GARDE IMPÉRIALE — GARDEL
} grade immédiatement supérieur à celui qu’ils occupaient | dans la garde. Parmi les prérogatives dont jouissait cette
armée d'élite, nous signalerons les suivantes. Elle avait le pas sur tous les régiments de la ligne, et jouissait d’un tiers de solde en sus; son assimilation dans l'armée était ainsi établie : le major avait rang de colonel, le chef de bataillon de major (lieutenant-colonel), le capitaine de chef de bataillon, le capitaine en second de capitaine en premier, le lieutenant en premier de capitaine, le lieutenant en second de lieutenant, le sergent-major de sous-lieutenant, le sergent et le fourrier d’adjudant sous-officier, le caporal de sergent, le soldat de caporal, le tambour de caporal-tambour. Les titulaires dans la garde portaient les marques distinctives de leur rang dans l’armée.
Les beaux faits d'armes dela garde impériale sont intimement liés à l’histoire militaire de la France. Elles’immortalisa pendant les campagnes d'Allemagne, notamment à la prise d'Ulm et à la bataille d'Austerlitz,où la cavalerie et l'artillerie légère firent des prodiges de valeur, et où ceéle réserve qui valait une armée fut aux prises avec la garde russe et la délit entièrement. En 1806 et 1807, les invincibles se signalèrent à Léna et pendant toute la durée des deux campagnes ; mais c’est surtout à Eylau et à Friedlan d qu'ils déployèrent leur héroïsme. Dans la première de ces batailles, leur infanterie resta plusieurs heures l’arme au bras sous le feu de la mitraille.
Les campagnes d’Espagne de 1808 et 1809 ouvrirent à la garde une nouvelle carrière de gloire ; sa cavalerie sedistingua à Sommo-Sierra, à Benavente, etses marins au siége de Cadix. Dans la guerre d'Allemagne de 1809, après la rupture des ponts du Danube, ce fut elle qui soutint les attaques des colonnes autrichiennes. On connaît sa part glorieuse à la bataille de Wagram. Un corps de diverses armes de la garde, sous les ordres du général Dorsenne, fit encore avec éclat les campagnes de 1810 et 1811 en Espagne.
Il serait trop long de rappeler en détail les brillants exploits de ce corps d'élite, à Witepsk, sur le Borysthèné, à Smolensk, à Polotsk, à la Moskowa, et ses actes de dévouement pendant l'incendie de Moscou. Lors de la fatale retraite, la garde soutint par son exemple le moral des autres troupes. Chaque journée fut encore pour elle une victoire dé plus; mais son plus beau titre à la reconnaissance de la France, ce sont ses gigantesques efforts pendant l'invasion du sol de la patrie en 1814, quand elle le disputait pied à pied aux nombreuses armées ennemies. Waterloo fut le tombeau de cette immortelle phalange, dont la fin fut sublime,
Le second Empire rétablit la garde im périale par décret du 17 mai 1854. D'abord elle forma une division d’infanterie (grenadiers, voltigeurs et chasseurs), une brigade de cavalerie (cuirassiers et guides), 2 bataillons de gendarmvrie à pied, 5 batteries, { compagnie du génie et 1 escadron de gendarmes à cheval. A la fin de l’année on y ajouta un régiment de zouaves. Les uniformes furent ceux de l’ancienne garde, sauf le pantalon. L’effectif varia souvent, jusqu'à compter 27,000 hommes en 1868; il s’accru successivement de { régiment d’artillerie à pied, 1 escadron du train des équipages, 1 régiment de grenadiers, 2 autres'de voltiseurs, 4 régiments de cavalerie (dragons, lanciers, chasseurs et carabiniers). Le régiment de gendarmerie fut supprimé en 1869. Une rivalité sourde ne
cessa d'exister entre les troupes de ligne et la garde, à laquelle on réservait tontes sortes de faveurs. Le soldat de la garde recevait à Paris une solde de 1 fr. 10 c., et celui de la ligne 55 c.; l'avancement y était plus rapide et la pension de retraite liquidée sur le grade supérieur à celui de l'officier retraité. C'était un corps éminemment privi légié. En février 1855 la garde impériale rejoignit en partie l'armé, d'Orient devant Sebastopol et se distingua au mamelon Vert, à l'assaut de Malakoff et au combat de Traktir. Mais ce fut en Italie qu'elle déploya la vigueur et le sangfroid qui distinguent les corps d'élite : à Magenta elle sou
tint, pendant quatre heures, tous les efforts de l’ennemi ; à Solferino elle se trouva engagée presque tout entière. Lors de la guerre de 1870 la garde fut placée, comme réserve, sou; les ordres de Bourbaki; liée au sort du maréchal Bazaine elle prit part aux batailles livrées autour de Metz, et par suite de la capitulation, fut envoyée prisonnière en Allemagne, Après la chute de l’empire les batai]lons de dépôt qui étaient restés à Paris servirent à former le 28e de marche, qui s'illustra dans l'affaire du Bourget, Le lendemain de la capitulation de Metz, un décret de la Défense nationale, daté du 8 octobre 1870, su pprima enfin lagarde impériale. Son entretien coûtait 4 millions et demi par an à l'Etat.
