‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 4)Chapitre 163 sur 552 · GAZ — GAZA · texte numérisé non relu

GAZ — GAZA

la fermation de l'ammoniaque, qui rend le fer cassant. Le premier réfrigérant et les denx épurateurs nécessaires dans la distillation de la houille sont remplacés ici par un seul condensateur, dans lequel le gaz introduit traverse l'huile même qui doit alimenter la décomposition dans les cornues. Il y dépose l'huile qu'il a entraînée en vapeur, et ne contient plus, en sortant de là pour se rendre au gazomètre, que de Phydrogène carboné et de l'acide carbonique. Ce dernier gaz nuit, à la vérité, au pouvoir éclairant de la flamme, puisqu'il en augmente le volume sans servir à la combustion ; mais il n’est pas indispensable cependant de le séparer, Taylor a donc cru devoir éviter la complication de l’appareil. Le gazomètre est entièrement semblable à celui du gaz de la houille; rnais sa capacité doit être moindre, puisque sous le même volume ce gaz éclaire trois fois plus; ou, ce qui revient au même, avec un volume trois fois moindre, et la capacité par conséquent trois fois moins grande du

| gazomètre, on obtient la même quantité de lumière. Voici la marche de l'opération dans la préparation au gaz de l’huile. On charge les cornues avec du coke en frag- | ments d’une grosseur moyenne, égale à peu près au volume . d'œufs de poule. Cette substance est nécessaire pour multi- | plier les points de contact entre la vapeur huileuse et un | corps à la température utile à sa décomposition. A défaut

decoke, on pourrait y substituer des fragments de briques, |

des rognures de tôle, etc. Lorsque les cylindres ont été | chargés, lutés et chauffés graduellement jusqu’au rouge

| obscur, on y laisse couler, en un petit filet, l'huile contenue !

dans le condensateur; on l’aperçoit couler au moyen d’un petit globe en verre, et un peut en régler la quantité; elle

| est introduite dans la cornue à l’aide d’un petit tuyau; elle |

| y arrive par l'extrémité opposée à celle où s’opère le déga- | gement du gaz, afin que, dans le trajet qu’elle a à parcourir,

il yait plus de points de contact entre les surfaces échauf- | fées et l'huile réduite en vapeur, et que la décomposition de

celle-ci soit plus près d’être complète, Dans cette opération, il faut éviter que la température soit trop basse ou trop élevée : dans le premier cas, il se volatiliserait une plus grande

| quantité d'huile non décomposée, qui ne peut faire partie |

dugaz d'éclairage, et il se produirait, en outre , de l’acide | acétique, dont les principes seraient employés en pure perte, et qui d’ailleurs pourrait corroder les appareils; dans le second cas, le gaz hydrogène carboné laisserait une partie | de son carbone sur les surfaces trop fortement chauffées, ce

qui diminuerait considérablement son pouvoir éclairant. |

Cette opération marche d’une manière continue pendant au moins quinze jours; ce n’est qu’au bout de ce temps qu’il devient nécessaire de remplacer les fragments de coke ou

| d'autre matière contenus dans les cornues, et dont les interstices commencent à s’obstruer. Le coke ainsi souillé

retiré des cornues peut servir comme combustible. Les au-

tres soins que l'on donne à la conduite de cette opération Se hornent à alimenter constamment le condensateur avec huile qui est nécessaire pour remplacer jusqu’à la même hauteur celle qui se décompose dans les cylindres, et à s’as- |Surer que les différentes parties de l'appareil ne perdent pas. | Larésine, transformée en huile, se traite de la même | manière, PELOUZE père,

| Employé d’abord uniquement pour l'éclairage, le gaz

| bydrogenecarbonéa été utilisé aussi pour le chauffage, pour

| la cuisine et les divers besoins domestiques, à l’aide d’ap- | pareils assez simples. Depuis 1848 l’usage s’en est propagé | très-rapidement, surtout pour l’éclairage. En France. | pre que foutes les villes sont pourvues d'usines à gaz. | Nous sommes loin cependant d’en avoir généralisé l’em- | ploi comme en Angleterre, où on le trouve dans presque | tous Jes appartements et à tous les étages. Le gaz brille

| aujourd’hui dans les contrées les plus lointaines : en 1860, | il fit son apparition en Australie; en 1865, à Shanghaï en | Chine; en 1866, à Moscou et dans plusieurs villes du Mexique; en 1872, au Japon.

| Alaété fait de nombreuses expériences pour l’applica-

tion à l'éclairage d’autres gaz que celui dont on se sort ordinairement. Nous citero ns seulement celles du gaz aérifuge (1867), où l’air carburé fait concurrence à l'hydrogène carboné en passant dans un cylindre rempli de pétrole; et le gaz oxhydrique (1869), connu aussi sous le nom de Lumière Drummond.

