‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 3)Chapitre 393 sur 527 · BOUVREUIL — BOWLES · texte numérisé non relu

BOUVREUIL — BOWLES

bule supérieure courbée , narines placées sur les côtés de la base du bec, arrondies, souvent cachées par les plumes du front ; quatre doigts, trois devant, dont l'intermédiaire est plus long que le tarse, et un derrière ; ailes courtes, dont les trois premières pennes sont étagées et la quatrième est la plus longue de toutes. Ces oiseaux sont très-agréables, nonseulement par la beauté de leur plumage, mais surtout, par une sorte de sociabilité avec l'homme, Pendant l'hiver, on les voit, dans les campagnes, répandus sur les routes et autour des habitations, où ils cherchent des graines pour leur nourriture. Au retour de la belle saison, ils se retirent dans les bois pour s’y livrer à l'amour, Ils construisent eur les arbres ou dans les buissons un nid formé de duvet qu’entoure un tissu de mousse et de lichen, et dans lequel ils déposent quatre à six œufs. Leur chant naturel n’a rien de remarquable; mais, au moyen d’une éducation facile, on leur apprend à imiter le ramage de divers oiseaux , et même à rendre les inflexions de la voix humaine.

Les espèces de ce genre sont assez nombreuses; mais nous n’en possédons qu’une en France. C’est le bouvreuil commun (pyrrhula vulgaris, Brisson), long de quinze centimètres ( quelquefois plus petit d’un tiers : c’est alors le petit bouvreuil), cendré dessus, rouge dessous, à calotte noire. La femelle a du gris roussâtre au lieu de rouge. Cet oiseau se trouve dans toute l’Europe ; il niche dans les bois, et se nourrit de baies et de graines. Parmi ceux de nos climats, les uns nous restent l'hiver, les autres partent vers la fin d'octobre pour des contrées plus chaudes, et reviennent en avril. La durée de leur vie est de cinq ou six ans. On peut obtenir des mulets du petit bouvreuil et de la serine.

que DÉMEZIL.

BOUYOUR-DEREH ou BUYUK-DÉREH, c’est-à-dire la grande vallée, charmante ville située sur la côte occidentale du Bosphore, à 22 kilomètres de Constantinople et à 13 kilomètres de la mer Noire, à l’endroit où le canal, dans sa plus grande largeur, forme un coude et une espèce de golfe arrondi en demi-cercle. Elle tire son nom de la vallée où elle est située. On lui donne aussi celui de Zibadia (la prairie), parce qu’il y a dans la partie la plus basse une charmante prairie, &u milieu de laquelle s'élève un magnifique bouquet de platanes d’une grosseur extraordinaire, qu’en appelle yedi-kardasch (ïes sept frères), en raison de leur nombre. C’est là que le sultan Selim III allait, pendant l'été, se promener et se divertir. C’est aussi dans cette prairie que, selon les traditions , campa l’armée des croisés, sous les ordres de Godefroy de Bouillon, en 1096, quand l'empereur Alexis Comnène leur interdit l'approche de Constantinople. C’est la promenade ordinaire des Francs qui habitent Bouyouk-Dérèh. Les Grecs riches, les ministres et les négociants étrangers viennent y étaler leur luxe et leur importance. Rien de plus enchanteur que la position de Bouyouk-Dérèh et ses environs vus du Bosphore; rien de plus délicieux que ce séjour.

La ville se divise en haute et basse. Dans la première se trouvent les résidences d'été et les jardins des ambassadeurs européens, qui, à la suite du grand incendie arrivé à Péra en 1832, vinrent s'établir en ce lieu. Le quai où sont situés ces palais et la prairie voisine forment la promenade la plus agréable et la plus variée. L'été, au clair de la lune, c’est un spectacle ravissant. La variété des costumes de diverses nations, des groupes nombreux de jolies femmes, leur air voluptueux et romantique, leurs vêtements pittoresques, la fraicheur du soir, le calme de la mer couverte de bateaux, les sérénades que les amants donnent à leurs maïitresses, tout exalte l'imagination et procure à l'âme une ivresse délicieuse. Dans la basse ville sont les maisons habitées par les Grecs, les Arméniens et quelques Turcs, et construites presque toutes dans le goût européen. Elles forment une rue assez longue qui traverse la vallée.

