‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 4)Chapitre 134 sur 552 · GARRICK · texte numérisé non relu

GARRICK

mentation, le cuivre laminé, 58 élablissements pourvus

de machines à vapeur, et 44 machines d’une force totale

de 217 chevaux.

Le pays est très-élevé au sud du département, où ii est appuyé à la partie culminante du faîte des Pyrénées ; il est même couvert en partie des contreforts de cette chaine. Le point culminant du département est la Maladella, ou Pic Nethou, dont le sommet appartient à l'Espagne , et qui à 3,404 mètres de hauteur. Les cours d’eau qui arrosent ce département sont la Garonne, le Gers, le Salat, la Rize, l’Ariége , le Lers, le Tarn, la Neste, et quelques autres rivières, dont les lits sont souvent à sec. Les ours et lesisards habitent les montagnes de la partie méridionale du département; les loups et les renards se rencontrent dans les bois. Le gros et le menu gibier sont abondants, les eaux généralement poissonneuses ; le sol recèle beaucoup de richesses minérales : fer, cuivre, plomb, antimoine, bismuth, houille et marbre. On y trouve aussi un grand nombre de sources thermales, entre autres celles de Bagnères de Luchon et d'Encausse. L'agriculture y est avancée, et ses principaux produits sont les céréales, le maïs, le lin et les vins, surtout les vins rouges d'ordinaire. L'élève du bétail est la principale industrie des habitants des montagnes. On récolte aussi beaucoup de truffes.

L'industrie est très-active et très-variée; le travail du fer et de l’acier pour la fabrication des râpes, limes, faux et faucilles en est la branche principale. Viennent ensuite les cuivres laminés, les cuirs, les maroquins, les fils, et les tissus de lin et de coton, la porcelaine, la faïence, les chapeaux de paille, etc.

Le commerce consiste surtout en grains, farines, vins et bois, mulets, volailles grasses et conserves de volailles, produits manufacturés. 11 s’y fait aussi un commerce très-actif

de transit avec l'Espagne. 6 Chemins de fer, 8 routes nationales, 33 départementales, 3,963 chemins vicinaux, 4 rivières navigables, 3 canaux (ceux du Midi, le latéral à la Garonne et de Brienne) traversent ce département, dont le chef-lieu est Toulouse. Les endroits principaux sont en outre : Saint-Gaudens, près de la Garonne et sur le chemin de fer de Toulouse à Tarbes, avec 5,166 âmes, des tribunaux civil et de commerce, un collège, des fabriques de porcelaine et de faïence, de rubans de fil, de draps communs, lainages, des moulins à farine, à huile, à foulon, des tuileries, des tanueries, des verreries; Muret, Villefranche, Bagnères de Luchon, Grenade sur la rive droite de la Save, avec 4,204 habitants et un commerce de grains; Villemur-sur-Tarn, etc.

GAROU, substance épispastique. C’est l’écorce du dap hne gnidium. On peut s’en servir sous deux états, soit en ramollissant par une immersion plus ou moins prolongée dans l’eau, et non dans le vinaigre, la petite plaque d’écorce qui doit former l’exutoire, soit en l'employant sèche ou pulvérisée : dans ce cas, l'humidité de la peau suffit pour opérer le même effet que l’immersion, qui nuit toujours plus ou moins à l’activité et à l'énergie du médicament ; on renouvelle plusieurs fois la petite plaque, jusqu’à ce que le vésicatoiresoit bien formé.

On fait encore une pommade au garou, qui a aussi une propriété vésicante. On employait autrefois le garou en décoction contre les hydropisies et la syphilis, mais l’usage en est maintenant abandonné.

GARRICK (Davi), l’un des plus grands comédiens dont l’histoire du théâtre fasse mention, né le 20 février 1716, dans un cabaret du comté de Hereford ( Angleterre), où son père, capitaine dans l’armée anglaise, se trouvait en ce moment pour affaires de recrutement. Sa famille, originaire de la Normandie, et dont le nom primitif était La Carrique, était venue se réfugier en Angleterre à l’époque de la révocation de l’Édit de Nantes. Dès l’âge douze ans, Garrick déploya un remarquable talent de mime en représentant avec ses condisciples une comédie de Farquhart, L'Officier recruteur. Plus tard il fut employé comme conr

