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libre impériale en 1218, elle passa dix ans plus tard par mariage en la possession des comtes de Furstemberg, dont elle secoua le joug en 1327, mais par qui elle ne fit reconnaître son indépendance qu’en 1366, moyennant une somme de 20,000 marcs d’argent, que l'Autriche lui avança ; et deux ans après, en 1368, faute d’avoir pu rembourser sa dette, elle passa sous la domination de la maison de Hapsbourg. Devenue place forte importante, elle fut prise en 1632, 1634 et 1638 par les Suédois, et en 1644 par les Bavarois, qui, sous les ordres de Mercy, y battirent le 3 et le 5 août 1644 les Français, commandés par le duc d’Eughien et par Turenne. Ceux-ci la reprirent par trahison en 1677, sous les ordres de Créqui; mais après y avoir construit d’immenses travaux de défense, ils furent obligés par la paix de Ryswick de la restituer à l’Autriche. En 1713 et 1744 les Français s’en emparèrent de nouveau; mais ils durent l’évacuer, aux termes des traités de Rastadt et d’Aix-la-Chapelle (1748), après en avoir rasé les fortifications. Le 24 avril 1848 elle tomba au pouvoir des forces de la Confédération germanique, qui la veille avaient battu sous ses murs l’armée insurrectionnelle ; et le 7 juillet 1849, après avoir été évacuée par les autorités badoïses et les débris de l’armée insurrectionnelle, elle fut occupée par les Prussiens.
FRIBOURG ( Bataille et Siéges de). En 1644 la situation de l’armée d'Allemagne était assez difficile : Turenne avait pu empêcher le général bavaroïs Mercy d’assiéger et de prendre Fribourg sous ses yeux. Le duc d’Enghien, ( voyez Copé, tome VI, p. 234 ), qui amenait des renforts, parriva sur le Rhin que le lendemain de cet événement. De concert avec les maréchaux de Turenne et de Gramont, il résolut d’assaillir immédiatement avec ses 20,000 hommes l’armée ennemie, dont la position dans les montagnes de la forêt Noire, appuyée sur Fribourg, était formidable. L’attaque commença le 3 août; le duc d’Enghien conduisit et ramena plusieurs fois ses troupes à la charge. Voltaire, dans son Siècle de Louis XIV, a prétendu qu’il jeta son bâton de commandement dans les lignes ennemies et marcha pour le reprendre, l’épée à la main, à la (ête du régiment de Conti; c’est de la poésie. Ce qu'il y a de certain, c’est que le prince, sautant à bas de son cheval, prit la tête de la colonne, que tous les généraux, tous les colonels, tous les officiers, tous les volontaires mirent également pied à terre, ce qui redonna du cœur aux soldats; qu'il franchit le premier l’abatis de sapins qui obstruait la route; que tout le monde le franchit après lui, et que ceux qui défendaient la ligne s’enfuirent dans les bois à la faveur de la nuit, qui approchait.
Après un instant de repos il attaque vainement sept fois un vignoble où l’ennemi s’est retranché. Enfin, Gramont supplie d'Enghien et Turenne de faire cesser une boucherie inutile, et protège la retraite avec sa cavalerie, On resta trois jours dans le camp au milieu des cadavres, dont les exhalaisons firent encore de nombreuses victimes. Enfin, on se décida à attaquer les Bavarois, et la victoire qu’on remporta sur eux eut pour résultat immédiat la reddition de Spire, Philippsbourg, Mayence, et quelque temps après celles de Berghen , Kreutznach et Landau. Mercy abandonna au vainqueur son artillerie et ses bagages. La perte de l’ennemi fut de 9,000 hommes , la nôtre de 6,900. Cette terrible bataille ne finit que le 9 août.
Les remparts de Fribourg ont encore été plusieurs fois témoins de faits d’armes de l'armée française, En 1677 cette ville, vigoureusement délendue par le margrave de Bade, les comtes de Fortia et de Kaunitz, dut se rendre, le 16 novembre, après huit jours de siége. Le maréchal de Créqui, y ayant laissé une garnison, repartit le 19, et alla passer le Rhin à Brissac. La nouvelle de cette prompte conquête jeta la consternation dans Vienne.
Villars, maitre de Landau en 1713, attaqua Fribourg. Le baron de Harsch , gouverneur de la place, défendit tous ses ouvrages admirablement. Les instances de la population pour le déterminer à capituler furent superflues, Les Fribourgeuis, désespérés, craignant le pillage, vinrent processionnellement
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avec leurs femmes et leurs enfants, précédés du clergé et de la magistrature, le supplier de céder ; mais il demeura inflexible, et fit commencer le feu. Le siége durait depuis deux rois ; tous les efforts du prince Eugène pour le faire lever avaient été inutiles. Enfin, le comte de Harsch fit dire à Villars qu'il lui abandonnait la ville et se retirait dans la citadelle, en lui recommandant ses malades et ses blessés. Villars les fit exposer sur le glacis de la citadelle. Des négociations s’ouvrirent dès lors entre le prince Eugène et le maréchal; elles aboutirent aux traités de Rastadt, des 6 mars et 7 septembre 1714.
Enfin, le maréchal de Coigny vint encore assiéger Fribourg en septembre 1744. Louis XV, convalescent, quitta Strasbourg pour aller le rejoindre. Le siége fut long et pénible, à cause de l'abondance des eaux du Treisam, qu’il fallait détourner. Les assiégés, qui avaient reçu des renforts, se défendirent opiniâtrément sous les ordres de Damitz, et tentèrent plusieurs sorties. La France perdit 500 grenadiers à l'attaque d’un chemin couvert; presque tous les officiers du génie furent dangereusement blessés, ce qui n’empêcha pas que la ville ne se rendît le 5 novembre, et que le 6 les articles de la capitulation ne fussent signés dans la tente même du roi. La citadelle ne se soumit que le 25 , et la garnison resta prisonnière de guerre.
