GLAYEUL DES MARAIS — GLEIG
diplomatiques contraignaient encore à s’observer quand il était question du roi de Prusse, de s’exprimer assez irrévérencieusement au sujet de la margrave de Baireuth ; et toujours alors le baron de Gleichen savait prendre la défense de sa souveraine avec autant de tact que d’à-propos. Un jour cependant, à diner, M. de Choiseul l’ayanl poussé à “bout, Gleichen lui répliqua d’un ton si mordant et si hautain, que le duc, rejetant loin de lui sa serviette’en la froissant, se leva brusquement de table. Gleichen aussitôt de demander sa voiture et de se disposer à quitter une maison où on semblaïit prendre plaisir à le blesser. Mais M®° de Choiseul intervintavec de pressantes instances pour le retenir ;et son mari, loin de garder rancune au baron de ce mouvement de juste susceptibilité, lui en sut gré, et le prit plus en amitié que jamais. Un mois plus tard, Frédéric le Grand avait complétement levé le masque, et jeté ile gant à la France en envahissant inopinément la Saxe. M. de Choïseul n'avait plus alors de ménagements à garder; mais quand il se disposait à dire du mal du roi de Prusse, il avait grand soin d’en demander préalablement à son hôte la permission en souriant, En 1758, Gleichen fut accrédité près le gouvernement français en qualité de ministre plénipotentiaire; et cet avancement lui fut donné par sa cour, à la recommandation expresse de M. de Choïiseul lui-même, devenu alors premier ministre. Deux ans après, en 1760, Gleichen, toujours se: condé par la même influence, entrait au service d’une puissance plus importante, et allait représenter le roi de Danemark à Madrid, Il ne resta dans cette capitale que trois années, et obtint alors de permuter avec la légation de Paris, dont il resta titulaire depuis 1763 jusqu’en 1770. Les Mémoires de l'époque citent un grand nombre de fines reparties et de mots heureux du baron de Gleichen. Nous nous bornerons à citer celui-ci : c'était en 1768, à Compiègne, où se trouvait alors la cour. Gleïchen, qui revenait de Calais, où il avait accompagné le roi de Danemark, Christian VII, se rendant de là à Londres, faisait la partie d'échecs avec M®° de Choiseul, Les salons avaient fini par se désemplir peu à peu. M®° de Choïseul, croyant être seule, dit alors à Gleichen : « Savez-vous bien, baron, qu’on dit que votre roi est une tête... » A ces mots, le ministre de Danemark, lève la tête de dessus l’échiquier, aperçoit quelqu'un placé derrière la duchesse, et se hâte d'ajouter... « Couronnée, Madame! » M*° de Choiseul devine ce qu’elle n’a pu voir, et qu’il y a dans l'entretien un tiers dont elle ne soupçonnait pas la présence : « Ah, pardon, reprend-elle alors, vous ne m'avez pas laissée achever. Je voulais dire que votre roi est une tête... qui annonce les plus belles espérances... » En 1770 Paris n'avait plus le même charme aux yeux de Gleichen, car les Choiseul, ses amis intimes, avaient perdu leur grande position et étaient exilés à leur terre de Chanteloup. 11 accepta donc les fonctions de ministre à Naples, et continua à les remplir dans cette capitale jusqu’en 1778, époque où le gouvernement danoïs le mit à la retraite. Il se retira alors à Ratisbonne, où, sauf d'assez fréquents voyages, il continua de séjourner depuis et où il mourut, le 5 avril 1807, laissant sur les hommes et les choses de son temps des Mémoires fort curieux, qui n’ont va le jour qu'en 1847, GLEIG (Gronces-Rogenr), écrivain anglais contemporain, auteur de divers romans, et à qui on est redevable de nombreux ouvrages théologiques et historiques, est né en 1796, à Stüirling, en Écosse. En 1812, il interrompit ses études, commencées à Oxford, pour s’en ailer avec un brevet d’enseigne faire la guerre en Espagne, et à l’âge de vingt ans il était parvenu au grade de capitaine: Lorsque la bataille de Waterloo rétablit la paix sur le continent, il céda aux instances de son père, et alla achever ses étuses à Oxford, A quelque temps de là, il prit les ordres dans l'Église épiscopale, et fut nommé vicaire à Ash, dans le comté de Kent. Ea 1834 il fut nommé chiapelain de lhôpital militaire de Chelsea, près de Londres; puis, on 1844, chapelain en chef de l'armée; enfin, deux ans apre inspecteur général des écoles inilitaires. On a de lui Histor of the Bible; Guide to the
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Lords supper, ei Sermons for plain people; ouvrages dans lesquels il s’est montré théologien instruit. On trouve des matériaux aussi curieux qu'importants pour l'histoire ans ses Campaigns of the british army in Washington and New-Orleans (4 volumes), dans son History of British India (4 volumes), dans ses Lives of British military Commanders ; enfin, dans l’histoire nationale et populaire qu’il a publiée sous le titre de : The family History of England. Mais c’est surtout comme conteur qu’il a montré le plus de fécondité. Nous mentionnerons plus particulièrement de lui en ce genre : The Subaltern, The Chelsea Pensioners, The Hussar, The Chelsea Hospital and its tradilions, Allan Breck, Chronicles of Waltham, enfin Stories of Walerlo, romans qui ont tous obtenu un grand succès.
