‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 4)Chapitre 101 sur 552 · GAND — GANGE · texte numérisé non relu

GAND — GANGE

Cour, et où parut le Moniteur dit de Gand , rédigé par le baron d’Eckstein, M. Guizot, etc, DE REIFFENRERG.

Cette ville a vu s’accroître son importance industrielle depuis qu’elle est en rapport par les voies ferrées avec toute la Belgique. Ses jardins et ses pépinières ont une os célébrité, La démolition de sa citadelle a été votée en 1870.

GANGANELLI. Voyez CLÉMENT XIV.

GANGE (en sanscrit Ganga), le plus grand fleuve de l’Hindoustan, prend sa source dans l’une des ratuifications que l'Himalaya envoie au sud, et résulte d’abord de la jonclion du Bhagirathijanga et de l’Alakanandaganga. Le premier, situé à l’ouest, provient d’un glacier à pic, de 4,500 mètres d’élévation, et sort déjà en nappe d’une largeur de 50 à 60 mètres d'une immence caverne appelée la Gueule de Vache, située au nord du temple de Gangotri ; le second, situé à l’est, le rejoint à Deoprag où se trouve l’un des temples les plus en vénération parmi les Hindous. Leur jonction faite, le Gange a déjà 80 mètres de largeur. Après ayoir été d’abord un impétueux torrent de montagnes, il abandonne à Hourdvyar, à environ 315 mètres au-dessus du niveau de la mer, le plaléau de l'Himalaya pour entrer dans la grande plaine qui porte son nom et s'étend depuis les déserts des affluents de l’Indus, entre le mont Viendhya et l'Himalaya, jusqu’au golfe du Bengale, en formant l’un des territoires les plus riches qu’il y ait dans tout univers.

Le Gange traverse les provinces de Delhy, d’Agra, d'Oude, d’Allahabad, de Bérar et de Bengale, et, après un cours de 142 myriamètres en ligne droite, mais de 294 myriamètres en tenant comptle des nombreuses sinuosités qu’il décrit, se jette par un grand nombre de bras dans le Goïfe du Bengale, en formant avec le Brahmapoutra, dont l’embouchure coïncide avec la sienne à l’est, Je plus grand delta de la terre. Le bras principal de ce delta, à l’ouest, est le Æougli, sur lequel s'élève la ville de Calcutta ; celui du milieu est le Houringotta, et celui de l’est le Padna. Entre eux s’étend une immense contrée marécageuse, traversée par de nombreux canaux et sur beaucoup de points protégée par des digues contre les inondations, cultivée avec assez

| de soin sur certains points au nord, mais au sud couverte uniquement de la plus luxuriante végétation naturelle, patrie du choléra, qu’on dit être originaire de cette marécageuse région où il se serait développé spontanément pour la première fois au milieu des miasmes putrides qu’exhalent les énormes quantités de débris du règne animal et du règne végétal que le fleuve y charrie incessamment. C’est dans cette partie méridionale du delta, le long des rives de

| la mer, que la lutte entre les eaux du fleuve et celles de la mer forme un inextricable labyrinthe de marais plus ou moins praticables, entrecoupés de canaux et d'îles au sol tantôt sablonneux, tantôt spongieux, couvertes soit d'épaisses broussailles soit d’impénétrables forêts.

Comme le Nil, le Gange est sujet à des inondations annuelles périodiques, quoique n’offrant pas la même régularité. I] reçoit les eaux de vingt rivières, dont douze sont plus considérables que le Rhin, Le plus important de ces

affluents est le Djounna, qui arrive de l'Himalaya par Delhy !

et Agra, et après s'être grossi des eaux du Tchambal venant du inont Vyndhia, confond ses eaux avec les siennes à Allahabad, et forme avec le Gange le pays qu'on pourrait appeler la Mésopotamie, l'Entre-Rios de la presqu'ile de l'Inde. Le bassin du Gange est de 14,420 myriainètres carrés, et en y comprenant calui du Eealumepoutra, de 21,420. Son vo- | Jume d’eau est si considérable qu'à Allahabad, à 88 myriamètres de son embouchure, il a une profondeur de 11 a 12 mètres ; et sa largeur y est encore telle, qu'on dirait plutôt un lac intérieur qu’une rivière. Dans la saison des sécheresses, il verse dans la mer 22,000 mètres cubes d’eau par seconde, et se fait sentir des navigateurs à une distance de plus de 8 myriamètres en pleine mer.

