‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 3)Chapitre 452 sur 527 · BRIGGS — BRIGITTE · texte numérisé non relu

BRIGGS — BRIGITTE

tables avec Briggs ; mais la mort de son ami laissa à celuici toute cette tâche à entreprendre et à terminer.

Il publia en 1618, comme échantillon du nouveau système logarithmique, appelé encore généralement aujourd'hui système ordinaire ou logarithmes de Briggs, les logarithmes des mille premiers nombres naturels calculés avec huit décimales, sous le litre de Zogarithmorum Chilias prima. Quelques années plus tard parut son Arifimetica logarithmica (Londres, 1624), contenant les logarithmes des nombres naturels de { à 20,000 et de 90,000 à 100,000, avec quatorze décimales, œuvre qui exigea le travail le plus assidu pendant plusieurs années. Briggs engagea d’autres calculateurs à l'aider à combler les grandes lacunes qui restaient encore, tandis que lui-même entreprenait une table des logarithmes des sinus et des tangentes calculés avec quatorze décimales et de centième en centième de degré, et une table des sinus, tangentes et sécantes naturels calculés, les premiers avec quinze décimales, et les fangentes et les sécantes avec dix. Ce travail, dont l’immensité effraye quand on se rappelle que les méthodes expéditives inventées depuis n’existaient pas alors, parut après sa mort, par les soins de Henri Gellibrand , son successeur au collége de Gresham, sous le titre de Trigonometria Britannica (Gouda, 1623, in-folio). Outre une patience et une force d'application dont rien n’approche, Briggs était doué d’une grande puissance d’invention; car on rouve dans ses ouvrages les germes de quelques-unes des tlus importantes découvertes qu’on ait faites en mathématiques, telles que la construction des tables par différences, linterpolation, etc.

Cet illustre savant mourut à Oxford, le 25 janvier 1630, et fut inhumé dans la chapelle de Merton-College. Un de ses biographes nous le représente comme l’homme de l'accueil le plus affable, exempt de toute espèce d’orgueil, de morgue, d’envie et d'ambition. Méprisant souverainement les richesses, il vivait content de son sort, préférant ses calmes études à l'existence la plus brillante,

BRIGHELLA , personnage de la comédie improvisée, qui fait partie du théâtre national italien. Ferrarais grossier, insolent et rusé, tout de blanc habillé, il est assez semblable au célèbre Pierrot.

BRIGHT (Maladie de). Cette maladie était connue sous le nom vague d’Aydropisie avant qu’elle eùt été décrite par Bright, médecin anglais. On la désigne aujourd’hui plus spécialement sous le nom denéphrite.

BRIGHT (Joux), né le {6 novembre 1811, est fils de Jacques Bright, quaker et riche industriel à Greenbank, près de Rochdale (Lancashire). Il fut élevé dans les principes religieux de son père, et établit avec ses frères, à Rochdale, une filature de coton, qui devint sous sa direction un des établissements les plus considérables de ce genre en Angleterre. Comprenant de quelle importance était pour un pays industriel la vie à bon marché, il fut un des organisateurs, en {835, de la ligue de Manchester pour l'abolition des droits sur les grains étrangers, et révéla dès lors son remarquable talent d’orateur. Il parvint, en 1843, à se faire élire membre de la chambre des communes par le collége de Durham, qui n'avait nommé jusque-là que des tories et des protectionistes. Ses efforts à la chambre pour la liberté des échanges contribuèrent à la réforme commerciale consommée en 1846 par sir Robert Peel. La ville de Manchester l’élut à l’unanimité , en 1847, pour son représentant. Pensant, de même qué Cobden, qu'il fallait avec la liberté du commerce chercher à développer sans secousses la liberté politique, il vota loutes les mesures libérales, notamment l'abolition de l’ac'e de navigation, l'émancipation des juifs, le scrutin secret, l’é-

galité de droits pour tous les cultes. Réélu en 1852, par la ville de Manchester, malgré l'atteinte que ce dernier vote avait portée à sa popularité, il s’allia avec les whigs el les peelites pour renverser le ministère Derby. Lors de la guerre

