‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 4)Chapitre 230 sur 552 · GERTRUYDENBERG — GÉRYON · texte numérisé non relu

GERTRUYDENBERG — GÉRYON

lées et venues coutinuelles des deux délégués hollandais portant à La Haye les humbles propositions de la France, et rapportant à Gertruydenberg les arrogantes réponses et les hautaines prétentions des vainqueurs. L’ulimatum signifié par la coalition fut que Louis XIV s’engagerait à obtenir, soit par la voie des négociations, soit par la force des armes , du duc d'Anjou, son petit-fils, devenu roi d’Espagne sous le nom de Phillippe V, qu’il renonçât à toute prétention au trône d’Espagne. C'était abuser sans pitié des revers et de Jhumiliation du grand roi. Louis XIV , en prenant connaissance des insolentes conditions qu’on mettait à la cessation des hostilités, puisa un nouveau courage dans les insultes dont on l’abreuvait. Il rappela ses plénipotentiaires; et la fortune des armes lui étant devenue moins contraire, il put signer la paix d’Utrecht, dont les conditions honorables pour la France effacèrent la honte des conférences de Gertruydenberg.

GERUSIE, Voyez GÉRONTE, CARTHAGE, etc.

GER VAIS (Saint), dont le corps, ainsi que celui de saint Protais, son frère, fut trouvé à Milan, en 380, par saint Ambroise, souffrit le martyre vers 304, pendant la violente persécution dont l'Italie fut ensanglantée. On croit que ces deux saints, surnommés, par le grand archevêque de Milan, les premiers martyrs de cetle ville, étaient fils de saint Vital et de sainte Valérie, dont l’inébranlable fermeté au milieu des tortures qu'ils endurèrent, l’un à Ravenne, Pautre à Milan, avaient été pour leurs fils une leçon qui devait plus tard les appeler à marcher sur leurs traces. Un vague souvenir de leurs souffrances existait à peine dans la mémoire de quelques vieiliards, lorsqu'une vision indiqua à saint Ambroise qu’il trouverait, en faisant des fouilles dans l'église de Saint-Nabor et de Saint-Félix (plus tard de Saint- François), les reliques dont il désirait enrichir la basilique élevée par ses soins, et connue depuis sa mort sous le nom d’Ambrosienne d'abord, puis de Saint-Ambroise le Grand. En butte à cette époque aux persécutions des ariens et aux menaces de l’impératrice Justine, veuve de Valentinien 1°’, dont le dessein bien connu était de le chasser de son siége, le pieux archevêque comprit aussitôt que le ciel venait à son aide contre ces sacriléges tentatives : il se rendit sans hésiter au lieu indiqué, fit creuser la terre en sa présence, et découvrit un tombeau qui contenait deux corps mutilés, deux têtes séparées des deux troncs, et des traces encore visibles du sang qui avait été répandu. Toutes ces circonstances répondant à l'avis mystérieux qui lui avait été donné, il fit transporter ces restes précieux dans l’église de Fauste ( depuis de Saint-Vital et de Sainte-Agricole), où ils furent exposés pendant deux jours à la vénération des fidèles. Le 18 juin, leur translation solennelle fut signalée non-seulement par des réjouissances publiques, mais par des guérisons nombreuses, On plaça les deux corps dans une voûte pratiquée sous l'autel principal, à droite; et dès lors leur fête fut célébrée le 19 juin en Afrique et dans tout l’Occident : les Grecs seuls l'ont fixée au 14 octobre, jour présumé du supplice des deux martyrs.

Plusieurs églises ont été successivement érigées sous l’invocation de ces deux saints, qu’on n’a plus séparés, ni dans le culte dont ils sont l’objet, ni dans les chefs-d’œuvre nombreux que Jeur martyre a inspirés. Dès le sixième siècle Paris en possédait une, qui fut rebâtie en 1212, dédiée en 1480, et qui maintenant est une cure de deuxième classe. En 1616 seulement où éleva, sur les plans et sous la direction de Jacques de Brosses, le portail, dont la célébrité n’est due sans doute qu’à la singulière réunion des trois erdres d’architecture superposés, et au contraste formé par sa masse imposante, mais lourde et sans grâce, rapprochée des proportions si délicates du gothique. Devant ce portail, on voyait encore avant la révoiution un orme magnifique (Guillot l'appelle ourmeciau), qu’on renouvelait avec soin, bien que sa présence masquât la façade et génât la voie publique. C'était sous son ombrage que les habitants se réunissaient autrefois après l'office; que les juges pédanés, qu’on

