FRISONS
de Frisons que par transmission dans les premiers temps du moyen âge.
Ce nt Pepin d'Héristal qui, vainqueur du prince Ratbod à Dorsted (689), soumnit le premier les Frisons du sud-ouest à la domination franke, et qui en même temps introduisit parmi eux le christianisme , dont l'évêché d’Utrecht devint bientôt le principal foyer dans ces contrées. La domination franke s'étendit jusqu'à l’Yssel et au Fly, canal de décharge du Zuyderzée, que les empiétements de la mer à la suite des tempêtes agrandirent de plus en plus; puis par Charles Martel, qui en 734 délit et tua dans une bataille le duc des Frisons Poppo, depuis le Fly jusqu'au Lauwers où Laubach, où Boniface préchait en ce moment même le christianisme, puis de là, de l’autre côté de lEms jusqu'au Weser, où les peuplades les plus orientales prirent part aux guerres des Saxons; par Charlemagne, qui en ‘785 confia à saint Liudgar le soin de convertir les Frisons, eLen 802 fit recueillir et rédiger leur droit dans la Zeæ Frisionum. Des comtés furent institués dans le pays; et plus tard encore, en raison des brigandages commis par les Normands, il fut créé un comté de frontières (ducatus Frisiæ ). Dans le code que nous venons de mentionner, il est déjà question d'une division du territoire frison en trois parties ; l'une entre l'embouchure de la Meuse (Sincful)) et le Fly (Zuyderzée), l’autre entre le Fly et le Lauwers, la troisième entre le Lauwers et le Weser,
Lors du partage de l'empire entre les fils de Louis l’Allemand, le tiers situé à l’ouest du Zuyderzée, ou Frise occidentale, échut à Charles ; tandis que les deux autres parties, échues à l'Allemagne, conservèrent jusqu’au quinzième siècle le nom de Ærise orientale. Les coutumes frankes ayant de bonne heure jeté de fortes racines parmi les Frisons du sud-ouest, le type frison s’y effaça insensiblement. 1l en fut de même de l'antique constitution de ces Frisons et de leur langue, en remplacernent de laquelle se forma sous des influences frankes et saxonnes la langue néerlandaise. Dans cette partie occidentale de l’ancien pays des Frisons, ce fut aussi seulement au dixième et au onzième siècle que se constitua la souveraineté territoriale dans les comtés héréditaires de Hollande et de Zéelande, de Gueldres et de Zutphen, et dans l'évêché d'Utrecht et d’Yssel. Le territoire d’Alkmaar jusqu'au Hoorn ne fut réuni à la Hollande qu’au treizième siècle, à la suite de longues et sanglantes guerres. C’est ainsi que le nom de Frise ( Friesland) ne resta en usage que pour désigner la contrée qui s’étendait entre le Zuyderzée et le Weser; et dès lors par Frise occidentale ( Westfriesland) on entendit ce second tiers, situé entre le Zuyderzée et le Lauwers, et par Frise orientale (Ostfriesland ) la partie du territoire des Frisops libres, située à l’est du Lauwers jusqu’au Weser, jusqu’à ce que le nom de Frise orientale ne resta plus en usage que pour désigner la contrée qu'on appelle encore ainsi de nos jours, et qui est située à l'embouchure de lEms (on province [landdrostei| d’Aurich, en Hanovre).
