‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 3)Chapitre 385 sur 527 · BOUTON · texte numérisé non relu

BOUTON

loppes ainsi préparées sur les moules en bois, en métal, etc., au moyen du tour; cette opération s'appelle sertir; elle consiste à fixer le moule sur le mandrin d’un tour en l'air, à appliquer l'enveloppe métallique dessus et à en rabattre les bords en frottant contre avec un brunissoir,

Les boutons coulés en métal portent un anneau de fil de fer ou de laiton; on place cet anneau dans le moule de façon que son ouverture ne puisse être enveloppée par le métal qui ne doit saisir que ses deux crampons, Les boutons en corne fondue portent aussi un anneau de fil de laiton.

Les boutons de métal se polissent ordinairement au tour en l'air ou sur des meules en pierres ou en bois : ces dernières sont recouvertes de cuir imbibé d'huile dans laquelle on à délayé de l’émeri en poudre plus ou moins fine, Les boutons métalliques unis reçoivent le dernier lustre sur un tour en l'air dont l'arbre tourne avec une grande rapidité. C’est avec le brunissoir qu’on exécute cette opération. Les boutons festonnés se terminent au tour à guillocher.

On fabrique aussi des boutons en serrant fortement une rondelle de tissu entre deux rondelles métalliques, dont la supérieure d’un diamètre un peu plus grand que celui de l'inférieure, est sertie sur celle-ci de telle sorte que le tissu reste fortement pressé. La rondelle métallique inférieure est percée à son centre de façon à laisser passer le tissu du bouton, que le tailleur peut ainsi coudre avec la plus grande facilité.

On fait encore des boutons en péte céramique, dont la matière est analogue à la pâte de porcelaine. La base de cette pâte est le feldspath. Une presse puissante moule ces boutons, qui sont ensuite soumis à la cuisson. On leur donne la couleur que l’on veut en introduisant dans la pâte divers oxydes métalliques. Grâce à la rapidité de leur fabrication et au bon marché des matières premières , le prix de ces boutons est devenu très-modique.

BOUTON (Botanique). On appelle ainsi la jeune fleur avant son épanouissement. Le bouton renferme donc le germe de toutes les parties que la fleur présentera plus tard.

Quelquefois le nom de bouton est donné à un bourgeon florifère. C’est dans ce sens qu’on dit que le bouton des arbres à pépins donne plusieurs fleurs, et que celui des arbres à noyau n’en donne qu’une. Il y a des jardiniers qui appellent ces boutons des bourres ou des bourses à fruit.

BOUTON ( Médecine). On nomme ainsi de petites tumeurs arrondies, plus ou moins pointues, qui s’élèvent sur différentes parties de la peau, et dont la forme a quelque analogie avec des productions homonymes du règne végétal. On appelle aussi ces tumeurs papules dans le langage médical, vraisemblablement parce qu’elles ont été attribuées à un développement des corps papillaires qui entrent dans la composition du tissu de la peau. Les boutons varient sous un grard nombre de rapports : tantôt ils sont de simples excroissances, qui ne contiennent aucun fluide, tantôt ils renferment une sérosité transparente, ou bien un liquide purulent; cependant on ne les considère jamais comme des foyers de pus, et ils se dessèchent ordinairement tous sous la forme qu’on appelle croûte. D'après ces différences, on les distingue en boulons secs, en boutons vésiculeux eten boutons pustuleux. Quelquefois les boutons sont très-petits, et sans altération notable du coloris de la peau; d’autres fois leur base est enflammée et plus ou moins rouge. Souvent ils ne sont accompagnés d'aucune sensation insolite; mais on les rencontre assez communément avec une démangeaison plus ou moins forte, et en ce cas on les appelle boutons prurigineux. On les voit naître isolement ou bienpar groupes appelés plaques, et dont les — formes sont très-diversifiées.

Ces affections sont les plus communes et les plus légères de celles qui composent la liste, aussi longue que variée, des maladies de la peau; toutefois, elles sont souvent facheuses. Parfois les boutons causent des démangeaisons très-pénibles. Les éruptions papuleuses s’aggravent surtout

par le grand nombre de médications qu’on tente pour s’en guérir, et qui sont trop souvent des moyens dangereux.

