BRUN
la physionomie, On avait cherché à remédier à cet inconvénient dans les éditions postérieures de 1785-1789, en y joignant les traductions d’Eschyle par Laporte-Dutheil, de Sophocle par Rochefort, d’'Euripide par Prévost, d’Aristophane par Dupuis, etc. Aussi le nombre des volumes, qui dans cette édition s'élevait déjà à treize, a-t-il été porté à seize dans une réimpression qui fut donnée en 1820-1825, sous le nom de M. Raoul Rochette. ARTAUD.
BRUN. On désigne généralement par ce mot une couleur tirant sur le noir, mais moins prononcée. Quand on applique cette désignation aux personnes, elle s’entend alors nonseulement de la teinte des cheveux, mais encore de celle dela peau, qui est d'ordinaire moins blanche chez les bruns et chez les brunes que chez les personnes blondes. On dit de celle dont la couleur des’ cheveux tient le milieu entre le blond et le noir foncé, qu’elle est d’un brun clair ou chälain. Cette couleur chez les chevaux s'appelle bai brun. Les personnes brunes passent pour avoir plus d'activité biotique que les personnes blondes (voyez BioLociE).
Appliqué aux choses, le mot brun est employé comme synonyme de sombre, obscur ; on dit que le temps est brun, pour dire qu’il est obscur, et cette qualification a même fait créer exprès le substantif brune, par lequel on indique le temps de la journée qui précède et annonce la nuit.
Le brun rouge est une espèce d'oxyde de fer naturellement jaune, auquel une calcination lente a donné une couleur rouge obscure très-belle. é
Brunûâtre et brunette sont des diminutifs de brun : le premier s’applique aux choses dont la couleur approche du brun; le second se dit poétiquement et tendrement des femmes dont les cheveux sont noirs.
BRUN (Jouanx-NonouaLL), célèbre poële et orateur sacré norvégien, naquit le 21 mars 1746, dans une petite ferme aux environs de Drontheim, en Norvège, et y reçut sous l'œil vigilant de ses parents l’éducation agreste et religieuse du paysan norvégien, ne travaillant pas seulement aux champs, comme fous ses compagnons d’enfance, mais acquérant en outre une habileté extraordinaire dans l'exercice du patin, qui est si familier aux montagnards de la Norvège. On comptait faire de lui un soldat , et, suivant l’usage de l’époque, on avait obtenu, dès qu’il avait eu atteint l’âge de douze ans, son inscription sur les contrôles d’un régiment d’infanterie en qualité de sous-lieutenant. Mais plus tard, un ami de la famille, ayant remarqué combien sous ses habitudes brusques el rustiques se cachait de finesse d’esprit et de dispositions pour les belles-lettres, obtint de ses parents qu’on lui fit suivre des études classiques et qu’on le destinât à l'Église,
Le jeune Brun fit en conséquence ses premières études à l’école de la cathédrale de Drontheïm, et y obtint de grands succès. En 1763 il vint suivre les cours de l’université de Copenhague, où il fut reçu docteur en théologie en 1767. En 1772 nommé ministre de sa paroisse natale, il revint s’y fixer, et fut nommé en- 1793 grand prévôt, puis en 1804 évêque de Bergen. Il y mourut en 1816.
Comme prêtre éclairé, tolérant, Brun a laissé une réputation justement meénitee; 1l s'est en même temps fait un nom durable comme poëte et comme écrivain. Son premier poëme, La Fête de la Nature, lui vaut d’illustres et
puissantes amiües. Il pubiia plus tard les tragédies de Zarine, et d'Hinar Tambeskjælver, compositions non moins originales que hardies, dans lesquelles Péclat du style le dispute à là protondeur de la pensée. En 1791 il fit paraître l'opéra Les Noces d’Hendrid et de Sigrid, puis successivement son Recueil de Poèmes (le plus estimé de ses ouvrages), La République sur l'île, comédie, et Jonathan, poëme. Toutes les productions de Brun sont restées classiques en Norvège. Mais on y a surtout conservé le souvenir de ses deux chants nationaux For Norge, kæmpers fæx- | dreland ( Pour la Norvège, la patrie des braves), et uoer
jeg paa det hæœle Fjeld (Quand je suis sur la haute montagne), composés l’un et l’autre à un moment où le feu sacré dans toute son énergie animaït le poëte; devenus tout aussitôt populaires, ils retentiront longtemps encore sur nos montagnes. AALuOLM (d’Arendal).