DICT, DE LA CONVERS. — T. Il,

contre la Russie, il ne craignit pas de se mettre en contradiction flagrante avec l'opinion publique, et 8e prononça hautement pour la paix au parlement et dans les meetings. {1 fut brûlé en effigie à Manchester, et cette ville, aux élections de mars 1857, lui retira son mandat; mais la ville de Birmingham répara cet ostracisme au mois d’août suivant, sans même qu'il eût posé sa candidature. Il contribua alors à assurer le succès du traité de commerce signé en 1860 avec la France, et devint en même temps l’un des plus ardents promoteurs de la réforme électorale, demandant une répartition égale du droit d'élection relativement à la population, ainsi que des droits égaux pour les campagnes et les villes, afin de préparer la voie au suffrage universel. Cette agitation réformiste aboutit au bill de 1867, qui réalisa sur le bill de 1832 un progrès très-considérable, M. Bright s'allia ensuite à la campagne dirigée contre les priviléges de V'Église anglicane d'Irlande par M. Gladstone, et, quand ce dernier revint à la présidence du cabinet, en décembre 1868, accepta le ministère du commerce. Avec lui allaient passer, du moins en partie, dans la pratique du gouvernement les doctrines de l’école de Manchester, si longtemps combattues. Une grave et longue maladie, qui le força de quitter le ministère, le 20 décembre 1870, ne lui permit pas de reprendre la parole avant le 12 juillet 1872, où il put prononcer, à Manchester, un discours de remerciement pour unecollection de porcelaines artistiques que lui offraient ses admirateurs.

BRIGHTON, et primitivement BRIGHTHELMSTONE, ville du comté de Sussex, sur la côte méridionale de l’Angleterre communiquant avec Londres par un chemin de fer, n’était d’abord qu’une bourgade de pêcheurs, visitée seulement par le petit nombre de voyageurs, qui gagnaient les côtes de France par Dieppe ; mais depuis une centaine d’années elle est devenue une ville importante, et c’est maintenant l’un des bains de mer les plus brillants et les plus fréquentés de l’Angleterre. L'industrie y est nulle.

La ville s'étend en partie dans une petite vallée, formée par la Steyne, dans la direction de Lewes, qu’un chemin de fer met également en communication avec elle, et en partie sur les deux rives de la mer. En 1801, on y comptaif 7,339 hab. ; en 1821, 24,429; en 1851, 65,569 ; il y en avait, en 1871, 90,013. Elle possède un grand nombre de beaux édifices, et surtout une foule de maisons construites dans le meilleur style. On y admire notamment le quartier appelé Crescent où Kemp-Town,imposant demi-cercle formé parles plus magnifiques constructions, sur une grande et belle place ornée d’une statue de bronze, d'assez mauvais goût, mais d’une grande ressemblance, et représentant Georges IV en uniforme de dragons. Les établissements de bains, surtout ceux qui sont connus sous le nom de Mohammed Baths, y sont organisés de la manière la plus grandiose à la mode anglaise. Brighton est redevable de son rapide accroissement à la prédilection que Georges IV avait conçue pour ce séjour. Il n’était encore que prince régent lorsqu'il eut la fantaisie d'aller y prendre des bains de mer ; et il s’y plut tellement qu’il y revint ensuite tous les ans, s’y fit bâtir une magnifique habitation d'été, dans le genre oriental (Marine pavillion), et donna par-là à tous les seigneurs de sa cour l'envie d’y fixer leur résidence pendant la belle saison.

A peu de distance de Brighton on trouve une remarquable digue (Pier), construite en forme de pont, longue de 374 mètres, large de 4 mèlres 66 centimètres, et termiaée en 1822. Elleest supportée par de fortes chaînes de fer, rattachées à chaque extrémité à quatre colonnes creuses en fonte, et a coûté plus de 30,000 liv. sterl. Il existe aussi à Brighton des sources d'eaux minérales.

est possible que cé soit sur l'emplacement où s'élève aujourd'hui cette ville, que César, ainsi que le veut la tradition, vint débarquer quand il quitta la Gaule pour entre-

prendre la conquête de la Bretagne, car de nos jours encore les relations sont multiples entre ce point et celui de la côte opposée, Dieppe. On a même trouvé dans les environs différentes antiquités romaines, et en 1750 une grande quantité de médailles de l’époque d’Antonin.