Bouyouk-Dérèh n’est pas seulement le séjour des étran-

gers de distinction et des familles opulentes; c’est encore pour eux un lieu de refuge, lorsqu'une épidémie ou une sédition viennent bouleverser Constantinople, Pera ou Galata.

BOWAIÏIDES. Voyez Bouines.

BOWDICH (Taowas-Énouanb), célèbre par ses voyages en Afrique, était né en 1793, à Bristol, où son père dirigeait une manufacture importante, Après avoir terminé ses études à Oxford, il entra comme commis dans la maison paternelle ; mais il ne tarda pas à éprouver un si yif dégoût pour ce genre d'occupations qu’il résolut d’embrasser une autre carrière. La protection d’un de ses parents, employé dans l’un des établissements anglais de la Côte-d'Or, lui fit obtenir la place de commis aux écritures au service de la Compagnie Africaine, laquelle, en 1816, l’envoya à Coast-Castle, où sa jeune femme, dessinatrice habile, ne tarda pas à venir le rejoindre. Quand il fut question d’envoyer un ambassadeur au roi des Aschantis, Bowdich s’offrit pour cette périlleuse entreprise, qu'il exécuta avec autant de courage que de succès.

Après deux années de séjour en Afrique, il revint en Angleterre pour rendre compte à la Compagnie de sa mission et pour se procurer les moyens d’entreprendre dans l’intérieur de l'Afrique un grand voyage de découvertes. Les incidents qui signalèrent cette intéressante exploration ont été consignés par lui dans sa précieuse relation intitulée : Mission from cape Coast-Castle (Londres, 1819, in-4° ). Habitué à exprimer ses pensées librement et sans réticences, Bowdich s’aliéna la Compagnie Africaine par la révélation des abus qui s'étaient glissés dans son sein, et qui ne tardèrent pas à entraîner sa dissolution ; il s’attira ainsi la haine d’un personnage influent, membre du comité d’administration. On lui refusa la juste rémunération des services qu’il avait rendus, ainsi que les moyens de retourner en Afrique continuer ses explorations. Résolu de se procurer par luimême l'appui qu’il ne pouvait plus trouver dans sa patrie, il se rendit à Paris, où il reçut beaucoup d’encouragements et où le -produit de quelques travaux littéraires lui permit de s’embarquer au Havre en 1822, avec sa femme et deux enfants , pour gagner le continent africain, but de toute son ambition. Peu après son arrivée sur les rives de la Gambie, il succomba, en janvier 1824, à une maladie résultat de ses fatigues et de ses soucis.

BOWDITCH ( Narmanie ), le seul astronome de quelque célébrité qu’ait encore produit l'Amérique, naquit le 26 novembre 1773, à Salem, dans l’État de Massachusetts, mon- {ra de bonne heure les dispositions les plus heureuses pour les mathématiques, qu’il apprit tout seul, rien qu'avec le secours deslivres, etsans jamais suivreles cours d’une université. Ilutilisa d’abord les connaissances scientifiques qu'ilavait acquises au profit d’une société commerciale, et fit ensuite, en qualité de facteur, le voyage des Grandes Indes. A son retour, il devint président d’une compagnie d'assurances. Son: ouvrage sur la science de la navigation, intitulé : The American practical Navigator, et qui obtint un succès général, ainsi que sa remarquable traduction de la Mécanique Céleste, de Laplace ( 2 vôl. in-4°, Boston, 1829), qu’il accompagna de notes précieuses, lui valurent sa nomination de membre des sociétés savantes de Londres, d'Édimbourg et de Dublin, et de professeur de mathématiques et d’astronomie à l’université de Cambridge, dans l’État de Massachusetts; mais il refusa ces fonctions pour entrer dans le conseil exécutif de cet État. Plus tard, il accepta la direction de la compagnie d'assurances sur la vie de l’État de Massachusetts, devint président de l’Athénée, de l’Institut mécanique et de l’Académie des Sciences et des Arts de Boston. 11 mourut dans cette ville, le 16 mars 1837.

