‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 3)Chapitre 458 sur 527 · BRIQUES — BRIQUET · texte numérisé non relu

BRIQUES — BRIQUET

ont plus d'uniformité. C’est un parallélipipède rectangulaire , dont la longueur est double de la largeur et quadruple de l'épaisseur, En France, on les classe en grandes, moyennes et petites, les premières destinées à faire des cloisons et des voûtes, tes secondes des murs, des revêtements, des languettes de cheminées , et les dernières spécialement consacrées aux tuyaux de cheminées et aux petits foyers. Le bas prix et la solidité des briques cuites en ont beaucoup multiplié l'emploi chez les peuples modernes. L'immense ville de Londres en est presque entièrement construite, et leur doit l'aspect singulier de ses rues. Péking, la capitale de l'empire chinois, paraît aussi principalement bâtie en briques. Nous avons en France beaucoup de constructions de ce genre : telles sont les villes de Lille, Toulouse, etc. A Paris, on n'en fait usage que pour certaines parties des édifices. Cela tient à l'abondance des carrières de moellon, et surtout à la cherté des briques. La fabrication aux environs de notre capitale se fait en petit, et la cuisson a lieu dans des fours. Dans les pays où l’on en fait grand usage, comme l'Angleterre , la Hollande, la Belgique et la Flandre, on les cuit au moyen de la houille en plein air et en tas immenses qui en contiennent jusqu’à un million. Aussi ne reviennent-elles qu'à 9 ou 10 fr. le millier en Flandre, et même à 6 ou 7 fr. à Anvers, tandis qu’elles coûtent plus de 50 fr. à Paris.

Pour les constructions qui doivent supporter un haut degré de chaleur, telles que l'intérieur des fours à verrerie et à porcelaine, la chemise et le creuset des hauts fourneaux, on fait une espèce de briques particulières connues sous le nom de briques réfractaires. Les procédés de fabrication sont les mêmes que pour les briques ordinaires. Il n’y a de différence que dans le plus grand soin apporté à la manipulation et dans le choix des matériaux, qui ne doivent constituer aucune combinaison vitrifiable. Les argiles pures, étant infusibles, sont recherchées pour cette fabrication; les argiles magnésifères y paraissent également propres. Elle est donc Cans les pays qui possèdent ces argiles l’objet d'une industrie profitable.

On pourrait remplacer avec avantage celte espèce de briques par celle que Pline appelle briques flottantes. Composées de chaux carbonatée pulvérulente, ou farine fossile, et d’un peu d'argile, elles sont assez légères pour flotter sur l'eau; aussi les anciens les employaient-ils dans certaines constructions hydrauliques. Elles transmettent si mal la chaleur, qu’on peut tenir une extrémité entre ses doigts tandis que l’autre est encore rouge. On en fabriquait en Espagne et en Italie. Nous avons en France de Ja farine fossile en plusieurs endroits, notamment à Nanterre, près Paris, et surtout en Auvergne, près de Pontgibaut,

A. DES GENEYEZ.

BRIQUET. Tel est le nom vulgaire et générique d’unc multitude d'instruments divers à l’aide desquels on peut instant nément se procurer du feu et de la lumière, Le briquet le plus anciennement en usage, et qui a précédé les perfectionnements offerts par la chimie et la physique des modernes, instrument que le plus grand nombre persiste à préférer à tout le reste, consiste dans un morceau d’acier de forme et de dimension appropriées à son objet, dont la percussion rapide sur un silex fait jaillir des étincelles, qui reçues sur un corps très-inflammable, tel que l’amadou, le papier ou le bois pourri, etc., produit une inflammation instantanée. Chacun sait que cet effet est dû à l’oxydation complète et rapide des molécules d'acier détachées Ju briquet dans l'acte de la percussion; le combustible léger une fois enflamné, il ne s’agit plus que d'en approcher une allumette soufrée, à laquelle le feu se cormunique. Le reste s’entend sans description.

