‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 3)Chapitre 512 sur 527 · BRUN — BRUNCK · texte numérisé non relu

BRUN — BRUNCK

Matthison tenir à honneur d’être les parrains et de soigner l'impression des ouvrages de amie de M"° de Staël, de Klopstock et Bonstetten,

Le frère de M% Brun, Munter, était évêque de la Seelande. On raconte les aventures les plus divertissantes des singulières distractions de ce prélat protestant, homme d’ailleurs d’une grande érudition , et qui a laissé dans son diocèse une mémoire justement vénérée.

BRUNCR { Ricnann-Frangois-PiiLipre), l’un des plus ingénieux critiques des temps modernes, né à Strasbourg, le 30 décembre 1729, fut élevé à Paris chez les jésuites de la ruc Saint-Jacques, où il fit de fortes études. Les affaires, dans lesquelles il se trouva lancé dès sa sortie du collége, semblaient avoir mis entre lui et les lettres anciennes une barrière éternelle. Le hasard en disposa autrement. Lors des campagnes de Hanovre, étant commissaire des guerres et en quartier d'hiver à Giessen, un professeur chez lequel il logeait, homme érudit, réveilla en lui ses premières amours pour les muses grecques, Il reprit ses études à leur source même ; on vit le commissaire des guerres, de retour à Strasbourg, étudiant de trente ans , venir s’asseoir sur les bancs de l’université, mêlé avec des hellénistes imberbes. Persuadé que toutes les fautes qu’on trouve dans les poëtes et les auteurs grecs proviennent uniquement de la négligence des critiques , il bouleversait les textes , effaçait et restituait à son caprice, avec bonheur sans doute, mais trop légèrement. On ne saurait toutefois disconvenir que peu de savan{s ont contribué aussi efficacement que lui au réveil de la philologie.

Brunck ne faisait point de commentaires : il collationnait simplement les manuscrits les uns avec les autres ; laissant de côté les matières d’érudition, ses notes étaient purement philologiques. Receveur des finances, et riche, il pouvait immédiatement, et sans l'entremise d’un libraire, faire imprimer ses textes, circonstance qui explique le grand nombre de ses travaux. Il avait la patience de refaire luimême les copies des auteurs dont il remettait les œuvres sous presse. Son premier ouvrage est l’Anthologie grecque, qu’il publia sous le titre d’Analecta Veterum Poetarum Græcorum (3 vol., Strasbourg, 1772-1776); Anacréon, Callimaque, Théocrite, Bion, Moschus et autres petits poëles en font partie, œuvres d’ailleurs d’une trop longue haleine pour être une portion intégrante de l’Anthologie, dont le titre seul indique le genre et l'étendue des pièces qu’elle comporte. Ce premier ouvrage, où notre philologue a fauché sans ménagement à travers les textes, doit être lu avec précaution, Brunck, dans la suite, en détacha Anacréon , qu’il donna à part , collationné et recorrigé sur le manuscrit du Vatican (Strasbourg, 1778 et 1786). L’£lectre et V'Œdipe-Roi de Sophocle, l'Andromaque et YOreste d'Euripide, le Prométhée, les Perses, les Sept Chefs devant Thèbes d'Eschyle, la Médée, l'Hécube, les Phéniciennes, V Hippolyte et les Bacchantes d'Euripide parurent successivement dans l’espace de deux années, Sa critique, sage et presque toujours saine, de ces drames célèbres du théâtre des Grecs, fit aremment désirer une édition complète du Sophocle. Elle ne parut qu’en 1786, six ans après les pièces détachées. C’est, disent les érudits, le chef d'œuvre de Brunck. Elle valut à son auteur une pension du roi de 2,000 livres. Brunck avait déjà donné un Apollonius de Rhodes (Strasbourg, 1780), son poëte de prédilection, On cite de lui, comme un trait de modestie et de bienveillance, d’avoir remis à M, Caussin un commencement de traduction qu’il en avait faite, sachant que ce professeur en préparait une de son côté. Après Apollonius avait paru Aris(ophane, avec une traduction latine, que suivit une édition de Virgile.

La révolution vint à éclater; bien que Brunck en eût embrassé les principes, il ne laissa pas que de perdre sa pension ; mais, duns la suite, on la lui restitua 11 fut un des

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