GAMME — GAND
doux de six tons où douze demi-tons, mais dans un ordre différent.
Mode majeur.
1 1 3 1 1 1 " ton tou ton ton ton ton ton ut ré mi fa sol Ja si ut Mode mineur.
Î + 1 1 TRUE 2 ton ton ton ton ton ton ton
IMAC. Cut ré: mi fa sol dièze la
On voit par le premier exemple que l'échelle ou gamme majeure est composée de cinq tons et deux demi-tons; et par le second , que l'échelle ou gamme du mode mineur est composée de quatre tons et quatre demi-tons. En additionnant les tons et les demi-tons de chacune deces deux échelles, on verra que les deux sommes sont égales; car il est évident que quatre tons et quatre deri-tons équivatent à cinq tons et deux demi-tons : en d’autres termes, ces deux sommes sont égales à six tons ou douze demi-tons.
Les gammes sont d’un usage fréquent et indispensable en musique. Quels que soient le genre d’un morceau, le sentinent ou la couleur d’une mélodie, il est bien rare d’en parcourir plusieurs mesures sans rencontrer une gamme où une parcelle de gamme. Les gammes des deux genres sont un excellent exercice pour l’étude de la musique instrumentale ou vocale. Sous le rapport de l'exécution, on ne saurait trop en recommander l'usage aux personnes qui désirent atteindre à un certain degré de perfection. C’est par l’exercice très-fréquent des gammes dans tous les tons que la voix d’un chanteur et les doigts d’un instrumentiste peuvent acquérir cette souplesse , cette flexibilité, cette agilité qui les rendent propres à l'exécution irréprochable des passages les plus difliciles. De nos jours, les cantatrices abusent des gammes chromatiques dans leurs roulades. Elles ont d’autant plus tort, que les garmrnes de ce gecre ne peuvent se rendre d’une manière satisfaisante que sur quelques instruments à clavier, à cordes ou à vent. Quant à la voix, elle se prête peu à une succession rapide de demi-tons, qui exige tant de netteté, de justesse et de précision. BECHEM.
GANACHE, mâchoire inférieure du cheval : ce sont deux os qu'a ce quadrupède de part et d’autre du derrière de la tête, opposés à l'encolure, et qui forment la mâchoire inférieure et la font mouvoir. Dire qu’un cheval est chargé de ganache, c’est dire qu’il a la mâchoire grosse et charnue. Certains auteurs ont prétendu que quand l'angle formé par ces deux os était trop resserré, il en résultait un défaut de respiration presque incurable. Le savant professeur Baucher ne partage pas cet avis : il pense que pour remédier à ce défaut il suffit de faire céder les vertèbres de l’encolure les plus éloignées du soramel de la tête. Ganache vient de l’italien ganascia, où de l'espagnol ganassa, signifiant la même chose. Borel le dérive de gena, comme qui dirait grande ou grosse joue.
GANACHE. Le mot ganache n’a guère droit à l’honneur que nous lui faisons, et nous l’aurions complétement passé sous silence, si l'empereur Napoléon ne s’en était servi un jour dans une circonstance importante. « Madame, disait l’empereur à l’impératrice Marie-Louise, votre père est une ganache! » L'impératrice, qui ne savait pas assez le français pour comprendre tout ce qu'il y a de sel attique dans cette injure ganache, s’en va demander à Duroc ce que veut dire le mot ganache, appliqué par l'empereur Napoléon à l’empereur d'Autriche. « Ganache, reprend Duroc, cela veut dire grand homme. Le père de votre majesté est un grand homme! » Voilà l'impératrice qui ne dit mot; mais, à quelques mois de là, un jour que l’empereur Napoléon présentait à l’impératrice un de ces généraux vainqueurs qui lui venaient de toutes les frontières : « Monsieur le général, dit l’impératrice, avec son plus aimable sourire, vous êtes une illustre ganache! » Voilà comment les plus petits mots de carrefour peuvent avoir au besoin une existence impériale et royale, Le dictionnaire de l’Académie les rejette, l’histoire s’en souvient. Jules JANIN.
