‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 4)Chapitre 180 sur 552 · GÉNÉRALISATION — GÉNÉRATION · texte numérisé non relu

GÉNÉRALISATION — GÉNÉRATION

pèce qu’elle a donné tous ses soins; les êtres animés ne semblent avoir reçu la vie que pour la transmettre à d’autres êtres ; et plus leur vie est active, plus ils sentent le besoin de la communiquer. La vie ressemble au mouvement qu'un corps mu transmet aux corps qui l’approchent; et comme le mouvement aussi, la vie s’use en se communiquant. 1] fallait donc que la nature incität les êtres à la reproduction de leur espèce par un attrait bien puissant, par une force bien irrésistible , pour les porter à s’engendrez au

détriment de leur propre existence. Cette force irrésistible,

cette passion par excellence, c’est l'amour, l'amour pris dans l’acception la plus large de ce mot, l'amour inspiré par Dieu même à toutes les créatures douées de vie, quand il leur commanda à l’origine du monde de croître et de multiplier ; l'amour, cause toujours agissante, et que les anciens, ces grands observateurs de la nature, regardaient comme la manifestation la plus évidente et la plus admirable de Dieu, comme le principe et la fin de l’univers.

Dans ce sens , l'amour est commun à tous les êtres organisés ; c’est le principe même de la vie, qui tend sans cesse à animer de nouveaux êtres. Chez les êtres organisés, privés même de l'instinct, comme les végétaux et quelques animaux inférieurs et équivoques, la vie engendre par sa seule et propre force : dès qu’elle est plus que suffisante pour l'achèvement de l'individu, elle tend à produire des êtres nouveaux , en tout semblables à celui-ci. Chez les êtres d’un ordre plus élevé, chez la plupart des animaux, il devient nécessaire que l'individu contribue à la génération par un acte spontané. Bien plus, le concours de deux individus est presque toujours indispensable à la production d’un nouvel être. Chacun de ces individus contribue d’une manière différente à la génération ; et tel est le motif final de la différence des sexes. Quand les sexes sont séparés, la femelle contient le germe du nouvel être, mais ce germe ne se développe que quand le mâle l’a fécondé. Voilà la cause et les conditions les plus générales de la génération ; mais ensuite les moyens et les circonstances de ce grand phénomène varient à l'infini dans chaque espèce.

Chez la plupart des animaux et même des vegétaux, il existe des organes particuliers nécessaires à la génération; mais chez quelques-uns ces organes sexuels n’existent pas. Chez d'autres, un grand nombre de végétaux par exemple, bien qu’il existe des organes reproducteurs, la reproduction peut s’accomplir sans leur concours. Ainsi, des plantes, quoique pourvues de fleurs, peuvent se reproduire au moyen de boutures : de simples fragments, détachés de la plante, se transforment en une autre plante identique à la première. Le même phénomène a lieu pour quelques animaux. Les plantes acotylédones n’ont pas d’organe de la génération, et ne se reproduisent pas non plus par boutures. Ces espèces de végétaux se perpétuent par des germes Ou rudiments dont la forme varie pour chacun, et auxquels on a donné les noms de propagines (pour les mousses ), de conides (pour les lichens), etc. On peut considérer ces germes comme des plantes en miniature qui n’ont plus qu’à se développer.

Parmi les animaux, les polypes n'ont pas non plus d'organes particuliers de reproduction ; ils perpétuent leur espèce de deux manières différentes. D'abord, ils ont des gemmes , espèce de germes qui , développés dans l'intérieur de leurs membranes, font saillie au dehors et au dedans de leur corps; et lorsque ces gemmes sont parvenus à une certaine grosseur, ils se détachent de l'animal pour former autant de polypes nouveaux. L'autre manière dont ces étres se reproduisent, c'est par boutures, par divisions spontanées ou artificiellement opérées : il pousse de la surface de leur corps des espèces de bourgeons qui quelquefois s’en détachent pour donner lieu à de nouveaux polypes semblables au polype principal. Même chose arrive lorsqu'on les coupe par fragments, petits on gros; chaque tronçon devient un animal enter, et bientôt il naît de nouveaux animaux de chacun des bourgeons dont ils se recouvrent,

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