Les six compagnies parisiennes ont fusionné à la fin de 1855 etont obtenu de la ville un nouveautraité par lequel elles sont mises en possession du droit exclusif de fournir le gaz d'éclairage de Paris pendant cinquante ans, du 1er janvier 1856 au 31 décembre 1905. Le capital-actions de la nouvelle compagnie anonyme a été élevé, en 1861, de 55à 84 millions. En 1868 il a été stipulé qu’à partir de l’année suivante la ville aurait une nart dans les bénéfices. La fabrication du gaz, qui avait fini par être presque entièrement suspendue pendantle siège de Paris à cause de la rareté de la houille, resta considérablement réduite jusqu’à la fin de 1871, par mesure d'économie.

GAZA (en arabe Ghazzé), ville de la Syrie, à 7 kilom. | de la Méditerranée, où elle avait jadis un port. Privée de fortifications, ce n’est plus qu’une place de commerce, que | Son heureuse situation entre la Syrie et l'Égypte rend sous ce rapport assez import ante. On évalue le nombre de ses babitants à 16,000; c’est un mélange de Turcs, de Grecs, | d'Arméniens et d’Arabes. Vers le milieu de son enceinte | surgit une colline de médiocre hauteur, sur laquelle s’é- | lève le palais de l’aga qui la gouverne, Ce palais, cons-

truit sous les khalifes, est vaste et entouré de beaux jardins; mais il tombe en ruines, On y voit aussi plusieurs autres palais déserts et presque entièrement détruits; le mekkemé ou tribunal, un caravansérail et plus de 30 mosquées, parmi lesquelles se trouve une ancienne église, dont la construction remonte au Bas-Empire, et que dé- : Core une double colonnade de marbre d’Afrique, Ces divers édifices, les palmiers qui accomp agnent chaque maison, les fontaines d’eau vive coulant çà et Là et la verte lisièr: de nopals, de palmiers et de sycomores ento urant la ville, présentent un coup d'œil gracieux et pittoresque, qui forme un frais contraste avec l’ardeur brûlante du climat, et qui tempère la mélancolie des souvenirs inspirés par les rnines séculaires de cette cité, dont l'importance était déjà | grande lorsque les Israélites firent la conquête de la terre de Canaan.

A l’origine, Gaza appartenait aux Philistins; et elle joua un grand rôle dans l’histoire de Samson. Adjugée ensuite à la tribu de Juda, elle demeura en sa possession.

En lan 333 av. J.-C. elle fut prise d'assaut, après deux mois desiége, par Alexandre le Grand; en 315, par Antigone, dont le fils, Démétrius, fut complétement misen déroute sous sesmurs par Plolémée ; et en 96, à la suite d’un siége d’une année, par le Macchabéen Alexandre Jannée, qui en détruisit les ouvrages de défense. L'an 65 de notre ère, les Juifs révoltés s’en rendirent maîtres. Constantin le grand la fit reconstruire, et l’erigea en siége d’évêché. En l'an 634 les Arabes commandés par Amrou s’en rendirent maîtres. A lépoque des croisades, Gaza acquit une importance nouvelle ! En 1100 elle fut prise par les chrétiens, à qui Saladin l'en ; leva en 1152 et en 1187. En 1239, les croisés éprouvèrent sous ses murs une déroute complète ; autant en advint le 18 octobre 1244 aux trois ordres de chevalerie, qui avaient affaire aux Chovaresmes; et le 19 juin 1280 a l'émir de Damas, qui avait les Égyptiens pour adversaires. Le 28 octobre 1516 les Turcs battirent non loin de Gaza les Mamelouks. En 1771 le rebelle Ali-Bey s’empara de cette ville, qui le 25 février 1799 tombait au pouvoir des Français commandés parKléber.