GANCHE. Voyez ESTRAPADE GAND, aujourd'hus chef-lieu de la Flandre orientale, autrefois ville principale de cette Flandre qui faisait trembler ses maîtres et leur dictait des lois, également éprise de l'indépendance et de l’industrie, et vivant de cette vie forte et puissante dont l’exubérance , si elle produit quelquefois le désordre, communique aussi à la société une énergie merveilleuse. Son ancienne grandeur a laissé de nombreux et imposants vestiges : on reconnaît à ses murs la cité d’Arteveld, à la physionomie de ses habitants les bourgeois qui bravèrent Charles-Quint. Mais où fermentaient les passions populaires, on ne remarque plus que l’action pacifique des innombrables machines que remue la vapeur ; à la place des édifices bigarrés, des forteresses et constructions variées du moyen âge, s'élèvent partout des habitations d’un style monotone, mais commodes et faites pour une époque plus tranquille et plus positive. Les églises les plus belles sont la cathédrale de Saint-Bavon, Saint-Michel, Saint-Jacques, Saint-Sauveur, Saint-Nicolas; les monuments profanes les plus dignes d’attention, quelques-unes des portes, le beffroi, l'hôtel de ville, et l’université, construite en partie par M. L. Roeland. L'hôpital de la Byloque (ou de l’Enclos) et la maison de détention, commencée en 1773, terminée en 1826, méritent de fixer les regards des philanthropes. Gand possède une citadelle, commencée en 1822, achevée en 1830, et qui fait partie de la 2° ligne de forttfication du côté de la France. Cette ville est le siége d’un évêché, d’une cour d’appel, d’un tribunal de première instance, ainsi que d’un tribunal de commerce; elle se trouve au confluent de l'Escaut et de la Lys, et à la tête du canal de Bruges. Coupée par un grand nombre de canaux navigables, qui communiquent à 'Escaut, à la Lys, à la Liève et à la Moere, elle est partagée en vingt-six îles réunies les unes aux autres par une multitude de ponts. Le canal du Sas-de-Gand, qui marie Gand à la mer, y amène des bâtiments d’un tonnage assez considérable. Sa population est (1866) de 116,607 âmes. Le commerce des Gantois, déjà très-célèbre au treizième siècle, reçut un coup funeste au seizième, et ne se releva avec distinction que sous le gouvernement français. Mais en 1819 il prit un accroissement vraiment prodigieux. Les premières tisseranderies furent établies à Grand, en 968. La première filature de coton de la Belgique est due à Liévin Bauwens, qui la créa en 1800, et qui, au péril de sa vie, intreduisit sur le continent les mécaniques anglaises, En 1830 Gand possédait dans son enceinte 60 machines à vepeur, de la force moyenne de 13 chevaux et de la force totale de 800; plus de 20,000 ouvriers travaillent dans les filatures, les blanchisseries de coton, ainsi que dans les fabriques de toiles peintes. Ils emploient chaque année environ 40,000 balles de coton, et produisent plus d’un million de pièces de calicots écrus et imprimés. Les capitaux consacrés à transformer le coton en fil et en étoffes s'élèvent à près 44,000,000 de francs. Les autres usines sont des raffineries de sucre de canne et de betterave, des fabriques de bronzes et de cristaux, de garance et de laque, d’acide sulfurique, de coutellerie, de fils de lin, de papiers peints, de voitures, de cire et de bougies, de cordes et de plaques, de pompes à incendie, de balances, de bleu, d'amidon, de toile de tin, de toile rayée, de papier d'impression, de tabac, de pipes, de chapeaux, et en outre des distilleries de genièvre et des brasseries, etc. Gand a de plus un commerce de consommation, de transit et d'expédition fort actif : il s’y trouve neuf armateurs. Avant le septième siècle, il n’est pas fait mention de Gand, qu’un diplome de Louis le Débonnaire place dans le Pagus Brachbatensis. Ce fut vers l’an 636 que saint Amand vint y prêcher le christianisme. Dix-huit ans après, saint Liévin, évêque écossais, arriva à Gand et alla annoncer l'Evansile dans le pays d’Alost, où il reçut le martyre. En 811, Charlemagne vint y inspecter la flotte, composée d'espèces de bateaux plats qu'il avait fait construire pour résister aux irruptions des Normands et des Danois. Il y envoya ensuite Éginhard, son secrétaire , nommé abbé des monastères de