Avant sa réunion à la Hollande, la Frise orientale avait fait partie de la confédération dite des sept cantons maritimes, qui, lors de la destruction de la puissance des comtes franks, groupa en un tout, quoique avec des délimitations de frontières assez peu fixes, les différentes tribus frisonnes (ou des Frisons libres, commes elles se dénommaient ellesmêmes, par opposition aux Frisons soumis à l'empire frank). La noblesse et les paysans libres formaient des communes rurales, auxquelles présidaient des juges annuellement élus. Un comité de juges et de délégués des cantons maritimes se réunissait tous les ans en diète générale du pays à Upstalsboom, près d’Aurich; et cette assemblée exerçait le droit de législation générale ainsi que le pouvoir judiciaire suprême, en même temps qu’elle avait mission de veiller à la défense du pays. Les querelles et les guerres intestines des chefs, qui peu à peu s’iiposèrent an pays, amenèrent la dissolution de cette confédération , qui cependant fut encore renouvelée en 1923; mais la diète générale cessa complétement de se
réunir au quatorzième siècle, (Consultez Ledebur, Les cinq gaus de Munster el les sep! cantons maritimes de la Frise { Berlin, 1835 |.) L’indépendence des Frisons fut aussi l’objet d'attaques extérieures. À l’ouest de l’Ems, dont l'embouchure, à la suite d'irruptions de la mer arrivées en 1277 et 1287, de-
| vint le Dollart, la contrée de la Drenthe et de Græningue
finit au commencement du quinzième siècle par être réunie à l'évêché d’Utrecht, qui depuis longtemps y était investi des droits compétant au comte. Dans la contrée à laquelle on donna dès lors de préférence le nom de Frise, située entre le Lauwers et le Fly, et qui forme de nos jours la plus grande partie de la province néerlandaise appelée Frise (Friestand ), les Frisons opposèrent une résistance courageuse aux tentatives de conquêtes faites par le comte de Hollande, et en 1457 aimèrent mieux se soumettre à l’Empire. Le duc Albert de Saxe se maintint chez eux jusqu’en 1498 comme gouverneur héréditaire; en 1523 Charles-Quint réunit leur territoire à l'héritage de Bourgogne.
Dans la contrée située à l’est de l'Ems, Edzard Zirksena fut nommé en 1430 chef d’une confédération dont la formation mit fin aux guerres privées quiavaientsévi depuisle quatorzième siècle. Son frère Alberich, élu chef en 1454, fut créé par l’empereur Frédéric IL comte de la Frise orientale. A sa maison, qui s’éteignit en 1744, en la personne de Karl Edzard, finirent aussi par se soumettre, en 1496, les chefs de la partie orientale du pays (habitée parles Rustrings), soumission qui permit, en 1524, à Siebeth Papinga de briser les liens de suzeraineié qu’exerçait sur le pays l'archevêque de Brême, l'adversaire le plus constant, avec les comtes saxons d’Oldenbourg, de l'indépendance des Frisons. Consultez les ouvrages allemands intitulés Histoire de la Frise orientale, par Wiarda (10 vol., Brême 1817), et Histoire des Chefs de la Frise orientale, par Suur ( Emdem, 1846).
La langue frisonne tient en quelque sorte le milieu entre langlo-saxon et l’ancien scandinave ; elle offre de nombreux rapports avec la langue des Angles ou Anglais du Nord, probablement par suite des immigrations, toujours plus fréquentes, qui eurent lieu dans ce pays de la part des Frisons et des Chauces. C’est dans les antiques monuments du droit frison que cette langue (l’ancien frison) apparait sous sa forme la plus ancienne, qu’elle conserva jusqu’au commencement du seizième siècle. Ces monuments sont, au point de vue de la langue comme à celui des idées, les Jugements d’'Ems de 1300 ou 1312, la Lettre de Broïmer de la seconde moitié du treizième siècle, le Droit des Rustrings de la première moitié du quatorzième siècle, et, parmi les lois auxquelles obéissaient sans distinction de localité tous les Frisons, le Livre d’Asega, composé vers l'an 1200. Chaque gau avait d’ailleurs ses lois propres, rédigées dans son dialecte particulier; Les Sources du Droit Frison, par Richthofen (Gœttingue, 1840), contiennent la collection à peu près complète de ce qui s’en est conservé. A partir du quinzième siècle, le frison fut de plus en plus remplacé, à l’ouest par le hollandais, dans la Frise orien- {ale par le haut et le plat-allemand, dans la Frise septentrionale par le plat-allemand et par le danois; aussi n’existe-t-il plus comme dialecte populaire, et encore à l’état de misérable jargon, que dans quelques rares localités isolées de l’ancien territoire des Frisons. Par opposition à l’ancien frison, on l'appelle le frison moderne, ou encore le frison des paysans ( Bauernfriesisch ), parce que les paysans seulg le parlent et qu’il n’est point parvenu à l’état de langue écrite. On y distingue aujourd’hui cinq dialectes principaux : celui de la Frise occidentale; celui de la Frise septentrionale, dont Ouzen a publié un Glossaire (Copenhague 1837) et qui est l’objet de nombreuses observations dans l'ouvrage de Clément ; celui de l’île d’Heligoland, fortement mélangé de plat et de haut-allemand, et dont Œlrich a publié un pétit dictionnaire (1846 ) ; celui de Wangeroge, qu’on parle dans l'ile de ce nom; enfin celui de Sater, qu’on parle dans les marécageuses contrées du duché d'Oldenburg qu’on appelle saterland, On trouvera dans le I‘ volume des Are
chives Frisonnes d'Ehrentraut d’intéressantes comparaisons entre ces cinq dialectes , dont il n’est pas d’ailleurs un seul qu'on employe soit dans les églises ou les écoles , soit parmi les classes instruites; ce qui n’a pas empêché, dans les trente premières années de ce siècle, plusieurs écrivains frisons de déployer une grande activité pour recueillir et publier quelques débris de chants et de traditions populaires de leurs compatriotes.