Le Gange est aussi le fleuve sacré des Hindous. Le Ramayana raconte qu'il naquit un jour parce qu'à la prière

GANGE — GANGRÊNE

du pieux Bhagyratha, la nymphe Ganga, fille aînée de l'Himavân ou Himalaya, consentit à se précipiter sur la terre, C'est la raison pour laquelle son eau est réputée sacrée, el que les habitants de ses rives sont tenus de s’y baigner à de certaines époques. De là aussi les nombreux pelèrinages dont ce fleuve est l'objet, et plus particulièrement au voisinage de ses sources. Celui qui a le bonheur de mourir sur ses rives ou seulement de boire de son eau avant de mourir n’a pas besoin pour revenir sur terre de subir les longues épreuves de la transmuigration des âmes. Aussi lui apporte- &.on de toutes parts des malades pour les immerger dans ses flots ou pour y abandonner leurs cadavres quand ils sont morts. Ceux qui habitent loin du fleuve sacré conservent toujours dans de petites fioles de son eau, objet d’un important commerce, afin de pouvoir en boire à l'heure de leur mort. S'ils sont riches, ils ont soin que leurs corps soient brûlés, qu'on recueille précieusement leurs cendres et qu’on les jette dans le Gange.

Le gouvernement anglais s’est occupé activement dans ces derniers temp: de l'assainissement du Gange. Il a d’abord interdit aux Hindous de jeter des cadavres dans les eaux de ce fleuve : puis il a entrepris le percement d’un canal destiné à faire disparaître les marécages du vaste” delta que forment les bras nombreux entre lesquels se divise le Gunge, bien avant de se jeter dans le golfe de Bengale. Comx.encé en 1854, ce canal atteignait, en 1866, un développement de 1,000 kilomètres; il doit, pour être achevé, enavoir 1.800.

GANGLION (en grec, yé&yyhroy). En pathologie, un ganglion est une petite tumeur dure, demi-transparepte, d’où partent des douleurs lancinantes qui vont s’irradier en différents sens sur le trajet du nerf; on a donné plus récemment à cette tumeur le nom de névrôme. Le mot ganglion est néanmoins resté; il est plus usité maintenant pour exprimer certaines tumeurs enkystées qui se forment sur le trajet ou dans les gaines des tendons. Ces kystes, dont la membrane est mince, le liquide visqueux, rougeâtre et filant, sont en général petits, durs, indolores, et ne guérissent que quand on les incise ou qu’on les crève violemment, de manière à déterminer dans leur intérieur une inflammation adhésive qui empêche un nouvel épancheraent circonscrit de liquide séreux. Ces tumeurs sont surtout fréquentes vers les articulations des po’gpets, et vers les tendons qui vont aux orteils. Ils n’ont une certaine gravité que quand on ne peut pas sans inconvénient grave y porter le bistouri, comme dans les gaînes des tendons profonds, ou sous les ligaments antérieurs du carpe.

En anatomie, on désigne par le nom de ganglions de petits organes de volume variable, qu’il faut distinguer tout d’abord en deux ordres : les ganglions lymphatiques et les ganglions nerveux. Les ganglions lymphaliques, qu’on appelle aussi glandes lymphaliques ou conglobées, sont peu nombreux le long des membres, mais très-multipliés dans le ventre et la poitrine; leur volume varie de deux millimètres et moins à trois centimètres et plus de diamètre ; ils forment une sorte de réservoir où aboutissent et d’où partent des vaisseaux lymphatiques. A l'extérieur, ils sont quelquefois très-reconnaissables à l’aine, dans l’aisselle, dans les wiamelles chez les femmes, au cou, où ils forment chez les scrofuleux des tumeurs plus ou moins considérables. Ils paraissent formés par un entrelacement inextricable des vaisseaux lymphatiques.