Saint-Pierre et de Saint-Bavon. Vers an 868, Baudoin Bras de Fer, premier comte héréditaire de Flandre, qui succéda à ces gouverneurs appelés en langue tentonique vorst (prince ou chef), dont on aura fait forestier en francais, voulant défendre son pays contre les Normands, batit à Gand le château du Comte, dont l'entrée est encore debout; ce qui n’empêcha pas les Normands de venir séjourner à Gand pendant l'hiver de 880. Au milieu du dixième siècle, Gand, déjà peuplé, s’adonnait avec succès au travail de la laine que lui fournissait l’Angleterre,
L'église de Saint-Bavon fut dédiée en 1067. Sous Philippe d'Alsace, vers 1178, Gand reçoit une charte de commune, qui semble confirmer un état antérieur et légaliser des libertés de fait ou leur donner un développement nouveau. Baudoin, comte de Hainaut, successeur de Philippe d'Alsace, accorde aux Gantois des priviléges d’après lesquels tout bourgeois pouvait ouvrir une école publique, vendre ou aliéner ses biens; aucun édit du comte n’avait force de loi sans le consentement de la commune. Cependant Ja ville ne coraprenait encore que l’espace renfermé entre la Lys et l'Escaut. Un règlement de 1202, qui autorisait les bourgeois à exercer exclusivement toute espèce de profession dans un rayon d’une lieue auteur de Gand, rayon étendu ensuite à trois lieues en faveur des tisserands et drapiers, devait en peu d'années reculer ses limites. Vers 1252, Pétrarque visita la Flandre, et admira sa richesse et son activité. Déjà se dessinaïent dans cette province deux partis distincts, le parti français ou de l'aristocratie, ennemi des priviléges, et le parti flamand ou démocratique, ardent à les défendre. La bataille des Eperons ou de Courtrai, livrée le 11 juillet 1302, assura aux communes flamandes un triomphe éclatant. Bientôt, fatiguês du gouvernement du comte Louis de Nevers, tout entier à la faction française, elles ne balancèrent pas à élire pour ruwurt, ou protecteur, le célèbre Jacques d’'Arteveld,
Ce grand homme, assassiné par le peuple, qui l'avait idolâtré, eut pour successeur son fils, qu’on arracha à la vie dévote et contemplative pour l’investir du pouvoir. Philippe d’Arteveld perdit la vie à la fameuse bataille de West-Rosebeke, où la féodalité, l'épée au poing, combattit réellement la démocratie corps à corps.
L'opposition que firent les Gantois à une mesure financière du gouvernement de Cherles-Quint était d’abord légitime; elle prit ensuite un caractère séditicux, Charles, qui cherchait à centraliser l'autorité, vint dans les murs de Gand en maître irrité ; il supprima tous les priviléges dont cetle cité avait été si fière, et exigea que les magistrats, trente des citoyens les plus distingués, les doyens de chaque corps de métier, grand normbre de leurs suppôts, et cinquante hommes du peuple, ceux-ci seulement, la corde au cou, vinssent lui demander pardon à genoux. On a dit que le cordon de soie que les magistrats portèrent en écharpe jusqu’en 1791, et dont ils étaient ornés même avant Charles- Quint, était un déguisement de la corde qu'ils avaient été condamnés à porter perpétuellement; mais cette angedote ést controuvée. Pendant les troubles qui marquèrent le règne de Philippe Il, le congrès connu dans l’histoire sous le noin de Pacification de Gand nnit momentanément toutes les provinces des Pays-Bas contre les Espagnols. Mais la paix ne tarda pas à être troublée par les factions de Ryhove et d’Hembyse. La Belgiqne retomba sous la domination de l'étranger ; elle se reposa quelque temps avec délices de ses périls et de ses fatigues dans l’énervante adtuinistration des archiducs Albert et Isabelle, puis s'affaiblit de jour en jour. Marie-Thérèse lui rendit un peu de vigueur, qu'elle tourna contre le fils de cette souveraine, En 1789, Gand traite Joseph T1 en prince déchu, et ouvrit ses portes aux patrioles. Réuni à la France, Gand devint le chef-lieu du département de l’Escaut. En 1814 cette ville fut rendue aux Pays-Bas. Un traité de paix y fut signé, qui mit fin à la guerre entre l’An-
terre et les Etats-Unis. Pendant les cent jours,
ouis X VILI 8e retira à Gand, où il tint une sorte de