BOWLES (\Wiziam LESLIE), poète anglais, né le 24 septembre 1762, à Kings-Sulton, dans le Northamptonshire, où son père était vicaire, étudia à Winchester, et depuis 1782 au collége de la Trinité d'Oxford. Après avoir pris

le grade de docteur en 1792, il entra dans les ordres, et obtint une cure d’abord dans le Wiltshire, puis dans le Gloucestershire. En 1803 il fut nommé chanoine de la cathédrale de Salisbury, et plus tard recteur de Brombill, dans le Wiltshire. I1 remplit cette dernière place jusqu’à sa mort, arrivée à Salisbury, le 7 avril 1850.

Bowles s’est fait connaître non-seulement comme infatigable champion des droits et des priviléges de l'Église épiscopale, mais aussi et surtout comme poëte lyrique. Il était encore à Oxford lorsqu'il se fit remarquer par un poëme latin sur le siége de Gibraltar. Cette publication fut suivie des sonnets (Londres, 1789 ); des Ælegiac Stanzas (1796) ; de Hope, an allegorical skelch (1796 ); de Song of the battle ofthe Nile (1799); de Coombe Ellen (1798); de Saint-Michael's Mount (1798). Vinrent ensuite The Picture (1803); The Sorrows of Switzerland (1801); The Missionary (1824), etc. On regarde comme son chef-d'œuvre The Spirit of Discovery by sea (1805). Un recueil de ses poëmes a été publié par lui-même (2 vol., 1798-1801). Toutes ses poésies, dans lesquelles il se montre le disciple de Coleridge, sont les créations d’un esprit noble et vertueux, d’un écrivain sage, mais qui semble ignorer l’existence des passions, dont la douce gaieté est parfois attristée par l'attitude roide, compassée du savant, et qui malgré tout cela réussit à émouvoir son lecteur, parce qu'il sait admirablement faire vibrer certaines cordes mystérieuses aboutissant directement au cœur.

Bowles a attaqué Pope comme poëte dans l'édition qu'il a donnée de ses œuvres (10 vol., Lond., 1806), entreprise alors un peu hardie ; et il a inutilement cherché à défendre contre Brougham et la Revue d'Edimbourg les abus du vieux système anglais d'enseignement. Parmi ses écrits en prose, on ne peut guère citer, outre un recueil de sermons (1826), que sa Vie de Thomas Ken, évêque de Bath et de Wells (Londres , 1830-31), ouvrage d’ailleurs un peu sec.

BOWRING ( Jon), célèbre publiciste et savant anglais, est né Le 17 octobre 1792, à Exeter, dans le Devonshire. Il utilisa dans de nombreux voyages son heureuse facilité à s’assimiler les langues étrangères, pour contracter partout d’honorables amitiés et acquérir les notions les plus approfondiessur tout ce qui se rattache au caractère particulier de chaque peuple. Les poésies nationales ont surtout excité son attention et servi de but à ses travaux ; aussi a-t-il rendu à la littérature d’importants services par ses traductions et ses publications de chants populaires anciens et modernes recueillis dans presque tous les pays de l’Europe. C’est ainsi qu’il a successivement publié : Specimens of the Russian Poels ( Londres, 1821-23 ); Batavian Anthology (1824) ; Specimens of the Polish Poels (1827); Servian popular Poetry (1827); Cheskian Anthology (1832) ; Poetry of the Magyars (1830) ; et Ancient Poetry and Romances of Spain (1824).

Lié d’une étroite amitié avec Jérémie Bentham, celui-ci, après la mort de Dumont, lui confia l'exécution de ses dérnières volontés ainsi que le soin de publier ses œuvres complètes. Issu d’une famille de vieux puritains, et partageant la foi religieuse des unitaires, M. Bowringse prononça de bonne heure, dans la presse et dans les assemblées publiques, contre les lois qui avaient frappé les dissidents d'incapacité politique. Soupçonné, à cause de l'énergie de ses opinions radicales, d’être un émissaire des révolutionnaires, il fut arrôté le 7 octobre 1822 à Calais, au moment où il se disposait à entreprendre un voyage en France, et transféré à Boulogne dans une étroite prison, d’où l’intervention de Canning le fit enfin sortir. M. Bowring, qui renonça en 1825 aux affaires commerciales, prouva son dévouement aux idées de réforme, dans une série d'articles remarquables, publiés dans la Revue de Westminster, recueil fondé en 1824 et rédigé dans l'esprit de l’école de J. Bentham, dont, à partir de 1895, il prit la rédaction en chef; fonctiuns auxquelles

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