‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 4)Chapitre 160 sur 552 · GAY — GAY-LUSSAC · texte numérisé non relu

GAY — GAY-LUSSAC

du Beggar (Le Gueux}, et de Polly, qui r’est que la suite du Beggar, espèce d’opéra-vaudeville, dont le héros et l'héroine sont dignes l’un de l’autre, puisqu'ils sont, le héros, voleur de grand chemin, condamné à être pendu, et l’héroine, fille publique. On défendit les représentations de Polly; mais la pièce imprimée eut un immense débit. La femme dans l'embarras, La Répétilion à Fotham, La Femme de Bath, Trois jours après le mariage, satire contre le docteur Woodward, à laquelle Pope et Arbuthnot coopérèrent, tombèrent dans l'oubli peu après leur apparition. En revanche, la tragédie burlesque , Comment l’appelez-vous? ent un véritable succès. Les Captifs et Diane, deux autres tragédies, ne sont pas sans mérite, ainsi qu’un opéra intitulé Achille.

Mais les meilleurs titres de Gay sont incontestablement les Fables qu’il composa pour l'éducation du jeune due de Cumberland. Si on le compare à La Fontaine, on le trouvera certainement bien inférieur au fabuliste français , surtout pour les difficultés vaincues. La Fontaine à enrichi sa langue , il eu a été un des principaux créateurs; Gay trouva la sienne toute faite, et il ne s’en servit pas d’une manière assez originale pour être placé au nombre des auteurs du Premier ordre. Il n’est que bon versificateur. La Fontaine est un grand poëte. Ses inventions sont heureuses ; il a dela justesse et de l'esprit, de la grâce, de l’enjouement, toutes choses ordinaires chez La Fontaine, qui souvent y ajoute de la profondeur et du génie,

Gay composa une parodie des Idylles d’Ambroise Philipps, qu'il intitula : La Semaine du Berger. Ses Égloques de ville ne sont aussi que des parodies, mais pétillantes d'esprit comme la précédente; etles mœurs des paysans d’Angleterre y sont peintes avec non moins de vérité. Nous avons encore de lui deux poëmes en trois chants, dont le premier, L'Éventail, est au-dessous du médiocre; et le second, Trivia, ou l’art de se promener dans les rues de Londres, se fait remarquer par une élégante versification et de char-

iants {ableaux de genre. Les épitres, chansons, ballades, |

qui composent ses poésies mêlées, attestent seulement la facilité de l’auteur.

La faiblesse de caractère de John Gay le rendit malheureux. Il était trop prompt à concevoir des espérances ; il était même ambitieux. Une fois qu’il vit ses rêves d'avenir détruits par l'indifférence que lui témoignèrent sur le trône io prince et la princesse de Galles, qui l'avaient protégé d'abord, le poëte oublia le bonheur de ses jours passés. Au lieu de se renfermer dans les souvenirs de l'amitié et des bienfaits de lord Clarendon et de la reine Anne, au lieu d'écouter les consolations du duc et de la duchesse de Queensberry. qui le recueillirent chez eux, il tomba dans une noire mélancolie, qui le conduisit au tombeau à l’âge de guarante-quatre ans , le 4 décembre 1732. Le ducet la duchesse de Queensberry lui élevèrent un monument dans Pabbaye de Wesuuinster, où il'fut enterré ; et Pope, exprima dans une touchante épitaphe les regrets que sa mort laissait à tous ses amis. Victor BoREAU.

GAY ( Sorme ), fille d’un agent de change appelé de Lavalelte, naquit à Paris, en 1776. Mariée à un autre agent de change, du nom de Ziottier, elle profita, en 1799, du bénéfice de la loi du divorce pour se séparer de lui et épouser M. Gay, associé d’une maison de banque , devenu sous l'empire receveur général du département de la Roër. Ce fut pendant son séjour à Aix-la-Chapelle qu’elle se trouva en relation avec la plus haute société d’alors, réunie aux eaux thermales de Spa, et particulièrement avec Pauline Bonaparte, princesse Borghèse, qui l’honora constamment de son amitié. Ses premiers essais littéraires datent de 1802, époque où elle prit la plume pour repousser une violente attaque dont M®° de Staël absente était l’objet. Puis elle fit paraitre Laure d’Estell, roman en deux volumes , qu’elle ne crut pas devoir signer ; ce fut même le chevalier de Boufflers et le vicomte de Ségur, ses patrons