Les boutons apparaissent dans diverses conditions dépendantes de l’âge, du sexe, de l'alimentation, etc... Les premières périodes de la vie humaine sont communément afMigées par des éruptions papuleuses : chez la majeure partie des enfants, à l’époque de la dentition, on voit apparaître sur les joues, le front, les épaules, les bras, les avant-bras, le dessus des mains, les fesses, les cyisses, les alentours du nombril, etc., des groupes de boutons qui forment des plaques très-rouges, et diversement figurées, auxquelles on donne vulgairement le nom de jeux de dents. A l'époque du sevrage des enfants, on voit aussi poindre sur les membres supérieurs, sur les joues, etc., de petits boutons d’un rouge vif, tantôt séparés , tantôt mélés avec des points rouges ou avec des plaques de la même couleur, quelquefois encore avec des taches blanches, entourées d’un cercle rougeâtre. Dans d’autres phases de l'enfance, on voit encore naître des boutons avant et après des maladies aiguës. A l'époque de la puberté, les jeunes gens de l’un et de l’autre sexe ont souvent des boutons, surtout au visage. Dans l’âge adulte, il n’est pas rare de voir des boutons isolés, et d’un rouge vif, apparaître sur le visage, les bras, les mains, le cuir chevelu, après une fièvre légère ou des maux de têle : ceux-ci ont quelquefois l’apparence des boutons de la gale, et sont accompagnés d’un prurit très-incommode ; ils se sèchent ordinairement après une durée d’une à trois semaines. C’est dans la vieillesse que l’homme est ordinairement sujet aux éruptions des boutons prurigineux, qui excitent des démangeaisons intolérables, et qui condamnent à un cruel supplice ceux qui en sontaffectés. Letribut mensuel auquel les femmes sont assujetties est une autre cause de boutons; ils naïssent encore sur le visage, et ils contribuent à affliger leur existence à l’âge appelé critique.

Une trop grande continence ainsi que l'usage de certaines substances alimentaires, telles que les plantes crucifères, les moules, les huîtres , etc., coucourent également à produire des boutons. Les crevettes , les poissons que les marchands de comestibles de luxe exposent à nos regards, ont surtout cet inconvénient , parce qu’ils contractent une qualité irritante quand ils ont été conservés longtemps dans de la glace, moyen qui les préserve d’une décomposition putride, mais quine les empêche pas dedeveniralcalescents. Les vins blancs, quand on n’est point accoutumé à leur usage, produisent encore cet effet. Enfin, l'exposition à la chaleur du soleil peut aussi faire naître des éruptions papuleuses : il en est une à laquelle il est difficile de se soustraire sous les tropiques.

Toutes les causes productrices des boutons, quoique bien différentes au premier coup d'œil, peuvent cependant être réduites en majeure partie à une principale, qui est l’irritation de la membrane muqueuse du tube digestif, laquelle réagit au dehors. Il convient donc de lui opposer des adoucissants, et non des excitants, comme on le fait trop souvent dans la pratique vulgaire.

L’éruption de boutons qui accompagne le travail de la dentition, par exemple, n’exige qu’un traitemeut très-simple : il faut chercher à modérer , autant que possible, l'irritation gastro-intestinale qui résulte de celle des gencives , et qui entretient un état fébrile. A cet effet, on rendra l'alimentation très-légère, on donnera aux enfants de l’eau fraîche et sucrée, qu'ils appètent ordinarement beaucoup : leur affaiblissement est un symptôme de la fièvre, qui ne doit point induire à employer des préparations de fer ou de quinquina, comme on le fait trop souvent ; la constipation, qui est un autre symptôme de l’irritation de l'estomac, ne doit pasnon plusengager à employer le calomel ou d’autres purgatifs : le régime et de petits lavements suifisent communément ; des bains d’eau tiède convieunent en même temps, et il taut se garder de tenir les eutants trop couverts, ainsi qu’on le fait quelquefois.