DICr, DE LA CONVERS, — T» X,

appelait aussi pour cette raison juges de dessous l’orme, rendaient leurs sentences, et que les vassaux payaient leurs redevances aux seigneurs. L'église, autrefois remarquable par ses vitraux de Jean Cousin, et par ses sculptures et ses tableaux de divers grands maîtres, est presque nue aujourd’hui, quoiqu’elle soit la paroisse de l'hôtel de ville. Le musée du Louvre s’est enrichi des toiles de Lesueur, de Sébastien Bourdon et de Philippe de Champagne, qui fut inhumé dans ce temple, ainsi que Le Tellier, Du Cange, Scarron, etc. Ces toiles représentaient le refus des deux saints de sacrifier aux idoles, leur apparition à saint Ambroise, invention de leurs reliques et la translation de leurs corps. Quelques tableaux donnés par la ville de Paris, un Père éternel, peint par Pérugin, un tableau sur bois d'Albert Durer, représentant en neuf compartiments neuf scènes de la passion; un Æcce homo en marbre blanc, une descente de croix en plâtre et un mausolée en! marbre, forment aujourd’hui à peu près toute la richesse de cette église; car à peine peut-on parler de ses vitraux, dont il ne reste que quelques parties, tout au plus suffisantes pour donner une idée de l'effet admirable qu'ils devaient produire. Dans ces derniers temps, la chapelle de la Vierge a été richement peinte et ornementée. L'abbé J. Durressis.

GER VINUS ( G£orces-GEorFRoy ), homme politique et historien allemand contemporain, est né en 1805, à Darmstadt. Appelé en 1836 à occuper une chaire d'histoire à Geættingue, il la perdit dès l’année suivante pour s'être associé à la protestation des principaux professeurs de cette université contre l’abolition de la constitution hanovrienne, prononcée par le roi Ernest-Auguste. En 1844, il fut nommé professeur à Heidelberg, et fonda dans cette ville, en 1847, la Gazette allemande ( Deutsche Zeitung ), qui se posa tout de suite comme l'organe du parti constitutionnel en Allemagne, et qui devait bientôt exercer une grande influence sur la direction des idées au milieu des agitations qui signalèrent les années 1848 et suivantes. Elu à ce moment par les villes anséatiques leur représentant près de la diète, il prit part aux travaux du fameux comité des dix-sept chargé de préparer un projet de constitution commune pour l’Allemagne. Envoyé à l'assemblée nationale par un des districts électoraux de la Saxe, il ne brilla point comme orateur dans cette assemblée; et bientôt même, découragé par la triste tendance que les idées et les choses avaient fini par prendre en Allemagne, il sembla renoncer alors à la politique active pour se consacrer de nouveau à ses belles études sur l’histoire, qui lui assurent un rang si éminent parini les historiens de notre temps. On a de Ini : Coup d'œil sur l'histoire des Anglo-Saxons (1820 ); Histoire moderne de la littérature poétique allemande (3 vol., 1835; 3° édition, {852 ), ouvrage dont il a publié un Abrégé, qui dès 1853 en était arrivé à sa 5° édition; des études sur Shakspeare (6° édition, 1862), et une Jntroduction à l’histoire du dix-neuvième siécle (1853), que la police badoise fit saisir pour crime de kau!e trahison ; Insurrection et régénération de La Grèce (1863). Le plus considérable de ses ouvrages fut l’Histou'e du dix-neuvième siècle depuis lestraités de Vienne (Leipzig, 1855. 1870, 18 vol. in-8°), traduite en français; on y trouve l'exposition calme et raisonnée des grands principes qui doivent présider au gouvernement des sociétés humaines, Gervinus est mort le 17 janvier 1871, à Heidelberg. GERYON, monstre à trois têtes ou à trois corps, fils de Chrysaor et de Callirhoé, descendant d'Éncelade, selon d’autres, régnait dans l’île d’Érythie. Propriétaire d’un magnifique troupeau de bœufs, qu’il nourrissait de chair humaine, il avait préposé à la garde de ce trésor ur géant, appelé Eurytion, un chien à trois têtes, nommé Or{hus, frère de Cerbère et de l’hydre de Lerne; enfin, un dragon à sept têtes. Envoyé par Eurysthéé, roi de Mycènes, Hercule arrive, terrasse, en trois coups de massue, le géant, le chien et le dragon, en vient aux mains avec son triple adversaire, qui.

