GARDE NATIONALE
Brune], Eudes, Gustave Flourens, Langlois, Ibos, Millière, Razoua, etc. Le service aux remparts fut divisé en neuf secteurs, Chacun sous le commandement d’un général ou dun amiral.Un décret du gouvernement ordonna que les gardes nationaux réunis à Paris pendant le siège, pour concourir à la défense de la ville, et n’ayant d’autres res-
sources que leur travail, recevraient, quand ils en feraient »
la demande, une indemnité de 1 fr. 50 par jour. On ne vit plus de tous côtés, dans l'intérieur de Paris, que des gardes nationaux s’exerçant au maniement des armes et aux marches militaires; mais on les vit aussi trop souvent se livrer, en dehors du service, à des manifestations patriotiques , dont le gouvernement eut à réprimer l'abus, dans l'intérêt de la discipline et de la tranquillité publique. Le nombre des bataillons finit par monter à 260. 11 est vrai que 248 seulement purent être armés, soit de fusils à pis= ton, soit de fusils à tabatière, soit de chassepots; les autres, munis de pelles et de pioches, devaient étre employés aux travaux de terrassements et constituer le corps du génie civil.
Une partie de la garde nationale, appartenant surtont aux bataillons des quartiers excentriques, concourut à la tentative insurrectionnelle du 31 octobre, mais le plus grand nombre se rangea du côté du gouvernement. Par décret du 3 novembre, Clément Thomas fut nommé commandant supérieur en remplacement du général Tamisier, Le 8 novembre, le gouvernement décréta que dans chaque bataillon il y aurait quatre compag ies, dites compagnies de guerre ou de marche, composées d'hommes pris dans les catégories suivantes, en observant l’ordre des c:tégories ; volontaires de tout âge; célibataires ou veufs sans enfants de 20 à 35 ans; célibataires ou veufs sans enfants de 35 à 45 ans; hommes mariés on pères de famille de 20 à 35 ans; hommes mariés ou pères de famille de 35 à 45 ans. On réunit ces compagnies de guerre en bataillons mobilisés, à quatre compagnies par bataillon, et l’on forma de quatre bataillons un régiment, sous le commandement d’un colonel ou d’un lieutenant-colonel, Le 24 novembre, des compagnies de guerre, celles du 72° bataillon (Passy- Auteuil), sortirent pour la première fois contre l'ennemi; elles se distinguèrent à Bondy, où elles enlevèrent plusieurs barricades aux troupes saxonnes. Le 29, les compagnies de guerre des 1062 et 1162 bataillons se conduisirent non moins bravement à la prise de la Gare-aux-Bœufs, près de Choisy. C’est surtout le 19 janvier 1871, à l’aflaire de Montretout et Buzenval, que la garde nationale de marche fit preuve d’élan et de vigueur, Mêlée seulement alors aux bataillons de mobiles et aux régiments de ligne, elle fut engagée dès la pointe du jour et combattit jusqu’au soir. L'émotion causée par l’insuccès de cette tentative suprême de sortie amena la journée du 22 janvier, Des gardes nationaux appartenant à divers bataillons, notamment à ceux de Belleville, de Montmartre et de Montrouge, se rendirent sur la place de l’Hôtel-de-Ville, en criant : « Défense à outrance! Levée en masse! » Une collision s’ensuivit entre eux et les mobiles qui gardaient l'hôtel de ville; plusieurs morts et un assez grand nombre de blessés Lombèrent sous les balles.
Par la convention d’armistice du 28 janvier, la garde nationale conserva ses armes, et fut chargée de la garde de Paris et du maintien de l’ordre. A la nouvelle que l’armée prussienne se préparait à entrer dans Paris et à occuper les Champs-Élysées, des gardes nationaux, aidés par des enfants et des fermes, allèrent chercher les canons placés dans le quartier de la capitale où devait séjourner l'ennemi, et les emmenèrent sur divers points, principalement à Montmartre et à Belleville. Après le départ de l'ennemi, les chefs du mouvement ne cessèrent pas de faire garder ces canons, Clément Thomas avait été remplacé, le 3 mars, dans le commandement en chef, par le général d’Aurelles de Paladine, Celui-ci se mit en rapport avec les chefs de bataillons pour termiuer à l'amiable cette affaire,