GANNAL — GANS
nullité d'ordonnances qui prétendaient substituer à l’avenir le bon plaisir royal à l'empire des lois. Au milieu de l'émotion générale qui régnait dans l’auditoire et que justifiait la gravité des circonstances, on remarqua la noble fermeté avec laquelle Ganneron prononça sa sentence.
La recunnaissance publique n’oublia pas de comprendre Ganneron parmi les hommes qui avaient le plus contribué à la révolution de Juillet, par leur inflexible respect pour la loi et par leur dévouement à la cause de la liberté, Aux premières élections qui eurent lieu, Ganueron n'eut pour ainsi dire qu’à se présenter aux suffrages des électeurs pour obtenir les honneurs de la députation. Malheureusement, comme tant d’autres, il se laissa piper aux belles promesses du prince acclamé roi dans la journée du 7 août par les deux cent vingt-un, et se rangea dans le parti de la résistance contre l’idée du progrès et du perfectionnement successif des institutions, Ganneron , dans la lutte ardente qui s’ensuivit, eut bientôt perdu une popularité si justement et si honorablement acquise. Cependant Ganneron se fit en plus d’une circonstance remarquer à la chambre par la netteté et la lucidité de ses appréciations financières ; aussi jouissait-il d’une grande influence dans les comités, qui maintes fois le choisirent pour rapporteur. On ne saurait nier néanmoins que dans la majorité antinationale qui soutint pendant dixbuit aus le système de corruption à l’aide duquel Louis Philippe entendait non pas seulement régner, mais gouverner, Ganneron n'ait été l’un des représentants les plus compromis de cette bourgeoisie égoïste qui crnt un instant que la révolution n'avait détruit les priviléges de la noblesse que pour consolider la prépondérance du haut commerce. Esprit droit et positif, Ganneron ne tarda pas , après d’amers déboires, à prendre la politique en indifférence assez prononcée, c’est-à-dire à attacher fort peu d'importance aux intérêts égoïstes et cupides, qu’elle ne sert que trop souvent à dissimuler. Quoique siégeant au centre, il lui arriva plus d’une fois de ne pas voler avec la majorité compacte enrôlée par le ministère, et de témoigner d’une indépendance qui vers la fin le faisait comprendre dans la partie de l’assernblée désignée sous le nom de centre gauche.
En 1844, à une époque où l’essor factice imprimé au commerce et à la spéculation par le système politique de Louis-Philippe avait amené sur la place de Paris un grand déploiement d'activité industrielle, Ganneron fit appel au crédit mérité dont son nom était universellement entouré dans le monde commercial pour fonder, sous le nom de Comploir Ganneron, une banque d’escompte, basée à peu près sur les mêmes principes qu'un établissement du même genre créé, plusieurs années auparavant, par Jacques Laffitte, et que la révolution de Février a entraîné dans une ruine identique. Les capifaux affluèrent pleins de confiance dans la capacité et Ja haute probité de l’homme qui les appelait à son aïde, mais à qui il ne devait pas être donné de mener à bonne fin une entreprise commencée sous de bien trompeurs auspices. Le 24 mars 1847, une dothienentérie enlevait prématurément le fondateur du comptoir, dont la perte inspira de vifs regrets à tous ceux qui avaient pu apprécier en lui les vertus de l’homme privé,
GANS (Évouanp), représentant de l’école philosophique de jurisprudence et disciple de Thibaut et de Hegel, naquit à Berlin, le 22 mars 1798, Reçu docteur en droit, ce fut à partir de l’année 1820 qu'il commença à Berlin son opiniâtre opposition contre l’école historique de jurisprudence, qui y dominait, et à la tête de laquelle se trouvait Savigny;et il se fit d'autant plus de partisans et d’admirateurs que l'influence de Hegel était aiors plus puissante sur la jeunesse des universités et aussi en dehors de ce cercle restreint, Bien que dans les acclamations et los symipathies de la foule, il n’y eut pour bien des gens qu'une afläire de mode, son opposition à l'école historique eut du moins cet avantage qu’elle faisait contre-poids à un syslème appuyé