BOUTOURLINE — BOUTURE
général Wasilezikoff, à qui il rendit d'importants services à |! ou plusieurs bourgeons, qui se développent plus tard
l'avant-garde. En 1819 il fut nommé colonel, et passa plus tard général. | t
Il a écrit la plupart de ses ouvrages en français, par exemple, sa Relation de la Campagne en Italie, 1799 (Saint-Pétersbourg, 1810); son Tableau de la Campagne de 1813 en Allemagne ( Paris, 1815), qui parut sans nom d'auteur, et qu’on attribua longtemps à un tout autre écrivain; enfin, son Précis des Événements militaires de la dernière querre en Espagne (Saint-Pétersbourg, 1817 ; ouvrage publié également en français). Ce ne fut qu'après s'être entendu maintes fois reprocher d'écrire en français, qu’il se décida à employer désormais la langue russe pour ses ouvrages. C’est en cette langue qu'il publia son Histoire de la Campagne de Napoléon en Russie (Pétersbourg, 1820 ), l'Histoire des Campagnes des Russes au dix-huitième siècle (4 vol., Saint-Pétersbourg, 1820, avec une foule de cartes et de plans) et l'Histoire des Temps néfastes de la Russie au commencement du dix-septième siècle (2 vol., Saint-Pétersbourg, 1839 ), où il expose avec beaucoup de circonspection les faits qui ont amené l’état actuel des basses classes de la population en Russie.
Boutourline est mort le 21 octobre 1850, dans un domaine qu’il possédait aux environs de Saint-Pétersbourg. II était sénateur et directeur de la Bibliothèque Impériale,
BOUTS-RIMES. C’est ainsi qu’on appelle tout à la fois dés rimes souvent bizarres, excentriques, choisies et disposées par ordre, que l’on donne à remplir, et la pièce de vers composée de ces bouts-rimés remplis. Le nec plus ultra du succès consiste à ne pas laisser apercevoir dans l'exécution la contrainte qu’on a été forcé de subir. Les bouts-rimés doivent leur origine à un poëte du dix-septième siècle , les uns disent Duclos, les autres Dulot, lequel y donna lieu sans y penser par les plaintes qu’il fit au sujet de plusieurs centaines de sonnets qui lui avaient, disait-il, été dérobés, et qu'il regrettait fort, quoiqu'il n’en eñt encore composé jusque là que les rimes , ayant pour habitude de les commencer toujours ainsi; ce qui parut si singulier aux auditeurs de ses lamentations qu’ils résolurent de s'exercer à choisir des rimes bizarres, qu’ils s’amusaient à remplir ensuite de différentes manières , et sur divers sujets. On doit à J.-F. Sarrasin, qui vivait dans le même siècle, un poëme intitulé : La défaite des bouts-rimés. Le marquis de Montesquiou s’était fait dans ce genre une réputation à la cour de Monsieur, frère de Louis XVI. On citait surtout de lui comme trait de force un sixain qui commençait par ces deux vers :
Un accord, , ; . : : . . . . synallagmatique Liait Mars à Vénus. Vulcain au pied /ourchu.… etc.
De même que la charade et le logogriphe, les bouts-rimés étaient alors en honneur dans le Mercure de France. Ce genre de poésie, ou plutôt cet exercice, ce jeu littéraire, dont tout le mérite consiste, comme celui de tous les amusements de l’esprit dans la difficulté vaincue, a été abandonné depuis longtemps aux versificateurs de souspréfectures, comme indigne d'occuper l'attention du petit nombre d'hommes privilégiés qui sont réellement doués du feu créateur, et ne mérite point, par conséquent, d'occuper une place dans nos poétiques.
BOUTURE. Ce mot, dérivé probablement de l’ancien verbe français bouter, désigne, en effet, une branche séparée d’un arbre ou d’une plante et mise en terre pour y prendre racine et former un nouveau sujet. La bouture diffère de la marcotte, en ce que celle-ci tient à l'arbre jusqu’à ce qu’elle ait poussé assez de racines pour qu’elle en puisse être séparée sans danger, tandis que la bouture en -est complétement et instantanément separée pour être mise -en terre comme un être isolé. Dans les circonstances ordinaires , les boutures se fond à l’aide d’un rameau muni d’un
DICT, DE LA CONYERS. — T. I
en tige et en branches, tandis que la partie enterrée du rameau produit des racines.
