‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 4)Chapitre 246 sur 552 · GIL POLO — GIL Y ZARATE · texte numérisé non relu

GIL POLO — GIL Y ZARATE

leurs passions. Une femme, qui se défie de lui, le met en fuite en prononçant le nom de Jésus. Cette composition originale semée de traits hardis contre la cour de Rome, se termine par un hymne en l'honneur de la Vierge.

Vicente introduit dans la plupart de ses pièces en personnage bavard, menteur, gourmand, poltron, qui place à côté de scènes souvent tragiques des plaisanteries de mauvais goût et des querelles avec des gens de la profession la plus humble. Les ridicules des nobles, qui, malgré leur peu de fortune , avaient la manie de s’entourer d’une multitude de domestiques ; lasottise des amants, qui ennuient de leurs sérénades noctures de dédaigneuses maîtresses; les habitudes grossières des gens de la campagne, telles sont les don: nées sur lesquelles roulent plusieurs de ses farces. 11 a largement puisé aussi dans l'Histoire Sainte, afin d’avoir les matériaux de quelques drames assez semblables à nos vieux mystères; là encore il réunit sans façon les personnages les plus disparates ; et il amène Jupiter, afin de le faire prosterner devant la crèche à côté des rois mages. Chez lui le dialogue est vif et vrai, l'invention d’une richesse étonnante, le langage harmonieux et d’une incontestable beauté poétique. Il abonde en traits piquants; il est toujours original, et se montre bon observateur des travers de ses contemporains, à qui il inspira un enthousiasme-que nous ne pouvons partager aujourd’hui, mais que nous devons trouver fort excusable.

Il est possible que les mystères latins et français lui aient servi de modèles pour ses autos, que dans ses pastorales (autos pastoris) il ait imité son contemporain espagnol Encina, et que les farces françaises n’aient pas été sans influence sur ses farzas; mais dans tous ses ouvrages il y a toujours un cachet éminemment national. Il fut le chef d’une école dramatique toute populaire à laquelle appartint le grand Camoëns, après lui le plus national des poëtes portugais ; école que détruisit Sa de Miranda en introduisant presqu’à la même époque limitation servile des vieux auteurs classiques.

GIL Y ZARATE (Don Anronio), l’un des plus remarquables dramaturges espagnols contemporains, est né en 1793, à l'Escurial. Dès l’âge de huit ans, ses parents l’envoyèrent à Paris pour y faire son éducation; mais il y oublia si bien sa langue maternelle, qu’à son retour dans sa patrie, en 1811, il la lui fallut apprendre de nouveau, Six ans plus tard , il vint encore une fois en France, afin de s’y livrer à l’étude des sciences physiques et mathématiques. A son retour à Madrid, en 1819, il obtint un emploi au ministère de l’intérieur, et y parvint jusqu’à la position de chef de bureau des archives. Ayant fait preuve d’attachement aux principes constitutionnels, il perdit cette place lorsque l’absolutisme l’emporta, et dut alors rester à Cadix. C’est dans cette ville qu'il débuta comme poëte, par trois comédies : £l Entremetido, Cuidado con las novias et Un año despues de la Roda ; la première est en prose, les deux autres en vers. L'une fut représentée à Madrid, en 1825, pendant que le séjour de cette capitale lui était encore interdit ; les deux dernières en 1826, année où il obtint l’autorisation d’y revenir. L'année suivante, il traduisit la tragédie de Dom Pedre de Portugal, qu'il parvint, non sans peine, à fare représenter sur le théâtre de la Cruz. En 1832 il devint l’un desrédacteurs du Boletin de Comercio, journal fondé par la junte de commerce, et qui par la suite changea son titre en celui d’£co de Comercio. Mais trois ans après il renonça à la rédaction de cette feuille, dont l'opposition devenait de plus en plus violente, et entra denouveau comme chef de bureau au ministère de l'intérieur, 11 reprit alors ses travaux dramatiques, et dès 1838 sa tragédie de Doña Blanca de Borbon fut représentée à Madrid. Cette pièce, bien qu'écrite dans toute la sévérité de l’ancien goût classique, obtint un grand succès, Pour repousser les critiques des partisans de la nouvelle école romantique et prouver que ce n'était pas le talent qui lui manquait pour composer un ouvrage suivant les idées et les principes qu’elle proclame en

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