D' CHARBONNIER
FRIDERICIA, ville fortifiée du Danemark (Jutland), située sur les bords du Petit Belt, n’a d'importance que comme lieu de péage des droits de douane pour les vaisseaux qui franchissent le Petit Belt, el aussi comme point d'embarquement pour passer en Fionie, où l’on prend terre à Middelfahrt. Fondée vers le milieu du dix-septième siècle, par le roi Frédéric III, Fridéricia compte 6,500 habitant s, dont 700 environ descendants d’une colonie de Français r 6 fugiés à la suite de la révocation de l’édit de Nantes. Ses fortifications sont insignifiantes, et ne sauraient résist er quelque temps qu’à un ennemi qui ne disposerait pas en même temps d’une petite force navale. Le 3 mai 1848, à la suite du soulèvement des duchés de Schleswig-Holstein un corps prussien, envoyé au secours du gouvernement national par le roi de Prusse Frédéric-Guillaume { V, occupa Fridéricia, et y soutint cinq jours après un vif combat d'artillerie contre six chaloupes canonnières danoises, appuyées par le vapeur de guerre l'Hekla. Reprise ensuite par les Danois, Fridéricia fut investie et canonnée le 8 mai
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1849 par l’armée nationale des duchés, commandée par le général Bonin. Le 6 juillet suivant les Danois, après avoir reçu par mer d'importants renforts, opérèrent à une heure du matin une vigoureuse sortie, par suite de laquelle l'armée es duchés, après une longue et sanglante résistance, dut céer à la supériorité de forces des Danois et battre en retraite, laissant sur le carreau 2,800 hommes et une partie de leurs batteries armées. Dans la guerre de 1864, cette place, dont
les défenses avaient été renforcées, fut bombardée par les
Allemands, qui y entrèrent sans résistance après la prise
des lignes de Duppel (28 avril)
FRIEDLAND ( Duché de), situé en Bohême, fut érigé en 1623 par l’empereur Ferdinand en faveur de W allenstein, créé en même temps prince de l'Empire. Il se composait en partie de l'héritage laissé à Wallenstein par un oncle fort riche, et en partie de domaines achetés de 1621 à 1623 avec la fortune de sa première femme, domaines provenant des nombreuses confiscations prononcées à la suite de la révolte de la Bohème, et payés alors 7 millions de florins seulement, tandis qu'ils en valaient au moins 20 (44 millions de francs). Aux termes des lettres patentes portant création du duché de Friedland, il comprenait neuf villes, à savoir : Friedland, Reichenberg, Arnau, Weisswasser, Munchengrætz, Bæhmish-Leippa, Turnau, Güschin et Aicha, et cinquante-sept châteaux et villages, parmi lesquels nous ne citerons que ceux de Welisch, de Kloster, de Neuschloss (l'unique débris de toute cette colossale fortune resté à la veuve de Wallenstein), Widin et Neupestein. Après l'assassinat de Wallenstein (1634) , tous ses domaines furent confisqués , et les débris du duché de Friedland servirent à payer la participation des divers auteurs et complices de ce meurtre. C’est ainsi que le comte Gallas obtint pour sa part les seigneuries de Friedland et de Reichemberg; Leslie, celle de Neustadt, etc. On n'évalue pas à moins de cinquante millions de florins la valeur des domaines qui furent alors confisqués, tant ceux de Wallenstein que ceux des gentilshommes assassinés en même temps que lui, comme ses complices.
La ville de Friedland, qui donna son nom au duché érigé en faveur de Wallenstein, est située dans le cercle de Bæhnisb-Leippa, en Bohème. Elle est le siége d’un tribunal de cercle, et compte 4,400 habitants. Son immense château, remarquable par sa construction et par ses nombreuses antiquités, mais où Wallenstein ne séjourna que fort rarement, estsitué tout près de la ville, sur un beau rocher basaltique, et joua un rôle important dans la guerre de trente ans etdans celle de sept ans. Parmi les portraits des différents propriétaires de ce manoir féodal qu'on voit dans la salle d’armes, ils’en trouve un original et très-exact de Wallenstein.
