‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 4)Chapitre 161 sur 552 · GAY-LUSSAC · texte numérisé non relu

GAY-LUSSAC

l'École Polytechnique, alors militairement gouvernée sous le patronage de ce prince, eut la pensée d’entretenir Gay- Lussac, qui terminait une leçon, de son ascension mémo. rable de 1804: « Mon Dieu, monsieur, lui dit Le dauphin , que vous dûtes être incommodé par la chaleur? — Certai-

nement, mon prince, dit Gay-Lussac, qui ne savait que

répondre : cependant. — Allons! interrompit le prince, ne me cachez point que vous dûtes endurer une chaleur excessive; si près du soleil !.. » Le duc d'Angoulême, comme on voit, avait bravement pris le contre-pied des observations de ce genre. Toutefois, dans cette même entrévue, l'intrépide naïveté du prince prit sa revanche sur le savant : « Monsieur, lui dit-il, quand je suis arrivé, vous parliez du cinabre; veuillez donc m’apprendre pourquoi le cinabre est d’un si beau rouge ! — J'aurai l'honneur de dire à votre altesse, répondit Gay, que cela tient à l'arrangement des molécules. — J'aurais dû m’en douter, répliqua le duc. »

Tant de science unie à tant de courage valut à Gay-Lussac des places, des titres, des honneurs, d’illustres intimités. Il rencontra Alexandre de Humboldt dans cette célèbre société d'Arcueil, instituée en 1804 par Laplace et Berthollet, lesquels utilisèrent ainsi, pour le progrès des sciences, le voisinage tout à fait contigu de leurs retraites. Humboldt et Gay, tantôt séparément, tantôt en commun, insérèrent plusieurs travaux dans les Mémoires de cette société, féconde académie , qui ne se composait d’abord que de neut membres, auxquels plus tard s’adjoignit Malus, celui par qui fut découverte la polarisation de la lumière. Mais ceux des travaux de Gay-Lussac qui attirèrent surtout l'attention des savants eurent pour objet la pile de Volta et la décomposition des acides et des alcalis. Quand Bonaparte sut la découverte de Volta, il eut hâte de fonder à l’Institut un prix magnifique dont devaient être récompensées les plus importantes découvertes auxquelles aurait servi la pile voltaïque. J1 espérait que ce prix serait adjugé à quelqu'un de l'École Polytechnique ; mais ce présage de pur patriotisme, l'événement ne le confirma point. Hizenger et Berzélius ayant déja décomposé, au moyen de la pile, des acides et des oxydes, ces deux savants s'étaient aperçus que tout oxygène se portait vers le pôle positif, tandis que le radical allait àu pôle négatif. Davy, le célèbre chimiste anglais à qui ce premier fait était connu , soumit à l’action de la même pile voltaique de la potasse et de la soude, ensuite d’autres alcalis, et il vit avec surprise que ces corps , réputés jusqu’alors élémentaires, se décomposaient à la manière des oxydes. Cette découverte capitale du potassium et du sodium mérita à ce chimiste le prix de 50,000 francs, fondé par Napoléon et décerné en son nom par l’Institut de France.

L'empereur, s'étant fait rendre compte de la découverte de Davy, demanda avec impatience pourquoi les membres de l’Institut se résignaient ainsi à décerner des couronnes sans prendre soin d’en mériter. 11 lui fut répondu que l’on ne possédait point en France de pile assez puissante pour en obtenir de grands résultats. Aussitôt Napoléon donna l’ordre de construire une pile voltaïque colossale, pour laquelle on ne devait épargner ni l'argent ni la main-d'œuvre : il voulut en outre que ce bel instrument fût placé à l'École Polytechnique, et que l’Institut chargeât une commission des expériences auxquelles cette pile devait être consacrée. Gay- Lussac et T hénard furent désignés à cet effet. Leurs expériences furent commencées le 7 mars 1808, et c’est en 1811 qu’ils en publièrent les résultats, dans un ouvrage en deux volumes, intitulé : Recherches physico-chimiques sur la pile, sur les alcalis, sur les acides, l'analyse végétale et animale, ete. Les deux chimistes consignèrent beaucoup de découvertes dans ce livre, sur lequel Berthollet fit un rapport des plus honorables. Ils isolèrent le bore de l'acide boracique, et l'obtinrent à un plus grand état de pureté que ne l'avaitobtenu Davy, Ils trouvèrent aussi un excellent mode d'analyse pour les corps organiques, en calcinant ces corps aumoyen du chlorate de potasse, ou par le deutoxyde

\ que l’eau; fait qui démontre nettement qu’il y aurait folie à

: métrie, sur la capillarité, sur le cyanogène et l'acide prus-

| ment est le moins évident de ses mérites. Toutefois, on a

| fois rencontré Dalton sur sa route, à peu près comme

| ses jugements, principalement quand il eut à caractériser

| niable et trop abstrait pour être populaire. On reproche aussi

| s’il a incontestablement plus de fécondité et plus de hardiesse

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