Brighton est célèbre dans l'histoire des rois malheureux, C'est de Brighton que Charles II, à l’issue de la fatale bataille de Worcester, essaya de s'enfuir en France; c’est à Brighton que le roi Louis-Philippe, expulsé de France par la révolution de Février, passa dans le cercle de sa famille une grande partie du petit nombre de jours qui lui restaient encore à vivre,

BRIGITTE (Sainte), naquit, vers 1302, de Birger, prince du sang royal de Suède et sénéchal d’Upland, suivant les uns, de la famille Brahe, selon d’autres. Élevée par des parents chrétiens et vertueux, elle épousa, à seize ans, UIf Gudmarson, prince de Néricie, et mit au monde huit enfants dont le dernier fut sainte Catherine de Suède. Puis, les deux époux s’engagèrent à passer le reste de leur vie dans l’état de continence, et firent ensemble le pélerinage de Saint-Jacques de Compostelle. A leur retour, UIf mourut dans le monastère d’Alvastre, de l’ordre de Citeaux ; Brigitte fonda le couvent de Wadstena, d’après celui de Fontevrault, Soixante religienses et vingt-cinq religieux l’habitaient dans deux bâtiments séparés ; mais ils célébraient l'office en commun. Brigitte leur donna la règle de saint Augustin, en y ajoutant quelques règlements particuliers. L'ordre, dit du Saint-Sauveur, fut approuvé par Urbain V. Il a fleuri en Suède jusqu’à la Réforme, possédant encore des maisons en Allemagne, en Italie, en Portugal et en Flandre. .

La fondatrice étant allée visiter les tombeaux des apôtres à Rome, y établit pour les pèlerins et étudiants suédois un hospice qui fut réorganisé sous Léon X, Une dévotion serablable Ja conduisit, à soixante neuf ans, en Palestine, De retour en Italie, elle mourut à Rome, le 23 juillet 1373; et deux Suédois de sa suite rapportèrent ses reliques à l’église de Wadstena, où on les voit encore, Elle fut canonisée par Boniface IX, et plus solennellement par le concile de Constance.

Les révélations de Brigitte : Revelationum libri octo, écrites par ses confesseurs Pierre, prieur d’Alvastre, et Mathias, chanoine de Linkæping, furent vivement atlaquées par le célèbre Gerson, mais elles obtinrent l'approbation du concile de Bâle, qui en permit l'impression. Elles ont eu de nombreuses éditions, Le plus bel exemplaire manuscrit se conserve dans la bibliothèque du comte de Brahe, au château de Skogkloster, près d'Upsal. On les a traduites dans toutes les langues, et particulièrement en français, On attribue encore à sainte Brigitte un sermon sur la Vierge et quinze discours sur la passion de Jésus-Christ, précédés d’un préambule condamné par la congrégation de l’Index Tous ces ouvrages sont en latin.

BRIGNAIS, chef-lieu de canton (Rhône), à 13 kilom. de Lyon, avec 2,143 habitants, donna son nom à une bafaille, livrée près de là le 2 avril 1361 entre une armée de routiers et le comte Jacques de la Marche, qui fut vaincu...

BRIGNOLES, petite ville de France, département du Var, située près du Caramy, dans une plaine fertile et agréable, avec 5,593 âmes (1872), est le siége d’une souspréfecture. Elle est assez bien hâtie, et possède une église romane, de belles fontaines, des promenades plantées d'ormes séculaires et l’ancien palais des comtes de Provence; l'orme de la place Caramy, un des plus gros de France, est dit-on, âgé de huit ou dix siècles. Il y a de nombreuses distilleries d'alcool, des tuileries, des fanneries et des filatures de soie. Le commerce cousiste en huile d'olive, vins, liqueurs, eaux-de-vie et en ane excellente espèce de prunes sèches appelées brignoles. Dès le sixième siècle cette ville avait de l'importance. Les comtes de Provence y résidèrent souvent dans la suite et leurs femmes

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