‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 3)Chapitre 339 sur 527 · BOULE — BOULEAU · texte numérisé non relu

BOULE — BOULEAU

quinze ou quatre-vingts centimètres de cette marque, un fossé appelé noyon. Chaque joueur, armé de deux boules, en joue une à son tour, en cherchant à placer les siennes le plus près possible du but et à en chasser celles de l'adversaire, 1i doit éviter que la boule qu’il joue tombe dans le noyon, car elle ne compterait pas.

Toutes les boules étant jouées, celui des joueurs dont les boules sont le plus près du but marque un point pour chacune. Le nombre des points qui composent la partie doit Ôtre fixé à l'avance.

Le jeu de boule est sans doute fort ancien. Il était autrefois fort goûté dans toute la France. Nos ancêtres s'étaient même tellement passionnés pour cet amusement que Charles V le fit défendre, parce qu’il détournait les jeunes Français du métier des armes, et qu’il avait grand besoin, dit-il, de soldats et non de bouleurs , contre les Anglais. Comme le jeu de boules donne lieu à beaucoup d'erreurs, et que les joueurs sont toujours disposés à s’attribuer l’avantage en mesurant Ja distance des boules, on a fait le mot bouleur synonyme de trompeur.

BOULE ( Awpré-CuarLes), l’ébéniste le plus célèbre des temps modernes, naquit à Paris, en 1642. Doué par la nature des plus heureux instincts, il aurait été à toute époque un artisan distingué; sous le grand roi, dans le gran siècle, il devint un grand artiste. Fils d’un ébéniste, il suivit la carrière modeste de son père, mais en l’agrandissant à sa taille. À propos de meubles, le thème. qui semble pour lordinaire inspirer le moins, il sut montrer tour à tour et à la fois toutes les qualités d’un architecte de style ahondant et sévère, d’un coloriste harmonieux et varié, d’un sculpteur fin , élégant et correct. Sans imiter personne, il contribua puissamment à fixer le goût grandiose du siècle de Louis XIV, dont il est un des plus singuliers ornements. Aucun autre avant lui n'avait su combiner de façons si diverses, avec autant de bonheur et d'effet , les différents bois des îles, de l'Inde et du Brésil; jamais on n'avait su employer comme lui le cuivre, l'or, l'argent, le bronze et l’ivoire. Il figurait dans ses ouvrages toutes les espèces d'animaux, de fruits, de coquillages, de fleurs. Toujours avec les seuls éléments de l'ébénisterie, il composait des tableaux dans lesquels étaient représentés des sujets d'histoire, de batailles, de chasses et de paysages. Dans tous les temps, les esprits initiés aux beautés souvent voilées de l'art, sensibles à, ses discrètes émotions, ont rendu justice au style excellent des compositions de Boule et au rare mérite de leur exécution; mais c’est avec un véritable plaisir que nous devons ici reconnaître la proportion dans laquelle, pendant ces dernières années , le nombre de ses admirateurs s’est accru. Son nom, qui n’était encore, il y a peu de temps , familier qu’aux antiquaires et aux érudits, s’est de nos jours rapidement popularisé; et la nation française, au moment où nous écrivons, s'enorgueillit à bien juste titre de son ébéniste comme de l’un des moins contestables de la noble pléiade de ses artistes. Après un siècle d’oubli, après avoir été chassés des châteaux de nos rois par les caprices sans cesse renaissants de la mode et par la tourmente révolutionnaire, les meubles de Boule ont repris aujourd’hui toute faveur.

Nous terminerons cet article en formulant des vœux pour que celui qui fut logé au Louvre par Louis XIV , nommé par lui graveur ordinaire du sceau; celui qu’on qualifia, dans le brevet qui lui fut délivré, d'architecte, de peintre, sculpteur en mosaïque, inventeur de chiffres, etc., reprenne dans nos collections d'art le rang qui lui appartient. Son nom ne figure pas encore au Catalogue du cabinet des eslampes. Espérons que, par les soins des savants iconophiles qui ledirigent , son œuvre gravée ne lardera pas à y prendre la place éminente que l’opinion générale lui assigne.