Ces moyens sont encore applicables aux boutons qui sur-

viennent à l’époque du sevrage et des maladies fébriles. Il est également inutile de recourir aux ressources pharmaceutiques dans le plus grand nombre de cas où les boutons se manifestent à l’époque de la puberté, et le plus communément chez les jeunes gens très-sanguins. 11 suffit de rendre alors l'alimentation peu stimulante, de prescrire un exercice modéré, des bains d’une température peu élevée, quelquefois une saignée, Les jus d'herbes, dont on fait usage pour rafraichir le sang, produisent très-souvent un effet opposé à ce but; les sirops antiscorbutiques et les purgatifs ont beaucoup plus d'inconvénients encore : sous l'influence de ces moyens, qui excitent la muqueuse digestive, les éruptions papuleuses augmentent fréquemment.

Les boutons causés par l’insolation ou par d’autres causes extérieures se guérissent par destopiques émollients. Les éruptions qui affectent les femmes vers l’âge critique sont rebelles et difficiles à traiter convenablement. Le vulgaire a recours pour les attaquer aux purgatifs, et trop souvent aux potions meurtrières de Leroi. Les résultats de ces purgations réitérées sont communément des maux d’estomac ou des intestins, qui empoisonnent le reste de la vie, et dont il est pas rare qu’une mort prématurée soit le terme. En outre, comme on néglige de diriger des médications convenables sur l'organe où est le foyer principal de l'affection , il acquiert souvent un état morbide qu’on ne reconnaît que quand il est à peu près irrémédiable : les cancers utérins n’ont fréquemment pas d’autres causes. Les boutons prurigineux qui attaquent les deux sexes parvenus à l’âge de retour , et fréquemment les gens de lettres, sont souvent rebelles à toute médication.

En résumé, nous ne saurions trop répéter que les boutons étant, dans la majorité des cas, le reflet d’une irritation in-

térieure ; la sagesse exige qu’on cherche à l’éteindre au lieu.

de chercher à guérir le dehors au détriment du dedans, D: CHARBONNIER.

BOUTON ( Cuarzes-Mane), peintre et directeur du Diorama, inventé par lui et Daguerre, naquit à Paris, le 16 mai 1781. On ne lui connaît pas de maître. Ses premiers essais n’en furent pas moins heureux, et en 1819 son Saint Louis au tombeau de sa mère lui valut la médaille d’or. Déjà, en 1810, il avait obtenu cette distinction. A cette époque, M. Bouton était tenu pour un peintre d’intérieur qui n'avait plus aucun secret à demander à la science. Il avait donné dans son tableau des Souterrains de Saint-Denys, et dans celui d’une Vue de la porte Saint-Jacques à Troyes, toute la mesure du talent qu’il devait avoir. Comme peintre, M. Bouton n’a pas depuis sensiblement amélioré son faire, bien qu’il ait continué assez assidûment la pratique de son art, Ceci tient à ce que M. Bouton, qui depuis longtemps sans doute méditait les projets de peinture à grand spectacle qu’il a réalisés au Diorama, avait pour préoccupation presque exclusive les procédés matériels de la peinture, la machine selon l'expression pittoresque de l'Encyclopédie. Le peintre s’est oblitéré dans le décorateur, II est du reste fort honorable de s’appeler Bibiène, quand on ne peut s'appeler Carrache, et personne ne contestera que les découvertes de MM. Bouton et Dagrerre n’aient laissé bien loin derrière elles les Pompeo Aldovrandini, les Orlandi, les T'esi, les Bibiène, dans l’art de la perspective et la distribution de la lumière, Outre ses dioramas, faits avec ou sans la collaboration de M. Daguerre, M. Bouton a peint un assez grand nombre de tableaux, parmi lesquels on cite Za Salle du treizième siècle au musée des Petits-Augustins, les bains de Julien, des ruines, etc., qui ont figuré dans les galeries de l’impératrice Joséphine, de J. Laifitte, etc. M. Bouton a encore envoyé deux toiles à l'exposition de 1842, dont une, la Vueintérieure de Saint-Etienne-du-Mont, avait été commandée par Louis-Philippe. Cet artiste estimable obtint la croix d'Honneur en 1824, et mourut en juin 1853,

M. Bouton s'était élevé aux dermères limites de son art

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