FRIEDLAND (Bataille de), gagnée le 14 juin 1807 par Napoléon, sur l’armée russe, à 32 kilomètres d'Eylau.
Friedland est une petite ville de la Prusse orientale, chetlieu de cercle dans l'arrondissement de Kænigsberg, sur l’Alle, avec 2,300 habitants, des fabriques de lainage et des tanneries.
Depuis la bataille sanglante d’Eylau, les Français avaient poursuivi les Russes et leur avaient livré deux combats, lun à Ostrolenka, l’autre à Braunsberg, le 26 février 1807, et depuis ce jour il ne s'était passé rien d’important entre les deux armées : chacune avait repris ses quartiers d'hiver, Sur ces entrefaites, l’une et l’autre, cependant, recevaient des renforts, ét l’empereur Alexandre arrivait avec sa garde. Le 5 juin les hostilités recommencèrent : les Russes attaquèrent les Français sur plusieurs points, au pont de Spandau, à celui de Lomitten, à Ackendorf, mais partout ils furent repoussés. A leur tour, les Français attaquèrent les Russes à Heïlsberg, leur firent éprouver de fortes pertes, et les contraïgnirent à la retraite : ils s'arrêtèrent à Friedland. L'armée française y arriva le 13 juin. Le
14, à trois heures du matin, les Russes débouchent par le pont de Friedland, et Napoléon de s'écrier, au bruit de la canonnade : « C’est un jour de bonheur ; c'est Panniversaire Ge Marengo! v Les Russes furent, au reste, de moitié dans
l’accomplissement de cette prophétie, en s obstinant à demeurer dans Ja position fâcheuse où le hasard les avait placés.
La rivière d’Alle, en {ournant autour de Friedland, forme une anse triangulaire, dont l'ouverture peut avoir 2,340 à 2,925 mètres détendue. C’est dans cet étroit espace que Bennigsen laissait son armée, s’exposant à être refoulé dans un cul-de-sac, et n'ayant pour retraite qu’un pont de pierre et un ou deux ponts volants à peine établis. Tant qui n’avait devant lui que deux corps d'armée, de la force d’environ quarante mille hommes, le danger n’était pas immense; mais Napoléon arriva sur le champ de bataille à une heure après midi, et ne put concevoir la faute de son adversaire, Sa première pensée fut de temporiser, pour donner le temps à Davoust et à Murat de revenir sur leurs pas. Il les supposalt maîtres de Kænigsberg, et ses aides de camp étaient partis pour les rappeler à la hâte; mais le corps de Ney étant arrivé à trois heures, et celui de Victor à quatre, l'empereur, après une étude plus approfondie de la position de Bennigsen, jugea peut-être, à la mollesse de ses attaques, de l’infériorité numérique d’un ennemi qui résistait à peine aux charges de Grouchy et de Nansonty. Il prit donc la résolution d’en finir, et entama sérieusement la bataille à cinq heures et demie du soir. Ney, soutenu par les dragons de La Tour-Maubourg, prit la droite de la ligne. Lannes demeura au centre, ayant derrière lui les cuirassiers de Nansouty. Mortier resta à la gauche avec la cavalerie des généraux Espagne et Grouchy. Le corps de Victor, fatigué d’une longue marche, fut placé en réserve avec la garde impériale et les dragons de La Houssaie. Mortier eut ordre de ne pas faire un pas, de servir de pivot aux neuf divisions qui étaient entrées en ligne, et de laisser à Ney et à la droite l’initiative des mouvements offensifs. Ney devait, par une attaque de flanc, refouler la gauche de l’armée russe, la pousser dans l’anse de Friedland, marcher droit vers cette ville, l'enlever et couper la retraite au centre et à la droite de Bennigsen.
