‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 3)Chapitre 459 sur 527 · BRIQUET — BRIQUEVILLE · texte numérisé non relu

BRIQUET — BRIQUEVILLE

souvent, c’est-à-dire quand au lieu de houille ou de bon coke on n’a pas employé dans la façon des briquettes du mâchefer et autres résidus déjà brûlés, ce qui est assez difficile à discerner à l'œil, l'emploi de ces briquettes peut être assez avantageux.

Pour fabriquer les briquettes, on délaye de l'argile dans l’eau en proportion suffisante pour obtenir une bouillie un peu épaisse; on a disposé à part de la houille ou du coke cassés et passés à la claie; on verse sur ce tas la bouillie argileuse, et on en fait le mélange le plus exactement possible à la pelle. Dans cet état, on en fait des boulettes informes qu’on presse fortement entre les mains; quand la matière ainsi pressée s’est suffisamment tassée, on l’introduit et on la presse de nouveau dans un moule de bois, en tout semblable à ceux en usage dans le travail des briques. Ce moule doit être posé à plat sur une planche unie. Onle remplit à comble à l’aide d’une palette en fer, quand la boule faite à la main n’a pas suffi à la capacité du moule, On frappe ensuite sur le petit tas qui excède les bords un ou deux coups avec la palette, dont le revers est bien uni. Pour retirer la palette, il faut la faire glisser rapidement et bien horizontalement, appuyant sur les bords du moule. On soulève le moule entre les deux mains en le faisant glisser sur la table, et la hriquette est posée sur une planche. Pour la détacher du moule, il ne faut plus qu'appuyer légèrement des deux pouces sur la surface supérieure de la briquette, en redressant en même temps les doigts qui étaient recourbés en dessous pour soutenir la briquette pendant qu'elle était en l'air.

Les briquettes se rangent, au fur et à mesure qu’elles sortent des moules, sur la même planche; et celle-ci étant totalement couverte, on passe à une autre. On a coutume d'élever ainsi trois, quatre et même cinq rangées de planches les unes au-dessus des autres. Avant d'employer les briquettes, il faut qu’elles soient autant sèches que possible. Cette fabrication a surtout pour objet de tirer parti du grabeau et menuise de houille et de coke, principalement de ce dernier, qui en produit beaucoup. PeLouzE père.

BRIQUEVILLE (Arwann-François, comte DE), colonel de cavalerie et député, d’une des plus anciennes maisons de la noblesse française, naquit en 1785, à Bretteville, (Manche). Tombé au pouvoir des républicains, son père mourut en criant Vive Le roi! Cependant, au moment de marcher au supplice, il dit en embrassant son fils : « Je donne ma vie aux Bourbons, maïs ne les servez jamais; ce sont des ingrats. » Briqueville entra à dix-sept ans à l’école de Fontainebleau, d’où il sortit avec le grade de sous-lieutenant de cavalerie, Depuis ce moment sa vie ne fut marquée que par de brillants faits d'armes et d'héroïques actions. L'enfant de l'aristocratie, le rejeton des vieilles races, devint un des plus fermes, des plus courageux, des plus dévoués défenseurs de tous les droits consacrés par la Révolution. 11 aimait la liberté avec enthousiasme, la gloire avec passion , la France avec idolâtrie. Lieutenant de dragons en 1807, capitaine en 1808, chef d’escadron et officier d’ordonnance de Napoléon en 1812, lieutenant-colonel des lanciers de la garde impériale en 1813, il n’est pas un de ces grades qu’il n’eût gagné à la pointe de son épée, pas un champ de bataille qu’il n’eût rougi de son sang, pas un combat où sa valeur n’eût conquis les acclamations de l'armée, En Italie, en Prusse, en Espagne, en Pologne, en Russie, en France, depuis Jéna jusqu'à Waterloo et sous les murs de Paris, il défendit son pays avec un dévouement digne des temps héroïques,

Après la chute de l'Empire, Briqueville, toujours fidèle à Napoléon, quitta le service; mais sa retraite fut précédée par un fait d’une admirable nationalité, Rencontrant Louis XVII escorté par des cavaliers prussiens, le jeune colonel s’élance, à la tête de ses lanciers, vers l'officier qui commande

l ces étrangers, lui intime l’ordre de lui céder la place, et

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