‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 4)Chapitre 133 sur 552 · GARNIER-PAGES — GARNISON · texte numérisé non relu

GARNIER-PAGES — GARNISON

| Un appartement loué par lui, au deuxième étage d’une maison de la rue Montmartre, située près du passage du Saumon, reçut les bureaux de la société ressuscitée, qui envoya aussitôt force circulaires dans les départements. Lesdépenses considérables de propagande faites alors furent | amplement couvertes par les nombreuses adhésions qu’on | obtint, d’abord parmi les hommes sincèrement patriotes, qui croyaient que la révolution ne devait pas avoir été | faite uniquement dans l'intérêt de la famille d'Orléans et | qu’il fallait aussi que la liberté y gagnât quelque chose; en | second lieu, parmi les ambitieux de bas étage, toujours | si nombreux en France à la suite des changements de gou- | vernement, qu’ils veulent exploiter à leur profit. Grâce à | l'irhpulsion que lui donna Garnier-Pagès, la société Aide-toi prit tout de suite un caractère franchement républicain ; aussi, lorsqu’en 1831 son fondateur réussit à se faire élire député, Casimir Périer employa-t-il, mais inutilement, toutes les ressources dont il dispoait comme chef du cabinet | pour faire casser une élection qui équivalait à une déclaration de guerre ouverte faite à la monarchie par une fraction de l’opinion publique.

Garnier-Pagès apporta à la chambre une éloquence calme, une dialectique pleine de force et de finesse; et, obligé de Jutter presque seul pour la défense des idées avancées dont ilétait le représentant le plus franc, il déploya dans la lutte qui s'engagea tout aussitôt entre lui et une majorité compacte et passionnée une énergie peu commune jointe à une grande habileté pour provoquer ou éviter, suivant l’occasion, les escarmouches parlementaires, qui font quelquefois pour le triomphe d’une opinion plus que de grandes batailles. Malgré ses principes essentiellement antipathiques à à la majorité, il finit par conquérir l’estime personnelle de ses adversaires eux-mêmes, qui ne pouvaient s'empêcher de rendre hommage à sa tenue pleine de dignité et toujours conforme aux plus scrupuleuses convenances. Le Compterendu qu'il signa au commencement de 1832, avec quarante autres députés de l’extrème gauche, fut le premier acte de sa carrière parlementaire qui le mit en relief, L’insurrection du 5 juin 1832 ayant été comprimée, le pouvoir résolut de le comprendre dans les poursuites qu’il dirigea à cette occasion contre les principaux chefs du parti républicain. Réduit à se cacher tant que dura l’état de siége à Paris, Garnier-Pagès comparut devant la justice régulière aussitôt que la cour de cassation eut contraint le pouvoir à rentrer dans la légalité; et un verdict du jury le renvoya de l’accusation dont il était l’objet.

Quand éclata l'insurrection de Lyon, sa position dans la chambre fut des plus délicates; mais sans désayouer ses amis politiques, sans faire aucun sacrifice à ses opinions, il soutint avec autant de courage que d’habileté le choc des bataillons ministériels qui se ruaient constamment sur lui, dans l'espoir de pourfendre le parti républicain dans la persome de son représentant, En toute occasion il fut l'avocat non-seulement de la réforme électorale, mais encore du suffrage universel. Attaqué depuis longtemps d’une maladie de poitrine, il mourut à Paris, le 23 juin 1841.

GARNIER-PAGÈS (Louis-AnroINE PAGES, dit), frère utérin du précédent, est né le 18 juillet 1803, à Marseille. File d'un professeur au collège de Sorèze, il devint en 1825 courtier de commerce à la Bourse de Paris et vendit sa charge vingt ans plus tard. J1 recueillit la succession polifique de son frère, dont il partageait toutes les idées, et fut élu, en 1842, député de l'arrondissement de Verneuil (Eure). A la chambre il siégea à l’extrâme gauche et traita surtout les questions financières, La révolution de 1848 fit de Jui un des membres du gouvernement provisoire et le maire de Paris. Le 5 mars il succéda à Goudchaux comme ministre des finances. En face d’une situation périlleuse il n’hésita pas à proposer le cours forcé des billets de banque et impôt des 45 centimes, qui fut si mal accueilli des camnagnes et dont la mauvaise foi des partis fit si longtemps une arme contre la république. Il créa en outre

les coupures de 100 fr., fusionna les banques départementales avec la Banque de France et fonda les comptoirs d’escompte. Sa gestion fut approuvée par un vote unanime de l’Assemblée. Nommé membre de la commission exécutive(11 mai), il resta au pouvoir jusqu’à l'insurrection de juin et prit ensuite part aux travaux de la Constituante. Non réélu à la Législative, il rentra dans la vie privée.