Cet ordre fut suivi de point en point comme une manœuvre de parade. Ney déboucha des bois de Sortlach, qui avaient couvert ses dispositions. Vingt pièces de canon prècédaient ses colonnes. Ses troupes avancèrent l'arme au bras sur les quatre divisions russes de Bagration, dont les extrémités se replièrent en désordre vers l’anse fatale. Bagration rallia toute sa cavalerie , et la lança sur le flanc gauche de Ney. Les généraux Bisson et Marchand continuèrent leur marche, sans s'occuper de cette masse de cavaliers. Les dragons de La Tour-Maubourg avaient couru au-devant d'elle et l'avaient repoussée sur la ligne. Au même instant, le général Senarmont se portait à quatre cents pas du centre et du corps de Lannes; il déployait une batterie de trente pièces et foudroyait les troupes ‘de Bagration. Le corps de Ney avançait toujours sans hésitation, forçant tous les obstacles, refoulant l'ennemi dans la ville ou le culbutant dans un ravin et un lac qui coupaient en deux le champ de bataille. Mais là apparaissent tout à coup les gardes russes, que Bennigsen y a déployées, Il sent trop l'importance de la possession de Friedland et de ses ponts pour ne pas redoubler d'efforts. Le choc imprévu des gardes russes, Pimpétuosité de leur attaque, ébranlent la division Bisson. Celle de Marchand s'arrête et paraît hésiter. Mais le mouvement de la réserve ennemie n’a point échappé à Napoléon. Par ses ordres, la division Dupont s’est détachée du corps de Victor ; elle remonte le ravin, pour attaquer à son tour le flanc droit de la colonne russe; Dupont communique aux divisions ébranlées l'impulsion que l’empereur lui a donnée. Un eflort simultané leur rend l'avantage. Les Russes sont jetés dans le ravin, dans le lac, dans la ville. L'encombrement des rues et des abords est effroyable : s’il faut en croire un témoin oculaire, 60,0000 hommes y combattaient dans un espace de 585 mètres, Bagration s'efforçait de mettre de l'ordre au milieu de ces masses confuses, que mitraillaient les canons de Ney et de Senarmont. Bennigsen essayait de son côte une diversion sur le centre et l'aile gauche de l'armée française,
FRIEDLAND —ŸFRIGORIFIQUES 11
Maïs Lannes, Oudinot et Verdier repoussaient toutes ses attaques et foudroyaient ses colonnes.
Bennigsen ne songea plus dès lors qu’à sauver son maltériel. I fit repasser les ponts de Friedland à 120 pièces de son artillerie, que suivaient en désordre ses bataillons confus. Il eut un moment l'idée de placer ses canons en batterie sur la rive droite et de prendre à revers les divisions françaises, qui combattaietit sur l’autre rive. Mais, soit que ses ordres fussent mal compris, soit que ses troupes ne songeassent qu'à fuir, il lui fut impossible de réparer ce désastre. Resserté de plus en plus dans le coupé-gorge où il s'était laissé acculer, il se sauva enfin avec les débris de ses divisions , brûla les ponts qui avaient servi à leur retraite ; et la ville incendiée éevint la proie du maréchal Ney. Il restait un corps russe sur la rive gauche : c'était l'aile droite, qui, sous les ordres de Goftschiakoff avait attaqué la position de Mortier. Celui-ci, fidèle à ses instructions, était resté impassible et résistait froidement à cette attaque. Il céda même du terrain à son ennemi, pour l’éloigner du point où se décidait la victoire. Il était alors dix heures du soir, et la nuit n’était pas tout à fait vente. Mais les flammes de Friedland révélèrent à Gortschakoff les désastres du centre et de l'aile gauche. Des fuyards vinrent lui annoncer la prise de la ville et la retraite de Bennigsen. Séparé du gros de armée, pressé par les attaques de Mortier et par celles de Savary, qui amenait un régiment de la garde, ne pouvant plus gagner le pont de Friedland, il se vit au moment de mettre bas les armes. Mais des güués lui furent indiqués, et au premier ordre de retraite qu’il donna, tous ses régiments s’y jetèrent en foule pour échapper à la poursuite des Frariçais. Le tiers de ses soldats périt dans les flots, ou sous le feu des nôtres.,