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ans s’écoulèrent entre ce début et l'apparition d’un nouvel] écrit, Léonie de Montbreuse, roman en deux volumes, qui date de 1813. Deux ans plus tard, elle faisait imprimer un autre roman plein d'intérêt, Analole, simple et naïve histoire des amours d’un pauvre sourd-muet. L'empereur, après sa dernière nuit passée à la Malmaison, donnait, au xuoment de partir pour l'exil de Sainte-Hélène, cet ouvrage au baron Fain, son secrétaire, en lui disant : « Conservez ce livre en mémoire de moi; il m'a fait oublier un instant mes chagrins. »

En 1817 Me Sophie Gay publia Ze Valet de chambre d'un aide de camp, réimprimé en 1824, sous le titre de Malheurs d'un Amant heureux. Cette même année parut Théobald, épisode de la campagne de Russie, qui a fourni à M. Scribe le sujet d’un de ses meilleurs vandevilles ; et successivement La Physiologie du ridicule, Le Comte de Guiche, La Duchesse de Châteauroux, La Comtesse d’'Egmont et Les Souvenirs d'une vieille Femme, ouvrage extrait des mémoires de l’auteur. Toutes ces publications se recommandent par une pureté, une élégance de style, qu’on rencontre bien rarement dans les romanciers de son époque.

M''e Sophie Gay s’exerça également avec succès dans le genre dramatique. En 1818 elle arrangea pour l’Opéra:Comique La Sérénade de Regnard, dont M€ Gail fit la musique. En 1821 elle rendit le même service au C'hanoine de Milan , d'Alexandre Duval, qui, sous le titre du Maître de Chapelle, fournit un délicieux Zibretto à la musique de Paër. Ses autres œuvres dramatiques sont Ze marquis de Pomenars, comédie en un acte et en prose, jouée en 1819 ; Une Aventure du chevalier de Gramont, trois actes, en vers, 1822; Marie, ou la pauvre fille, drame, trois actes, en prose, 1824; enfin, les échos du théêtre de l'hôtel Castellane ont longtemps retenti des bravos prodigués à une de ses plus agréables comédies, La Veuve du Tanneur. Mais en 1843 La Duchesse de Chôleauroux eut peu de succès à Odéon. M”° Sophie Gay est morte en 1852.

A la célébrité de la mère se Jjoignit bientôt celle de sa seconde fille, d’abord Delphine Gay, devenue ensuite M°° Émile Girardin, dont la sœur aînée, morte il ya quelques années, avait épousé le comte C’Donnell.

GAYAC. Voyez Gaïac.

GAYACINE. Vo yes GAÏACINE.

GAYAL, GYALL ou BŒUF DES JONGLES, espèce du genre bœuf, que les zoologistes nomment bos gavæus. Une crête dorsale très-prononcée fait distinguer au premier coup-d’œil le gayal du bœuf commun, dont il a du reste presque tous les caractères, sauf les cornes, qui rappellent celles du buffle. Le bœuf des jongles à le poil ras et noir sur presque tout le corps; ses jambes sont blanches. La couleur du front varie du gris au fauve, de même que celle d’une ligne longitudinale qui s'étend sur le dos. Cette espèce est domestique dans les contrées montagneuses du nord-est de l'Inde.

GAY-LUSSAC (Nicoczas-FrRAnçois), savant chimiste,

| naquit à Saint-Léonard (Haute-Vienne), le 6 décembre 1778,

et mourut à Paris, le 9 mai 1850. D'abord élève de l’École Polytechnique, où son zèle lui concilia l'amitié protectrice de Berthollet, il entra ensuite dans les ponts et chaussées. Le mode selon lequel se dilatent les gaz fut le premier objet de ses recherches, et il donna la loi de cette dilatation, dont il démontra la constante uniformité. Encore étudiant quand ce travail fut mis au jour, et fort jeune alors, les discussions auxquelles il donna lieu inspirèrent à Gay Lussac la pensée d’une entreprise aussi périlleuse que mémorable. A l’époque dont nous parlons, le physicien Charles exerçait beaucoup d'influence sur les jeunes savants, à cause de son imagination aventureuse et de sa riche collection d'instruments et de machines. On s’occupait alors de la question des ballons, des aérostats, à la théorie desquels se liait tout naturellement le travail de Gay-Lussac sur la dilatation des gaz. « Voilà une belle occasion , disait Charles

littéraires, qui la déterminèrent à publier cet ouvrage. Dix | à Gay-Lussac, d'arriver d’un seul bond à la célébrité et à