Après une existence tout entière remplie par le travail, Boule mourut à Paris, en 1732. B. »E Corcy.

BICT. DE LA CONVERS. — T. Li.

BOULEAU. L'espèce {ype de ce genre de la famille des amentacées, le bouleau blanc (betula alba), croît natu-

rellement en Europe. Ce bouleau s'élève à 15 ou 20 mètres, et aucun arbre ne jouit autant que lui peut-être de la propriété de croître partout, excepté (chose paradoxale, et néanmoins

véritable ) dans les sols généreux , où on le voit rarement à l'état de nature, et où il semble ne pas se comporter mieux même à l’état de culture que dans les terres arides et brülantes, les sites élevés et infertiles de toutes espèces : par an contraste digne de remarque, on le trouve encore, à côté de l’aune, dans les marais fangeux où croupissent des eaux impures. On voit le bouleau occupant seul des contrées entières dans les dernières et les plus froides régions du nord, où il est d’une grande utilité dans l’économie domestique. Ainsi les Grœænlandais , les Kamtchadales , couvrent leurs cabanes avec son écorce ; ils s’en nourrissent quand elle est nouvelle, s’en font des chaussures quand elle est vieille; les diverses enveloppes de cette écorce servent à fabriquer un assez bon papier; enfin cette écorce possède encore des vertus essentiellement fébrifuges. De plus les Russes, les Suédois, savent tirer du tronc du bouleau une liqueur fermentée.

Le genre bouleau renferme une quarantaine d’espèces : nous parlerons seulement des plus importantes; la plupart appartiennent à l'Amérique.

Le bouleau pleureur ou bouleau à rameaux pendants (betula pendula) croît naturellement en Europe avec le bouleau blanc, dont il paraît être une variété; il s'élève à la même hauteur que ce dernier, et il n’en diffère que par la souplesse, l’inclinaison et la disposition tombante de ses rameaux pareils à ceux du saule pleureur. Cette disposition lui donne une physionomie pittoresque très-remarquable; et jointe à ses feuilles, bien faites et odoriférantes , à la couleur blanche de son épiderme, luisant et brillant, elle fait de ce bouleau un arbre qui convient beaucoup , et qui n’est jamais oublié dans les parcs et jardins d'agrément,

Le bouleau à papier du Canada (betula papyracea ), le plus ancien de ceux qui ont été apportés en France, et qui a l'écorce un peu moins blanche que celle du bouleau blanc d'Europe, reçut à son arrivée parmi nous, et par opposition au bouleau blanc d'Europe, le nom de bouleau noir d'Amérique, bien que les Français du Cauada le connussent sous le nom de bouleau blanc. Il est très-abondant dans le Bas-Canada, le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle- Écosse, les États de Vermont, de Connecticut et l’État de New-York, où il est d’une utilité aussi générale que l'est parmi les peuples septentrionaux de l’Europe le bouleau d'Europe. Il offre, en outre, ce caractère de supériorité, qu’indépendamment de sa stature plus élevée, son bois est d’une meilleure qualité, et sa végétation beaucoup plus rapide que celle du bouleau blanc d'Europe.

Le bouleau à feuilles de peuplier de Pensylvanie (betula populifolia) s'élève moins que le précédent, dont il diffère par la forme de ses feuilles : il croît dans les parties les plus septentrionales des États-Unis, dans les États de New-York, de New-Jersey et de Philadelphie, indistinetement dans les terres arides, maigres et sablonneuses, et dans les lieux humides, où il parvient à la hauteur du bouleau d'Europe.

Le bouleau rouge de New-Jersey (betula rubra) se trouve le plus abondamment dans le New-Jersey, la Virginie, aux bords de la Delaware, dans la partie haute des deux Carolines, et dans la Géorgie. On l'y rencontre parmi les platanes et les érables, dans les sols graveleux ou stériles , où il atteint jusqu’à 25 mètres de hauteur. Entre autres usages, les nègres se servent de son bois indistinctement avec celui du tulipier pour en faire des vases propres à contenir leurs aliments et leurs boissons.

