M DCCC LXX VIII
| UNIVERSITY OF VICTORIA | LIBRARY | | Victoria, B.cC.
Les lecteurs sont prévenus que tous les mots espacés dans le texte courant (par exemple : Transsubstantiation, !mmortalité, César) sont objet d'articles spéciaux dans le Dictionnaire, et constituent dès lors autant de renvois à consulter,
DE
FRÉRE!L (Nicoras), secrétaire perpétuel de l’Académie des Inscriptions et belles-lettres, naquit à Paris, en 1688. Son père, procureur au parlement, eût désiré lui faire suivre la carrière du barreau ; mais reconnaissant combien peu il avait l'esprit des affaires, il finit par le laisser libre d’obéir au penchant qui l’entraînait vers les lettres. En effet à l’âge de seize ans. Fréret, élève de Rollin, était déjà un prodige d’érudition; aussi en 1714 ne pouvant encore prendre place parmiles membres de l’Académie, à cause de sa Jeunesse, y fut-il, en attendant, admis à titre d’é/ève. Son début fut signalé par un discours sur l’origine des Français, qui choqua les opinious alors admises, et blessa si vivément l'abbé de Vertot, que celui-ci dénonça l’auteur au ministère, Fréret fut mis à la Bastille. Duclos assure que des propos indiscrets sur l'affaire des princes légitimés furent la véritable cause de sa détention. Quoi qu’il en soit, Fréret occupa les loisirs forcés qu’on lui faisait à relire attentivement les auteurs grecs et latins, acquérant ainsi une connaissance plus approfondie de cette antiquité, qui fut l’objet des travaux de toute sa vie. Dans l’ardeur de son zèle pour la science, il voulut aller visiter la Chine, afin d'étudier par lui-même ses annales ; mais, ne pouvant réaliser son projet, il apprit du moins le chinois d’un lettré. de cette nation, venu en France en 1712, Aidé des lumières d’un célèbre missionnaire, le père Goubil, Fréret établit que l’histoire des Chinois, loin de se perdre dans la nuit des temps, était fixée dans les livres de Moïse, et ne remontait pas au delà de l’an 2,575 avant J.-C.
La géographie avait également été l'objet de ses travaux, et dans ses papiers l’on ne trouva pas moins de 1,357 cartes tracées de sa main. Reconnaissant l'influence des idées religieuses et philosophiques sur les révolutions des peuples, il entreprit de débrouiller la cosmogonie en même temps que la philosophie des Orientaux, puis “celle des Grecs; et rien de plus curieux et de plus instructif que les dissertations qu’il composa sur ces différents sujets. Outre les langues anciennes, il savait l'anglais, l'italien et surtout l'espagnol. Il connaissait aussi, dit Bougainville, son successeur à l’Académie, l’histoire naturelle et les procédés techniques des arts, et possédait assez de géométrie pour devenir bon physicien. Quoi qu’il poursuivit la renommée, il ne la désirait pas uniquement pour lui, mais surtout pour le corps dont il faisait partie, et auquel il ‘rapportait tous ses travaux ; c’est ce qui explique comment la plupart de ses écrits, disséminés dans le recueil de l’Académie des Inscriptions, dont il fut élu membre en 1716, et secrétaire perpétuel en 1742, ne furent rassemblés, et publiés qu'après sa mort.
Les systèmes historiques de Fréret, quelquefois en dé-
DICT, DE LA CONVERS, + T, X