‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 3)Chapitre 392 sur 527 · BOUVINES — BOUVREUIL · texte numérisé non relu

BOUVINES — BOUVREUIL

moins scrupuleux que l'hospitalier Guérin, n'avait cessé de combattre pendant toute la journée. Mais, pour obéir aux commandements de l'Église, qui abhorre le sang, il s’était servi d’une énorme massue dont il avait abattu le comte de Salisbury. 11 ne réstait à la fin sur le champ de bataille que 700 fantassins brabançons, qui se défendaient avec une valeur admirable : 50 cavaliers picards et 2,000 hommes de pied, que commandait Thomas de Saint-Valeri, ayant été envoyés contre eux par le roi, les massacrèrent impitoyablement jusqu’au dernier.

Philippe-Auguste, vainqueur de cette ligue formidable, se vit entouré d’illustres captifs, qui, six heures auparavant, se flattaient de partager son royaume. Othon seul, de tant de chefs ennemis , manquait à son triomphe. Il reçut Ferrand et Renaud avec un front sévère, leur rappela les bienfaits dont il les avait comblés, et leur reprocha leur infâme trahison; mais il leur fit grâce de la vie, Le comte de Boulogne fut enfermé dans la citadelle de Péronne. Ferrand fut conduit à Paris, dans la tour du Louvre; et c’est ainsi que se vérifia à sa honte la prédiction de sa tante Mahaud de Portugal. Les Parisiens le reçurent avec des cris de joie, en chantant un couplet qui finissait par ces vers :

Quatre ferrants bien ferrés Traïnent Ferrand bien enferré,

Les autres prisonniers furent répartis dans diverses forteresses du royaume ; plusieurs, entassés dans le grand et le petit Châtelet, furent livrés au prévôt de Paris. Guillaume Le Breton, qui pendant toute la bataille”avait chanté l’£xurgat Deus et autres psaumes, nous a donné la liste des prisonniers de marque faits par les communes, et cette honorable nomenclature atteste à la fois l'existence de ces établissements politiques et les services qu’ils ont rendus dans cette occasion mémorable. Là figurent les communes de Noyon, de Montdidier, de Montreuil, de Soissons, de Crespi, de Bruyères , de Cerni, de Craone, de Vesli, de Corbie, de Compiègne, de Roye, d'Amiens et de Beauvais. Philippe récompensa ses plus braves chevaliers en leur livrant les captifs les plus illustres pour leur rançon. Salisbury fut donné au comte de Dreux, le comte de Boulogne à Jean de Nivelle, qui, d’après l’historien chapelain, ne l’avait guère mérité; Ferrand, à Barthélemy de Roye ; Gautier de Boves, à Enguerrand de Couci; Arnoul d’Oudenarde, au comte de Soissons, qui en retira mille marcs d’argent. Le roi des ribauds eut aussi sa récompense : il reçut Roger de Waffale. Tous ces captifs n’avaient pas, du reste, été pris le jour de la bataille, Un grand nombre avaient été poursuivis et recueillis dans les villes flamandes, où ils avatent cherché un refuge. La joie des Français se manifesta de toutes parts par des jeux, des fêtes et des solennités religieuses. Les Poitevins, les Angevins et les Normands, désabusés de leurs illusions, envoyèrent des députés à Philippe-Auguste pour protester de leur fidélité. Le roi Jean sans Terre, qui attendait à Parthenai le résultat de la ligue, se hâta de solliciter une trêve, par l'entremise du comte de Chester et de maître Robert, légat du pape, et Philippe eut la générosité de la signer deux mois après sa victoire, IL céda même aux instances de Jeanne de Flandre, et lui rendit le comte Ferrand, son époux, dans le mois d'octobre, à condition que les for- {eresses de Valenciennes, d’Oudenarde, d’Ypres et de Cassel seraient démolies. Dix-neuf chevaliers flamands se rendirent

garants de cette convention. Le roi fonda près de Senlis l'abbaye de la Victoire, en souvenir de la bataille qui avait affermi la couronne sur sa tête. VIENNET.

Un monument a été élevé à Bouvines en 1863 pour rappeler la victoire de Philippe-Auguste : c'est un obélisque en pierre, haut de 6 mètres 50,

BOUVREUIL, genre d'oiseau appartenant à l’ordre des passereaux et qui se reconnaît aux caractères suivants : bec court, arrondi, renflé et bombé en tous sens; mandi-

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