mis aux écritures par un de ses oncles, riche négociant en vins à Lisbonne; mais fatigué de ce travail, il revint au bout d’une année en Auglelerre, et suivit alors dans une école de Lichfield les cours que faisait Samuel Johnson sur les classiques grecs et latins. I1 se rendit ensuite avec son pro: fesseur à Londres, où il se livra à l'étude du droit, de la logique et des mathématiques. 11 ne laissa pourtant pas que d’établir alors avec son frère une maison de commerce de vins, qu’il abandonna bientôt à l’effet de se consacrer à la carrière pour laquelle la nature Pavait fait. Après avoir d’abord joué aves beaucoup de succès, à Ipswich, sous le nom de Zyddal, et avoir ensuite fait partie pendant tout un été d’une troupe de comédiens ambulants, il vint à Londres, où, engagé par Gifford, propriétaire du théâtre de Goodmansfield, il débuta sur cette scène, au mois de juillet 1741, dans le rôle de Richard III, et avec tant de succès que bientôt tous les grands théâtres se trouvèrent vides, tandis que la foule se portait au petit théâtre, Son jeu naturel, et complétement différent de la manière traditionnelle, produisait un effet inexprimable. C’est que depuis longtemps déjà il avait fait une étude spéciale de Shakespare, et que son génie avait reconnu dans les tragédies de ce grand poëte les rôles les plus élevés de l’art dramatique. Toutes les sommités littéraires de l'époque joignirent leurs suffrages aux applaudissements du parterre. P ope, alors sur la fin de sa carrière, vint à Londres exprès pour assister à une représentation de Richard III. En 1742 Garrick joua en Irlande ; en 1745, surle théâtre de Drury-Lane à Londres, puis encore une fois à Dublin, jusqu’à ce que, en 1747, associé avec Lacy, il acheta un renouvellement de privilége pour Drury-Lane, où Fleetwood venait de faire banqueroute; et il eut la direction de la nouvelle entreprise. Dans la troupe avec laquelle il rouvrit ce théâtre brillaient des talents de premier ordre, tels que Barry, Pritchard et Cibber. C’est alors qu’il commença cette réforme complète du théâtre anglais qui lui fait tant d’honneur. Nourri des préceptes de Johnson, qui lui avait communiqué toute la pureté de son goût, et aidé de ses lumières, il commença par bannir de la scène toutes les pièces licencieuses, et purgea les autres de tous les passages qui pouvaient les déparer, En remettant au répertoire tous les ouvrages de Shakrspeare, mais en ayant soin d'y opérer les changements réclamés par le bon goût, il s’attacha à bannir l’emphase de la tragédie et la boufonnerie de la scène comique. La générosité de ses procédés réveilla l’émulation des auteurs, en même temps que par son exemple, par l’espèce de discipline qu’il réussit à établir parmi ses confrères, la profession de comédien cessa d’être un motif d'exclusion de la bonne compagnie. Aussi peut-on dire avec vérité que son règne fut la période la plus brillante du théâtre anglais. Après trente-cinq années de glorieux travaux, il prit enfin sa retraite, aux grands regrets de tout le public. Ce fut la 10 août 1776 qu’il parut pour la dernière fois sur les planches ; et il se retira alors dans la charmante campagne qu'il possédait aux environs de Londres; mais il y mourut, le 20 janvier 1779, en proie aux tortures de la pierre. Son corps fut enseveli dans l’église de Westminster, au pied du monument qu’on y a érigé à la mémoire de Shakespeare. Sa fortune considérable, fruit de ses talents et d’un esprit d'économie qu'il finit par pousser jusqu’à l’avarice, passa partie à sa veuve et partie à ses parents.

Garrick était petit de taille, mais bien fait et bien pris de toute sa personne; il avait des yeux noirs et vifs, une voix pure et mélodieuse. La facilité avec laquelle son visage revétait alternativement l'expression forte et vraie des passions les plus diverses et des caractères les plus opposés était prodigieuse : tour à tour il savait lui donner l'expression de la majesté royale, de la magnanimité, de l'amour, de la jeunesse, de la vieillesse, de la gaieté, du désespoir et de la folie, Le malheur d'un de ses amis, dont la mort déplorable d’une fille chérie avait altéré la raison , lui procura l’occasion d'observer les signes extérieurs de celte maladie morale, afin d’en offrir la représentation pathétique dans le

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