La bouture en plançon (ou simplement plançon ) sert à la multiplication des arbres aquatiques ou qui reprennent très-facilement, comme les saules et plusieurs peupliers : on prend une branche longue de trois à quatre mètres, on l’émonde en ménageant la tête, on l’aiguise du bas afin de l'enfoncer avec facilité et sans rebrousser l'écorce; cette bouture est ensuite fichée en terre dans un trou fait avec un pieu.
La bouture simple est plus généralement usitée : en février, on coupe des branches de la pousse précédente bien aoûtées, on les divise par tronçons longs de 0,12 à 0,22, selon les espèces, de manière à ce que la coùpe inférieure soit immédiatement située au-dessous d’un nœud et qu'il y ait de quatre à six de ces nœuds sur chaque tronçon; on en fait de petites -bottes que l’on enterre verticalement au quart dans du sable frais placé dans un lieu abrité du vent et de la gelée; au commencement d’avril, chaque tronçon se bouture au plantoir, en laissant deux ou trois yeux au-dessus du sol; il faut avoir soin de tenir le terrain à un degré suffisant d'humidité.
Quand le moyen que nous venons d’indiquer ne réussit pas, comme cela arrive pour certaines plantes, on a recours à quelque artifice; on emploie, par exemple, la bouture avec bourrelet. Pour cela , on pratique en juin une plaie annulaire immédiatement au-dessous d’un nœud, sur la branche qu’on veut bouturer l’année suivante, ou bien on la serre assez fortement avec un fil de fer pour déterminer la formation d’un bourrelet mamelonné ; avant l’hiver, on coupe la branche ainsi préparée à un ou deux centimètres au-dessus de lincision ou de la ligature ; on la place en terre; puis, au printemps, on supprime tout ce qui est au-dessous du bourrelet, on raccourcit la branche à quatre ou six yeux, et on la plante comme une bouture simple.
La bouture à talon se pratique avec une branche qu’on éclate en la tirant de haut en bas, de marière à ce qu’elle emporte avec elle l'empâtement qui lui servait de base; ces empâtement, formé en grande partie par le parenchyme cortical, renferme beaucoup de tissu cellulaire qui tient lieu de bourrelet et favorise le développement des racines. Cette manière d’arracher les boutures nuit aux mères , comme il est facile de le comprendre, et ne doit être pratiquée qu’avec circonspection.
La bouture à bois de deux ans s'appelle aussi bouture à crosselle, à cause de la forme qu’on lui donre ordinairement. On la fait avec du bois de la dernière et de l’avantdernière séve, le bois le plus ancien ne devant former que le quart de la longueur totale de la bouture. On couche ces boutures dans des rigoles, ainsi qu’on le voit faire tous les jours pour la vigne.
Les boutures d’arbres verts et de végétaux d’orangerie ou de serre chaude ne réussissent pas toujours si l'on ne prend certaines précautions ; la plus importante est de placer la bouture sous cloche ou sous châssis, de manière à régler à volonté la température et l’état hygrométrique du milieu dans lequel elle se trouve plongée.
De tout ce qui précède, il ne faut pas conclure que la présence d’un bourgeon soit rigoureusement nécessaire ; on sait aujourd’hui que les boutures peuvent se pratiquer à l’aide d'organes qui en sont dépourvus : les fragments de racines et de feuilles nous en fournissent des exemples. Ainsi, on multiplie avec des feuilles, non-seulement les plantes grasses, mais les dahlias, les gesnérias, etc. On connaît encore le mode de multiplication des lis à l’aide des écailles qui forment leurs bulbes. Gn voit donc que, considérée dans toute sa généralité , une bouture doit être définie : une partie quelconque détachée d’un végétal et placée dans des conäilions telles qu’elle constitue un nouvel individu semblable au premier.
