‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 4)Chapitre 247 sur 552 · GIL Y ZARATE — GINGEMBRE · texte numérisé non relu

GIL Y ZARATE — GINGEMBRE

matière de goût, il écrivit à peu de temps de là sa tragédie romantique intitulée Carlos 1 el Hechizado, ouvrage qui lui assure un rang distingué parmi les auteurs dramatiques espagnols. Depuis, il est resté fidèle à cette direction nouvelle donnée à son talent. Seulement, il s’est efforcé de se rapprocher toujours davantage du vieux goût national, nofamment dans ses tragédies de Rosmunda, Don Alvaro de Luna, Masanielo et Guzman el Bueno; dans la comédie Carlos V en Ajofrin, et dans le mélodrame Cecilia la Cieguecita. On a en outre de lui: Un monarca y su privado, Matildeet Don Trifon. On trouvera des extraits de ses œuvres lyriques et dramatiques dans la collection d’Eugène Ochoa : Apuntes para una biblioteca de escrilores esp. contemporaneos (Paris, 1840). Une collection de ses œuvres dramatiques à paru à Paris, en 1850.

GIMIGNANO (Vincenzo pa San-), fut l’un des élèves les plus distingués de Raphael, sous la direction duquel il travailla aux loges du Vatican Il exécuta aussi tout seul plusieurs fresques qui ont péri depuis. Il s’était approprié avec beaucoup de bonheur la manière de Raphael, et travaillait avec une ardeur incomparable. Lors de la prise et du sac de Rome, en 1527, il perdit tout ce qu'il possédait. Découragé , il s’en revint alors aux lieux de sa naissance, à San-Gimignano, en Toscane, et y exécuta encore quelques tableaux, mais qui ne répondirent point à sa réputation. On ignore l’époque précise de sa mort. Ses œuvres sont devenues fort rares. Il y a de lui une Sainte Famille dans la galerie de Dresde.

GIMIGNANO (Gracnro na), né en 1711, à Pistoie, mort en 1681, se forma à Rome à l’école du Poussin, puis entra dans l'atelier de Pietro de Cortona, sans pour cela renoncer à la manière du Poussin et à ses principes de dessin. Il peignit beaucoup de fresques, notamment à Saint-Jean-de-Latran, à Rome, et dans le palais Niccolini, à Florence. On a aussi de lui, entre autres gravures recherchées, une suite de vingt-sept planches fort remarquables et représentantdes paysages. Son fils, Zodovico bA GIMIGNANO, néà Rome, en 1644, mort en 1697, se fit aussi un nom comme peintre. Il réussit particulièrement dans la peinture des fresques. Dans l’église Delle Virgine, à Rome, les artistes ne manquent pas d’aller étudier ses têtes d’anges ainsi queses effets de nuages etd’air.

GIN, liqueur alcoolique qui se fabrique en Angleterre, où il s’en fait une grande consommation dans les tavernes. Le gin diffère peu du genièvre.

Sombre génie, à dieu de la misère !

Fils du genièvre et frère de Ja bière, Bacchus du Nord, obscur empoisonneur…..

C’est ainsi que Barbier interpelle le gin dans son poëme de Lazare. Cette boisson fait les délices de la populace anglaise, qui la recherche à cause de son bon marché, et sans doute aussi parce que, comme ledit plus loin le poëte,

Auprès du ginle vin n’est que de l’eau.

GINGEMBRE, genre de plantes de la famille des amomées, L'espèce la plus intéressante est le gingembre officinal (zingiber officinale). Cette plante offre une tige cylindrique garnie de feuilles alternes, uniforines, étroites, terminées par une gaîne longue et fendue : cette tige part d’une racine irrégulièrement coudée et tuberculeuse ; à côté d’elle s'élève la hampe qui supporte les fleurs : elle est garnie d’écailles aiguës et engaînantes, offrant unedisposition analogue à celle des feuilles. Entre chaque écaille naissent des fleurs jaunâtres, qui paraissent successivement. Ces fleurs présentent un calice double, l'extérieur tridenté, l'intérieur pétaloïde coloré, quadripartite, à divisions inégales, la supérieure longue, étroite et un peu concave, les deux latérales étroites et ouvertes ; enfin, l’'inférieure, large, bifide, est colorée de pourpre, bigarré de brun et de jaune. L’étamine unique est pétaloïde, roulée autour d’un style filiforme. Le fruit est une capsule triloculaire polysperme: les graines sont irrégulières et noirâtres.

