FRISONS — FRIVOLITÉ
la frilillaire pintade (frilillaria meleagris, Linné), dont la tige porte à son sommet, dès le mois d'avril, une, deux ou trois fleurs pendantes, semblables à des tulipes renversées, panachées, sur un fond vert ou jaunâtre, des {aches carrées d’un pourpre vif ou obscur, disposées comme les cases d’un damier, Mais on rencontre encore plus souvent dans les jardins la /ritillaire impériale (fritillaria imperialis, Linné), ou couronne impériale, dont les fleurs de couleur rouge safrané, avec des stries qu’a su varier la culture, sont surmontées d’une houppe de feuilles florales du plus bel aspect. Malheureusement la fritillaire impériale, surtout sa bulbe, exhale une odeur vireuse; cette bulbe contient un suc âcre, que l'on peut comparer à celui de la ciguë. Cependant, dans une lettre communiquée par M. Payen à l’Académie des Sciences (séance du 22 août 1853), M. Basset a annoncé que la féçule de la fritillaire impériale, préparée par les procédés ordinaires, pourrait remplacer avantageusement la fécule de pomme de terre. Pour lui enlever son odeur et sa saveur désagréables, il suffit, après les premiers lavages, de faire macérer cette fécule, de vingtquatre à quarante-huit heures, soit dans de l’eau simple renouvelée, soit dans de l’eau vinaigrée à un cinquantième, soit dans de l’eau alcalisée à quelques millièmes. La quantité de fécule fournie par les bulbes de la fritillaire impériale est tellement grande, que M. Basset n’évalue pas le prix de revient à plus de 12 fr. les 100 kilogrammes, tandis que pour la même quantité de fécule de pomme de terre il est au moins de 22 fr.
D’autres espèces du genre fritillaire contribuent encore à l’embellissement des parterres; on les cultive comme les tulipes. Toutes sont originaires de l'Europe, ou s’y sont complétement acclimatées , excepté le frilillaria persica, qu’on ne peut élever qu’en orangerie. E. MERLIEUX.
FRITTE, vitrification très-imparfaite, ou plutôt simple agglomération de substances vitrifiables par l’action d’une chaleur au-dessous de celle nécessaire pour la fusion complète (voyez Émaiz). C’est principalement dans le langage des verriers qu’on fait usage du mot fritle; cependant, par extension d’analogie, les minéralogistes et les géologues l'appliquent à diverses substances naturelles pour en caractériser, sinon la nature vraie, du moins l'apparence extérieure. L'aspect friféeux appartient principalement à plusieurs éjections volcaniques. PELOUZE père.
FRITURE. La friture est sans contredit une des branches les plus confortables de l’art culinaire, et, il faut l'avouer aussi, elle est peut-être la plus populaire. Il y a, du reste, tout un monde entre les fritures en plein vent et celles de nos restaurateurs fameux. Au prolétaire crotté les pommes de terre frites et les beignets à un sou des marchands ambulants et des gargotiers établis! Aux fashionables et aux amateurs de bonne chère les savantes combinaisons de friture des Véfour et des Véry !
Définirons-nous maintenant la friture et l’action de frire ? Ce serait faire gratuitementune grossière injure à nos lecteurs. Au reste, les fritures doivent être connues des gastronomes depuis bien des siècles, car les Grecs et les Latins, ces maitres passés en grandes inventions, avaient des mots spécialement consacrés à peindre l’action de frire ; c'était d’abord le verbe frigere (geindre, gémir, frire), dérivant par onomatopée, dit Pasquier l’érudit, du bruit que fait le beurre ou la graisse qui fond dans une poêle. D'autres savants de l'ouest le font venir de frila, vieux mot celtique ou bas-breton qui signifie fricasser.
FRITZ, abréviation du nom allemand Friebnicn, en français Frédéric. Le souvenir du glorieux règne de Frédérie le Grand est demeuré tellement populaire en Prusse, que les paysans, lorsqu'ils veulent désigner ce prince, disent encore aujourd'hui, unser Frits, notre Frédéric,
FRIVOLITÉ. On confond souvent, et c'est à tort, la frivolité avec la légèreté. Ces deux défauts présentent des syinptômes bien différents, On peut être frivole et posséder un eur constant, un esprit profond, un caractère ferme ;