| sur Pavis d’un pâtre, accourait à sa rencontre ; puis, malgré

Vintervention de Junon, il dompte Géryon, et étend sans vie sur la rive du fleuve Anthème. Les bœufs sont enlevés, et vont être conduits dans les gras pâturages de la Grèce. Mais avant de quitter ces lieux Hercule veut y laisser un monument qui éfernise sa mémoire. Il coupe le mont qui unissait Espagne à l'Afrique et qui séparait l'Océan de la Méditerranée, Les interprètes ne sont pas d’accord sur la position du royaume de Géryon, que les uns placent aux Baléares, les autres aux environs de Cadix. Il avait pour aieule la Zéte de Méduse, et pour oncle le cheval Pégase : Or, voici comment la chose était advenue, suivant Hésiode : un beau jour, Persée triomphait de la Gorgone... A peine lui eut-il coupé la tête qu’il en sortit un cheval ailé et un géant armé d’un glaive : l’un était Pégase, l’autre Chrysaor ! 11 y avait autrefois à Pavie un oracle de Géryon. Tibère le consulta en partant pour l'flyrie. MonpeLor. GÉSÉNIUS ( Frépéric-Henri-GuILLAUME ), savant orientaliste, regardé à bon droit comme le fondateur de l’explication critique et linguistique de l’Ancien Testament, naquit en 1785, à Nordhausen, et fitses études à Helmstædt et à Gœættingue. En 1809, Jean de Muller , alors ministre de l'intérieur en Westphalie, le nomma professeur de littérature ancienne au gymnase d'Heiligenstadt. Mais dès l’année suivante on l’appelait, avec le titre de professeur suppléant de théologie, à Halle, où en 1811 il fut nommé professeur titulaire. 11 conserva sa place lors du rétablissement de cette université en 1814, se fit recevoir docteur en théologie la même année, et entreprit en 1820 un voyage scientifique à Paris et à Oxford, à l'effet surtout d’y recueillir des matériaux lexicographiques pour les langues sémitiques. Malgré les attaques nombreuses dont il a été l’objet de la part du parti luthérien orthodoxe, on ne peut nier qu'il n’ait rendu à la science, et comme écrivain et comme professeur, des services signalés. Ses travaux ont en effet ouvert une ère nouvelle pour létude des langues sémitiques. 11 mourut le 23 octobre 1842. Ses principaux ouvrages sont : Dictionnaire abrégé, hébreu et chaldéen, pour l'étude de l’Ancien Testament (4° édition, 1834; en latin ; 2° édition, 1846 ); Eléments d’'hébreu ( seizième édition, 1851); De Pentateuchi Samaritani origine, indole et auctoritate ( Halle, 1815); Traduction d'Isaïe, avec un commentaire historique et philologique (2° édition. ; Leipzig, 1829 ); Thesaurus philolog. crilic. linguæ hebr. et chald. Veteris Testamenti (3 vol. in-4°, 2° édition. ; Leipzig, 1829-42 ). GÉSIER. La digestion des oiseaux s’effectue d’une manière particulière, C’est dans l'estomac de ces animaux que les substances alimentaires doivent être décomposées mécaniquement et chimiquement. A cet effet, le conduit alimentaire ou l’œsophage se dilate à deux reprises chez un très-grand nombre d'individus : d’abord, pour former une première cavité appelée jabot, ensuite une seconde, appelée ventricule succinturié ; enfin succède l’estomac proprement dit, où les aliments doivent principalement étre dénaturés. Cet organe est surtout remarquable chez les oiseaux granivores, les pigeons, les poules, les dindons, etc. C’est lui qui est connu vulgairement sous Ja nom de gésier. Cet estomac, situé à gauche et au-dessus du foie, d’une forme irrégulièrement arrondie, se compose de deux disques musculaires d'autant plus épais et puissants que l'oiseau est granivore, et d'autant plus mince qu’ilest carnivore. Les fibres musculaires, ainsi que la membrane interne, aboutissent à un centre tendineux, dont la texture devient même quelquefois cornée. Ce viscère, ainsi organisé, agit avec une force très-énergique : il brise et broie des corps très-dnrs, et son action n’est pas comparée sans raison à celle des dents molaires. Les oiseaux qui ont un tel gésier avalent sans inconvénient des pierres, des fragments de verre, des portions de métaux aiguës ; ces corps finissent par s’émousser et s’arrondir, Chez l’autruche d'Afrique (struthio camelus), le ventricule succinturié est très-large, le gésier est petit, mais très-musculaire ; aussi sa puissance est grande. Mais chez Vautruche de V'Amérique (rhe& americana), la disposition

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