Ainsi fut célébré l'anniversaire de Marengo, suivant la prédiction de l’empereur. La perte des Russes s’éleva à 20,000 homifies, tués ou pris; 25 généraux furent de ce nombre, 70 pièces de canon, plusieurs drapeaux et une innombrable quantité de caissons devinrent les trophées d’une victoire que la moitié de l’armée française avait arrachée à près de 100,000 Russes. Deux divisions de Victor et les trois quarts de la garde impériale n’y avaient pris aucune part. C’est la plus belle journée du maréchal Ney : il sy couvrit de gloire, et les résultats en furent immenses. Soult weut plus qu’à se présenter devant Kœnigsberg pour s’en emparer. Murat, désolé qu’on eût gagné sans lui une bataille aussi décisive, tomba sur les arrière-gardes russes, qui fuyaient au delà de la Pregel. 11 les accompagna jusqu’au Niémen, que Bennigsen et Lestocq passèrent le 19. Le soir même Napoléon porta son quartier général à Tilsitt, et le fsar, révenu de ses illusions, désabusé des promesses de l'Angleterre, désespéraänt d'entraîner l’Antriche dans üne Coalition battue, vint lui-même, le 25 juin, signer la paix que lui offrait le conquérant de là Prusse.
Vienner, de l’Académie Francaise,
FRIEDRICHSORT, petite forteresse du duché de Schleswig, possédée par la Prusse depuis la guerre de 1864, sur la frontière du Holstein et à l'entrée du golfe de Kiel, à sept kilomètres de cette ville, présente une rade sûre, un phare, un arsenal, des magasins, etc. Elle fut fondée en 1630 par le roi Christian IV, quil’appela Christianpriis, nom qu’elle conserva jusqu’au règne de Frédéric V et qu’ellé reprend lorsque le souverain qui règne en Danemark s'appelle Christian. Prise d'assaut par Torstenson en 1643, reprise Pannée suivante par les Danois , cette place fut rasée en 1648 par Frédéric IIF, puisreconstruite en 1663, Après avoir été canonnée le 19 décembre 1813 par les Suédois, elle dut leur ouvrir ses portes.
FRIEDRICHSTADT, ville du duché de Schleswig, chef-lieu du payÿs qu'on appelle Stapelholm, bâtie au confluent de l’Eider et dé la Treen, sur une hauteur, est traversée et entourée par trois bras de la Treen; circonstance qui
en fait une place forte naturelle. Elle possède une église luthérienne, une église mennonite et une église de rerñon-
trants, une chapelle catholique et une synagogue, un port, un chantier de construction et environ 3,000 habitants, qui exploitent quelques fabriques. Elle fut construite en 1621, sous le duc Frédéric III, dans le style de leur pays, par des remontratits hollandais qui avaient obtenu le privilége de la liberté de concience. Le 14 avril 17 00 les Danois, aux ordres du duc de Würtemberg , s’en rendirent maîtres ; le 12 février 1712, le roi Frédéric IV et le csar Pierre le Grand en chassèrent la garnison suédoise, Dans la guerre soutenue contre le Danemark par lesduchés de Schleswig-Holstein, pour la défense de leur indépendance et de teur natienali(é, la ville, occupée par les Danois, eut beaucoup à souffrir dans la journée du 29 septembre 1850, du tir des batteries de l’armée des duchés qui, le5 octobre suivant, l’um-
porta dassaut. Dans la guerre de 1864 , elle capitula le 7
février, et remit aux Allemands son matériel de guerre.
Elle est prussienne depuis cette époque.
