GERARD
pidité de son lieutenant, avait pu pendant ce temps-là librement manœuvrer sur la rive gauche de le Seine. A quelques jours delà, Gérard prenait part à l'affaire de Montereau et, par sa froide intrépidité, contribuait puissamment au succès de cette journée.
Après l’abdication de Fontainebleau, il reçut du gouvernement provisoire la délicate mission de ramener en France la garnison de Hambourg. Puis il fut chargé de Pinspection générale de la cinquième division militaire et du commandement du camp de Belfort. Au retour de l’ile d’Elbe, l’empereur se hâta de l’appeler auprès de lui. Nommé au commandement en chef de l’armée de la Moselle, il se couvrit de gloire, le 16 juin, à la bataille de Ligny. A Waterlooil se trouvait placé, avec son corps, sous les crdres de Grouchy et posté sur la route de Wavres. Quand le bruit du canon se fit entendre dans la direction de la forêt de Soignies, le maréchal réunit ses officiers genéraux en conseil de guerre, et Gérard ouvrit l’avis de marcher immédiatement dans la direction du canon, en passant la Dyle sur le pont de Munster. L'avis contraire ayant prévalu, le corps de Grouchy se porta en masse sur Wavres, et à ce moment une balle prussienne vint traverser la poitrine de Gérard et le mettre hors de combat. Malgré la gravité de sa blessure, il tint à honneur de ne point se séparer de ses compagnons d'armes. Après la prise de Paris, ilaccompagna sur les rives de la Loire l’armée qui avait voulu défendre la capitale, et que la réaction triomphante qualifiait de brigands de la Loire. Elle ne tarda pas à être licenciée, et Gérard obtint la permission d'attendre à Tours la complète guérison de sa blessure. À son retour à Paris, le ministre de la police Decazes et Clarke, duc de Feltre, ministre de la guerre, le prièrent d'aller voyager quelque temps hors de France. Il se soumit, et se réfugia en Belgique, où il se maria, en 1816, avec la fille du général comte de Valence. L'année suivante, ilrentra en France, et se retira dans sa terre de Villers-Creil (Oise), où, en 1822, les suffrages des électeurs de la Seine vinrent le chercher pour l’envoyer à la chambre des députés. Fidèle à ses précédents, il y prit plaee dans les rangs de la courageuse minorité qui essayait de lutter contre la contrerévolution. En 1824, un accident de chasse lui coûta l'œil gauche, perte d'autant plus déplorable que son œil droit était déjà d’une faiblesse extrême. En 1827, les électeurs de la Dordogne et ceux de l’Oise se disputèrent l'honneur de Vavoir pour député ; et dans la session de 1829 il fut nommé membre de la commission chargée de l'examen du Code Pénal militaire, |
Un rôle politique plus important lui était réservé par la révolution du 1830, à laquelle il se hâta d’offrir son concours et son épée, 11 fut fout aussitôt désigné comme commissaire provisoire à la guerre, et Louis-Philippe, dès qu'il eut été nommé roi par les deux cent vingt-et-un, s'empressa de lui confier le portefeuille de ce département. Quelques jours après, le 17 août 1830, en le nommant maréchal de France, il réalisait les intentions de Napoléon, qui dès 1814 lui en avait destiné le bâton. Ses efforts eurent pour but principal de reconstituer sur un pied respectable notre armée , que l’incurie et le mauvais vouloir de la Restauration avaient laissée tomber dans une désorganisation presque complète. Mais la faiblesse de sa santé ne lui permit pas de garder le ministère de la guerre plus de trois mois. Il dut alors le remettre au maréchal Soult;et en octobre 1831, les circonstances politiques ayant pris l'aspect le plus menaçant, il fut nommé au commandement en chef de l’armée qui avait été concentrée dans nos départements du nord à l'effet de prèter aide et appui contre la coalition européenne à la révolution belge, sœur de la nôtre. Une campagne de treize jours lui suffit pour forcer les troupes hollandaises, qui avaient envahi la Belgique, à regagner leur territoire. Le 15 novembre 1832 il rentra de nouveau en Belgique, avec la même armée, pour aller forcer les Hollandais à évacuer la forteresse d'Anvers; et après vingtquatre jours de tranchée ouverte le général Chassé, qui