BOUTURES ANIMALES. On désigne sous ce nom les fragments ou parcelles du tissu des animaux qui sont susceptibles de reproduire un nouvel individu entier. L'étude des boutures animales est un sujet nouveau de recherches très-intéressantes , dont les principaux résultats seront présentés au mot EMBRYOGÉNIE,
BOUVARD (Azexis ), membre du Bureau des Longitudes et de l’Académie des Sciences, section d'astronomie, naquit le 27 juin 1767, dans une vallée des Alpes, de parents sans fortune, qui vivaient du labourage, dans un village à peu près inconnu, non loin de Saint-Gervais et de Chamouny. Que sera le pauvre enfant? pâtre, laboureur, ou soldat du roi de Sardaigne? Rien de tout cela : il a appris à lire, à écrire, à calculer; il se persuade, en se comparant à tous les êtres qui l'entourent, qu'il est savant, et que Paris le réclame; il part, non pas avec la marmotte sur le dos comme ses jeunes compatriotes, comme plusieurs de ses camarades d'enfance peut-être, mais avec quelques livres dans un petit havre-sac, une très-modeste somme dans le gousset et la bénédiction de ses parents, plus inquiets sur le sort de leur enfant que ne le sont le père et la mère des petits ramoneurs : ceux-ci, du moins, ont un état au bout de leurs doigts, leur räcloire et la chanson de Za Catarina. Bouvart, hélas! n'avait que l'espérance, basée sur des calculs enfantins. Le voilà dans Paris La grande ville, et il ne tarde pas à y marcher de mécompte en mécompte, de déception en désenchantement. Pas pn protecteur d’abord, pas un ami, pas un guide! Jugez de ses inquiétudes, de ses secrètes terreurs quand il voyait sa petite bourse se creuser tous les jours et dès qu’il reconnut, en écoutant les leçons publiques et gratuites des Mauduit, des Cousin, au Collége de France, qu’il y avait l’immensité entre ce qu'il avait appris dans son village alpestre et la science véritable. Il ne se découragea pas cependant; mais il fut ébloui, et il hésita alors entre deux carrières : celle de la chirurgie et celle des mathématiques. Ce fut le besoin de gagner vite de l'argent, beaucoup plus qu’une vocation véritable, qui le décida : ayant trouvé à donner des leçons particulières de calcul, son choix fut arrêté, et il s’assura, en courant le cachet, ce qu’il n’avait pas trouvé encore, un dîner quotidien.
Une circonstance fortuite amena un jour Bouvard à l'Obsrvatoire de Paris, et le fit assister à quelques observations. Dès ce moment il n’y eut plus d'incertitude dans son esprit et dans ses goûts; pour surcroît de bonheur, le hasard le fit connaître bientôt de Laplace. L’illustre géomètre avait besoin d’être aïdé dans les calculs infinis qu’exigeait son ouvrage dela Mécanique céleste ; il jela les yeux sur Bouvard, et paya plus tard de sa haute protection l’infatigable zèle, * et on peut ajouter le dévouement sans bornes de son modeste collaborateur, Grâce aux sollicitations, à l’appui de Phomme de génie, Bouvard arriva au Bureau des Longitudes, à l’Académie des Sciences et à la direction de l'Observatoire de Paris.
Il nous est permis, plus qu’à personne, d'emprunter à un discours prononcé sur la tombe de Bouvard quelques lignes qui feront apprécier à la fois l'homme et le savant. « Les distractions de notre société, Bouvard les connaissait à peine. Observateur exercé et habile, il passa pendant de longues années, toutes les nuits sans nuages à côté des grands instruments de l'Observatoire. La table générale des comètes présente plusieurs de ces astres dont la découverte lui appartient. Sa spécialité, toutefois, nous la trouverions dans les calculs numériques, dans les calculs fastidieux qu’un écrivain illustre a si bien caractérisés par ces mots : Zls faliquent l'attention sans la captiver. Bouvard en exécuta des masses effrayantes, soit quand il s’occupa de la théorie de la lune, à l'occasion d'un prix proposé par la première classe de l'Institut, prix qu’il partagea avec le célèbre Burg, de Vienne ; soit en construisant des tables nouvelles de Jupiter, de Saturne, d'Uranus; soit enfin, et principalement,