FRIESLAND ou VRIISLAND. Voyez FRIsE.
FRIGANE: Voyez PHRYGANE.
FRIGGA ctFREYJA sont, dans lainythologie scandinave, deux divinités distinctes, mais qui à l'origine n’en faisaient qu’une, et dont l'existence se rattache à celle de Freyr. Frigga, dans la doctrine des Ases , est la déesse suprême, l'épouse d’Odin, la fille du géant Fiwrgwyn, et préside aux mariages. Freyja est la fille de Niord, la sœur de Freyr et la déesse de l'amour. Elle se promène dans un char attelé de chats : c’est à elle que viennent les femmes mortes, de même que la moitié des guerriers qui meurent dans les combats ; de là son surnom de Val-Freyja. Sous ce dernier rapport, on peut la considérer comme la Ecerre. Frigga, l’épouse d’Odin, c’est aussi la Terre; et lorsque Freyja est à la recherche d'Odin, comme Isis à la recherche de son Osiris, par Odin il faut entendre ici le Soleil. Les noms de Frigga et de Freyja sont aussi à peu près synonymes, et on les trouve
souvent confondus dans les mythes.
Frigga est le nom donné à une planète télescopique dé-
couverte le 15 novembre 1862.
FRIGORIFIQUES. Cette épithète se donne lé plus ordinairement à des mélanges refroidissants.
Ces mélanges sont de deux sortes : lesuns consistent dans la mixtion intime de la neige ou de la glace pilée avec des acides ou des matières salines ; les autres, dans la dissolution de certains sels dans un véhicule, tel que l’eau ou les acides. Mais il est des corps qui sans aucun mélange peuvent donner, par le seul fait de leur évaporation, un abaissement considérable de température.
* Gay-Lussac a fait voir que si après avoir comprimé de l'air atmosphèrique on lui rend la liberté, et que l’on présente au souffle qui en résulte un corps de peu de masse et mauvais conducteur du calorique, ce corps se recouvre de givre provenant de l’humidité atmosphérique refroidie et congelée par l'expansion de l'air. L'llustre physicien auquel est dû ce procédé le regarde comme applicable à la production de grands froids. De son côté, M. Bussy à montré que lorsqu'on a liquéfié du gaz acide sulfureux par un refroidissement artificiel déterminé par un mélange de sel et de glace, l’évaporation de cet acide liquéfié donne lieu à un abaissement de température qui peut aller bien au delà de 39°, point de congélation du mercure, puisqu'en augmentant la rapidité de l’évaporation au moyen du vide, on peut atteindre le 68° degré au dessous de zéro. On sait en effet qü’un liquide quelconque absorbe du calorique pour arriver à l'état de vapeur (voyez From).
Quant à Ia méthode des mélanges , elle est due à Fahrenheït ; elle a étésingulièrement étendue et pérfectionnée par diverses personnes, au nombre desquelles figurent M. Lowitz etnotamment M. Walker. Fahrenheïit déterminait un refroidissement d'environ 18° au-dessous de zéro en mélant de la neige à du sel ammoniac, On obtient aussi fréquemment cette température en mélant à parties égales de la neige et du sel ordinaire, pris l’un et l’autre à la température de zéro (point de la glace fondante*. En substituant le chlorure de
calcium au sel de cuisine, de manière à mélanger 3 parties de ce chlorure et 2 de neige, on obtient 28° au-dessous de la glace fondante. La dissolution de 8 parties de sulfate de soude dans 4 d'acide sulfurique étendu abaïsse le thermomètre centigrade de +- 10° à — 16°, c’est-à-dire de 26°. La solution de partie de sel ordinaire dans 5 parties d’acide chlorhydrique l’abaisse de zéro à — 18°; eteu prenant chaque élément du mélange à une température plus basse, on obtient, en les ajoutant l’un à l’autre, un froid plus grand. C’est ainsi qu’en ajoutant 3 de chlorure de calcium à 1 de neige, en partant de — 40°, on arrive à — 58°, qu'en prenant à la température de —55° et dans le rapport de 8 à 10, de la neige et de l’acide sulfurique étendu de moitié de son poids d’eau et de son poids d’alccol, on peut faire descendre le thermomètre jusqu’à — 68°. Cou.
