BRASSE — BRAUNFELS
convention , moins aisée à fixer que dans notre marine. La brasse danoise a près de 1,95, tandis que la petite brasse hollandaise a à peine 1°,60.
Le mot brasse, impératif du verbe brasser, est un commandement que l’on emploie pour ordonner de haler sur le bras d’une vergue que l’on veut orienter. Brasse tribord ou brasse babord signifie haler sur le bras de tribord ou sur le bras de babord. Édouard Corgière.
La brasse a été employée aussi comme mesure dans le commerce, où sa valeur commune était en France de six pieds de roi, mais c’est surtout en Italie qu’elle était d'usage, et sa valeur variait selon les différentes localités.
BRAS SÉCULIER, C'était une maxime d'ordre public en France que nulle exécution sur la personne ou sur les biens ne pouvait se faire en vertu d’une décision ecclésiastique : il fallait l'intervention du juge séculier. Le juge d'église n'avait pas le pouvoir de mettre à exécution ses sentences sur les biens temporels de ceux qu’il condamnait, ni d'imposer des peines grièves et allant jusqu’à l’effusion du sang. Aussi l'Églisesecontentait-elle par ses condamnations de livrer au bras séculier ceux qu’elle déclarait coupables. Après la révocation de l’édit de Nantes Louis XIV prononça par édit que les hérétiques ne pourraient pas implorer le recours du bras séculier.
BRASSERIE, BRASSEUR. Une brasserie est le lieu où se fabrique la bière; le brasseur est celui qui se livre à cette fabrication.
L'origine de l’art du brasseur paraît très-ancienne, et remonte peut-être au delà des temps historiques. La Fable y fait intervenir Cérès elle-même, enseignant aux hommes les divers usages qu’ils peuvent faire de ses dons et la préparation d’une liqueur qui remplacerait le vin dans les lieux où la culture de la vigne leur serait interdite. La biére de Péluse acquit une haute renommée chez les Égyptiens; et lorsque des relations de commerce furent établies entre la Grèce et l'Égypte, l’art des Pélusiens traversa la Méditerranée, et vint défier Bacchus en présence de ses coteaux couverts de vignes. Bientôt les Grecs surent préparer plusieurs sortes de bières, et à leur tour ils transmirent aux peuples voisins l'instruction qu'ils avaient reçue d'Égypte, et celle qu’ils tenaient de leur propre expérience. Peu à peu cette instruction fit des progrès, et s’étendit jusque dans les Gaules; on ne l’a pas suivie an delà de la Baltique, où cependant elle dut être aussi bien accueillie que chez nos ancêtres.
Quoïque cette histoire de l’art du brasseur en Europe soit appuyée de témoignages imposants, elle n’est peut-être qu’une hypothèse ingénieuse. Plusieurs arts ont pu naître spontanément, et à peu près dans le même temps, parmi des peuplades qui n’avaient entre elles aucune communication. La préparation du kwasse des Russes n’est certainement pas une importation, et cette boisson acidule, tirée de la farine du seigle, paraît être un produit de l’art imparfait, tel qu’il put naître chez un peuple encore ignorant et peu civilisé. Avec quelques manipulations et quelques soins de plus, le kwasse serait une bière aussi bonne que plusieurs de celles qui sortent des brasseries belges ou allemandes.
Quoi qu’il en soit, la communauté des brasseurs est une des plus anciennes qui aient été érigées à Paris en corps de jurande, car ses statuts datent de 1268. Mais cette communauté était obscure et peu nombreuse, et tandis que les brasseurs jouaient un rôle important dans les insurrections de Flandre (voyez ARTEVELD), Paris réservait aux bouchers le privilége de fournir des chefs aux émotions populaires (voyez CABOCHE).
Les brasseurs étaient nommés autrefois cervoisiers, du mot cervoise, qui est le nom qu’on donnait alors à la bière, Leurs statuts leur défendaient de mettre dans la bière des baies de .aurier franc, du poivre long et de la poix-résine, sous peine de vingt sous parisis d'amende au profit du roi, et de confiscation de leurs bassins au profit des pauvres.
