On dit qu'un artiste a de belles