La Russie à aussisa garde impériale, composée de 3 divisions d'infanterie comprenant les régiments de Préobajenski, Séméonofski, Izmaïlofski, des chasseurs de la garde , Moscou, Pavlofski, grenadiers de la garde, chasseurs finlandais, de Lithuanie, chasseurs de Volhynie, grenadiers de l’empereur François 1°', grenadiers du roi de Prusse, régiment de carabiniers d'instruction , régiment-modèle d'infanterie, 2 bataillons de sapeurs, un bataillon de tireurs finlandais , ensemble 43,000 hommes ; de deux divisions de cavalerie légère, d’un escadron de Tcherkesses, d’un escadron de Cosaques, de deux escadrons de pionniers à cheval, total 11,520 chevaux; et d’une artillerie nombreuse servant 120 pièces de tous calibres.
L’Autriche n’a point de garde impériale, maïs des compagnies de gardes du corps ou gardes nobles, formant 20 bataillons de grenadiers. Eug. G. De MONGLAVE,
GARDEL, famille célèbre dans les fastes chorégraphiques de l'Opéra français.
GARDEL aîné, directeur des ballets de l'Opéra, fut pour la composition de ses pantomimes l'heureux émule de Noverre: Mirza, La Rosière, et Le Premier Navigateur obtinrent surtout la faveur publique. Une blessure qu'il se fit à la jambe en dansant dans un de ses ballets, et qui avait d’abord paru légère, occasionna. sa mort, en 1787.
GARDEL (PrERRE-GABRIEL), frère du précédent, a joui dans l’art chorégraphique d’une réputation très-supérieure à celle de son aîné. Né le 4 février 1758, à Nancy, où son père était maître des ballets du roi de Pologne Stanislas , il vint débuter à Paris comme danseur en 1774. Nommé bientôt adjoint, puis successeur de son frère, il se livra dès lors entièrement à la composition. Pendant plus de quarante ans on n’a guère dansé que par lui à l'Opéra; et sa fécondité fut presque toujours heureuse. Habile metteur en-œuvre de la mythologie, dont il sut rajeunir les antiques fictions, on sait de quels succès éclatants et prolongés ont joui ses ballets de Psyché, de Péris, de Télémaque, etc. Gardel toutefois ne s'était pas voué exclusivement à la Fable; il mima aussi avec talent les naïfs amours de Paul et Virginie, l'histoire de l'Enfant Prodigue, et fit de sa Dansomanie une espèce de comédie muette, pleine d'esprit et de gaieté. Ea foule de divertissements gracieux dont il enrichit les opéras de son époque atteste également la variété de ses pinceaux et les ressources de son imagination. Retiré de l'Opéra depuis plus de vingt ans, Gardel s'était fixé à Montmartre, où il est mort plus qu’octogénaire, en 1840.
GARDEL (MARIE-ÉLISABETH-ANNE HOUBERT, femme),
| épouse du chorégraphe, née à Auxonne, en 1770, débuta
en 1786 à l'Opéra, sous lenom de Miller, qui était celui de sa belle-mère, et se montra digne d'y remplacer la célèbre Guimard. La gracieuse agilité de ses pas, le naturel et la vivacité expressive de sa pantomime la mirent bientôt au premier rang. Elle contribua beaucoup aux succès des ouvrages de son mari, et créa surtout avec une grande supériorité les rôles de Psyché et d'Eucharis. Elle quitta le théâtre en 1816, et mourut à Paris, te 18 mai {533. L’estime non moins que la faveur publique furent constamment ie partage de cette femme, qui montra l’accord assez rare d’un talent plein de séduction et d’une conduite irceprochable. Ajoutons ouelle donna encore un autre exemple, qui ne sera pas sans doute
plus souvent imité, en ne demandant aucun congé pendant une carrière théâtrale de trente ans. Oury.