Ces statuts, renouvelés en 1489, en 1515 et en 1630, furent confirmés en 1686, et l’on y ajouta en 1714 quelques nouvelles prescriptions. Au moment où la corporation fut abolie, on comptait à Paris soixante-dix-huit maîtres brasseurs, dont le plus grand nombre habitaient le faubourg Saint- Marceau.
Aujourd'hui les brasseries sont régies par le décret du {5 octobre 1810, qui résume les lois antérieures. Ce décret les place, sous le rapport de la police et des précautions à #rendre, dans la troisième classe des établissements dangereux et insalubres. Son article 8 porte qu'aucune brasserie ne peut être établie que sur la permission du préfet de police à Paris, et sur celle du maire dans les autres villes ; les difficultés qui peuvent s'élever contre la décision du préfet de police ou des maires sont jugées en conseil de préfecture. De plus, le transfèrement d’une brasserie, comme l’interruption de ses travaux pendant six mois, nécessite une nouvelle autorisation. Enfin, les lois des 28 avril 1816 et 12 décembre 1830 réglementent la perception du droit de fabrication des bières (voyez Boissons). La première de ces lois, par une de ses dispositions, soumet le brasseur à un droit de licence qui n’est valable que pour un an et pour un seul établissement; ce droit varie de 20 à 50 francs.
BRASURE. C’est la réunion de deux pièces de ter, opérée au moyen de la soudure de cuivre jaune, c’est-à-dire en faisant fondre un alliage de cuivre sur le point où les parties à souder doivent se joindre. On peut aussi braser le fer sans métal intermédiaire : pour cela, on donne une chaude suante aux parties à réunir, puis on les recouvre d’un peu de sable, qui fond et donne naissance à un silicate ayant pour base l’oxyde de fer formé; forgeant ensuite les deux pièces réunies, le silicate de fer est expulsé sous forme de scories, et la brasure est effectuée.
BRATIANO (Démérrius), publiciste, né en 1818, à Boukarest, vintachever ses études à Paris et combattit, avec son frère cadet, sur les barricades de Février. Ses opinions politiques l'avaient mis en rapport avec le parti républicain, et il s'était fait connaitre par quelques articles publiés dans le National et la Revue indépendante. De retour en Valachie il y fit partie du comité révolutionnaire, s’efforça vainement de rallier lemouvement roumain au mouvement hongrois, et après la chute de la lieutenance princière (septembre 1848) il se rendit en Angleterre. Partisan convaincu de l'union et de l'indépendance des principautés danubiennes, il plaida leur cause avec talent, non-seulement auprès des hommes d’État, mais dans la presse, où il fit insérer un grand nombre d’articles et de mémoires. Autorisé à rentrer dans son pays en 1857, il fut élu député et chargé de soutenir auprès du congrès de Paris les résolutions adoptées par l’Assemblée roumaine. L’un des chefs de l’opposition , D. Bratiano seconda la révolution qui amena la chute du prince Couza, et prit, le 13 mars 1867, le ministère des travaux publics.
Son frère, Jean BRATIANO, né en 1822, l’accompagna à Paris et se battit à ses côtés en février. Aussi actif qu'énergique, il devint en Roumanie le secrétaire du gouverne-
.ment provisoire et rejetait à la fois la suzeraineté de la Turquie et le protectorat russe. Pendant quelques mois il dirigea la police. L'intervention des Russes le força à s’exiler ;. il vint à Paris, publia plusieurs mémoires politiques sur les affaires moldo-valaques, et fut condamné en correctionnelle à trois ans de prison (16 janvier 1854) pour dépôt de presse clandestine, après avoir été acquitté en cour d'assises sur le chef de participation au complot dit de l’'Opéra-Comique. Il venait d'être mis en liberté lorsque l'amnistie de 1857 lui rouvrit les portes de sa patrie. Il fit alors paraître un Mémoire sur la situation de la Moldo-Valachie depuis le trailé de Paris. Élu député il prit place dans l'opposition et se distingua comme orateur. Néanmoins il n'arriva aux affaires qu'après la chute du prince Couza : chargé du por-
tefeuille des finances le 23 mai 1866, il le garda deux mois. Appelé le 13 mars 1867 à l’intérieur, il remit en vigueur les anciennes lois contre les juifs et en fit arrêter et déporter un grand nombre au-delà du Danube, Ces mesures d'un autre âge eurent beaucoup de retentissement à l'étranger; l'intervention officieuse des puissances délermina la retraite -de J. Braliano (30 août). Mais il n’avait rien perdu de son Icrédit personnel auprès du prince Charles ; le 15 novembre suivant, il reprit son portefeuille pour le quitter de nouveau de 11 mai 1868. P. Louisy.