FRICHE, terre sans culture, et qui porte naturellement quelques herbes peu abondantes. La plupart des friches qui existent en France pourraient être cultivées et produire des céréales, des fourrages, des bois, etc., selon la nature de chacune; mais le défrichement dans les pays où elles occupent plusieurs lieues, dans les communes qui en sont presque entièrement formées, est une entreprise impossible pour les habitants ; la misère et l'ignorance dans laquelle ils vivent sont une double impossibilité. Il suffit de parcourir une partie de la Sologne, du Limousin, du Berry, de l’Auvergne, de voir l'état des habitants, la nature et l’étendue de leurs ressources, pour rester convaincu que les friches produisent la misère, celle-ci l'ignorance; que ces deux effets devenant la cause de la persistance des friches, ces malheureux sont ainsi placés dans un cercle vicieux d’où ils ne peuvent sortir seuls.
D’un autre côté, considérer les friches, d’une manière absolue, comme la cause principale du peu d’abondance des produits de notre pays, serait une erreur grave : elles n’en sont qu’une cause bien secondaire ; nous le disons et nous en sommes profondément convaincu, faire comprendre à nos cultivateurs qu’ils ont plus d’aisance, de richesse à attendre de la culture de vingt hectares de terre convenablement amendés et assolés, que de celle de quarante avec assolement triennal et jachère, est chose plus urgente, plus facile, plus utile à l'accroissement des produits de notre sol, que de prêcher à des malheureux, privés même des ressources nécessaires pour l'acquisition des instruments de travail, la culture incomplète de terrains qui mangeraient leurs semences. P. GAUBERT.
FRICTION (de fricare, frotter). On appelle ainsi une opération qui se réduit à exercer sur la peau des frottements avec la main nue ou armée de divers corps, dans le but de déterminer une excitation plus ou moins vive, comme aussi pour faire absorber par cette surface diverses préparations pharmaceutiques : sous ces rapports, les frictions varient beaucoup.
Celles qu’on pratique avec la main nue excitent doucement la partie frottée et y élèvent la chaleur : il se passe dans cette opération une double action, une mécanique et urte électro-dynamique. Cette dernière, admise par plusieurs médecins allemands, est analogue à celle qu'on produit par le imagnétisme animal, et n’en est qu’une nuance. Ces frictions suffisent quelquefois pour calmer les douleurs dans des affections nerveuses, et pour provoquer au sommeil , surtout les enfants et les personnes très-excitables.
Les frictions qu’on pratique avec les mains armées de brosses, ou de tout autre corps rude déterminent sur la
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peau une excitation qu’on peut rapprocher à volonté de l'inflammation. Ce mode accroît la chaleur sur le théâtre de l’action, y appelle le sang et exalte la sensibilité : c’est une médication propre à dévier quelques affections internes comme toutes les médications révulsives; elle est très-usitée par les personnes affectées de rhumatismes chroniques et de douleurs vagues. On les emploie aussi pour ranimer la vitalité sur les parties où elle est faible. Au lieu de brosses pour frotter la peau, on se sert souvent d’une étoffe rude, comme étoffe de laine, drap ou flanelle. Tant qu’on n’ajoute rien à ces procédés, les frictions sont simples et sèches. Ce dernier moyen n’est pas sans Valeur, soit pour prévenir ou guérir diverses affections qui proviennent de l’inertie de la peau, soit pour exercer une action dérivative ; mais il ne faut y compter que dans des affections légères ei récentes : on peut cependant les tenter impunément.
Les frictions qu’on pratique avec des tissus de laine imprégnés de substances médicamenteuses sont très-variées, et leur mode d’agir devient complexe et plus énergique : non-seulement elles irritent ia peau, mais elles fournissent des matières qui peuvent se mêler aux fluides appartenant à la composition du corps humain et influencer l’organisme entier. Diverses préparations de pharmacie sont employées ainsi sous le nom de liniments : telles sont le baume opodeldoch, un mélange d’huile et d’ammoniaque liquide, auquel on associe le camphre, etc. Ces préparations, étant volatiles, ne sont pas absorhées, ou du moins le sont peu, et leur mode d’agir est local : on s’en sert avantageusement dans des cas de douleurs qui ne sont point accompagnées d’inflammation. La propriété irritante des substances pharmaceutiques double l’action mécanique du frottement. On emploie aussi de la même manière des solutions de divers médicaments dans l’alcool ou l’éther, et celles-ci sont absorbées en partie. L’eau-de-vie camphrée, la teinture d’iode, celle d’éther, sont très-communément administrées par cette voie pour agir localement et généralement. On administre aussi l'huile ou des pommades par la voie des frictions, et la médication est alors appelée onclion ; mais elle ne diffère des opérations indiquées ci-dessus’ que par la nature des médicaments. C’est par ce moyen qu’on traite souvent des maladies graves ; celles de la peau, si variées et si opiniàtres, sont peut-être plus curables par la voie des frictions que par toute autre. Les diverses préparations de soufre, d’iode, de mercure, parviennent ainsi sur les théâtres des combinaisons les plus intimes qui s’opèrent dans la trame des tissus animaux. On exerce aussi des frictions onctueuses dans plusieurs cas pour calmer les irritations : à cet effet, on emploie fréquemment l'huile simple, dans laquelle on fait dissoudre de l’opium ou ducamphre. Par exemple, on a fait un usage très. salutaire de ce moyen dans la petite vérole.
On donne aussi le nom de friction à un certain mode d’appliquer l'électricité au traitement de quelques maladies.