GAZA ou GAZIS (Tuéonore). Lorsque, en 1429, les Turcs se furent emparés de la ville de Thessalonique, Gaza vint habiter l'Italie. 11 enseigna d’abord le grec à Sienne; puis il alla à Ferrare, où il fonda une académie, dont à devint aussitôt recteur. A Ferrare comme à Sienne, il professa avec un succès si prodigieux, une admiration si grande,

que les savants ferrarais ne pouvaient passer devant la maison où il avait tenu ses cours sansse découvrir, usage qui se maintint encore longtemps après sa mort. Jusque là son principal moyen d'existence consistait dans l’art calligraphique, où il était habile, comme la plupart des savants grecs d'alors. Le cardinal Bessarion voulut avoir de sa main un exemplaire de l’Zliade, que l’on conserve à la bibliothèque de Venise; ilen existe un autre dans la Laurentienne, à Florence. En 1450, Gaza fut appelé à Rome par le pape Nicolas V, qui, sachant apprécier son immense mérite et sa connaissance approfondie de la langue latine, l'employa à traduire des livres grecs en langue latine. C'est ainsi qu’il traduisit les Problèmes d'Alexandre d’Aphrodise, la Tactique d'Élien, le Traité de La Composition par Denys d’Halicarnasse, l'Histoire des Animaux d’Aristote, ete. 11 traduisit également plusieurs ouvrages du latin en grec, tels que le Traité de la Vieillesse et le Songe de Scipion, de Cicéron. Ces traductions sont loin aujourd’hui d’être aussi estimées qu’elles le furent à leur apparilion ; mais une œuvre pour laquelle Gaza mérite encore notre admiration, et qui lui appartient tout entière, c’est sa Grammaire Grecque, écrite en grec. Érasme fut le premier qui commença à la mettre en latin; il ne traduisit que les deux premiers livres; d’autres savan{s ont achevé cette version, qui s’est enrichie de notes et de remarques. Outre ses nombreuses traductions, Gaza a laissé quelques ouvrages “inédits, que l’on regarde généralement comme d’un médiocre intérêt. Il est un de ces savants qui, émigrant de la Grèce au quinzième siècle, vinrent apporter à l'Italie le flambeau de la philosophie et des lettres grecques, qui semblait s'être éteint depuis longtemps. 1] mourut en 1478, dans les Abruzzes , où il avait obtenu un bénéfice.

GAZE. Ce mot sert à désigner un tissu délicat et léger, fabriqué avec de la soie, ou avec moitié soie et moitié fil de lin. Les caractères particuliers de la gaze sont la transparence et la finesse, ce qui la distingue de toute autre étoffe. Cette transparence et cette finesse s’obtiennent au moyen de l’écartement des fils de la trame, uniformément maintenus à des distances égales par le serpentement de deux fils de chaîne l’un sur l’autre, de telle sorte que, bien qu’elle ne présente qu’un fil à l’œil, la réunion de ces deux fils avec le fil de trame compose un tissu à petits jours ou criblé de trous.

Le nom que porte ce tissu lui vient, suivant Du Cange, de ce qu’il fut dans l’origine fabriqué à Gaza en Syrie. L'ouvrier qui travaille à cette étoffe se nomme gazier, On distingue plusieurs sortes de gazes, qui sont généralement connues et rangées sous les dénominations de gaze de fil ou use upprêlée, quze façonnée où rayée, gaze brochée, gaze crème, gaze fond plein et gaze d'Italie. Ce qui les différencie, c'est la qualité des matières, la nature des apprêts et la diversité du travail. La gaze de fil, dite apprélée, se fait avec de la soie du pays, grège et jaune; mais il faut la blanchir après. La gaze façonnée ou rayée se fabrique avec le mélier à la Jacquart, de même que la gaze dite brochée. La gaze crème ou à la crème offre entre ses fils de plus grands espaces et des rayures plus marquées que les autres gazes. La gaze fond plein est le plus ordinairement unie. Quelquefois, cependant, elle est accompagnée de liteaux près des lisières ; quelquefois aussi ces liteaux sont placés à des distances diverses sur la largeur, Dans ce cas, la gaze fond plein prend le nom de gaze fond plein rayée. La gaze d'Italie est fabriquée comme le taffetas et la toile ordinaire, On emploie pour la confection de cette gaze une soie de Chine appelée soie de Nankin ou soie Sina , laquelle est naturellement blanche, Nous ne parlerons pas de la gaze nommée fond filoché, qui n’est plus en usage; elle a été remplacée par le tulle,

Le inétier pour fabriquer les gazes ressemble à celui de tisserand, sauf qu'il a trois marches et trois lisses ou lames, Mais la troisième lisse est moitié moins élevée que les au-

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