BRAUNFELS, petite ville de 1,567 âmes, située sur Y'Isar, dans le cercle de Coblentz, arrondissement de Wetzlar (Prusse), est la résidence des princes de Solms-Braunfels. On y voit un château fort, bâti sur un roc, dans lequel on a placé une belle bibliothèque et une collection d’antiquités, Braunfels possède deux églises évangéliques] et une synagogue. Un aqueduc y amène l’eau nécessaire à la consommation des habitants, qui se livrent presque tous à l’agri- .culture. La seule usine importante est une fabrique de pompes à feu. :
BRAURONIES, fêtes en l'honneur de Diane, ainsi nommées de la ville de Brauron, en Attique, où elles avaient été instituées, et où elles se célébraient de cinq en cinq ans.
BRAULION ou BRAULE (Saint) est sans contredit lo plus obscur de tous les bienheureux, quoique, par son mérite et ses talents, il soit digne d'être rangé parmi les plus illustres. Il fut un des plus savants hommes de son siècle et un des prélats les plus distingnés de l'Église d'Espagne. Ayant glorieusement occupé la siége de Saragosse, et assisté aux quatrième, cinquième et sixième conciles de Tolède, il mourut en 646, dans la vingtième année de son épiscopat. Son corps, découvert en 1270, est conservé à Rome dans la basiiique de Sainte-Marie-Majeure. Braulion a composé un assez grand noinbre d'ouvrages estimés des théologiens ; mais son premier titre est d’avoir mis en ordre le fameux traité de saint Isidore, les Origines, répertoire de toute l’éruditiun du septième siècle. E. LaAYICxe.
BRAUWER ou BROUWER (ApbRiEN), peintre de l'école hollandaise, né en 1608, à Oudenarde, et suivant d’autres à Harlem, où son père était peintre en tapisseries, fut de bonne heure contraint par la pauvreté de ses parents de gagner sa vie lui-même. Il l’essaya d’abord en peignant des fleurs et des oiseaux pour les brodeurs. Le célèbre peintre Hals le prit ensuite dans son atelier, et sut exploiter à son grand profit le talent du jeune artiste. Tenu en quel-
-quesorte en chartre privée dans un galetas, et très-misérablement nourri, Adrien Brauwer était obligé de peindre sans relâche de petits tableaux, que son maitre vendait ensuite fort cher. D’après les conseils de son camarade d'atelier, Adrien Van Ostade, il prit le parti de s’enfuir à Amsterdam, où sa surprise fut grande en apprenant que ses toiles étaient estimées par les connaisseurs. 11 gagna alors beaucoup d’argent; mais, au lieu de s’appliquer avec zèle à son art, il sembla ne plus avoir d’autre domicile que le .cabaret, n’en sortant jamais que lorsque le cabaretier insis- {ait trop vivement pour être payé. Il poussait, d’ailleurs, l'amour-propre si loin, qu’il jetait au feu les toiles dont on ne lui donnait pas le prix qu'il avait demandé.
Étant venu à Anvers pendant la guerre des Pays-Bas, on Vy prit pour un espion et on l’enferma dans la citadelle. Il déclara qu’il était peintre, se recommanda au duc d’Aremberg, prisonnier comme lui, et qui lui fit donner tout ce dont il pouvait avoir besoin pour travailler; et alors il se mit à peindre les soldats chargés de le garder. 11 les représenta jouant aux cartes dans leur corps-de-garde, et fit pteuve de tant de vigueur et de vérité dans la composition de ce tableau, qu’en le voyant Rubens s’écria aussitôt : « Ce doit être l’ouvrage de Brauwer; il n'y a que lui pour traiter de pareils sujets avec tant de bonheur ! » Rubens s’offrit æour lui servir de caution et le rendre à la liberté. Ensuite