Les ganglions nerveux sont de petits centres nerveux d’où partent des filets nerveux qui vont se distribuer dans les organes, ou se confondre avec d’autres filets nerveux prévenant de quelque ganglion voisin, Ces ganglions et leurs filets de distribution et de communication forment un ensemble auquel on a donné le nom de sys{ème nerveux ganglionnaire, pour le distinguer du système nerveux auquel président le cerveau et la moelle épinière (voyez Céréprat, { Système |). On ne trouve de ganglions appartenant à ce système qu’au tronc, et ils forment différents appareils

pour les organes de la tête, du thorax et de l'abdomen.

Par analogie, on a donné le nom de ganglions à certains amas de matière grise qui se trouvent toujours au point où les nerfs cérébro-spinaux doivent subir une division. Dans l'opinion de Gall, ces amas de substance grise sont des appareils de renforcement indispensables pour augmenter le volume du nerf qui va se subdiviser. Cette théorie n’est point généralement admise; néanmoins, il est probable que la dénomination de ganglions restera aux différentes parties que Gall a ainsi désignées, quelle que soit la destinée ultérieure de ses opinions. D' S. SaNpRas.

GANGRÈNE (du grec yéyyoavu, mortification, dérivé de yoiw, manger, consumer), mort d’une partie du corps d’un animal ou d’un homme, c’est-à-dire extinction ou abolition parfaite du sentiment et de toute action organique dans cette partie. Quelques auteurs ont voulu donner au motyz»grène un sens plus restreint en l’appliquant à certaines gangrènes spécialement, et en réservant le mot sphacèle pour les affections gangréneuses dans lesquelles ou plus particulièrement les os ou un membre dans toute son épaisseur étaient frappés de mort. L’ usage a prévalu de donner le nom de gangrène indistinctement à tous les états maladifs dans lesquels une partie plus ou moins considérable du corps cesse de manifester les phénomènes propres à la vie, quelle que soit d’ailleurs la cause prochaine et la nature du mal qui donne lien à la gangrène. Cet état de mort partielle a pour caractères généraux la couleur noire, livide ou plombée de la partie gangrénée, le refroidissement en quelque sorte cadavéreux de la même partie, la cessation complète et absolue des fonctions organiques auxquelles elle servait, et, enfin, l'apparition des phénomènes chimiques propres aux tissus organisés privés de vie, soit que les liquides abondant dans la partie, la fassent entrer en décomposition putride, soit qu’elle se dessèche et se momifie en quelque sorte par l’évaporation des particules liquides qu’elle contenait. Presque tous les autres signes de gangrène laissent jour à des doutes qui ne sont pas une des petites difficultés de l’art quand il faut agir; mais les signes de putréfaction que nous avons men tionnés en dernier lieu ne donnent pas naissance à des méprises quand il s’agit de gangrènes, comme quand il s’agit de décider si l'individu tout entier est bien mort. Pour la gangrène, la putréfaction précise définitivement le diagnostic.

A ces signes généraux, propres en quelque sorte à toute gangrène, quels qu’en soient le siége et la cause prochaine, s'ajoutent presque toujours des signes particuliers, qui difièrent d’après la nature de l’aitération qui donne lieu à la gangrène : ainsi, certaines gangrènes sont accompagnées de contusions très-manifestes, ou de commotion; certaines autres d'infiltration et d’une sorte d’œdème érysipélateux; cerlaines, de phiyctènes et de taches livides; certaines, de déchirements de parties denses serrées et résistantes, et d’épanchements de liquides plus ou moins irritants dans les tissus gangrénés ; Certaines, d’inoculation de matière venimeuse, de sécrétion d’un pus tout particulier ; d’autres, de la congélation des liquides; dans quelques cas, les limites du ral sont tracées par un cercle légèrement enflammé, d’une teinte variable, depuis le rose pâle jusqu’au violet foncé; dans d’autres cas, la mortification n’est séparée du vif par aueune limite que le praticien puisse saisir ; enfin, tantôt la putréfaction accompagne presque immédiatement la gangrène, et tantôt, au contraire, des jours et même des semaines se passent avant que ce signe extrême de mort se manifeste.