Le bouleau de Virginie à feuilles de merisier (betula lenta) est un des plus recommandables de ceux de l’Amérique, par la beauté et la qualité de son bois, qui lui a valu

ie nom d’acajou de montagne. L'odeur suave et la forme de ses feuilles , semblables à celles du merisier, lui ont mérité aussi les noms de bouleau merisier et de bouleau sdorant.- Il abonde plus particulièrement au sommet des monts Alleghanys, én Pensylvanie, dans les États de New- Jersey et de New-York. Les feuilles du bouleau merisier exhalent une odeur extrémement suave, qu’elles ne perdent pas par la dessiccation, et dont on fait une infusion théiforme d’un arôme délicieux. Les ébénistes américains à Boston et dans le Massachusets, le Connecticut et le New- York, en font des tables, des fauteuils, des canapés, des bois de lits qui ressemblent à l’acajou; cet arbre s'élève autant que le betula papyracea, et son accroissement est plus rapide encore.

Le bouleau jaune de la Nouvelle-Écosse (betula Lulea), qui croît dans les forêts du district du Maine et du Nouveau-Brunswick , où il est très-abondant, a beaucoup de rapports avec le bouleau merisier, dont il possède les avantages. Il se fait un commerce considérable de ses planches. Le bois du bouleau jaune est un des plus estimés dans la menuiserie. Cet arbre est une utile importation parmi nous : on le multiplie par couchage, et surtout par la semaison, ainsi que presque toutes les espèces que nous venons de décrire. C. ToLLaRD aîné.

BOULE D’AMORTISSEMENT, en architecture, se dit de tout corps sphérique qui termine quelque édifice ou quelque déceration, telle que la pointe d’un clocher, ou le haut d’un dôme : la coupole de Saint-Pierre à Rome, par exemple, est surmontée d’une boule de bronze avec une armature de fer en dedans, dont le diamètre est de plus de deux mètres et demi, et qui peut contenir seize personnes,

BOULE DE MARS ou BOULE DE NANCI. On appelle ainsi un composé que l’on obtient en faisant une pâte liquide avec deux parties de crème de tartre, une partie de limaille de fer porphyrisée et de l’eau-de-vie : l'oxygène de Vair se porte sur le fer, et il se produit du éartrate de potasse et de fer, auquel on donne la forme de boules, qui ont ordinairement la grosseur d’une noix ordinaire.

On a donné aussi aux boules de mars le nom de boules de Nanci, et celui de boules de Molsheim, des deux villes de France et d’Alsace qui portent ces noms, et où se fabriquait principalement ce composé.

La boule de mars en solution dans l’eau convient dans ia chlorose, l'aménorrhée causée par l'impression d’un corps froïd , et accompagnée d’une diminution des forces vitales et musculaires ; dans la leucorrhée accompagnée de faiblesse, principalement lorsque les autres préparations ferrugineuses wont produit aucun effet sensible. Pour ces espèces de maladies, il est essentiel del’associer avec une infusion de plante fortifiante amère ou fortifiante aromatique. Extérieurement, et mise en solution avec de l’eau-de-vie, la boule de Nanci est indiquée dans les fortes contusions , lorsqu'elles sont récentes, ou sur les environs d’une plaie nouvelle accompagnée de violentes contusions. Mise sur les plaies récentes et profondes, et sur les ulcères, elle s'oppose à la consolidation des premières et à la cicatrisation des secondes.

Les médecins préfèrent généralement à la boule de mars d’autres préparations de fer, dont les proportions et le dosage sont plus connus et plus certains.

BOULE DE NEIGE. On donne ce nom, en botanique, à une variété de la viorne-obier (viburnum opulus), de la famille des chèvres-feuilles, dont les fleurs blanches

et toutes stériles sont rassemblées en boules. La boule de’

neige est un arbuste d'ornement pour les jardins ; il exige un terrain frais, et néanmoins l’exposition du midi. On le multiplie de rejetons et de marcottes simples, et on le taille aussitôt aprés la floraison.

BOULEN, BOOLEN ou BOLEYN (AN*E DE), reine d'Angleterre. « 11 est bien étrange, dit Bayle, qu'on sache si peu en quel temps naquit, en quel temps sortit d’Angle-

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