‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 4)Chapitre 123 sur 552 · GARDE NOBLE — GARDE ROYALE · texte numérisé non relu

GARDE NOBLE — GARDE ROYALE

qui prenait des proportions inattendues. On ne put parvenir à s'entendre. Un Comité central, résultat de la délégation fort irrégulière d’une partie des bataillons , donnait des ordres occultes. Le 18 mars, le gouvernement tenta de reprendre les canons par la force; l'opération ne réussit pas : nne partie des soldats, levant la crosse en l'air, fit canse commune avec les insurgés. L’insurrection triompha donc facilement (voyez Cowwune). Elle ne fnt entièrement vaineue que le 28 mai, Un ordre du maréchal Mac- Mahon prescrivit alors à tous les habitants de remettre leurs armes entre les mains de lautorité militaire; par là même cessa d'exister la garde nationale de Paris. Le 24 août suivant, sur une proposition signée par 164 membres de l'Assemblée nationale et sur le rapport du général Chanzy, fut adoptée une loi que le Journal officiel du 30 août promulgua en ces termes : « Les gardes nationales seront dissoutes dans toutes les communes de France au fur et à mesure que les progrès de la réorganisation de l'armée le permettront, » Le désarmement des gardes nationales s’opéra sans troubles.

GARDE NOBLE. Lorsque les fiefs devinrent hérédifaires, l'obligation du service militaire continua à subsister comme auparavant, Or, il pouvait arriver qu’en mourant le vassal ne laissât que des enfants en bas âge, incapables de servir leur seigneur. Pour suppléer au défaut de l’âge ou du sexe, on conféra au seigneur la surveillance du fief ; ce qui lui assurait en même temps le service militaire, jusqu’à ce que les héritiers fussent en âge de satisfaire par eux-mêmes aux charges qui leur étaient imposées, On appela garde noble cette espèce de tutelle que le seigneur avait de droit à la mort de son vassal sur ses enfants mineurs, et qu’il conservait jusqu'à leur majorité. La garde noble, dans son principe, fut donc une institution toute politique.

Dans notre France féodale, le droit de garde ne fut pas admis d’une manière générale, il ne s'établit qu’insensiblement, et il y eut même des provinces où on ne le connut jamais. On croit qu'il est originaire de la Normandie. Mais cette institution ne se maintint pas longtemps dans son intégrité, à cause des énormes abus qu’elle engendrait, et bientôt la garde noble fut retirée aux seigneurs pour être confiée aux plus proches parents. Cependant elle se maintint dans sa forme primitive jusqu’en 1789 dans plusieurs provinces, par exemple la Normandie et la Bretagne. Ses effets étaient d’ailleurs différents d’une province à l’autre : le plus souvent le gardien n’était qu'un adminis-

trateur qui devait rendre compte des fruits qu’il perce-

ait. Les père ef mère qui avaient la garde noble de leurs enfants mineurs continuèrent seuls à jouir, dans quelques coutumes, des revenus des biens nobles qui appartenaient à ceux-ci, Camille pe FRiess.

GARDE-PÊCHE, La surveillance et la police de la

pêche sont confiées à des agents assimilés de fous points | aux gardes forestiers de l’État, et que l’on nomme | garde-péche. La loi du 15 avril 1829 reproduit, en les ap-

pliquant à la recherche des filets et autres instruments de pêche prohibés, les dispositions du Code Forestier re-

| latives à la poursuite des délits, aux droits des gardes, à | leurs aftributions, à leur responsabilité, à la rédaction. à

la validité, à la remise de leurs procès-verbaux. GARDE PRÉTORIENNE. Voyez PRÉTORIENS.

GARDE RÉPUBLICAINE, Voyez GARDE DE PARIS.