Après avoir échoué à Paris lors des élections de 1857, M. Garnier-Pagès réussit dans celles de 1864. Il prit fréquemment la parole au Corps législatif, et s’occupa des questions de finances et de politique étrangère. Le 4 septembre 1870 il fit partie, à titre de député de 1a Semne, du gouvernement de la Défense nationale ; mais il n’y joua qu’un rôle des plus effacés. Lors des élections du 8 février 1871 il se vit entièrement abandonné par le suffrage universel, et s’éloigna de la vie publique. Outre l’Épisode de la révolution de 1848 (Paris, 1850), apologie de sa conduite dans l'administration des finances, il a fait paraître une /listoire de la révolution de Février (1860 1865, 8 vol. in-80), récit, fait au point de vue de l’opinion républicaine modérée, de tous les actes révolutionnaires qui agitèrent l’Europe en 1848, plein de documents authentiques, mais écrit avec peu de méthode; et une Histoire de la Commission exécutive (1869-1872, 2 vol, in-8°).

GARNISAIRE. On appelait ainsi autrefois le gardien d'une saisie. Le mot garnisaire n’est plus appliqué qu’en matière de contributions. C'est la personne établie chez le contribua ble en retard. Les lois fixent son salaire, qui doit être payé par le contribuable ; ce qui contraint celui-ci à s'acquitter de ses impositions dans la crainte de frais considérables. Sous la République et l’Empire, de: soldats garnisaires étaient établis au domicile des parents des conserits qui n'avaient pas répondu à l’appel de la loi ou des déserteurs, qui avaient abandonné leur drapeau. Ces soldats devaient être logés et nourris par les parents des réfractaires, qui en outre étaient obligés de leur payer par jour une somme déterminée. Des garnisaires ont été imposés dans d’autres circonstances et pour d’autres causes, snrtout à l’époque du séquestre des biens d’émigrés, et de la loi des suspects. DurEx (de l'Yonne).

GARNISON. Ce mot, dérivé du teuton, se trouve dans le bas latin garnisio. Un poste était garni, quand il était fortifié, quand il avait ses munitions, ses dé'enseurs : telle était l’acception à la naissance de la langue francaise. Une armée avait aussi sa garnison ou ses garnitures; Guil- Jaume de Nangis dit : « Chassés du champ de bataille, ils perdirent non-seulement leur garnison (c'est-à-dire leurs vivres), mais toutes leurs machines de guerre. » Au quinzième siècle, ce terme a commencé à être synonyme d’establie ou lieu d'établissement. Le connétable était roi des establies ou établies. M. de Barante a traduit cette locution par la qualification : maître des garnisons; ainsi s’intitulait Budée en 1413. Les garnisons considérées comme un personnel ne se sont formées que par la volonté des seigneurs fieffés. Il y avait peu ou point de villes fermées; il n’y avait de garnison que dans les châteaux. Quand les villes et les communes s’émancipèrent, les troupes de garnison passèrent sous les ordres des fonctionnaires municipaux. La commune était-elle puissante, elle se donnait garnison, mais se refusait à recevoir garnison, si ce n’est en temps de guerre. Toutefois, en temps de paix elle se gardait elle-même, soit par une corvée civique, soit en entretenant des stipendiaires. Le maire ou le chef de Ja communauté avait seul le droit de monstre, c’est-àdire que le roi lui-même n’eût pu passerrevue que du consentement des citoyens.

Charles VIL accoutuma peu à peu les villes à admettre de petites garnisons royales, même en temps de paix ; mais les communes , en consentant à entretenir ces troupes de leurs deniers au moyen de la {aille des gendarmes, stipulèrent qu’elles n’outre-passeraient pas une trentaine de soldats des compagnies d'ordonnances. Quelques villes ne

souffrirent pas que leur monstre, c'est-à-dire le droit de passer revue de ces détachements de l’armée royale, fût confiée à d’autres qu’au maire lui seul. Par là les bourgeois avaient en vue de se soustraire aux exigences, aux extorsions que les hommes de guerre ne sont et n'étaient, surtout alors, que trop disposés à se permettre. Louis XI fit, dans son intérêt et dans celui de la royauté, mieux que son père ; il réussit à imposer de grosses garnisons aux villes puissantes, Louis XII parvint à enraciner ces coutumes, et ses successeurs commencèrent à délégner des commissaires pour passer monstre de garnisons. C'était la reconnaissance et l’accomplissement des principes de la centralisation : le pays échangeait de la liberté, mais aussi de l’anarchie, contre une forme plus puissante et meilleure de gouvernement.