Mais tout s’est raffiné, sinon pexrfectionné. On connait aujourd’hui un grand nombre de briquets, dont la construction repose sur divers principes scientifiques. Le plus cu-

DICT, DE LA CONVERS, — T. IL

rieux sans doute est le briquel pneumatique, ou briquet à air comprimé, fondé sur la propriété que l'air a, par l'effet d’une subite compression, de laisser tamiser dû cæ lorique. 11 consiste le plus ordinairement en un cyclindre métallique (ordinairement de laiton, ou d'étain) dans lequd on fait glisser à frottement forcé une tige appliquée sur un piston. Sur l’extrémité inférieure du piston, on attache une espèce de petit godet qui contient de l’amadou bien préparé et bien sec. Le piston , ramené à l'extrémité supérieure du cylindre, est poussé vers le bas par un mouvement brusque et instantané; l'air comprimé dégage du calorique, et l’amadou prend feu. On retire à soi la tige, et on procède ensuite comme dans le cas de l’inflammation de l’amadou par la percussion du briquet d'acier sur le silex.

On a aussi le briquet rotatif. Figurez-vous l'archet d'un foret. Une petite roue d’acier et un petit cylindre sont fixés l'un et l’autre sur un axe commun. Ce cylindre est creusé en gorge à sa surface pour enrouler la corde de l’archet, I/axe est retenu entre deux appuis placés aux deux extrémités : par ce moyen il peut librement tourner sur ces points, et il entraîne dans sa rotation la roue qui lui est perpendiculaire. Pour produire du feu avec ce petit instrument, on fait fourner rapidement la roue d’acier au moyen de l’archet, et on présente en même femps à la circonférence, c’est-à-dire sur le limbe de cette roue, un silex auquel est collé en dessous un morceau d’amadou : il jaillit bientôt de nombreuses étincelles et l’amadou s’enflamme. Ce n’est, comme on voit, qu'une modification de l’ancien briquet.

Le briquet à gaz hydrogène est un instrument plus compliqué, plutôt destiné aux cabinets de physique qu’à l’usage domestique. Il consiste en un vase de verre rempli de gaz hydrogène, qui peuts’en échapper par un orifice capillaire, qu’on ferme à volonté par le robinet qui y est ajusté. A l'instant où ce gaz s'écoule, quand le robinet est ouvert, on l’enflamme à l’aide d’une étincelle électrique produite par un appareil spécial.

Le briquel phosphorique est encore celui dont l’usage est le plus familier, On en trouve de plusieurs espèces, mais qui toutes reposent sur les mêmes principes et les mêmes propriétés du phosphore. Assez ordinairement on fait liquéfier le phosphore à une douce chaleur. Pour cela, on en met une très-petite quantité dans un flacon de cristal, allongé et étroit; quand le phosphore est fondu, on plonge dans ce flacon une petite tige de fer rougie au feu : le phosphore mis en contact avec cette tige s’enflamme; il faut alors agiter pendant que'ques instants, et quand la couleur de la masse à passé au rouge un peu foncé, on retire la tige et on bouche hermétiquement le flacon; puis on laïsse refroidir : le briquet est préparé. Il ne reste plus qu’à adapter Je flacon dans un étui où, à l’extrémité opposée, on place une quantité plus ou moins grande d’allumeites ordinaires bien soufrées, qu’il suffit de presser contre le phosphore, en leur imprimant surtout un léger mouvement de torsion, pour les enflammer. Dans cet acte, il se détache quelque parcelle du phosphore; on retire vivement l’allumette du flacon, et l’inflammation de la molécule enlevée a lieu rapidement, surtout si l’on brandit un peu vivement l’allumefte dans l’air, ce qui renouvelle les points de contact de l'oxygène atmosphérique.

J! y a encore pour la fabrication du briquet phosphorique un autre procédé, assez fréquemment en usage, et qui consiste à introduire dans un petit vase cylin lrique de cristal ou de plomb un cylindre de phosphore qu’on y refoule à l’aide d’une tige du même diamètre à peu près. Cette opération exige des précautions pour être exempte de tout danger ; car, par exemple, si l'on n'avait pas l'attention de choisir des bâtons de phosphore bien pleins, c’est-à-dire sans creux ni cavité dans l’intérieur, ce qui n'arrive que trop souvent quand ils ont été moulés à une basse température, l'air intercepté dans le cylindre pourrait occasionner une déflagra-

tion par suite de la compression exercée. Maïs les briquets ainsi préparés, quand ils ont bien réussi, sont plus durables que ceux de la variété précédente ; ils s'humectent moins facilement. Pour se servir de ces briquets, il faut frotter un peu rudement la surface découverte du phosphore, afin d’en détacher quelque parcelle qui s’attache au soufre de l’allumette, et l’enflamme en même temps qu’elle brûleelle-même. Pour arriver à cet effet, quand l’allumette a été retirée du flacon, on en frotte l'extrémité sur quelque corps solide et rugueux, tel que le liége, le feutre, etc.