GLEIM (Jeax-GuizLaume-Louis), ordinairement appelé le Père Gleim, poëte allemand, qui de son vivant parvint à un certain renom, naquit en 1719, et mourut le 18 février 1803, à Halberstadt, où pendant la plus grande partie de sa vie il avait rempli les fonctions de secrétaire du chapitre. Ses œuvres, en dépit de l'éloge qu’en fait Klopstock dans une de ses odes, sont à peu près oubliées aujourd’hui; elles ne sont dénuées ni de grâce ni de finesse; nais ses poésies anacréontiques dégénèrent trop souvent en fadeurs. On répétait partout en Allemagne ses Chants de guerre (Berlin, 1778), à l'époque de la guerre de sept ans. Ses Fables et récits ne manquent pas de naïveté, et ses fables sont même en général préférables à celles de Gellert.
GLÉNOÏDE (Cavité ), surface articulaire de l'omoplate, qui sarticule avec la tête de l’humérus.
GLEYRE (CHARLES-GABRIEL), peintre suisse, né en 1808, dans le canton de Vaud, vint à Paris de bonne heure et fréquenta l'atelier d’Hersent. Puis il parcourut l'Orient et l'Italie, et envoya au salon de 1833 quelques portraits à l’aquarelle. Mais son véritable début date de 1840, où il exposa un Saint Jean inspiré, dont Gustave Planche loua le dessin pur, la couleur vigoureuse et le caractère élevé. Son beau tableau, Le Soir (1843), fut acquis pour le musée du Luxembourg. On vit encore de lui le Départ des Apôtres, au salon de 1845, et La Danse des bacchan. tes, à celui de 1849, Depuis, cet artiste n’a plus rien exposé à Paris, bien qu’on signale comme des œuvres remarquables les Romains passant sous le joug, Hercule
aux pieds d'Omphale, et Panthée poursuivi par les furies.
GLINKA (Feonor-NikoOLAJEWICZ), écrivain russe, né en 1788, dans le gouvernement de Smolensk, fit en 1805 la campagne d’Autriche avec le grade d’officier. A la paix, il prit son congé, et se retira dans une terre aux environs de Smolensk , à l’eflet de s’y livrer à la culture des lettres. En 1312, quand une armée française envahit le territoire russe, il reprit du service, et resta dans les rangs de l’armée active jusqu’en 1814, d’abord en qualité d’aide de camp du général Miloradowitch, puis dans la garde impériale. Il fut ensuite placé avec le grade de colonel sous les ordres du gouverneur militaire de panne. Compromis dans une affaire de société secrète, il fut exilé à Petrosawodsk, où cependant on lui confia les fonctions administratives de conseiller de collége. 11 a été pendant quelque temps président de la Société libre des Amis de la Littérature russe, fondée en 1816, dans la capitale.
Glinka est un des meilleurs écrivains militaires qu’ait produits la Russie. On doit sous ce rapport une mention toute spéciale à ses Lettres d’un Officier russe sur les campagnes de 1805, 1806, 1812 à 1815 (8 volumes ; Moscou, 1815). Nous citerons encore de lui : Chmjelnicki, ou délivrance de la Petite-Russie (2 vol; Pétersbourg, 1818), et Présent aux soldats russes (1818). Comme poëte, Glinka ne mérite pas moins d’attention. A l’époque des guerres napoléoniennes, il sut inspirer de l'enthousiasme à ses compatriotes par ses poëmes, où l'amour de la patrie trouve les plus chaleureux accents et puise le plus souvent une force uouvelle dans l'esprit religieux.
