GAZA — GAZETTE
tres, et n’a à son extrémité supérieure qu’un liseron. Chacun des fils de cette lisse se termine par une perle, petite sphère d’émail percée dans son diamètre horizontal. C’est par le trou de chaque perle que passe alternativement un fil de la chaine, le fil suivant se trouvant entre deux perles ; c’est au moyen du poids de la perle que la soie de la lisse est tendue verticalement; enfin, c’est au moyen de l'élévation et de l’abaissement de cette perle, par l'effet de Ja marche, que le fil de la chatne qui la traverse se trouve enchaîné.
La gaze est pour le luxe uue des plus précieuses conquêtes de l’industrie. Elle se retrouve partout où il y a du brillant et des fêtes; c’est elle qui, dans les réjouissances publiques , prête à ces illuminations connues sous le nom de transparents le charme dont tout le monde a pu admirer la magie; elle qui, sous la forme de capricieuses draperies, éclaire nos salons et nos boudoirs d’un demi-jour si coquet; elle qui revêtant, sous les doigts de la mode, mille formes voluptueuses, entoure la beauté d’un prestige d'autant plus puissant, que pour un charme qu’elle nous cache à demi, elle abandonne à notre imagination le soin d’en créer mille.
Ce dernier usage de la gaze justifie bien l’acception métaphorique dans laquelle le mot s'emploie. Gazer, dans le sens figuré, c’est adoucir ce que présenterait de trop libre ou de trop choquant ce qu’on a l'intention d'exprimer.
E. PASCALLET.
GAZELLE (de l'arabe algazel, chèvre), quadrupède du genreantilope, ressemblant un peu au daim, d’une légèreté extrème, et franchissant l’espace avec une incroyable rapidité. Ses cornes sont noirâtres, assez grosses, et marquées de douze à quatorze anneaux saillants. Le cou, le dos et la face externe des merabres, sont de couleur fauve-clair; la face interne de ces derniers, le ventre et les fesses, sont d’un beau blanc. Une bande brune règne le long de chaque flanc. La tête est fauve, à l'exception du sommet, qui est gris clair, et d'une bande blanchâtre de chaque côté, qui embrasse le tour de l'œil ; quelques individus ont la tête marquée de trois bandes brunes, séparées par deux blanches. Cette espèce porte des larmiers, des brosses aux genoux, et à chaque aine une poche profonde, remplie d’une matière fétide. Sa chair est d’un goût fort semblable à celle du chevreuil. Les gazelles vivent dans le nord de l'Afrique et dans l’Asie centrale en troupes nombreuses. Quoique timi= des, elles forment un cercle quand on les attaque, et présentent à l’ennemi leurs cornes de tous côtés ; cependant elles ne peuvent résister aux lions et aux panthères, qui en font leur proie ordinaire. On les chasse avec le chien, l’once et le faucon, Élien a décrit ces animaux sous le nom de dorcas, ce qui les a fait dénommer scicutifiquement antilupe dorcas par Buffon. La légèreté des gazelles , la grâce de leurs mouvements, l'élégance de leur taille, la beauté de leurs yeux, la douceur de leurs regards, ont fourni de tout temps des comparaisons et des images à la poésie arabe.
GAZETIER. C'est celui qui rédige une feuille pério= dique , un journal, une gazette; c'est également celui qui la publie; cette dernière acception n’est plus en usage. Le mot gazelier a lui-même beaucoup perdu de sa valeur pn= mitive; il ne se prend guère qu’en mauvaise part, et ne s'emploie que par dénigrement. Généralement on le rem= place par la qualification de journaliste, laquelle n’a pas encore eu à souffrir des caprices qui gouvernent les langues parlées, Gazelier s’est dit aussi de celui qui vendait ou qui donnait à lire les gazettes.
GAZETTE, journal, écrit périodique, contenant des nouvelles politiques , littéraires ou autres. Le nom de ga= selle a longtemps précédé celui de journal. Aujourd'hui il désigne de préférence les feuilles enfermées dans le cerele des vieilles doctrines monarchiques et religieuses. La dénomination de gazette dérive d’une petite pièce de mons naie vénitienne (gazset{a), qui était le prix de chaque nus méro d'un journal qui paraissait à Venise au commencement