‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 4)Chapitre 155 sur 552 · GAUSSIN — GAUTIER · texte numérisé non relu

GAUSSIN — GAUTIER

Elle était fille d’un laquais du célèbre Baron, et d’une ouvreuse de loges. Le goût du théâtre se développa chez elle dès le plus jeune âge, favorisé par les exemples qu elle avait sans cesse sous les yeux. Douée d’un organe touchant, d'un regard exprimant la tendresse et d’une physionomie pleine de candeur et d’ingénuité, elle débuta dans la capitale, à l'âge de dix-sept ans, et ravit tous les suffrages dans Junie, Iphigénie, Monime, Andromaque , ainsi que dans les amoureuses ingénues; car alors les comédiens ne se renfermaient pas exclusivement dans un genre. Le mérite de la nouvelle débutante n’échappa pas à Voltaire, qui lui confia le rôle de Zaïre, et n’eut qu’à se féliciter de son

| choix. Le succès de la pièce fut prodigieux : le public cou-

rut en foule admirer plus encore le jeu de l’actrice que

l'œuvre du poëte, et, soit défaut de goût de la part des

spectateurs, soit par la faute de l’acteur chargé de représenter Orosmane , l'amant de Zaïre fut à peine remarqué.

Il fallut que Lekain le réhabilitât. A partir de cette | époque, Me Gaussin prit rang parmi les coryphées de la

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