Le gingembre est originaire des fndes orientales. Il est

probable que son nom lui vient de Gingi, ville dans les environs de laquelle on le rencontra pour la première fois. Il croît à Malabar, à Ceylan, à Amboine, à la Chine, et il aéte transporté à la Nouvelle-Espagne par François de Mendoze ; de là il s’est répandu dans une partie de l'Amérique méridionale, aux Antilles, et ce sont aujourd’hui ces contrées qui fournissent le gingembre qu’on trouve dans le comméerce. La racine est la seule partie employée. C’est un rhizome ou tige souterraine : telle que le commerce nous la présente, elle est sèche, tuberculeuse, aplatie, de la grosseur du doigt, recouverte d'un épiderme grisâtre, ridé, et offrant des anneaux peu apparents ; un Jéger effort suffit pour la rompre, et alors on voit son intérieur, qui est blanchâtre ou quelquefois tacheté de brun et de jaune, ce qui lui donne un aspect résineux. On a observé que le principe odorant était d'autant plus développé que la matière coloran{e était plus abondante. La récolte de la racine de gingembre se fait tous les ans. Arrachée de terre, on l’expose au soleil pour la sécher; puis, afin de la conserver saine, on l’immerge dans une lessive de cendres ou de chaux. Malgré ces précautions, il est très-rare de la garder longtemps sans qu’elle devienne la proie des dermestes, et surtout du plinus perlinax. Quand elle à subi cette altération, elle a perdu une partie de ses propriétés, et doit être rejetée. Le gingembre a une odeur forte, aromatique, une saveur brûlante, âcre, qui détermine rapidement la sécrétion d’une abondante quantité de salive : sa mastication, un peu prolongée, produit une sensation analogue à celle qu’occasionne le poivre : elle tient fortement à la gorge. Ces propriétés sont dues évidemment en grande partie à l'huile essentielle que renferme le gingembre. Différents chimistes, Bucholz, Planche, Morin, se sont occupés de l'analyse du gingembre : de leurs travaux il résulte que cette racine renferme une huile volatile d’un bleu verdâtre, de l'acide acétique libre, de l’acétate de potasse, de l’osmazome, de la gomme ; une matière résineuse âcre, aromatique; une matière végéto-animale, du camphre, de l’'amidon analogue au mucilage végétal en grande quantité, et du ligneux.

Le gingembre est employé en médecine, mais c’est surtout dans l’art culinaire que l’on en fait, dans certaines contrées, une consommation considérable. Dans les deux Indes, on se sert du gingembre comme assaisonnement, en lassociant à certains mets; dans quelques localités, on mange cette racine verte en salade, ou bien on la conserve confite. Ces condits nous arrivent par voie commerciale, et sont consomanés en grande quantité surtout en Angleterre, en Allemagne et en Hollande. Cette espèce de confiture se sert après le repas : c’est un aliment agréable, stomachique, qui produit une excitation favorable à la’ digestion. Pour confire les racines de gingembre, on suit le même procédé que pour confire l’angélique ; c’est-à-dire que par des lavages répétés on commence par débarrasser la racine d’une partie de son principe âcre, puis on la fait cuire dans du sirop de sucre, concentré suffisamment pour qu’à l’étuve il puisse cristalliser sur les racines. Ce mode opératoire, que l’on pratique aux Indes sur les racines fraîches, a été répété en Europe sur des racines sèches, maïs le produit ainsi obtenu est de bien moindre valeur. La poudre de gingembre est d’un blanc grisâtre : c’est elle que dans certains pays on emploie à la manière du poivre. Cette poudre, en contact avec la pituitaire, produit de violents éternuments. La pulpe fraîche de gingembre appliquée sur la peau produit une rubéfaction analogue à celle qu'occasionnent les sinapismes: Ces différentes propriétés s'expliquent très-bien par la présence d’une grande quantité d'huile volatile. Le suc de la racine fraîche est employé aux Indes comme purgatif. En Europe, lorsqu’à certains purgatifs on associe le gingembre, c’est plutôt pour masquer un goût désagréable que pour ajouter aux propriétés du médicament. On se sert en médecine du gingembre sous divers états ; on l’administre sous forme de sirop, de poudre : cette dernière entre dans la composition d'un grand nombre de préparations oflicinales, telles que la thériaque,

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