GERARD
après la paix de Tilsitt fut nommé chef de l'état-major du 9° corps d'armée, aux ordres de Bernadotte. Dans la guerre qui éclata de nouveau avec l'Autriche en 1809, il fut chargé des mèmes fonctions ; et à la bataille de Wagram Bernadotte lui confia le commandement de la cavalerie saxonne, Il fut ensuite attaché au 9° corps de l'armée d’Espagne, depuis juillet 1810 jusqu’à octobre 1811, époque à laquelle: il fut mis en disponibilité. Mais dès l’année suivante i était rappelé sous les drapeaux et attaché à la grande armée qui entraiten Russie, Le 19 août 1819, il assista à la san glante affaire de Valoutina, et contribua activement à prise de Smolensk, A la bataille de la Moskowa, ik commandait les troupes à la tête desqueMes avait été tué! le général Gudin ; et cette division se couvrit de gloire, Pendant la retraite de Moscou, Gérard fut investi du commandement en second, sous les ordres du maréchal Ney,. du corps chargé de protéger la marche des débris épars de la Grande Armée. La bravoure dont il donna des preuves lor du passage de la Bérézina, où, ainsi que Ney, il soutint,. à diverses reprises, avec quelques régiments affaiblis, le choc de corps d’armée entiers, eut pour résultat de sauver Ja vie de plusieurs milliers de nos soldats. Le vice-roi Eugène ayant succédé au roi de Naples, Murat, dans le commanment en chef de l’armée française, en rallia les débris sur les bords de la Vistule, et confia à Gérard le commandement de l’arrière-garde, composée de 12,000 Napolitanset de trois bataillons de recrues. Avec ces faibles moyens, il parvint en bon ordre jusqu’à Francfort-sur-l’Oder, où il se trouva en face de forces supérieures prêtes à lui barrer le passage, et d’une population en insurrection ouverte contre. les Français. Sa position à ce moment était si critique, que l'empereur Alexandre, qui survint en personne avec des renforts considérables, le fit sommer d’avoir à mettre bas les armes. Gérard s’y refusa, et manœuvra avec tant d’habileté, que, trois jours après, il était en paisible retraite sur les bords: de l’Elbe, où, le mouvement de retraite s’arrêtant, il fit volteface et se trouva aux avant-postes de notre armée. La campagne de 1813 s’ouvrit alors. Gérard y fut chargé: du commandement d’une des divisions du onzième corps, * aux ordres du maréchal Macdonald; et à la bataille de Bautzen, par une marche hardie, opérée en avant, contrairement aux ordres du maréchal, il arracha des mains des alliés une victoire déjà à peu près gagnée. Blessé grièvement, à peu de jours delà, dans uneaffaire d’avant-postes, il dut s'éloigner quelque temps de l’armée. Mais quand l’armistice de Plezwitz fut dénoncé, il était de nouveau à la tête de sa division; et à l'affaire de Golberg, il lui arriva encore, contrairement aux ordres de Lauriston, investi, en l'absence de Macdonald, du commandemant en chef, de charger avec vigueur les Prussiens aux ordres du prince de Mecklembourg, et de les mettre en déroute. A la suite de ce brillant combat, l’empereur l’appela au commandement du onzième corps, quoiqu'il fût le général de division le plus récemment promu, préférence qu’il justifia et sut se faire pardonner par ses camarades. Blessé déjà à la bataille de la Katzbach, il le fut de nouveau très-dangereusement, à la tête, dans la seconde journée de Leipzig, ce qui l'o= bligea encore une fois à quitter l’armée. Mais dès la fin de l’année 1813 il se trouva assez rétabli pour pouvoir prendre une part active à la campagne de France. Avant d’aller se mettre à la tête de l’armée concentrée dans la Bourgogne et la Champagne, Napoléon avait voulu créer une réserve com= posée de trente-huit bataillons, destinée à mettre Paris à l'abri d’un coup de main. Ce fut sur Gérard qu'il jeta les yeux pour la commander. Celui-ci arriva à la tête de ses troupes le 30 janvier à Dienville, où il devait former l'aile droite. Ses instructions lui enjoignaient de garder à tout prix le pont jeté sur l'Aube. Attaqué, deux jours après, dans cette position par l’Autrichien Giulay, il y résista quarante= huit heures à un ennemi supérieur en forces, qu'il empécha de franchir la rivière, et ne l’abandonna qu'après en avoit reçu l'ordre exprès de l'emporeur, qui, couvert par l'intré-