GARDE-ROBE, chambre voisine de celle où l’on couche, et qui sert à serrer les habits et les hardes, ou à cou-

|cher les valets qu’on veut avoir près de soila nuit. La ! garde-robe, dans les bonnes maisons, était une pièce assez

spacieuse et assez éclairée pour contenir des portraits de famille, à en juger par ce trait de la somédie des Plaideurs

Regarde dans ma chambre ct dans ma garde-robe Les portraits des Dandins, tous ont porté la robe,

Dans les résidences royales ou princières, la garde-robe

était un appartement où l’on mettait les habits du roi ou du prince, et tout ce qui était à l’usage de leur personne; les officiers qui y servaient, et qu’on appelait aussi la garde-robe, y avaient leur logement : « La garde-robe du roi suit toujours

| sa personne , » était une règle de l'étiquette. La charge de . grand-maître de la garde-robe, créée en 1669, était tou- | jours possédée par un des plus grands seigneurs du royaume,

En 1789 elle appartenait au duc de Liancourt. Les deux maîtres de la garde-robe étaient alors MM. de Boïsgelin et de Chauvelin. La fonction du grand-maître consistait à avoir soin des habits, du linge et de la chaussure du roi, de lui mettre la camisole , le cordon bleu et le justaucorps, quand il s’habillait. Toutes les hardes dont le roi ne voulait plus se servir étaient à la disposition de ce grand officier. Les jours d'audience, il avait place derrière le fauteuil royal, à côté du premier gentilhomme. Sous ces trois officiers étaient quatre premiers valets de garde-robe, un valet de garde-robe ordinaire, seize valets de garde-robe par quartiers, quatre garçons de garde-robe ordinaires, sans compter les titulaires en survivance, et les valets ou garçons retirés, mais ayant conservé les honneurs du service. A la garderobe étaient attachés porte-malle, cravatiers, tailleurs, etc: On voit par les almanachs jusqu’en 1789 que la garderobe de la reine et des princes frères du roi ne comprenait pas un personnel moins nombreux. A la garde-robe de la reine et des princesses étaient attachées une femme de garderobe des atours, puis une porte-chaise d’affaires.

Les maîtres et autres officiers de la garde-robe, supprimés par la révolution de 1789, reparurent avec la cour impériale. La Restauration, en nous rendant une partie de l’ancienne étiquette, rétablit la garde-robe royale dans ses honneurs. Sous le grand-chambellan étaient quatre premiers chambellans, maîtres de la garde-robe; sous ces quatre officiers était un personnel nombreux de valets et de garçons. Louis-Philippe ne conserva pas ce luxe de domesticité. €hez les grands seigneurs, après les valets de chambre, il y avait souvent un valet de garde-robe, chargé de toute la grosse besogne de la chambre et de la garde-robe. Aujourd’hui que la richesse fait en France les grands seigneurs, quelques banquiers enrichis ont leur personnel de garde - robe aussi bien que certaines grandes maisons du noble faubourg Saint-Germain.

Garde-robe se dit encore des hardes et des habits d’un prince ou d’un particulier. La garde-robe d’un acteur s’entend spécialement de ses costumes. Dans les couvents, les colléges, aux théâtres, près des cours, tribunaux et assemblées, dont les membres portent un costume particuliers, le lieu qui contient la garde-robe se nomme vestiaire. On connaît l’anecdote de ce Gascon qui, par le plus rudehiver, passait sur le Pont-Neuf très-légèrement vêtu : « Comment fais-fu pour ne pas avoir froid? lui dit Henri IV, qui grelottait sous un bon manteau. — Faites comme moi, sire, meitez toute votre garde-robe. »

Garde-robe a une dernière signification, que nous ne pouvons sérieusement relater ici. On appelle contes, plaisanteries de garde-robe certains traits de gaieté qui roulent sur ce sujet: nos bons aïeux les aimaient beaucoup, et l’auteur de Pourceaugnac et du Malade imaginaire ne les a pas dédaignés. Louis-Philippe lui-même ne les détestait pas, à en juger par le succès du Maire d'Eu. Aujourd'hui que la bonne et naïve gaieté française a passé, comme tant d’autres excellentes vieilleries, ces plaisanteries-là ne sont plus de mise : on pardonnerait plus volontiers d’impudiques équivoques, tant les mœurs ont gagné. Les Mémoires de Saint Simon nous apprennent que le duc de Vendôme uonnait ses audiences dans sa garde-robe, étant sur sa chaise percée ; et il n’en fit pas moins bien les affaires de la maison de France en Espagne. Charles Du Rozoir.

GARDE-ROBE. Voyez SELLE.

GARDE-ROBE (Botanique), nom vulgaire de la citronelle et d’une espèce du genre santoline.