« Quand on ne craint pas de guerres, dit Machiavel (Tableau de la France), les garnisons (c’est-à-dire le personnel armé et royal) sont d'ordinaire au nombre de quatre, savoir : en Guienne, en Picardie, en Bourgogne, en Provence; elles sont augmentées ou échangées d'un lieu à l’autre, suivant les circonstances. Cependant, les habitants, toujours jaloux d’une ombre d'indépendance, faisaient généralement, dit le même écrivain, fondre à leur compte des canons, pour imposer aux mililaires qui se seraient montrés enclins à abuser de leurs armes. » Cette peinture des usages français que trace Machiavel témoigne que le nom garnison donnait plutôt alors l’idée d’une division territoriale , d’une grande circonscription politique, qu’elle ne représentait une troupe chargée spécialement de la garde d’une ville. Depuis les guerres de religion et sous Henri IV, au contraire, ce qu’on appelait les garnisons étaient les corps de troupes non constitués en régiment, et occupant, sous forme de compagnies, d’enseignes ou de bandes royales, les villes ou les contrées où il ne se trouvait pas de régiments. Les régiments étaient les garnisons portant le nom du pays gardé : ainsi, le régiment de Picardie était primitivement l’armée permanente de Picardie. Les garnisons proprement dites étaient des troupes temporaires, différant par là des régiments ; elles portaient le nom de leur chef, et n'étaient pas attachées de préférence à un lieu plutôt qu’à un autre, Un genre différent de garnisons était les mortes-payes, dernière trace de l'anarchie militaire, dont la puissance de Louis XIV a fait raison. C’étaient des ramas de vieux soldats que les gouverneurs de villes et de provinces achetaient et soldaient aux frais de leur gouvernement, et qui étaient comme les gardes du corps, les estaliers de leurs chefs, dont ils épousaient et défendaient lesintérêts, fût-ce même en se mettant ouvertement en lutte contre le trône.

GARNISON — GAROFALO

GARNITURE. Voilà un mot dont les acceptions mul: tiples indiquent, suivant les circonstances, des choses fort éloignées les unes des autres : l'architecte l’applique à tout ce qui lui sert à garnir un toit; pour lui les ardoises, les

tuiles, le plomb, les lattes, sont des garnitures; l’artificier la

réserve pour les substances dont il remplit ses diverses pièces ; dans la marine, c’est la réunion des manœuvres utiles pour mettre une mâture en état de porter la voile; le fourbisseur appelle garniture la garde, le pommeau, la branche et la poignée d’une épée; dans les imprimeries, les garnitures sont de petites règles carrées plus ou moins épaisses, ou autrement dit des parallélipipèdes, de longueur et de largeur indéfiniés en bois ou en alliage d'imprimerie, Ces règles sont pleines, ou le plus souvent aujourd’hui creuses, afin de les rendre plus économiques, et de là est venu leur nom de garnitures à jour. Par ce mot de} garniture, le

| tapissier exprime les meubles d’une chambre, et plus spé-

Garnison se dit encore d'un ou de plusieurs hommes !

qu’on établit en quelque maison pour contraindre un débi- :

teur à payer et pour y demeurer à ses frais jusqu’à ce qu’il

paye, ou pour veiller à la conservation des meubles saisis !

chez lui (voyez GARNISAIRE). G*! Barpin.