BRUN ( FRÉDÉRICKE-SOPHIE-CHRISTIANE) , née le 3 juin 1765, dans le duché de Gotha, suivit, quelques semaines après sa naissance, son père, Balthazar Munter , poëte lyrique de quelque mérite, appelé à remplir les fonctions de prédicateur allemand à Copenhague. Une éducation forte développa rapidement les heureuses dispositions qu’elle tenait de la nature, et de bonne heure elle manifesta un talent réel pour la poésie. Mariée, à l’âge de dix-huit ans , à M. Brun, homme riche, et, de plus, haut fonctionnaire du gouvernement danois, elle accompagna son mai, d’abord à Pétersbourg, puis à Hambourg, et, après y avoir passé quelques mois vivant dans la société intime de Klopstock, s’en revint à Copenhague. Lors du rigoureux hiver de 1788 à 1789, elle perdit subitement l’ouie, dans une nuit, par l'effet du froid excessif, et ne put jamais depuis recouvrer cette faculté. Jeune et spirituelle , elle se consola pourtant bientôt de cette triste infirmité en cultivant les sciences et la poésie. En 1791 elle entreprit, avec son mari, au midi de l'Europe, un voyage qui lui fournit l’occasion de faire à Lyon la connaissance de Matthison, et à Genève celle de Bonstetten, voyage dont elle a décrit les impressions dans les deux premiers volumes de ses œuvres en prose (Zurich, 4 vol., 1799-1801); les deux autres sont consacrés au récit d'un second voyage qu’elle fit en Italie avec la princesse de Dessau et avec Matthison.
Après avoir passé l'hiver à Rome, où elle se lia avec Zocga , Fernow et Angelica Kaufmann, elle, visita, dans l'été de 1796, Ischia , dont les eaux sulfureuses rétablirent sa santé délabrée. En 1801 elle quitta encore le Danemark pour visiter la Suisse, et elle resta alors tout un hiver à Coppet, chez Necker, dans la société de sa fille, M" de Staël. Elle passa l'été suivant à Rome. Elle a raconté ce voyage de Suisse dans les deux premiers volumes de ses Épisodes (1807-1818), et son second séjour à Rome, dans La Vie à Rome (Leipzig, 1833). Le troisième et le quatrième volume de ses Épisodes contiennent le récit d’un troisième voyage qu’elle fit encore de 1806 à 1809, par suite de la mauvaise santé de sa fille Ida , tant en Suisse , où elle vécut alors constamment dans l'intimité de Sismondi et de Bonstetten, qu'à Rome, où elle fut témoin de l'enlèvement de Pie VII par ordre de Napoléon.
Tous les ouvrages de M"° Brun, n’omettons pas de le dire, furent composés en allemand. Revenue vers 1810 en Danemark, elle résida depuis cette époque constamment à Copenhague, recevant l'élite de la société dans sa maison, qui rappelait les bureaux d'esprit de notre Paris du dixhuitième siècle, et faisant avec autant de grâce et d’esprit que M" Dudeffand on M€ Geoffrin les honneurs d'un salon où l'on ne parlait jamais d'autre langue que le français, et où la haute société danoise et quelques élus du corps diplomatique venaient s’approvisionner à l’envi de saillies et de bons mots, de jugements ingénieux, de pensées spirituelles et de piquantes anecdotes, racontées avec un charme qui en doublait le prix. Ellemourut le 25 mars 1835, un an avant M. Brun, lequel avait, au reste, accepté avec une abnégation de bon goût, et vraiment méritoire, ce rôle de comparse auquel est condamné par tous pays le mari d'un bas-bleu.
Quelques phrases équivoques de Matthison ont donné à penser qu’elle s'était convertie au catholicisme; mais rien n'autorise à croire que cette supposition soit fondée. A trois époques différentes de sa vie, en 1795, en 1806 et en 1820, M Brun publia des recucils de vers dont le succès fut grand en Allemagne, et quiobtinrent même les honneurs de plusieurs éditions. Aussi vit-on plus d’une fois Buwættiger et