Il existe une troisième méthode pour la fabrication du briquet phosphorique. Celui-ci est dit à mastic inflammable. Le moyen consiste à faire enflammer du phosphore dans un vase à très-petit orifice, à y projeter immédiatement de la magnésie calcinée, et à bien agiter la masse à l’aide d’une tige de fer, pour faciliter la combinaison. Le tout devient pulvérulent et perd sa compacité : alors on bouche le flacon, pour s’en servir avec une allumette, comme dans les précédentes méthodes. On présume qu’il sé produit dans cette opération un phosphure de magnésie excessivement inflammable, Cependant cet effet n’est pas certain : quoi qu’il en soit, le mélange de phosphore et de magnésie (si ce n’est point une combinaison chimique parfaite) est susceptible de s’enflammer très-facilement, surtout si l’atmosphère dans laquelle on opère est humide, ou si on a préalablement soufflé sur l’allumette. ,

Enfin, le briquet chimique auquel le nom de Fumade a dû toute sa célébrité a été décrit à l’occasion des allumettes oxygénées. Dans le même article nous avons parlé des allumettes chimiques, qui tendent à remplacer partout les briquets phosphoriques, chimiques, etc. PELOUZE père.

BRIQUET ou SABRE-BRIQUET, mot qui n’a d’abord été pris comme synonyme de sabre que par dérision : les soldats de cavalerie, pour tourner en ridicule une lame trèscourte par comparaison à la leur, avaient trivialement comparé le sabre d’infanterie à un briquet à faire du feu. L’inattention des commis de la guerre introduisit ce mot dans notre langue. II exprimait l’arme de taille des hommes de troupe de l’infanterie française; cette arme avait remplacé l'ancienne épée, et à été remplacée elle-même par le sabre poignard en 1831. Les caprices de la mode ont décidé de ces changements, bien plus que le calcul du raisonnement. Ce fut vers 1760 qu’on donna aux grenadiers le sabre en remplacement de l'épée; les autres hommes de troupes qui portaient cette même arme ne le prirent que depuis l’ordonnance du 1** octobre 1786. Elle reçut en l’an x1 une forme nouvelle qui l’alourdissait, L'usage du sabre-briquet avait plus d’antagonistes que de partisans ; Bonaparte l’avait tour à tour donné et ôté à ses voltigeurs, et il avait même rendu en l’an xu un décret qui le retirait aux compagnies de grenadiers, et y substituait un pic-hoyau, décret inédit, inconnu, parce qu'il est resté sans exécution, mais qui n’a pas été rapporté.

A l'heure qu'il est, le sabre-briquet n’a été conservé dans l'armée française qu'aux gendarmes à pied. Il se compose d'une lame à un tranchant, légèrement cambrée, sans gouttière ni pans creux, avec un faux tranchant vers la pointe, La monture est en cuivre coulé d’une seule pièce et à poignée ornée en dedans de godrons. G*! Barpix.

BRIQUETTES. On connaît sous ce nom, à Paris et en divers autres lieux, un mélange de charbon de terre ou de coke avec de l'argile. 11 est superflu sans doute de dire que l'argile du mélange ne contribue en rien aux propriétés calorifiques du combustible ; mais elle offre un assez bon moyen de ralentir assez la combustion, en diminuant le nombre et l'étendue des surfaces exposées à l'air, pour que l'émission de la chaleur soit successive, et qu’elle accomplisse l'objet qu’on a en vue, celui d'un chauffage très-modéré, mais longtemps continué, Quand la fraude n'est pas itroduite dans cette fabrication, cofhme il n'arrive que trop

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