cialement l’intérieur et l'entourage d’un lit, tels que matelas, lit de plume, sommier ou paillasse, traversin, oreillers, couvertures et rideaux. Le bijoutier nomme garniture la cage, par exemple, d’une tabatière, et plus particulièrement toute fermeture garnie de sa charnière. Les lapidaires et les joailliers font à ce mot beaucoup plus d'honneur. Chez eux, il n’exprime plus une chose secondaire, il forme l’ensemble de ce qu’uné femme désire chaque jour, et envie le plus au monde, quelque jolie qu’elle soït, en un mot, d’un écrin complet composé plus ou moins richement. Chez la marchande de modes et la couturiere, ce mot ne tient pas un rang si brillant. Cependant il est pour elles la pierre de touche du bon gout: en effet, telle marchande fort habile à la coupe n'obtiendra pas la vogue si elle ne sait point faire avec goût une garniture, c’est-à-dire jeter avec grâce un nœud, une plume, nne fleur sur un chapeau ou sur une robe, et découper ou chiffonner, au gré du jour, les étoffes qui les ornent. Les garnitures sont donc dans ces deux états tout à fait secondaires, et pourtant elles sont tellement essentielles qu’il serait difficile de calculer le nombre de migraines et de maux de nerfs que peut produire dans une année, surtout à Paris, l’influence des garnitures de modes. Mais c’est en termes de cuisine que ce mot, prononcé par un gourmet, prend une grave importance; ainsi, enlévez à un ragoût de godiveau sa garniture, autrement dit ses champignons, ses truffes, ses fonds d’artichauts, ses ailerons, crêtes et rognons de coq, le mets ne sera plus présentable. Malheureusement, ces ressources de Part culinaire ne se vendent guère publiqument qu’à Paris ou dans les grandes villes ; et tel cuisinier célèbre, exilé en province, se verra forcé, pour sauver sa réputation, de finir comme Vatel, faute de pouvoir trouver à temps les garnitures dont il aura besoin. J,OnoLanr-DEsNos. GAROFALO où GAROFOLO (BENvEnuto, dit LE), dont le véritable nom était Benvenuto Tisio da Garofalo, cé-

; lèbre peintre d'histoire de l’école italienne, né en 1484, à Ga-

Dans son acception principale, garnison signifie aujour- ; d’hui à la fois et les troupes de toutes armes casernées, can- ! partir de 1498, à Crémone, dans l'atelier de Boccaccino Boc-

tonnées ou logées dans une ville, ou dans une place de guerre, et la ville ou la place occupée par ces troupes. Chez nous, les troupes en garnison dans l’intérieur sont sous les ordres des généraux de division et de brigade, commandant les divisions et subdivisions militaires territoriales. La vie de garnison convient peu au caractère français; la répétition monotore des mêmes exercices, des mêmes devoirs, fatigue et ennuie le soldat, rétrécit et amortit l'esprit, l’imagination et les facultés de l'officier, Celui-ci, trop abandonné à lui-même, ne sait que faire de son temps : il fume, il bäille, il boit du café, de l'eau-de-vie, de la bière, il joue aux dominos et au piquet dans les estaminets et les cafés. On a cherché en haut lieu à utiliser ces loisirs inutiles, on n’a pu y réussir jusque ici. Lorsqu'une nation est en progrès, son armée cependant ne saurait étre stationnaire et oisive dans ses garnisons. Du temps du système représentatif, la promesse d’une garnison enlevait souvent bien des suffrages dans un collége électoral,

rofolo, près de Ferrare, étudia les principes de l’art dans sa ville natale, sous la direction de Domenico Panetti, et, à

cacci. Plus tard, il se rendit à Rome, et s’y perfectionna par l'étude des œuvres des meilleurs maitres, Après avoir s6journé ensuite pendant quelque temps à Mantoue, il revint de nouveau à Rome, où il s’attacha tout à fait à Raphael, qui se fit souvent aïder par lui dans la composition de ses grandes toiles. Chargé avec d'autres artistes par Alphonse 1°° de Ferrare de l'exécution de nombreux travaux dans le château de ce prince, ce ne fut que dans les dernières années de sa vie qu’il se retira dans la ville qui l'avait vu naître, et où il mourut, le 6 septembre 1559, quelques années après avoir perdu la vue. Ses toiles témoignent de l’influence de tontes les écoles qu'il avait suivies, notamment de l'école Lombarde et surtout de celle de Raphael, sur son talent, On ne saurait toutefois y méconnaitre la manière particulière à l'école de Ferrare, c'est-à-dire son style large et son coloris vif et lumineux, Garofalo a emprunté à Raphael une certaine clarté, une expression de douceur et un type

GAROFALO

de béauté qui, joints à ses qualités particulières, donnent un grand prix à ses œuvres. C’est à Rome que se trouvent la plus grande partie des toiles laissées par ce peintre; cependant les galeries de Rerlin, de Dresde et de Vienne en ont aussi quelques-unes. Notre Musée du Louvre possède de lui plusieurs Saintes Familles, la Circoncision, le Mystère de la Passion ; ces deux derniers tableaux ont longtemps été attribués à Doso. Parmi les chefs-d'œuvre de Garofolo, on cite Le Massacre des Innocents, La Résurrection de Lazare et La Prise de Jéricho, qu'il peignit de 1519 à 1524 dans l'église de Ferrare ; une Samaritaine, un Mar: tyre de saint Pierre Dominicuin, peint en concurrence avec le célèbre tableau du Titien, et qui, au dire de Vasari, pourrait consoler de la perte de ce chef-d'œuvre du grand peintre vénitien, si jamais il venait à être anéanti.