On a divisé les gangrènes en gangrènes humides et gangrènes sèches: par gangrène humide on entend celle dans laquelle il y a engorgement, c’est-à-dire surabondance de sues arrètés dans la partie qui tombe en mortification ; par gangrènes sèche on entend toutes celles qui ne sont point accompagnées d’engorgement, et qui sont suivies d’un désséchement qui préserve la partie morte de tomber en dissolution putride. Ces deux gangrènes demandent des soins différents du médecin chargé de traiter un individu qui en est atteint, Les gangrènes ont encore été distinguées, sous le rapport de

leur cause, en gangrène sénile, gangrénée par contusion, par stupéfaction, par infiltration, par étranglement, par inflammation, par empoisonnement, par congélation, par brülure, etc., dans chacune desquetles il se présente à remplir des indications curatives. toutes particulières, et qu’il est aussi facile que cela est important de distinguer les unes des autres. On comprend très-bien l'importance qu'il ya à prévenir la gangrène quand on peut la prévoir; à la limiter, quand or n’a pas pu l'empêcher de se produire; à en débarrasser le reste vivant de l'organisme quand on est forcé d'abandonner à la mort, qui s’en est emparée, une portion plus ou moins considérable de l'individu. Comme, au reste, dans tous les cas de gangrène ou mort partielle, il arrive toujours de deux choses l’une, ou que le malnes’arrête pas et fait des progrès plus ou moins rapides jusque à la mort définitive, auquel cas le médecin n’est guère que le spectateur impuissant de ce qui ce passe, ou que le mal tend à se limiter, c'est-à-dire que les tissus vivants subissent uneinflammation de meilleure nature qui tend à les débarrasser par la suppuration des parties mortes avec; lesquelles ils sont en con. fact, auquel cas le médecin est appelé à jouer un rôle beaucoup plus actif, la question est presque toujours sur la détermination du moment où il faut intervenir, sur l’appréciation des circonstances qui permettent, oumême qui exigent l'intervention de l’art. Les connaissances plus exactes que nous ayons acquises sur les causes dela gangrène, sur les ressources de lathérapentiqueet sur la valeur réelle des moyens curatifs enrapport avec les tendances physiologiques delanature, tout cela a beaucoup simplifié ces questions dans la pratique moderne. La théorie et la pratique la plus justifiée par lexpérience s’accordent maintenant pour engager le chirurgien à ne pas précipiter des secours extrêmes, dont la douleur et les mutilations les plus graves ne sont pas le moindre inconvénient.Tels sont les cas de contusion, d’inflammation, d’étranglement, de congélation, et encore certains cas de gangrènes partielles, comme celles qui forment lesescarres, les bourbillons des furoncles, les portions gangrénées des anthra x, des tumeurs charbonneuses, des pustules malignes, des bubons pestilentiels ou non. C’est certainement un des points sur lesquels la pratique de la chirurgie a été le plus heurensement simplifiée. . D° S. Sanpras.

GANGRENEUX, épithète que l’on applique à certaines affections , qui ont pour effet de déterminer la mortification d’une portion de tissu superficiel, et qui se détache sous forme d’escarre : ainsi, on parle de furoncles, d’anthrax, de pustules auxquelles on trouve pour caractère de gangréner quelques portions de membranes muqueuses, ou de la peau et des tissus sous-jacents, quoiqu’on ne soit pas dans Pusage de donner le nom de gan gr ène proprement dite à la mortification de ces petites portions. On donne encore, par une sorte d'habitude, le nom d’érysipèle gangréneux à certains érysipèles qui occupent la peau et beaucoup du tissu cellullaire sous-jacent, quoiqu'il y ait dans ces cas très-rarement gangrène proprement dite, et qu’on appelle mieux cet érysipèle phlegmoneux que gangréneux ; de la même manière on donne très-souvent encore le surnom de gangréneuses à certaines angines dans lesquelles il y a rarement de la gangrène, mais dans lesquelles on avait toujours cru en voir autrefois, quand on se rendait un compte moins exact des phénomènes locaux d’une maladie. Le mot gangréneux doit être plus régulièrement réservé à une sorte d'affection dont la nature particulière est de frapper immédiatement de mort les tissus enflammés, Les fauroncles, les anthrax, sont des affections gangré-

neuses. Les parties sont, dans ces affections, frappées d’une |

inflammation à laquelle on pourrait étendre l'épithète d’in-

flammation morte, que Quesnay appliquait poétiquement à |

une sorte d'érysipèle qu'il avait observé, et qui dans cer- |

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