: GARDE ROYALE, Les rois de France de la premier

race empruntèrent aux empereurs romains l'usage d’entretenir à leur suite une garde prétorienne. Celle de Clovis consistait dans l'élite de sa cavalerie, très-peu nombreuse à cette époque. En 587, Gontran, petit-fils de ce prince et roi d'Orléans, s’occupa plus particulièrement de l'organisation d’une garde, qu’il composa d'infanterie et de cavalerie. En 768 , Charlemagne augmenta la sienne sur le modèle de celle-ci, et la forma d’un personnel de choix, pris parmi les hommes d'armes (gendarmes, ou grosse cavalerie) et les troupes féodales, ou infanterie des communes. Il créa en outre un corps, qu’il divisa en deux sections. Les premiers, qui étaient chargés de la garde intérieure du palais, prirent le nom d’Auissiers ; les seconds , appelés ostiarii ou custodes (portiers), eurent la surveillance extérieure des habitations royales. L'organisation de ces différentes gardes se maintint à peu près sur le même pied jusqu’au règne de Philippe I°". Quelques légers changements y furent apportés par ce prince en 1060, et par Louis VI en 1108. Lorsque, en 1192, Philippe- Auguste prépara son expédition de Palestine, il se donna une garde particulière de servientes armorum ( sergents d’armes, sergents à masse). Composée d’environ 200 hommes, elle servait à pied dans l’intérieur du palais, et à cheval à l'extérieur, en marche ou en campagne. Son service était à peu près celui desgardes du corps. On vit les sergents d'armes se distinguer à la bataille de Bouvines, à la tête de la cavalerie de l’armée. Cette garde disparut entièrement sous le règne de Charles VI. Les osfiarii, créés par Charlemagne, se trouvent encore en 1261 et 1285, sous le titre de portiers de la garde du roi. C’est l’origine de la compagnie des gardes de la porte. En 1383, Charles VI créa, pour l’accompagner dans son expédition en Frandre, une garde de 400 hommes d'armes, qui figura avec honneur à la bataille de Rosebèque. Lorsque, en 1425 et 1445, Charles VII forma la gendarmerie en compagnies d’ordonnance, il en prit deux dans sa garde. Les autres entrèrent dans la composition des compagnies de gentilshommes de chevaulégers et de gardes du corps, instituées sous les règnes suivants.

Louis XI ne vivait dans une demi-sécurité qu’au milieu de ses gardes ; aussi chercha-t-il à en augmenter l'effectif à diverses époques. En 1473 il créa une compagnie de 100 archers, et en 1474 une compagnie de 100 lanciers gentilshommes, appelés depuis au bec de corbin, parce que leur hache d’armes figurait un bec de corbeau. Depuis leur institution, que quelques historiens font remonter à 1414, ces hommes d’armes entretenaient chacun deux archers : Louis XI en forma deux compagnies en 1479. On a souvent confondu cette troupe avec la compagnie de 200 hommes d'armes créée en 1468, et qui plus tard prit le titre de gexidarmes de la garde. C’est aussi à Louis XI que l’on attribue, en 1478, la création de la compagnie des cent Suisses, qui, en 1498, prit le titre de compagnie des cent hommes de guerre de La garde. Lorsque, vers la fin de sa carrière, il habita le château de Plessis-lès-Tours, sa garde se composait d’écuyers du corps, de trois compagnies de gardes du corps (900 hommes), d’une compagnie de lanciers gentilshommes (150 hommes), de deux compagnies d’archers du corps (200 hommes), de quelques autres gardes à cheval, qui avec l'infanterie formaient un effectif d’environ 4,000 hommes. Charles VII eut aussi l'ambition d’avoir une garde nombreuse, mais elle fut plutôt destinée à le seconder dans ses conquêtes qu’à la conservation de sa personne. Deux cents crennequiniers, ou arbalétriers à cheval de la garde, le suivirent dans son expédition de Naples, en 1492. Ces cavaliers, supprimés au commencement :du règne de Louis XI, furent remplacés par une garde flamande, trèsnombreuse, composée d'infanterie. Elle se signala particulièrement à la bataille de Ravenne. Charles VIII créa une seconde compagnie de lanciers, qui prit le nom de gentilshommes extraordinaires de la garde du roi. Alors l'ancienne garde et celle des archers du corps fut appelée petite garde, par opposition avec la nouvelle, que l'on nomma g'and aarde.

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