GARDE-MAGASIN. Voyez Macasin.
GARDE-MALADE. On désigne ainsi la personne que lon place auprès d’un malade pour lui prodiguer les soins qu’exige son état. Pris dans un sens général, ce mot est des deux genres ; mais l’usage, non sans raison, ayant consacré ces fonctions aux femmes, plus aptes à tout ce qui concerne l'administration intérieure d’une maison, et douées d’une Patience et d’une douceur si rares chez les hommes , il s’ensuit que le genre féminin est plus généralement admis, Les hommes appelés à ces fonctions dans les hôpitaux sont désignés Sous le nom d’infirmiers.
GARDE-MEUBLES, lieu où l’on gardeles meubles. Ce mot signifiait aussi, à la cour, et dans la maison des grands, l'officier quigardait lesmeubles du roiou du prince. Avant 1789, le garde-meubles de la couronne était dans un des bâtiments qui décorent la place Louis XV, aujourd’hui place de la Concorde. Cetédificerenferme maintenant les bureaux du ministère de la marine, A l’ancien gardemeubles il y avait trois salles. Dans la première on voyait, entre autres armures de très-grand prix, celle de François I°* à la bataille de Pavie, et celle de Henri II au tournois où il fut blessé mortellement par le comte de Montgomery. Des tapisseries fabriquées les unes en Flandre, les autres aux Gobelins, d’après les tableaux de Raphael, Lebrun, Coypel, Jouvenet, ete, ornaient la seconde salle. La troisième contenait des objets extrêmement riches, des vases de jaspe ou d’agate, des carquois, des fusils et des pistolets garnis d’or et de perles, la nef d’or duroi, pesant 106 mares, la chapelle d’or du cardinal de Mazarin, dont presque toutes les pièces étaient couvertes de diamants. En 1789 chaque résidence royale avait un garde-meubles; et un assez grand nombre d'officiers, appelés aussi gardemeubles, étaient atlachés à cette partie du service. Cazotteétait garde-meubles de la grande écurie du roi. Une partie des divers garde-meubles fut comprise dans les suppressions opérées en 1787 dans la maison du roi, de la reine et des princes, par Louis XVI.
Jusqu'en 1658, les meubles, curiosités et bijoux appartenant à la couronne furent conservés dans l’hôtel du Petit-Bourbon, près du Louvre. Transféré de là à l'hôtel Conti, puis en 1770 à la place Louis XV, le garde-meubles fut installé, en 1806, dans l’ancien hôtel du général Junot, rue des Champs-Elysées. La Restauration létablit rue du Faubourg-Poissonnière, hôtel des Menus- Plaisirs. Il est depuis 1855 dans un grand bâtiment construit rue de l’Université, au coin du quai d'Orsay, près du Champ de Mars.
GARDE-MEUBLES (Vol du). Voyez Diamanrs.
GARDE-MINES, agent auiliaire des ingénieurs des mines, pour Ja surveillance et l’exploitation, pour la levée et la copie des plans. Il y en a 5 classes, dontle traitement varie de 900 à 2,000 fr. Ils sont nommés, après examen, par le ministre des travaux publics.
GARDE MOBILE, Le 25 février 1848, au malin, le gouveruement provisoire fit paraître l'arrêlé suivant : « Vingt-quatre bataillons de garde nationale mobile seront immédiatement recrutés dans la ville de Paris. Ces gardes nationaux recevront nne solde de 1 fr. 50 €. par jour et seront habillés et armés aux frais de la patrie. » L'engagement n'était contracté que pour an. Les officiers et sous-officiers étaient désignés par les suffrages de leurs camarades. Au 15 mai la garde mobile n’était pas encore complétement habillée : elle marcha pour délivrer l’assemblée; mais tout était fini lorsqu'elle arriva. Pendant la terrible insurrection de juin, elle combaitit du côté de la garde nationale et de l’armée, et se fil surtout rerrarquer par une audace, une intrépidité et une fureur sans exemple, A la fin du mois de janvier 1849, Louis-Napoléon, d'accord avec le général Changarnier, renditun arrêté qui réduisit à douze les vingt-quatre balaillons de