‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 4)Chapitre 182 sur 552 · GÉNÉRATION · texte numérisé non relu

GÉNÉRATION

un atome de fluide variolique inoculé au bras d’un enfant communique la variole à la personne entière; seulement, dans cette contagion séminale et universelle de l’économie, la matrice seule reçoit la faculté de concevoir un nouvel être; et c’est là que l’embryon apparaît et se développe.

Depuis lors, et par suite des travaux de Haller, de Swammerdam, de Spallanzani et d’un grand nombre d’autres observateurs, on a reconnu que la plupart des êtres organisés, plantes et animaux, ont un œuf pour origine, omne vivum ex ovo. On est à peu près d'accord sur ce point; il ne reste plus qu’à déterminer quelle est la part du mâle et dela femelle dans la formation etle développement de cet œuf. Or, ilest certain que l'ovaire des femelles renferme les œufs, ou du moins leur principe ; mais l'embryon ou le germe d’un nouvel être préexiste-t-il dans ces œufs? C’est ce que l’on croit assez généralement aujourd’hui ; et dans cette hypothèse, la semence du mâle ne sert qu’a déterminer le développement de l'embryon. Mais d’autres naturalistes n’admettent pas cette opinion : ils pensent bien aussi que l'œuf est le point de départ et le berceau de tout l'être organisé ; mais ils croient que le germe de cet être préexiste dans la semence du mâle, et est apporté par celui-ci dans l’acte de la reproduction. Ce système est celui de Leuwenhoëk ; il est fondé sur une découverte de ce naturaliste. A l’aide du microscope, Leuwenhoëk aperçut dans l'humeur fécondante des mâles un nombre prodigieux de petits animaux ; il en vint même à supputer que la laite d’un seul pcisson, par exemple, renferme un nombre plus grand de ces animalcules qu'il n'existe d'hommes sur la surface de la terre. De cette découverte singulière , il conclut que ces petits corps animés sont les germes d’êtres semblables à celui qui les contient, et que dans l’acte de la reproduction un ou plusieurs de ces germes vont se loger dans l’ovaire de la femelle, où ils prennent ensuite leurs accroissements. La plupart des partisans de ce système croient que l'embryon n’existe d’abord qu’à l’état le plus simple d'organisation ; qu'ilsetransforme ensuite et s’accroît jusqu’à ce qu’il ait revêtu la forme qu’il doit conserver pendant la vie. Mais quelques naturalistes ont été plus loin : ils ont cru reconnaître que ces animalcules avaient déjà la forme et l’organisation de l’espèce à laquelle ils appartiennent ; ils ont cru découvrir là de petits hommes en miniature, auxquels il n'aurait manqué qu’un peu de volume et d’embonpoint ; ajoutons que cette opinion bizarre a trouvé peu de partisans.

Reste un dernier système, qui a dû surtout sa fortune à l'immense réputation et au talent de son auteur; c’est le système des molécules organiques de Buffon. Ce grand naturaliste observa que dans toutes les humeurs ou parties fluides des êtres organisés, il existait des globules mouvants ; que si l’on mettait infuser dans un liquide des organes d'animaux, ou des portions de plantes, on retrouvait encore ces globules ; il en conclut qu'il existe dans la nature une immensité de ces globules animés, qui composent tantôt des plantes, et tantôt des animaux ; que cette matière première des corps organisés passe ainsi d’un de ces corps à un autre sans s’altérer ; et il leur donna le nom de molécules organiques. Tant qu'un corps vivant continue de s’accroître, les molécules organiques ne sont employées qu’à leur accroissement ; mais quand le corps est accru, les molécules nouvelles fournies par les aliments sont mises en réserve pour servir à la production d’êtres nouveaux. Dans l’acte de la reproduction , le mâle et la femelle, selon Buffon, fournissent chacun leur contingent de molécules organiques, qui en se combinant donnent naissance à l'être nouveau. Ces molécules proviennent de toutes les parties du corps, et les parties similaires du mâle et de la femelle se réunissent et se combinent ensemble : par exemple, les molécules provenant de l'œil du père se combinent avec des molécules venues de l'œil de la mère, et de même pour tous les autres organes non sexuels. (Voir nos Éléments de Physiologie comparée [1 vol. in-8°]).

Dans ce rapide examen des nombreux et importants phénomènes de la génération, on a pu voir que la science des

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