FRISQUETTE. En termes d'imprimerie, c’est un chàssis découpé à jour qu'on abat sur la feuille blanche étendue sur le tympan de la presse, afin d'empêcher que les marges n’en soient maculées. Les faiseurs de cartes à jouer se servent de frisquettes taillées selon les figures et les couleurs séparées qu’on veut y appliquer au moyen de la brosse,
FRISSON. Le frisson est une action physiologique qui a lieu chez l’homme et chez quelques animaux, sans l’influence de la volonté, et qui paraît tout à fait sympathique. Il consiste dans un frémissement comme convulsif de la peau, accompagné d’un sentiment de froid : il est plus ou moins général, et plus ou moins fort et durable. Les causes déterminantes du frisson sont assez faciles à reconnaitre pour Ja plupart; sa cause prochaine est beaucoup plus difficile à signaler. Parmi les premières, les unes sont physiques, comme l'impression subite et inattendue d’une température froide; les autres sont morales, comme la frayeur qu’inspire la vue d’un objet hideux et menaçant, ou même le spectacle de sa représentation artistique ou poétique ; les autres sont physiologiques , comme l'émission des urines; les autres pathologiques, comme la formation du pus dans l'intérieur de nos organes. Baupry DE BALZAC.
FRISURE se dit des cheveux, soit qu’on les crêpe avec un peigne, soit qu'après les avoir roulés dans les papillotes, on les presse entre les pinces d’un fer chaud, soit, enfin, qu’on les roule autour d’un fer chaud qui les dessèche et les crispe; tous moyens auxquels ont ordinairement recours les dames dont les cheveux ne frisent pas naturellement.
FRITHJOF (Saga de). On présume que cette célèbre saga islandaise fut écrite vers la fin du treizième siècle, quoique l’origine en soit d’une antiquité beaucoup plus reculée, Elle a pour sujet le héros norwégién Frithjof le Fort, et son amour pour la belle Ingebjærge, fille de Bele ‘roi de Sogn, sur le Sognford (dans l’évéché actuel de Bergen). Helge et Halfdan, frères d'Ingebjærge s’opposèrent à ce que leur sœur l’épousàt, et la donnèrent en mariage au vieux roi Hring, tandis que Frithjof avait à échapper aux nombreuses embôûches qu'ils lui préparaient. Contraint de fuir à cause de la vengeance qu’il en avail tirée, il s’en vint chez le roi Hring, qui conçut de l'amitié pour lui, et qui en mourant lui laissa son épouse et son royaume (Ringerike, dans la Norvège méridionale). Frithjof abandonna généreusement les Etats du monarque défunt à ses fils, après avoir tué Helge dans une bataille, et avoir contraint Halfdan à lui céder Sogn, où il régna désormais avec autant de puissance que d'éclat, en ajoutant l’Hœrdaland à ses possessions.
Mobnike fait vivre Frithjof l’an 800 de l’ère chrétienne; Muller, avant l’année 700 , et d’autres à une époque beaucoup plus reculée encore, Le manuscrit islandais original de tette saga a été publié par Bjærne dans sa collection intilulée Nordiska Kæmpa dater, etc. (Stockholm, 1737). Rafn en a donné une édition beaucoup meilleure dans le deuxième volume de ses Fornaldar Sæœgur Nordhrlanda, etc., etc. (Copenhague, 1829). Tegner, célèbre poëte suédois contemporain, a pris la saga de Frithjof pour sujet de son beau poëme intitulé Frithjofs Saga.
FRITILLAIRE (de fritillus, cornet à jouer aux dés), genre de plantes de la famille des liliacées, essentiellement caractérisée par une fossette glanduleuse et nectarifère placée à la base de chaque division de la corolle. Les fritillaires sont des plantes herbacées, caulescentes, à feuilles alternes ou subverticillées, à fleurs axillaires. Le type du genre est