On donne le nom d'appareil frigorifique oucongélateur à un récipient cylindrique creux destiné à recevoir un mélange réfrigérant et enveloppé lui-même d’une capacité cylindrique où l’on introduit de l’eau qui, après y avoir séjourné de 20 à 30 minutes, devient, par l’action du réfrigérant intérieur, un Cylindre creux de glace dont le poids varie suivant la capacité du récipient employé.
FRIMAIRE (dérivé de frimas), troisième mois français du calendrier républicain.
FRIMAS, globules d’eau congelée qui s’attachent aux murailles, aux végétaux, etc. Il ne se forme de frimas que dans les saisons où la température de l'air passe en trèspeu de temps du chaud au froid. Si par un temps humide ou de brouillard il vient tout a coup à geler, les gouttelettes aqueuses qui étaient suspendues dans l’atmosphère acquièrent en s’agglomérant un poids relativement plus grand que celui de l’air , tombent sur les objets non abrités, s’y gèlent et forment ce qu’on appelle des frimas. Larosée, legivre, sont produits par des causes semblables. TEYSsÈDRE.
FRIMONT (JEeax-Puripre, comte ve), prince d’Antrodocco, l’un des généraux autrichiens les plus célèbres de ce temps-ci, naquit en Lorraine, en 1756, émigra en 1791, et servit dans l’armée de Condé. Après le licenciemeut de ce corps, il entra avec le régiment des chasseurs de Bussy, dont il était colonel, à la solde de l'Autriche, et fit dès lors toutes les campagnes de la coalition contre la France. Feldmaréchal-lieutenant en 1812, il commanda l’année snivante une partie de la cavalerie autrichienne. En 1815, nommé commandant en chef de l’armée autrichienne en Italie, il prit si bien ses dispositions, que Bianchi, qui fut chargé de marcher contre Murat, termina la guerre de Naples en six semaines. Pendant ce temps, Frimont, qui était resté sur la ligne du Pô avec le gros de son armée concentré entre Casal-Maggiore et Piadena, la divisa alors en deux corps, dont l'un, aux ordres du général Radevojewicz, fut chargé de franchir le Simplon et d’entrer dans le pays de Vaud, et dont l'autre, commandé par Bubna, fut dirigé sur le Rhône à travers le mont Cenis et la Savoie. 1] réussit à s'emparer des défilés de Saint-Maurice avant que Suchet, conformément aux ordres de Napoléon, eût pu occuper Montmélian. Les troupes françaises durent alors évacuer la Savoie, et les troupes autrichiennes, après avoir enlevé le fort de l'Écluse, franchirent le Rhône, Le 9 juillet Grenoble ouvrait ses portes à l’armée autrichienne, qui le 10 s’emparait de la tête de pont de Mâcon et entrait sans coup férir le 11 à Lyon, que Suchet, instruit des événements dont Paris venait d’être le théâtre, ne chercha point à défendre. Le général Osasca, qui, sous les ordres de Frimont, commandait une division de 12,000 Piémontais, avait dès le 9 juillet conclu un armistice avec le maréchal Brune, à Nice, Frimont dirigea alors une partie de son corps d'armée, par Châlons et Salins, sur
3esançon, contre l’armée française du Haut-Rhin.
Aux termes du traité de Paris, le corps d'armée aux ordres de Frimont, qui établit son quartier général à Dijon, fut chargé de l'occupation d’une partie de notre territoire, occupation qui dura jusqu’en 1818. En 1821, conformément aux décisions du congrès de Laybach, Frimont à la tête de 52 000