GLINKA (Micuec) s’est fait un nom dans ces aerniers temps comme compositeur, et notamment par son k ymne national russe, paroles de Chukowski. Son opéra Notr Vie pour le Czar ! représenté pour la première fois en 1837 sur le théâtre de Saint-Pélersbourg avec un grand succès, offre le premier exemple d’un opéra vraiment russe, tant por, rles paroles que pour la musique. Il est mort en 1857,
GLISSON (Capsule de). Voyez Fois.
GLOBE (du latin globus). Les géographes sont conve nus d’appeler globes les sphères sur lesquelles sont tracées les positions des étoiles, ou bien des terres, des mers, etc. L'invention des globes remonte indubitablement à des temps anciens, Le premier observateur intelligent qui voulut faire comprendre d’une manière facile et prompte à ses élèves la position, les mouvements des astres, ne dut pas être longtemps à s’apercevoir qu'un petit modèle du monde (un globe) serait un instrument excellent pour servir de base à ses démonstrations. La sphère terrestre occupant en apparence le centre du monde , l’homme est censé habiter entre deux sphères, l’une convexe, la terre, l’autre concave, la voûte céleste. Qui le croirait? celle-ci ayant été plus tôt et mieux connue que l’autre, la construction du globe céleste a dû précéder l'invention du globe terrestre. Quoi qu'il en soit, la théorie des globes céleste et terrestre est basée sur les mouvements, soit apparents, soit réels, des astres, de la terre, etc. On peut les construire indifféremment suivant l’un et l’autre système, le résultat sera toujours le même.
Quoique la théorie et l'utilité des globes fussent connues depuis longtemps, ce ne fut qu’au seizième siècle, lors de la renaissance des sciences et des arts, époque aussi du développement que commencèrent à prendre les applications des théories de la mécanique, que l’on construisit des globes avec précision, et d’une grosseur inaccoutumée. On re-marqua d’abord ceux de Tycho-Brahe, un en cuivre, de 17,50 de diamètre, et un autre dont les proportiens énormes fixèrent l’attention de Pierre le Grand, qui le fit acheter et transporter à Saint-Pétersbourg. Douze personnes peuvents’asseoir commodément dans son intérieur autour d’une table, et y faire des observations. Il fut construit par Brousch, de Limbourg : il était céleste à l’intérieur et terrestre à l’extérieur. La Bibliothèque impériale de Paris possède deux globes qui ont 4,25 de diamètre. Le cardinal d’Estrées les avait fait construire par Coronelli; dans la suite, il en fit hommage à Louis XIV. On voit encore à Paris deux globes magnifiques en cuivre, et d’un grand diamètre : celui de la bibliothèque Mazarine, exécuté aux frais et par les ordres de l’infortuné Louis XVI ; l’autre, chef-d'œuvre d'exécution mécanique, dessiné par Poirson, à qui, dit-on, il avait été commandé pour servir à l'instruction du roi de Rome, fut acheté 36,000 francs par Louis XVIII. On le voit au milieu de la grande galerie de tableaux dn Musée du Louvre.
On distingue deux sortes de globes, ceux dits manuscrils (tracés à la main), et ceux que l’on couvre de feuilles imprimées. Tous les globes de grand diamètre sont manuscrits. Les globes imprimés sont ordinairement d’un petit volume. Les plus gros que l’on connaisse sont ceux que Coronelli fit exécuter, l’un en France et l’autre à Venise: ils ont 1”,20 de diamètre; on en voit des exemplaires dans la bibliothèque de Sainte-Geneviève à Paris.
Quant à la construction des globes, elle varie suivant matière qu’on y emploie. Si le globe doit être en cuivr par exemple, le chaudronnier en façonnera la sphère. Mak voici le procédé le plus habituel : On fait tourner une demi. sphère en bois dur, aussi exactement que possible, ayant un diamètre un peu moindre que celui du globe que l’on veut exécuter : sur cette demi-sphère, on forme une calotte en cartons superposés et fixés avec de la colle. La taille de: ces cartons, appelés fuseaux, n’est pas indifférente ; c’est même une des opérations de la confection des globes les plus importantes. La aemi-sphère en bois étant enduite de savon, on place dessus une couche formée de fuseaux #e-