GARONNE, lun des plus grands fleuves de la France, prend sa source au fond de la vallée d’Aran, qui appartient à l'Espagne, à environ $ kilomètres de nos frontières. Après avoir disparu au éoro de Venasque, ses eaux sourdissent de nouveau au plan de Goueou, d'où, grossi par les mille torrents de la vallée, il s’'avance vers le territoire français, qu'il atteint au Pont-du-Roi, au-dessus de Fos et de la petite ville de Saint-Béat. Près de là se trouve le Pic de Gar, qui s'élève à 1,812 mètres de hauteur absolue, et qui a donné son nom à ce vaste cours d’eau. La Garonne passe successivement par Muret, Toulouse, Grenade, le Mas de Verdun, Agen, Tonneins, Marmande, La Réole, Langon; elle a son cppnent avec la Dordogne, au Bec - d’Ambès , et de là jusqu’à la mer prend le nom de Gironde. C'est sous cenom qu’elle arrose Bordeaux, Blaye, etc. Son cours est de 650 kilomètres, dont 86 flottables, des environs de Pont-du- Roi jusqu’à Cazères. De là le fleuve est navigable sur 470 kilomètres. Ses principaux affluents sont à droite, le Salat, la Rize, l’Ariége, le Grand-Lers, le Tarn, le Lotet la Dordogne ; à gauche, la Piqué ou lOnne, l’Ourse, la Neste, le Gers, la Bayse. La largeur moyenne de la Garonne à Toulouse est de 200 mètres ; elle est de 205 vers Agen, de 486 à Bordeaux, près des culées du pont; de 3,873 à Blaye. Du Bec d’Ambès jusqu’à son embouchure, elle peut ètre considérée commé un bras de mer. La marée monte jusque vers Langon. La partie inférieure de la Garonne est bordée des deux côtés par des marais, dont le sol est plus ou moins au-dessous des hautes marées. Par sa jonction avec le canal du Midi, sous les murs de Toulouse, la Garonne établitune communication entre l’Océanet la Méditerranné pour le transport des marchandises.

Alexandre pu MÉGe.

GARONNE (Département de la HAUTE-). Situé au sud-ouest de la France, sur la frontière de l'Espagne, il est formé du Languedoc (diocèse de Toulouse, Lauraguais) et de la Gasçogne (Comminges, Nébouzan, Quatre-Vallées, Couserans, Lomagne), 11 a pour bornes au nord le département de Tarn-et-Garonne; au nord-est, celui du Tarn: à l’est, celui de l’Aude; au sud-est, celui de l’Ariège; au sud, l'Espagne; à l’ouest, les départements des Hautes- Pyrénées et du Gers. Divisé en 4 arrondissements, dont les chefs-lieux sont Toulouse, Muret, Saint-Gaudens et Villefranche, 39 cantons, 578 communes, il compte (1866) 493,777 habitants. Il envoie dix députés à l’Assembléé, Il est compris dans la 12e division militaire, forme le dio cèse, l'académie et le ressort de la cour d’appel de Toulouse. On y compte 1 lycée, 2 collèges, 23 institutions secondaires, 959 écoles primaires et 22 salles d’asile. Près de la moitié des habitants ne savent ni lire ni écrire,

Sa superficie, d’aprèsle cadastre, est de628,988 hectares, dont 360,240 en terres labourables; 43,687 en prés; 50,053 en vignes; 92,627 en bois ; 45,992 en landes et bruyères, ete. L'enquête de 1862 donnait aux cultures de ce département une valeur totale de 113 millions et y recensait 36700 moutons, 140,000 bœufs, 93,000 porcs et 38,000 chevaux, ânes ou mulets. Il y avait, en 1864, 10 usines en activité pour l’industrie du fer, la fonte, l'acier de cé-

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