DICT, DK LA CONYERS, == T, x,

la fortune : on ne manquerait pas de dire que vous avez démontré votre découverte au péril de votre vie, outre que vous feriez certainement dans les hautes régions de l’atmosphère des conatatations singulières sur la chaleur et la pesanteur de l'air, sur l'électricité, sur le magnétisme terrestre, etc. Ce voyage-là vaudrait bien celui des Argonautes; il aurait plus d'utilité et autant de retentissement. » Tentés par d'aussi magnifiques promesses, Gay-Lussac et Biot se décidèrent à entreprendre ce voyage aérien , espèce de croisade scientifique prêchée par le physicien Charles, et que Laplace et Chaptal encouragèrent , ce dernier étant alors ministre de l’intérieur : on était en 1804.

Le 6 fructidor an x11, à dix heures du matin, Biot et Gay-Lussac, placés dans la même nacelle, s’élevèrent.en ballon, prenant pour point de départ le Conservatoire des Arts et Métiers : l'expérience eut lieu dans le jardin de cet établissement. Les deux jeunes physiciens (Gay-Lussac avait alors vingt-six ans) parvinrent bientôt vers la première région des nuages, environ à 1,223 mètres d’élévation , après quoi, continuant leur ascension, ils arrivèrent à une élévation de 3,977 mètres au-dessus de la Seine. Alors on les perd de vue, Ils ont emporté avec eux des montres, des thermomètres, des baromètres, des hygromètres, des boussoles , des crayons et du papier; les voilà faisant des expériences comme s'ils étaient tranquillement établis dans le laboratoire du Collége de France ou du collége du Plessis. Voici maintenant ce qu’ils observèrent, ou plutôt ce qu'observa Gay- Lussac, car M. Biot éprouva un étourdissement, d’ailleurs fort explicable. Gay-Lussac trouva donc que l’influence magnétique agissait sur la boussole à peu près comme à terre. IL vit aussi que l'électricité atmosphérique , croissant toujours à mesure qu’on s'élève, avait paru constamment négative; l’hygromètre montra une sécheresse de plus en plus grande, comme on avait pu s’y attendre; et la température, qui était de 14 degrés Réaumur à terre, n’était plus alors que de 8 degrés 1/2. Mais, ne s'étant pas précautionné de tous les instruments nécessaires aux investigations par eux projetées, et d’ailleurs M. Biot se trouvant un peu malade d'émotion, ces messieurs se décidèrent à revenir à terre, afin de porter ensuite leurs explorations beaucoup plus loin. Malheureusement personne ne se trouva là lors de leur descente pour recevoir le ballon ; et le gaz hydrogène ayant dû se perdre, il fallut remettre à des temps plus éloignés une ascension nouvelle. Nos deux savants prirent terre à 18 lieues de Paris, à Méréville, village du Loiret.

Cependant, vingt-trois jours plus tard, Gay-Lussac tenta une nouvelle ascension, emportant cette fois avec lui d'excellents instruments ; mais, privé de la société de son ami Bot, il s’éleva dans cette deuxième expérience à 6,977 mètres audessus de Paris : le thermomètre marquait près de 6 degrés au-dessous de 0 (il était alors trois heures onze minutes), Le ballon se trouvant en partie dégonflé et privé de son lest , Gay-Lussac dut se préparer à descendre : ce voyage de haut en bas dura trente-quatre minutes, et notre physicien mit pied à terre à Saint-Gourgon, hameau situé à sept lieues de Rouen, L’ascension ayant eu lieu à neuf heures et demie du matin, Gay-Lussac put ainsi consacrer près de six heures à ses diverses observations, qui furent nombreuses. Il eut également soin de rapporter plusieurs échantillons de l'air des hautes régions qu’il avait visitées, et l'analyse de cet air le montra si parfaitement semblable à celui que nous respirons , que ce résultat imprévu parut convaincre la chimie d'impuissance. La gêne de la respiration et un froid excessif furent les seules souffrances qu'eut à éprouver l'observateur durant ses explorations quasi célestes. Il résulta de plus de vingt observations thermométriques, effectuées par notre physicien à diverses hauteurs, que l'air perd environ un degré de chaleur par chaque élévation de 174 mètres. Mais ce qui doit paraître singulier, c’est que ces résultats curieux , dont tout le monde alors s'occupa, ne vinrent pont jusqu'aux oreilles des princes français, aiors exilés à Hart-

well, Vers 1820 le duc d'Angoulême, assure-t-on , visitant |

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